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11 avril 2017 2 11 /04 /avril /2017 07:35

www.fabymedina.com
Faby Medina (vc), Laurent Ganzini, Leonardo Montana (p), Yoann Fernandez (g), Alexus Bourguignon (tp), Irving Acao (ts), Stéphane Montigny (tb), Zacharie Abraham (cb), Adriano Tenorio (percus), Lukmil Perez (dms)

Petit coup de coeur pour cet album sorti en février. Celui d’une chanteuse de jazz dont on se dit en mettant la galette dans la platine : « encore une nième nouvelle chanteuse de jazz ! » et  qui, de manière surprenante vos embarque dès le premier titre comme le ferait justement une grande chanteuse de jazz.
Rien de révolutionnaire chez cette égérie de Claude Bolling chez qui elle a justement apprit le respect de la tradition et des racines du jazz mainstream et qui sait surtout ce que swinguer veut dire. Rien de révolutionnaire mais pourquoi faudrait il révolutionner toujours le monde ? Rien de révolutionnaire mais tout de suite, à l’oreille, un façon de faire tourner les mot et de caresser le swing avec des airs de (déjà) grande dame du jazz. Et il y a beaucoup de classe dans cette façon de reprendre ce thème de Woody Herman (Early autumn) à la façon d’une chanteuse de big band (Belle idée d’avoir choisi ce thème) ou encore cette belle version de Someone to watch over me, qui vous tient même après la fin de l’album. Et puis cette conclusion plus pop sur Blackbird avec lequel elle semble vous cajoler.
Le tout dans un petit écrin servi avec des arrangements hyper soignés et classieux .

Au final un petit moment de grâce tout en retenue et sans esbroufe. Un moment de répit heureux dans ce monde de brutes. Voiys auriez tort de ne pas en reprendre.

Jean-Marc Gelin

 

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7 avril 2017 5 07 /04 /avril /2017 09:33
@Chris Drukker

@Chris Drukker

Après l'Ajmi, c'est au tour du moulin à Jazz d'accueillir ce concert rare d'un quartet quasi inconnu ici. Comme l'indique le communiqué de presse "un vent de fraicheur tout droit venu d'Europe du nord viendra souffler sur le Moulin à Jazz. Le saxophoniste finlandais (alto et baryton) Mikko INNANEN http://www.mikkoinnanen.com/innkvisitio.html et son groupe possède une technique et une créativité qui font de lui "une des nouvelles voix incontournables apparues sur la scène des musiques improvisées européennes". Downbeat, juillet 2015.  

Ce n'est pas si fréquent d'entendre sous nos latitudes méridionales des groupes finlandais, et encore plus étonnant, emblématiques de l'avant-garde... Si on fait un parallèle avec le cinéma et la vision très personnelle d'un Ari Kaurismaki, par exemple, on aura envie de changer nos habitudes confortables d'écoute hyper médiatisée, et de découvrir la musique qui vient du froid.

Le jazz a toujours été prisé par les Scandinaves, qui entretiennent un rapport vif avec cette musique. Alors soyons curieux et venons écouter ce groupe samedi 8 avril au Moulin de Vitrolles à 21heures.

pour plus d'infos, allez sur le site de l'association! http://www.charlie-jazz.com/
m/

 

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6 avril 2017 4 06 /04 /avril /2017 20:56
Nice retrouve son festival estival

