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31 octobre 2016 1 31 /10 /octobre /2016 08:15
DONNY MC CASLIN : «  Beyond now »

DONNY MC CASLIN : «  Beyond now »
Motema 2016
Donny Mc Caslin (ts), Tim Lefebvre (b), Mark Giuliana (dms), Jason Linder (kybds) , Nate Wood (g)

 

Autant vous le dire, vous allez vous en prendre une et une sévère !
Ceux qui pensent que Donny Mc Caslin est le jeune saxophoniste bien gentil, petite mèche sur le côté, celui qui tient sagementnle pupitre dans l’orchestre de Maria Schneider, celui que l’on présenterait à sa belle-mère, et bien ceux-là vont en prendre pour leur grade. Et une sévère.
Car Mc Caslin est en fait un vrai tueur. Ce dont les auditeurs avisés s’étaient déjà un peu rendu compte dans les précédents albums.Donny Mc Caslin est pour moi un killer comme on n’en a pas vu depuis le temps où les gars sortaient leurs armes sur les scènes de kansas City.

Marqué par sa collaboration avec David Bowie sur l’ultime album très jazz de ce dernier ( « Black stars » auquel participaient aussi les autres musiciens ici présents), Donny Mc Caslin s’est ainsi transformé en une sorte de Mister Hyde émergeant de substances électriques aux nappes sonores brumeuses et pyschédéliques ( Coelacanth). Les références à David Bowie sont bien sûr très présentes comme sur Small Plot of lands très marqué par l’influence de la star anglaise et repris de l’album « Outside » sorti en 1995.
 
Sur ce tapis très pop, Donny MC Caslin sort sa lame affutée comme un rasoir. Tranchante et agile.
« Donny Mc the knife »
Rarement on a entendu un saxophoniste donner autant de puissance et de lyrisme lyrique à son discours. Il faut dire que Donny Mc Caslin a un sens incroyable de la mise en scène ( certains disent même que l’album est sur-produit) et que son phrasé acrobatique apporte à l’album une dimension «  hors-sol » comme on peut l’entendre sur cette ouverture absolument magistrale sur Shake loose qui vous laisse sur le cul et tout ébouriffés.
A la fois lunaire et brutal. A la fois pop et jazz. A la fois sensuel, intellectuel et tripal, à la fois flottant et inquiétant, le jazz de Donny Mc Caslin porte très haut le renouveau du jazz dans une production digne des grands héros du genre.
De bons gros sons de basses matelassent l’album, portés par un Tim Lefebvre en lévitation ( Tedeski trucks band). Les tapis harmoniques de Jason Linder vous enveloppent dans une sorte d’entre deux plus ou moins psyché alors que la guitare de Nate Wood fini par vos assener quelques coups de boutoirs saisissants, comme des attaques en règle.
Produit par David Binney, l’album vous embarque de morceau en morceau dans un univers qui lui est propre, à la fois onirique et inquiétant, dans une mise en tension palpable.

Incandescent !


Jean-Marc Gelin

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26 octobre 2016 3 26 /10 /octobre /2016 16:48
Noël BALEN  MINGUS ERECTUS

Noël BALEN

Mingus Erectus

Les Fables de Charles

Le Castor Astral

Livre-CD

Photographies d’Amaury Voslion

Couverture de José Correa

www.noelbalen.com

Belle idée que d’illustrer un livre par un CD, quand il s’agit d’une ode à la mémoire du fabuleux contrebassiste Charles Mingus, farouche résistant à tous les racismes, insoumis perpétuel dont on a pu découvrir la vie singulière et tragique dans une autobiographie explicitement nommée Moins qu’un chien ( Editions Parenthèses).

Ecrivain, critique, musicien ( bassiste et contrebassiste) Noel Balen a de multiples intérêts dans la vie  ce qui  n’est pas pour nous déplaire. Outre sa passion pour le jazz ( L’Odyssée du Jazz, Liana Levi, 1993, 7ème édition tout de même ) et d’illustres figures musicales, jazz ou pop dont il a tracé de vigoureux portraits (Miles Davis, Billie Holiday, Django Reinhardt, Charles Trenet, Neil Young ), il est passionné de gastronomie et d’œnologie (ayant co-écrit des fictions devenues des séries romanesques sur le vin comme Le Sang de La Vigne et Crimes Gourmands, sans flic mais avec critique gastronomique qui mène l’enquête, sa compagne Vanessa).

