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12 février 2013 2 12 /02 /février /2013 23:04

 

bojan.jpg

Cruel dilemme en cette soirée hivernale, entre les concerts de Marianne Faithfull & Bill Frisell et celui de Bojan Z à l’Espace Sorano de Vincennes. Finalement, mon attrait pour le piano Zolo de Bojan Z et pour la confortable salle de Sorano est le plus fort.

D’un délicat « Full Half Moon » en Zintroduction à un Zémouvant « On a Turquoise Cloud » en final, bel arrangement de cette composition de Duke Ellington, Bojan Z nous a tour à tour Zému, Zemporté mais aussi bousculé, côté jazz-rock oblige ! Bojan Z a ainsi essentiellement déroulé les morceaux de son dernier album solo sorti il y a un an, « Soul Shelter ».

Alternant entre le clavier d’un superbe piano Fazzioli et le clavier de son Rhodes « customizé » Bojan Z montre qu’il est aussi à l’aise dans le romantisme que dans l’énergie jazz-rock, mais c’est surtout lorsqu’il met simultanément la main gauche sur le piano et la main droite sur le Rhodes que son plaisir et le notre aussi sont les plus Zintenses ! N’oublions pas la touche balkanique, dûe aux origines de Bojan Z, présente sans excès comme quelques points de couleurs posés de-ci de-là sur la toile de la partition.

La formule du solo rend nos oreilles très attentives à cette expérience et aucun spectateur n’en ressort Zindifférent.

 

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Published by Olivier Maulny - dans Compte-rendus de concerts
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11 février 2013 1 11 /02 /février /2013 22:46

 

Cristal 2013

David Enhco (tp), Roberto Negro (p), Florent Nisse (cb), Gauthier Garrigue (dm)

 

david-enhco.png

 

Parmi les très bonnes surprises de ce début d’année il y a de belles choses qui sortent en France. Nous vous parlerons bientôt du dernier album en duo du contrebassiste Diego Imbert avec le guitariste Michel Pérez ou encore du superbe album du saxophoniste Samy Thiebault qui vient de signer un grand disque ou enfin de cet album de Stéphane Chausse totalement surprenant.

Mais pour l’heure c’est le jeune trompettiste David Enhco qui retient toute notre attention avec cette « Horde » qui arrive en déboulant  sur nos platines. On connaît bien la fratrie Thomas et David Enhco et l’on sait que ces deux jeunes–là sont tombés dans la musique et même dans le jazz étant tout petits. Il y avait chez eux matière à talent.

Celui-ci éclate au grand jour avec cet album du trompettiste.

Car David Enhco impressionne carrement. Ce garçon a la gnack bardée d’un son terrible ! Certains disent qu’il ressemble au Dave Douglas du debut. Ce n’est pas peu dire. David Enhco semble avoir tellement écouté les autres tromepttistes qu’il parvient aujourd’hui à s’exprimer dans des regsitres très différents tout en restant sur un seul instrument, la trompette  laquelle il reste fidèle de bout en bout de l’album. Entendez par registre, non pas une diversité de styles car la garçon garde en tous points sa cohérence et sa ligne conductrice avec un album jazzy de belle facture. Entendez plutôt la variété des sons qu’il déploie sur l’instrument et la palette de son expressivité. Impressionnant : trilles enchainées et puissantes, aigus suraigus, chaleur du timbre, harmoniques riches et attaques surpuissantes, le garçon sait tout faire. Ajoutez à cela une certaine science de l’improvistation, rapide ou lente, l’exaltation de la mélodie et un placement ryhtmique à toute épreuve qui lui permet de balancer le groove. Une leçon  !

N’allez pas pour autant croire au petit génie qui y serait démonstratif de ce qu’il sait faire. Car David Enhco entourré d’une bande de fameux n’oublie pas au passage de livrer des compositions magnifiques. Nota bene : même si l’une des plus belles étant par ailleurs signée de Roberto Negro (Old toy)

On ne reste pas insensible au charme de cet album qui révèle déjà un tout grand. Si les codes ne sont pas bouleversés, si le genre n’est pas bousculé, il nous permet à tout le moins de voir chez David Enhco une sorte de passion à vif qui s’exprime de manière presque romantique.