Le jazz retrouve droit de cité à Nice avec un festival sous le signe de la diversité et de l’universalisme. Annulé in extremis l’an passé à la suite du carnage du 14 juillet (86 victimes) de la Promenade des Anglais, le Nice Jazz Festival revient dans le cœur de la cité azuréenne  (17-21 juillet).
« Les notes de jazz vont s’élever vers un ciel étoilé, pour mettre partout de la beauté et des notes bleues dans des cœurs dont plusieurs sont toujours meurtris » a déclaré Christian Estrosi, Président de la Métropole Nice Côte d’Azur et de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur en dévoilant le programme le 6 avril.
La sécurité sera naturellement renforcée avec portiques et sas de sécurité, et les organisateurs espèrent établir un nouveau record de fréquentation (60.000 entrées en 2015) grâce à une tarification étudiée ( 39 euros la soirée, 17 euros pour les enfants de 10 à 16 ans et gratuit de moins de 10 ans) et une programmation ouverte aux différents courants du jazz sans exclusive. Directeur artistique du festival (en poste depuis 2013, renouvelé cette année), Sébastien Vidal, qui officie à TSF et au Duc des Lombards, a eu « toute liberté » en matière de programmation, a souligné Christian Estrosi , si ce n’est accorder une place conséquente  aux musiciens français.
Chaque soirée propose ainsi six concerts répartis équitablement sur les deux scènes (Masséna et théâtre de verdure) avec un lever de rideau à 19 h30, dans l’optique, précise Sébastien Vidal, de faciliter la circulation  des spectateurs et ainsi de favoriser l’ouverture d’esprit (et d’écoute). Attirés par Herbie Hancock, par ailleurs parrain du festival, les fans de jazz pourront ainsi le 17 juillet découvrir auparavant un groupe entièrement féminin (Woman To Woman) composé de Renée Rosnes, Cecil McLorin Salvant, Anat Cohen, Ingrid Jensen…ou les trépidantes formations de Trombone Shorty et Roberto Fonseca.
Aux côtés de « grosses pointures » devant plaire à un large public(Ibrahim Maalouf, IAM), le festival fait une large part à l’expression vocale (YounSun Nah, Mary J.Blige, Laura Mvula…) et présente des jazzmen de référence ( Christian McBride, Henri Texier, Abdullah Ibrahim, Kamasi Washington, Samy Thiébault…).
 
Programme complet sur www.nicejazzfestival.fr
Jean-Louis Lemarchand

 

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5 avril 2017 3 05 /04 /avril /2017 23:09

Vision Fugitive 2017
Stefan Oliva (p) Susanne Abbuehl (vc) Øyvind hegg-lunde (percus)

 

En concert le

jeudi 11 Mai à Arles ( festivam Jazz in Arles)

Vendredi 12 mai au Duc des Lombards à Paris

C’est sous la houlette du toujours très inspiré Philippe Ghielmetti que l’on retrouve aujourd’hui le duo magique du pianiste Stefan Oliva et de la chanteuse Susanne Abbuehl. Ils s’associent pour l’occasion avec le percussionniste norvégien Øyvind hegg-lunde dans le cadre d’une formule rythmique rythmiquement originale.
Et immédiatement la magie d’un trio éminemment subtil opère et emporte dans une sorte de mélopée poétique où tout n’est qu’écoute et don. A partir d’un matériau qui rend largement hommage à Jimmy Giuffre, le trio met cette musique en voix et en façonne une forme musicale évanescente et onirique. Keith Jarrett lui aussi est magnifiquement revisité.De même que Don Cherry dans un moment d’improvisation libre.
Où tout est dans la science de l’épure. De l’art d’une nouvelle forme où tout est écoute, interaction et complémentarité. Un tout indissociable dans la douceur de l’émotion qu'il suscite.
La voix de Susanne Abbuehl est elle-même une sorte de livre poétique chargé d’émotions, de brises légères et de dessins gracieux. L’histoire est ancienne entre elle et Stefan Oliva et tous deux semblent partager les mêmes fêlures, les mêmes bleus de l’âme. Entre eux, une compréhension intime où chacun semble explorer les espaces laissés libres dans leur science partagée du maniement du silence qu’ils laissent surgir entre les notes, entre les mots. Où la brise que caresse leur musique est portée par les frôlements de peau de Øyvind Hegg-Lunde.

Où tout vient d’une forme d’intériorité exprimée ici en toute intimité.
Sublime.
Jean-Marc Gelin

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5 avril 2017 3 05 /04 /avril /2017 19:35

Malo Mazurié, Olivier Laisney, Quentin Ghomari, Brice Moscardini (trompettes), Bastien Ballaz, Léo Pellet (trombones), Victor Michaud (cor), Fabien Debellefontaine (tuba, flûte), Antonin-Tri Hoang (saxophone alto), Martin Guerpin (saxophones ténor et soprano), Adrien Sanchez (saxophone ténor), Jean-Philippe Scali (saxophone baryton, clarinette basse), Marc-Antoine Perrio (guitare), Joachim Govin (contrebasse), Gautier Garrigue (batterie), Laurent Cugny (piano, piano électrique, direction), Alexis Bourguignon (trompette) remplace Malo Mazurié sur 3 titres, Arno de Casanove (trompette) complémentaire sur 1 titre.