Ouvrage soigné sorti chez Le Castor Astral, maison sérieuse aux auteurs passionnés et experts, on pourra apprécier autant les petits poèmes de Balen que leur illustration sonore aux accents de jazz poetry, un recueil de « fables de Charles ». Mettant en mots une série d’épisodes qui donnent une remarquable idée de l’intensité douloureuse, de la violence rageuse qui animait Mingus « droit dans ses notes », Balen traduit l’état d’esprit du compositeur contrebassiste toujours fiévreux et l’intensité de ces hymnes-manifestes ancrés dans le blues et gospel . En se référant aux titres de chacun de ces courts poèmes, on se repasse les moments forts de sa vie -il y en eut beaucoup : les amitiés (« Brother Danny », « So long Eric »), les concerts mythiques ( Toronto, 15 mai 1953 »), la femme aimée ( « Elle, Susan ») les séjours au Mexique (« Tijuana Fuck », « Cuernavaca ­­56 »). Il y a même une sorte de rapide déroulé biographique, une drôle de notice nécrologique «  A kind of Bio (comme une sorte de bout de bio) » de celui qui n’était pas né sous la bonne étoile, « On the sunny side of the street ».

Le CD qui fait intervenir sur 18 plages de très nombreux musiciens (voir la liste sur http://www.castorastral.com/livre/mingus-erectus/), chanteurs, acteurs sur les textes même du recueil a été produit et réalisé par  Noel Balen et Etienne Gauthier (compositions et arrangements) qui orchestre un ensemble à cordes. Auquel se joint une section de cuivres Thomas Enhco (tp), Julien Cavard(as), Glenn Ferris (tb), dirigée par Philippe Jakko et le Fame’s Macedonian Symphonic Orchestra. La liste des intervenants, imposante, réunit un ensemble assez composite d’artistes actuels. Un ouvrage collectif qui ne se veut pas une somme mais qui conserve en dépit d'un apparent éclatement, une unité, une dimension poétique et originale. Un magma très personnel, un hommage sincère à l’un des plus grands musiciens de jazz qui prend la forme d’une aventure permanente, avec des interventions plus "sauvages", parlées, slamées, chantées.

Nb: un CD inédit commercialisé avec le livre seulement mais des concerts sont prévus avec les artistes du disque . A suivre donc!

Sophie Chambon

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19 octobre 2016 3 19 /10 /octobre /2016 22:55

Les Disques de Lily 2016
Pierre Durand (g), Hugues Mayot (ts), Guido Zorn (cb), Joe Quitke (dms)

Distr. par Absilone

http://www.lesdisquesdelily.fr


Nous nous étions enthousiasmés en 2012 pour le 1er chapitre de Pierre Durand qu’il ouvrait, en solo chez le tout jeune label de Jérôme Gransac (http://www.lesdnj.com/article-pierre-durand-chapter-one-nola-improvisations-111479928.html). Il s’agissait alors d’un petit chef d’oeuvre iconoclaste.
4 ans après ce coup de maître, le guitariste revient pour un coup de génie dans le format plus classique du quartet. Avec toujours le même élan et toujours la même difficulté pour le chroniqueur d’en parler tant il sort des sentiers battus.
Ici Pierre Durand se lance dans une sorte d’exploration très personnelle du jazz et de ses racines. Avec une sorte de vision vernaculaire et un soupçon de chamanisme il y a, dans son approche une volonté de jeter des ponts entre un jazz ancré dans la terre et ses dérivés plus modernes, plus occidentaux. Cet album, c’est le blues et c’est l’esprit.
Avec une écriture magnifique et un sens consommé des arrangements, on navigue alors entre chiens et loups, sur une musique qui puise au coeur des territoires indiens, qui plonge dans une Nouvelle Orléans de carnaval animiste, qui traverse le rock Hendrixien autant que les rivages d’un blues très gras. Et pour l’occasion le guitariste s’entoure magnifiquement.
A l’expression virile et parfois rageuse d’Hugues Mayot répond le lyrisme et le sens mélodique de Pierre Durand qui emprunte toujours les routes les moins évidentes , les plus sinueuses et les plus belles aussi. A l'entednre on pense à John Scofield à Bill Frisell et même à Ralph Towner.

Quand à la rythmique, elle ancre le groove de bien fine manière entre procession de carnaval et riffs traînants.

Au final cet album possède un charme magique et envoutant qui séduit autant qu’il déroute. Qui intrigue autant qu’il emporte. Et le maître de ce sortilège, Pierre Durand est définitivement un griot du jazz.
Jean-Marc Gelin

 

Pierre Durand présentera Libertad à Paris au Sunside le 30 novembre

 

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17 octobre 2016 1 17 /10 /octobre /2016 21:26

C'est un événement : un concert de Martial Solal en trio ! Cela fait pas mal de temps que ce n'était pas arrivé. Après avoir cessé de se produire pendant toute une année, Martial avait fait son retour en club, au Sunside, en décembre 2015, pour un duo inédit avec Dave Liebman. Et le voici, pour un trio tout aussi neuf, dans la grande salle de l'Opéra de Lyon. Fidèle auditeur de Martial, au disque comme au concert, et depuis des décennies, je ne voulais pour rien au monde manquer cet événement. Direction Lyon, donc, où je gagnerai l'Opéra par la ligne « A » du métro ; Martial jouera ce soir quelques mesures de Take the « A » Train : clin d'œil.... ou hasard objectif ?