Le talent à l’état pur. Eclatant comme un joyau dans son écrin.

 

Jean-Marc Gelin 

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Published by Jean-Marc Gelin - dans Chroniques CD
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11 février 2013 1 11 /02 /février /2013 22:39

 

Such Prod 2013

Michel Perez (g), Diego Imbert (cb)

 diego-imbert.jpg

Il y a quelque chose de très Chet bakerien dans cette musique intime où l’on entendrait presque la voix du chanteur s’inscrire en filigrane sur des thèmes qui certes ne sont pas tirés du répertoire (puisqu’ils ont été composés par les deux hommes) mais s’en inspire largement.

 

C’est classe et élégant dans cette fabrication complice de la musique au coin du feu, à l’heure de pas d’heure, lorsque l’effervescence est retombée et que restent seuls deux amoureux de la musique qui, au lieu de se parler, jouent ensembles. On sait que Diego Imbert qui tint il n’y a pas si longtemps la contrebasse aux côtés de Bireli Lagrene est particulièrement à l’aise avec les guitaristes. Peut-être d’ailleurs est-ce là qu’il a attrapé le virus des mélodies que les cordes font chanter avec l’agilité féline des grands crooners. Alternant les rôles tour à tour, les deux hommes  échangent, conversent amicalement, se partagent l‘espace acoustique. Ils font sonner la musique au chaloupement délicat et à la bossa légère.  Michel Perez y cultive le sens de la phrase et du « mot » juste. Entendez de la note débarrassée de tout superflus pour que seule l’essentiel soit dit. Le guitariste qui a traversé l’histoire du jazz aux côtés de partenaires aussi prestigieux que Johny Griffin, Hank Mobley ou Kenny Clark a un sens du lyrisme jamais démonstratif qui me fait parfois penser à Tal Farlow. Irresistible.

Et c’est avec une vraie douceur que l’on traverse cet album de part en part ; embarqués dans une sorte de poésie tendre. La subtile harmonie de ceux qui s’entendent et partagent tout.

Jean-Marc Gelin

 

 

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6 février 2013 3 06 /02 /février /2013 23:54

 

ECM 2012

Chris Potter (ts, ss , clb), Craig Taborn (p), David Virelles (prepared piano, celeste, harmonium), Larry Grenadier (cb), Eric Harland drums

 chris-potter-the-sirens.jpg

C’est  du  grand  Chris  Potter que l’on retrouve dans ce nouvel album paru chez ECM.

A  42 ans le gamin de Columbia s’impose aujourd’hui comme l’une des figures les  plus  impressionnantes  du  sax  ténor.  Celui  que  l’on  connaissait impétueux  et irrésistible sur des albums déjà mythiques comme le superbe « Follow  the red line », accède, en signant chez ECM à une sorte de maturité impressionnante.  Là  où l’on entendait un génie débouler à fond la caisse, on  entend  désormais  la vraie profondeur d’un discours. Qu’il s’agisse du

ténor  ou  de   la  clarinette  basse sur laquelle il prend de plus en plus

plaisir  à  jouer. On entend toujours chez lui  (écouter Wine dark Sea) les révérences  qu’il  voue  à  Michael  Brecker  dont  il  est l’un des grands suivistes  (  au  point  d’avoir  joué  longtemps  sur  un Selmer lui ayant appartenu).  Mais  il y a maintenant une autre dimension chez Chris Potter.

Comme  si, ayant définitivement dompté l’instrument ( i tant est que l’on y parvienne  jamais),  Chris  Potter  mettait son talent au service d’un vrai propos  musical qui se traduit tant par sa science de l’écriture que par la dynamique  d’un  groupe  qu’il  crée et dont se nourri en retour. Ainsi par exemple  sa  complicité avec un Craig Taborn qui est ici fondamental, comme si  Chris  Potter  avait  trouvé  dans  le  pianiste, son double parfait en complémentarité mais aussi en contraste. Craig Taborn en véritable magicien

sort   ainsi   très  vite  d’un  rôle  d’accompagnateur  classique  et  son

association  avec David Virelles fait merveille comme sur ce Wayfinder très surprenant  dans leur manière de façonner un son envoutant. Il est un peu à Chris Potter ce que Jason Moran est à Charles LLyod par exemple.