Meudon, 2016

Jazz & People JPCD 817002/ Pias

 

Pour rendre hommage à Gil Evans, Laurent Cugny est l'un des très rares à n'avoir pas de problème de légitimité : il a côtoyé l'historique arrangeur et chef d'orchestre à partir de 1986 pour préparer le livre qu'il lui a consacré (Las Vegas Tango, P.O.L., collection «Birdland», 1989), un livre salué au-delà de nos frontières, et traduit en japonais. Et en 1987 avec son big band Lumière, Laurent Cugny invite Gil Evans pour une tournée européenne et deux CD. Bref, quand il s'agit de Gil Evans, Laurent Cugny est l'homme de la situation.

 

C'est pourquoi, fort de cette connaissance, et de cette passion musicale, Laurent Cugny a fondé en 2014 le Gil Evans Paris Workshop : un atelier où le chef d'orchestre rassemble la nouvelle génération de jazzmen hexagonaux pour célébrer la musique de Gil Evans. Pour trouver les musiciens les plus adaptés, le pianiste arrangeur et compositeur a consulté le jeune contrebassiste Joachim Govin, fils de Pierre-Olivier Govin qui fut pendant des lustres le saxophoniste alto des orchestres de Laurent Cugny (Lumière, et l'Orchestre National de Jazz). On trouve aux pupitres (et comme solistes évidemment) plusieurs promotions successives du département de jazz et de musique improvisée du Conservatoire National Supérieur... de Paris. Et aussi des musiciens venus d'autres horizons, comme Martin Guerpin, normalien passé par le Conservatoire de Paris, et dont Laurent Cugny a codirigé la thèse en sa qualité de professeur d'université, à La Sorbonne, où il est le premier musicologue spécialiste de jazz accédant à ce grade (L'université française évolue, dirait-on....). Entre octobre et décembre 2014, Laurent Cugny avait à trois reprises rassemblé l'orchestre au Studio de l'Ermitage pour une série d'enregistrements live, partiellement publiés en mp3 dans le cadre d'un financement participatif. Deux ans plus tard, voici l'enregistrement de studio, en un double CD.

 

Le premier CD, intitulé «La vie facile», rassemble la musique de Laurent Cugny. Ses compositions, comme Krikor (hommage à Krikor Kelekian, alias Grégor, dont l'orchestre Grégor et ses grégoriens fut l'ancêtre des big bands français, et accueillit le gratin hexagonal des années 1929-33) ; il avait joué cet arrangement avec la dernière mouture de son big band Lumière en 2002 mais ne l'avait jamais enregistré. De sa plume également Liviore, un arrangement élaboré sur 8 mesures de sa première composition pour Lumière en 1979 : une anagramme d'Olivier, hommage à Olivier Saez, qui l'a aidé à porter à bout de bras le Gil Evans Paris Workshop depuis 2014. Et une troisième composition, La Vie Facile, datant de 2014 : c'est une variation très libre sur pont du standard Easy Living. Il ya aussi des arrangement de Laurent Cugny sur différents thèmes. Le premier sur My Man's Gone Now, de Gershwin : plutôt que de reprendre l'historique arrangement de Gil Evans pour Miles Davis et l'album «Porgy & Bess» en 1958, l'arrangeur s'est penché sur la version de Miles Davis en 1981 pour l'album «We Want Miles», qu'il a arrangée à sa manière. Il a ensuite jeté son dévolu sur Lilia de Milton Nascimento, Manoir de mes rêves de Django Reinhardt, Short Stories d'Anthony Tidd (bassiste de Steve Coleman) et L'État des choses, thème composé par Jürgen Knieper pour le film de Win Wenders. Ce premier CD comporte également Louisville, une belle composition du corniste Victor Michaud arrangée par ses soins.