A  l’entame  de  l'album on est immédiatement saisi par le son de sax juste énorme  et  une  mécanique  rythmique  qui se met immédiatement en place et place  la barre très haute. Quelle puissance du discours ! Une stature à la dimension  des  très  grands. Chez Chris Potter il y a (et c’est parfois ce que  certains  lui  reprochent – voir dernière chronique dans Jazzmagazine) une  sorte de véritable leçon d’histoire du ténor. Entendez par là, non pas les  tenors  de  velours  mais les incisifs, les puissants, les tranchants, ceux  qui jouent la ligne droite à haute pression. Il lui arrive parfois de donner  dans  une inspiration très coltranienne comme sur The Sirens  où il ouvre  le  morceau  avec  un passage admirable à la clarinette basse (vieil instrument  des  années 20 sur lequel il joue depuis plusieurs années) dans un moment d’envoutement total, de suspension du temps avant de reprendre le ténor  dans  une  sorte  de  mystique  coltranienne  particulièrement.  Cet exercice  là  apparait  cependant  un  peu  convenu comme un exercice quasi obbligé  dans  la  maison  de  Manfreid  Eicher. Mais la référence de Chris Potter,  il  ne  fait pas l’oublier a longtemps été celle de Sonny Rollins.

Référence  dont  il  se détache aujourd’hui peu à peu mais à laquelle il ne peut  s’empêcher de rendre un hommage comme sur ce Kalypso (forcément !) où il reprend pour son compte les idiomes du maître.

S’appuyant  sur une rythmique exceptionnelle d’où émerge un très grand Eric Harland  et  un Larry Grenadier pas moins exceptionnel (il faut écouter son chorus fascinant à l’archet), Chris Potter au-delà du name dropping de ceux qui  fondent  son  identité  de  saxophoniste  et  par delà ce qui pourrait laisser  penser  à un exercice de style, signe au contraire un grand album.

Le  gamin  de  caroline  Du  Sud  ne prend pas de l’assurance puisque cette absolue  confiance en son jeu a toujours été sa marque de fabrique. Mais en revanche  avec  «  the Siren » le saxophoniste entre dans la quarantaine en

prenant   de   l’épaisseur,   de   la  profondeur  de  champ  et  s’isncrit

définitivement  dans la cour des très grands ténors, dans le panthéon d’une histoire toujours recommencée.

Jean-Marc Gelin

 

Wayfinder avec Joe Martin à la cb et David Virelles au piano.

 

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5 février 2013 2 05 /02 /février /2013 22:20

 

 

Subatomic particle homesick blues

Ben Goldberg (clb), Joshua Redman (ts), Ron Miles (tp), Denin Hoff (cb), Chess Smith (dms), Scott Amendola (dm)

2008 Bag Production Records

 BenGoldberg1.jpg

Unfold Ordinary Mind

Nels Cline (g), Ellery Eskelin (ts), Rob Sudduth (ts), Ben Gildberg (clb, cl), Ches Smith (dms)

2012 BAG Production Records

 Unfold_Ordinary_Mind_-_new.jpg

 

Sortie simultanée dans les bacs de deux albums de Ben Goldberg enregistrés à 5 ans d’intervalle.

Belle occasion pour ceux qui ne connaissent pas encore le clarinettiste Ben Goldberg de découvrir sa musique et ses talents de compositeur. Ceux qui sont des habitués de la planète zornienne ont déjà eu l’occasion de l’entendre à ses côtés. Et avant même l’éclosion de Masada, Ben Goldberg s’inscrivait déjà dans cette tendance de la Radical Jewish Culture avec son New Klezmer Trio, il y a plus de 20 ans déjà.

Depuis, l’eau à coulé sous le pont de Brooklyn et Ben Goldberg poursuivant notamment son travail aux côtés de Myra Melford s’est détaché de cet aspect-là pour s’ouvrir à toutes les formes de jazz. Parfois même aux limites d’un rock un peu ésothérique.