 

Le second CD est totalement consacré aux compositions et arrangements de Gil Evans, légèrement adaptés le cas échéant. Des arrangements conçus par le Maître sur des thèmes de différentes époques (King Porter Stomp de Jelly Roll Morton, Spoonful de Willie Dixon, Boogie Stop Shuffle de Charles Mingus, et Blues in Orbit de George Russell). Et des compositions de Gil Evans comme Time of the Barracudas ou Bud and Bird. Laurent Cugny traite ces arrangements avec un mélange de fidélité et de liberté qui fait tout le prix de ce disque, lequel comporte aussi une série de duos avec des membres de l'orchestre (souvenir des duo de Gil Evans avec Steve Lacy et Lee Konitz ?) sur des thèmes de Gil (Sunken Treasure, Zee Zee, London) et aussi The Barbara Song de Kurt Weill et Orange Was the Color of Her Dress.... de Mingus. Les partenaires de Laurent Cugny, dans le big band comme dans les duos, sont d'une absolue pertinence, partageant cet esprit de respect et d'autonomie artistique. Bref l'ensemble des deux CD, avec ses diverses facettes, est une totale réussite, dans la fidélité comme dans la liberté.

Xavier Prévost

 

Le Gil Evans Paris Workshop est en concert le 7 avril 2017 à Paris au New Morning

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3 avril 2017 1 03 /04 /avril /2017 21:51
Eliane Elias, Dance of Time


Eliane Elias (vocal, piano) avec en invités Amilton Godoy (piano), Joao Bosco et Toquinho (vocal, guitar), Randy Brecker (trompette), Mike Manieri (vibraphone). Concord/Universal
Entre Eliane Elias et le Brésil, c’est une histoire d’amour permanente. Native de Sao Paulo, la chanteuse-pianiste ne se lasse pas de la samba, bossa nova et autres styles  de l’Etat-continent. Son avant-dernier album Made in Brazil (2015) lui avait valu un Grammy Award dans la catégorie Latin jazz.
Le tout dernier, sorti ces jours-ci- s’il propose un large répertoire reflétant toute sa carrière, menée principalement aux Etats-Unis- fait la part belle à ses compatriotes. A tout seigneur tout honneur, le chanteur-guitariste Toquinho avec lequel Eliane Elias fit ses premiers pas musicaux à 17 ans. La nostalgie est aussi au rendez-vous avec Randy Brecker (premier album enregistré de concert, Amanda, publié en 1984) et Mike Manieri  (côtoyé dans Steps Ahead).
Pianiste émérite, dotée d’une expression percussive rare, Eliane Elias manifeste une nouvelle fois une aisance dans les mélodies brésiliennes qui enchante. Un album rafraîchissant  (à l’image de la photo glamour prise en couverture) qui devrait ravir et pas seulement les amateurs de « nouvelle vague ».
Jean-Louis Lemarchand

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3 avril 2017 1 03 /04 /avril /2017 13:44

Roger 'Kemp' Biwandu (batterie), Irving Acao (saxophone ténor), Jérôme Regard (contrebasse). Invités : Tutu Puoane (voix), Christophe Cravero (piano), Stéphane Belmondo (trompette)

 

Malakoff, septembre-octobre 2015

Jazz Family RKB 2015 / Socadisc

 

Troisième CD en leader du batteur bordelais, après un long parcours dans le 'métier' (Vassiliu, Higelin, Keziah Jones, I Muvrini, Jeff Beck....) et une présence remarquée dans la fusion : Chic Hot, des collaborations ponctuelles avec Sixun et Ultramarine, et des tournées internationales avec Joe Zawinul ou Salif Keita. Mais au cœur de tout cela, il y a le jazz, versant États-unien, avec l'amitié de Jeff 'Tain' Watts, Branford et Wynton Marsalis. Roger Biwandu aime l'engagement, en musique comme en sport (joueur de rugby, il est aussi fan de basket, empruntant son surnom à une légende de ce sport). L'essentiel du disque est en trio, avec des partenaires qui ont du répondant, et le goût du jazz qui privilégie la pulsation : en ça groove sérieusement, on pourrait même dire que 'ça déménage'. Même sur tempo lent, la pulsation est forte, incarnée par la caisse claire, privilégiée dans le drumming et dans le mixage. Des compositions originales, très marquée par l'adhésion inconditionnelle aux prolongements du hard-bop, et une reprise de Michael Jackson, Black Or White, qui convoque le pianiste, et magnifiquement servie par la chanteuse Tutu Puoane, Sud Africaine aujourd'hui Anversoise, et que l'on avait pu écouter avec le Brussels Jazz Orchestra. Le saxopphonsite et le bassiste ont tout l'espace pour s'exprimer, ce n'est pas un disque de batteur égoïste, et le bouquet final convoque Stéphane Belmondo, dans le plus pur style hard bop, et même soul jazz, sur tempo medium : ça balance sévèrement ! Il y a aussi une plage fantôme : environ 2 minutes d'un exposé recueilli, en quintette, de Footprints, de Wayne Shorter,