Mais dans ces deux albums que nous présentons ici, ce que l’on découvre avant tout c’est sa manière de détourner sa passion pour la musique classique et pour les études de Bach et de venir ici s’appuyer sur un matériau focalisé sur le contrepoint.

Dans le premier album (« Subatomic particle homesick blues »), c’est au jazz straight façon Brass Band et New-Orleans qu’il applique ce modèle d’écriture en s’appuyant notamment sur le son superbe de Ron Miles ( Evolution, Possible). Mais comme Ben Goldberg est plutôt du genre à jouer le syncrétisme , ce jazz n’est pas si classique qu’il en a l’air et cette affaire-là tourne aussi à la musique plus funky comme Ethan Song dans laquelle Joshua Redman, abandonnant son staut de super star du jazz évolue, on le sait comme un poisson dans l’eau. Avec une pêche magnifique et une banane jusque-là Ben Goldberg propose, contrairement à ce que le titre de l’album pourrait faire croire, un album lumineux et parfaitement optimiste.

Certes avec ses couleurs matinées de rock plus lourd ou carrément de pop, sur « Unfold Ordinary Mind » la guitare de Nels Cline apporte dans ce second album sa part d’ombre et d’obscurité au paysage. Cline y prend alors le rôle de Ron Miles alors que la partie de sax occupée 5 ans auparavant par Joshua Redman est ici partagée par Ellery Eskellin et Rob Sudduth. Ben Goldberg y est un peu plus cantonné à un rôle de bassiste qu’il exerce à la clarinette basse essentiellement ( mais quel son , nom d’un petit bonhomme !). Plus éthéré sans être pour autant psychédélique, Ben Goldberg s’inscrit dans une mouvance alors plus moderne allant même parfois, avec un brin de second degré jusqu’au kitsch ( comme sur Xcpf) avant que le thème, à la base presque insipide n’évolue naturellement et ne se fonde dans des nappes plus électriques.

Dans les deux cas, soutenus admirablement par un Ches Smith transformé en caméléon, Ben Goldberg nous donne une leçon de musique et d’expression collective.

Dans son mouvement alerte et dans cette forme de langage interactif Ben Goldberg démontre de quoi le jazz d’aujourd’hui se nourrit.

Jean-marc Gelin

 

 

 

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4 février 2013 1 04 /02 /février /2013 17:49

lesdoigtsdelhomme-copie-1.JPGMumbo Jumbo- Les Doigts De L’Homme ( Lamastrock-l’autre distribution)

 

Du cœur et de l’énergie, ils en témoignent en permanence les musiciens du groupe Les Doigts de l’homme, cinq comme les doigts de la main : Olivier Kikteff (guitare, oud, banjo), Yannick Alcocer (guitare), Benoit Convert (guitare),Tanguy Blum (contrebasse), Antoine Girard (accordéon).

Ils ont conquis leurs lettres de noblesse sur le terrain, la scène, avec plus de cinq cents dates à ce jour et déjà quatre albums depuis 2003. Leur dernier album, 1910, au titre évocateur de la date de naissance de Django Reinhardt, leur avait même permis d’obtenir une tournée aux Etats-Unis. Mais qu’on ne s’y trompe pas. Nous n’avons pas affaire ici avec une de ces formations qui ont surfé sur la vague manouche.


Cette formation à base de cordes s’est bâtie sur des fondements divers donnant naissance à une mosaïque musicale aisément reconnaissable, signe d’une authentique personnalité. Le leader, Olivier Kitkeff, s’est nourri de la culture burkinabe, évoluant dans le groupe de Bilaka Kora, tout autant que de la musique celtique. Avec son comparse des premières heures, Tanguy Blum, ils se sont aussi aventurés sur les terres éloignées mais qui ne leur sont pas étrangères, les Balkans, le Brésil. Ces influences se retrouvent dans Mumbo Jumbo, voyage dépaysant où l’auditeur est traversé alternativement par la mélancolie, l’insouciance, la rêverie. Un véritable moment de bonheur, tout simplement.

Jean-Louis Lemarchand
  
 www.lesdoigtsdelhomme.com
En concert : Montgenèvre (05) le 6 février,

St-Etienne (42) le 21 février,

Clermont-Ferrand (63) le 22 février, 

Paris-New Morning le 26 février,

Festival de Samois sur Seine(77) le 30 juin

 Vienne (38) le 2 juillet.