Xavier Prévost

 

Vérification sur scène le 4 avril 2017 au Rocher de Palmer, à Cenon, près de Bordeaux ; et à Paris le 8 avril au Duc des Lombards.

 

Un aperçu sur Youtube : https://www.youtube.com/watch?v=EcQciUW8VmI

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2 avril 2017 7 02 /04 /avril /2017 16:28

Dix nouvelles références dans la collection 'Jazz in Paris', avec des disques glanés par Universal-Decca dans les nombreux catalogues à sa portée : French Columbia, Véga, Versailles, Vogue, Blue Note, Pablo, Barclay, Gramophone, Swing, Decca, Blue Star.... Et un subtil mélange de disques adoubés et de plages oubliées : c'est ce qui fait le charme de cette collection.

Au rang des vraies surprises : le retour inespéré du quintette de Georges Arvanitas, en 1960, avec Bernard Vitet, François Jeanneau, Michel Gaudry et Daniel Humair, jouant des thèmes de Bobby Timmons, Bud Powell, Sonny Rollins, Thelonious Monk.... dans le style qui faisait fureur à l'époque avec les Jazz Messengers d'Art Blakey. Le disque s'intitule «Soul Jazz», et il porte bien son nom.

Autre surprise : le rapprochement, en un même CD (intitulé «Hard Bop») de Roger Guérin en 1958 (avec une partie des Jazz Messengers -Benny Golson, Bobby Timmons- mais aussi avec Martial Solal, Michel Hausser, Pierre Michelot et Christian Garros) et des évadés du big band de Lionel Hampton en 1953 (Art Farmer, Anthony Ortega, Gigi Gryce, Quincy Jones -ici au piano-....).

Le reste de cette livraison brasse des monuments historiques : Django Reinhardt (de 1936 à 1953) ; John Lewis, en 1956 avec Barney Wilen et Sacha Distel (à la guitare....) pour le disque «Afternoon in Paris» ; Sidney Bechet, et des enregistrements Vogue de 1949 & 1952 ; Duke Ellington à l'Alhambra de Paris en 1958 ; Dexter Gordon («Our Man in Paris») et Hank Mobley («The Flip») ; sans oublier le grand Orchestre d'Eddie Barclay et Quincy Jones en 1957-58, et le retour du premier trio HUM (Humair-Urtreger- Michelot), celui de 1960 («Hum !»), qui avait déjà ressurgi voici quelques années dans un coffret rassemblant les trois époques de ce fameux groupe. Bref il y a là beaucoup à (re)découvrir, pour les amateurs chenus ou nostalgiques, et (surtout) pour tous les nouveaux aficionados curieux du passé.

Xavier Prévost

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 09:41
BOBBY JASPAR and HIS MODERN JAZZ

Bobby Jaspar and his modern jazz

Jazz Connoisseur

Sony Music / Vogue

 

Pour vous parler de la série de rééditions Jazz Connoisseur, puisant dans les précieux catalogues de Columbia, Vogue, lisez sur les Dnj, l’article de fond, indispensable de l’ami Prévost (http://lesdnj.over-blog.com/2017/03/jazz-connoisseur-25-nouvelles-references-chez-sony-columbia-legacy.html) pour comprendre le trésor, de nouveau à notre portée… à petit prix, avec les pochettes d’origine et les notes inaugurales. Mon choix s’est porté sur des instrumentistes qui se firent remarquer par leur timbre, leur son unique et une réelle singularité. Mais j’adhère à la sélection orientée de Xavier Prévost, car en fait, j’aurais aimé les avoir tous, ces 25 albums…..