 

Un extrait vidéo : "Blue Skies" de l'album 1910

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4 février 2013 1 04 /02 /février /2013 08:45

 

Et voilà, comme le printemps qui revient tous les ans ou comme le Beaujolais nouveau ( mais en bien meilleur), la 7ème édition de "Jazz De France" concoctée et cuisinée aux petits oignons par Pascal Anquetil, auteur par ailleurs d'une très intéressante enquête sur le(s) public(s) de Jazz.

 

Ce petit livre rouge est un outil indispensable pour les amateurs et les professionnels du jazz qui y trouverons là 6000 fiches et plus de 20.000 contacts.

 

Le gratin du jazz, cuisiné de main de maître......

 

 

jazz de france

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30 janvier 2013 3 30 /01 /janvier /2013 23:33

PUJ

 ParisJazzUnderground.jpg

 

On suit toujours avec plaisir aux DNJ le devenir des membres talentueux et fort sympathiques du collectif PJU (deux saxophonistes, deux guitaristes, un contrebassiste, un batteur).  Leur dernier opus, éponyme du nom du groupe, commence par un titre merveilleux, comme on les aime, ce « Moon Woman »  construit sur un crescendo vrillant à souhait, déstabilisant, composition du guitariste Romain Pilon qui met particulièrement en valeur les saxophones d’Olivier Zanot et David Prez, sur la batterie exacerbée de Karl Jannuska. Suivent deux compositions plus « calmes » de l’autre guitariste du groupe, Sandro Zerafa, qui prolongent cet effet d’ « inquiétante étrangeté » que l’on ressentait dès l’ouverture. La marque distinctive du PJU, ne réside-t-elle pas dans ce son toujours très pur, élégant, cette chaleur de son de timbres patinés, la complicité réelle qui s’entend du début à la fin de l’album ? Le tandem rythmiquede  Karl Jannuska et Yoni Zelnik, particulièrement créatif, propulse les souffleurs qui marient leurs impressions, belles effusions fécondantes, « drippings de son » sur un « Pollock » énergique (on n’en attendait pas moins pour un hommage au grand peintre de l’ « action painting » ). Un album qui sait être offensif dans ses contrastes dynamiques, ses foucades rythmiques comme dans ce « Stealth » enthousiasmant ; ou à l’envi, élégiaque, à moins que ce ne soit rêveur, dans l’entrelacs d’autres thèmes  comme « For F. Mompou », « PJU Blues », longuement fouillés, joués avec fluidité et délicatesse. Il y a du rêve, des couleurs souvent grisantes et aussi cette touche de mélancolie qui vous atteint très directement au coeur. Voilà pourquoi l’on aime ce collectif attachant aux voix aussi singulières qu’affirmées. Une certaine idée du jazz qui n’est pas pour nous déplaire… N’hésitez pas à  aller les écouter s’ils passent près de chez vous.

Sophie Chambon    

 

                                                   

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30 janvier 2013 3 30 /01 /janvier /2013 10:58

Black and Blue 2012

Sylvia Howard (vc), Georges Dersy (tp), Jean-Sylvain Bourgenot (vtb), Christian Bonnet (ts, arr), Antoine Chaudron (ts), Jacques Carquillat (p), Jean de Parseval (elb), + Alain Chaudron (dm), Jean-Pierre Jackson (dms)

 Sylvia-Howard.jpg

Ça fait plaisir de recevoir dans sa boîte des petites galettes comme ça ! Des trucs qui fleurent le jazz à papa. Des trucs qui se la racontent pas. Pas des machins qui prétendent toujours révolutionner le jazz mais au contraire de petits bonbons qui ne demandent juste qu’à se (et à nous) faire un plaisir en jouant de sacrés saucissons bien goûtus mis en boîte par Black and Blue, le lendaire label du jazz hexagonal.