J’en viens donc, après Paul Desmond, à Bobby Jaspar, saxophoniste ténor, clarinettiste et flûtiste belge et son Modern jazz ainsi que s’intitule ce numéro de la série Jazz Connoisseur, qui concentre plusieurs sessions de juin à octobre 1954 (1) avec différents orchestres dans lesquels on retrouve la «crème de la crème» des musiciens européens d’alors, les Pierre Michelot (cb), Maurice Vander (p), Roger Guérin (tp, tba), Jean Louis Viale (dms), le vibraphoniste Sadi (auteur de cet «Early Wake») qui faisait partie de son premier groupe Bob Shots à la Libération.

Petite leçon d’histoire du jazz car cette musique vive, ardente et qui swingue était l’expression de quelque chose d’assez inouï à cette époque. Le dictionnaire du jazz, dans l’excellente collection Bouquins le resitue : «au cours des années cinquante, Bobby Jaspar était le pivot autour duquel tourne le jazz français». Voilà c’est dit. Là encore, un son sensuel sans être mièvre. Beaucoup de titres sont de la plume de Jaspar, lyriques en diable, mais il ne se limite pas à ce seul registre : il est apte à saisir le « Paradoxe » superbe d’André Hodeir, première œuvre dodécaphonique, écrite pour jazzmen auquel succède avec éclectisme, une « quintessentielle » ballade « Mad about the boys ».

Et pour finir, ajoutons au charme délicat de cet album, une pochette dans le ton, en accord total, de Jacques Bernimolin.

 

[i] Rien à jeter sur ces 2 albums réunis en CD Bobby Jaspar’s New Jazz vol 1 et 2

Sophie Chambon

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 09:18

Glad to be unhappy

Paul Desmond featuring Jim Hall

Série Jazz Connoisseur ( Sony/Columbia Legacy)

Quel contraste dans ce disque choisi pour ma sélection de cette épatante série de Jazz Connoisseur qui ressort à prix très, très doux, il faut quand même le dire et le répéter. Les plus réfractaires au jazz devraient essayer du Paul Desmond : cela fait le plus grand bien et la thématique de cet album, enregistré à New York en 1963 et 1964, années fastes pour le jazz, concerne des « Torch songs » chantées au saxophone alto. Une « curiosité » américaine que l’on pourrait traduire, sans en restituer toutefois la saveur à la fois sentimentale et triste, par «chanson d’amour populaire». On le comprend assez vite, dès le titre de la première chanson et de l’album,«Glad to be unhappy» ou dès le subtil «Stranger in Town » de Mel Tormé. Du spleen heureux, en quelque sorte. Délicieux!

Et quel saxophone, que celui très « féminin », en repensant au titre de la belle biographie romancée d’Alain Gerber, Paul Desmond et le côté féminin du monde, car le jazz est un roman, pas vrai ?

On connaît évidemment l’altiste pour sa merveilleuse collaboration avec son ami, son alter ego complémentaire, le pianiste Dave Brubeck sur les hits «Take Five» (1)pour l’album Time Out de 1959 ou « Blue rondo a la Turk», mais là, sans pianiste, accompagné du délicat Jim Hall à la guitare, du vigoureux Connie Kay à la batterie et de Gene Wright à la contrebasse, il se livre à cet exercice de style, périlleux, où il excelle néanmoins.

Suave sans être mièvre, si vous ne fondez pas à l’écoute de ce formidable altiste, comme disait un ami collectionneur de jazz, consultez !

A noter deux bonus dont une composition de Jim Hall (« All Across The City ») qui ne figuraient pas sur le LP d’origine. Raison de plus pour savourer cette réédition…. avec les notes de pochettes originales de George Avakian, producteur émérite.

Sophie Chambon

 

 

[i] Répétons que c’est Paul Desmond qui composa ce hit planétaire !

 PAUL DESMOND  GLAD TO BE UNHAPPY
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