Et dans cet album de la chanteuse Sylvia Howard mis en bouche par quelques érudits-musiciens, dont notamment Christian Bonnet qui outre son incommensurable culture du jazz  ( que les lecteurs de BD jazz connaissent bien) nous régale ici de ses talents de saxophoniste et d’arrangeur « gourmand », tout le classique y est passé en revue. Tout ce que le jazz mainstream contient de pépites inaltérables incontournables comme Take the A Train, Fine and Mellow, On the Sunny side of the street, St James infirmary etc etc….. de quoi bien faire chauffer la marmite du swing.

Et celle qui est aux fourneaux c’est Sylvia Howard, chanteuse qui s’inscrit dans la lignée de ces chanteuses noires américaines tombées dans la marmite du gospel avant d’atterrir les deux pieds dans le jazz. Pas étonnant que les influences se mêlent dans sa voix en passant par Sarah, Billie ou Dinah. Mais Sylvia Howard qui pourrait être écrasée par tant de modèles y affiche aussi une réelle personnalité et d’autorité ( ecouter son Saint James Infirmary). Son sens du swing et du blues font merveille même si elle semble parfois un peu impressionnée par la formation qui , derrière , prend des allures de big band. Il faut dire que les arrangements simples et efficaces sont mis en valeur par de forts solides soutiers . Soutiers :  matelots responsables d’alimenter la chaufferie.

A suivre et surtout à écouter prochainement en live. Parlez-en à votre thérapeute préféré !

Jean-Marc Gelin

 

 

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29 janvier 2013 2 29 /01 /janvier /2013 21:43

 

Seventh tension records 2012

Elie Dalibert (as), Manuel Adnot (g), Arthur Narcy (dm)

 Sidony-recto-recadree.jpg

 

Nous nous étions extasié il y a plus d’un an sur ce jeune groupe qui était alors sélectionné par Jazz Migration ( 2011) et venait de remporter un tremplin à Jazz à Vienne (link)

Pour son troisième album, ce jeune groupe se présente dans la même formation de trio sax, guitare, batterie. Mais alors qu’hier nous étions séduits par cette façon de fabriquer la musique ensemble et par son expressivité, allez savoir pourquoi, ici le charme n’opère plus comme avant.

Bien sûr il y a la performance orchestrale qui impressionne toujours autant. Comment ces jeunes garçons dans une formule aussi simple que le trio peuvent-ils donner autant d’intensité à leur musique, autant d’épaisseur orchestrale et de puissance à leur jeu, là où derrière la mélodie, (ici très anecdotique) une autre forme de musique s’exprime, symbiotique entre jazz-rock et pop. Chacun des trois musiciens est ici totalement impliqué dans un rôle bien défini. Elie Dalibert s’y montre, au sax, un improvisateur exceptionnel alors que Manuel Adnot ancre la musique vers une texture électrique et très rock parfois (trop) saturée et que de son côté Arthur Narcy déploie un énorme volume de jeu et de mise en reliefs sombres.

Cet album joue à la fois sur les ostinatos rythmiques qui créent la dramaturgie ( Girafe) à la limite même du heavy métal parfois (Dark Wizard) ou au contraire sur des moments très espacés, très étirés  jusqu’à l’extrême limite du minimalisme ( Nocturnum ou ce très beau Ambre qui clôture l’album ). Un peu comme ils le faisaient dans le précédent album.

Mais le problème c’est qu’entre ces deux procédés musicaux, le matériau compositionnel semble bien plus faible qu’il ne l’était dans « Pink Paradise ». L’alternative entre en mettre trop ou n’en mettre pas assez peine à émerger. Et ce n’est pas d’ailleurs le très pop Electric Lovequi parvient totalement à réconcilier ces extrêmes. Balaçant sur deux pieds, l'ossature de l'album se révèle à la longue sans grande surprise.

Mais il n’en reste pas moins qu’avec un groupe comme Sidony Box, les jeunes explorateurs du jazz visitent de nouvelles contrées avec un sens du son et de la musique qui peur surprendre et étonner ceux qui ne les connaissaient pas avant. Ceux-là se laisserons à tous les coups embarquer dans l'affaire.

Ce qui est en soi très remarquable.

Jean-Marc Gelin

 

Nous n’avons malheureusement pas reçu le DVD qui est censé accompagner le disque. Gageons qu’un lecteur avisé nous en fera amples commentaires.

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