 

 

 

QUELQUES HEURES avec MARTIAL SOLAL à l'Opéra de Lyon

À 17h, je suis dans les coulisses, derrière le grand plateau. Martial arrive, très entouré. Il marche lentement, un peu voûté par la fatigue du voyage : « Je me sentirai mieux quand je serai assis, me dit-il ». Effectivement, une fois installé devant le piano, Martial oublie sa fatigue et pilote les préparatifs. Les régisseurs installent la batterie, que Bernard Lubat va disposer à sa guise. Bernard et Martial sont de vieilles connaissances. Dans sa première vie professionnelle de jazzman presque de stricte obédience, le batteur a parfois apporté son concours au pianiste. Mais leur plus récente rencontre s'est faite à deux pianos, au festival Sons d'hiver en janvier 2104 : un DVD intitulé « In and Out », et signé Thierry Augé, en témoigne. Pendant que Bernard s'affaire sur le réglage de ses toms, Martial dialogue avec le contrebassiste Mads Vinding. Le pianiste l'a rencontré en 1999 à Copenhague lorsque, récipiendaire du prestigieux Jazzpar Prize, il devait donner un concert de création avec des musiciens danois. Martial apprécie ce grand contrebassiste, pilier du célèbre Montmartre Jazzclub de la capitale danoise, où il a accompagné tout le gotha du jazz international durant des lustres. François Postaire, qui programme le jazz à l'Opéra, veille sur le plateau à ce que tout soit fait pour le mieux. Les équipes de son et de lumière s'affairent avec une fluide efficacité. La balance peut commencer. Un tour de chauffe sur un standard, Here's That Rainy Day, avant de passer aux compositions originales de Martial : Coming Yesterday , Aigue Marine... ; Certaines nécessitent une très précise mise en place, ce qui n'est pas un problème pour ces partenaires de haut-vol. On affine le son avec quelques standards, dont On Green Dolphin Street, que Martial affectionne, mais qui ne sera pas joué le soir. Le son du trio est au point : c'est le moment d'accueillir l'invitée : Claudia Solal. Martial a prévu de jouer deux standards, puis une improvisation totale, avec sa fille. Pour les standards (Lush Life et In Walked Bud), ils font un petit galop d'essai, histoire de vérifier que tout fonctionne. On rectifie ici un accord de passage, là une inflexion, et le tour est joué. Mais pour le duo improvisé, pas question de répéter : ces deux intrépides improviseront à vue... et il en ont vues d'autres ! Tout est paré. Sophie Jarjat, l'attachée de presse, s'enquiert de l'accueil des invités des artistes. La peintre Anna Solal, la femme de Martial, s'assure que personne n'a été oublié parmi les amis attendus à concert-événement. En attendant l'ascenseur qui va le conduire aux loges Martial, très détendu, admet qu'une pause lui fera le plus grand bien. Mais, pour me rassurer, ou plutôt pour me taquiner, il me dit « La tête et les doigts fonctionnent parfaitement ! ». Qui pourrait en douter ?

 

QUELQUES HEURES avec MARTIAL SOLAL à l'Opéra de Lyon

Et le concert à 20h30 en administre, s'il en était besoin, la preuve éclatante. En trio d'abord, avec Swing Spring pour se mettre en jambe sur un classique du bop, suivi par deux très belles compositions de Martial : Aigue Marine et Coming Yesterday. Puis, prétextant avec humour que ses partenaires ont besoin de repos, il nous offre en solo un éclatant medley du répertoire de Duke Ellington. Il connaît cette musique, il l'aime, et prend avec elle toutes les libertés qu'autorise l'amour. Puis il accueille Claudia « ma chanteuse préférée, dit-il, et pas seulement parce qu'elle est ma fille ». Ils jouent les deux standards prévus : Claudia fait merveille d'expression dans Lush Life, et introduit In Walked Bud en chantant a cappella, avant d'être rejointe par Martial, en pleine effervescence bebop. Le troisième duo, totalement improvisé, est fascinant : dialogue télépathique, où les audaces de la chanteuse stimulent les réponses inouïes du pianiste. C'est un enchantement, jusqu'à l'instant final où, dans le suspens d'un élan que l'on croirait indécis, Martial pose les notes conclusives. Le public est conquis, et continuera de l'être au retour du trio : standards encore, avec un fabuleux solo de Bernard Lubat, aux balais, sur Here's That Rainy Day. Dans le suivant Mads Vinding aura largement loisir de s'exprimer, avant que le trio ne se lance dans le labyrinthe de Zag-Zig, une composition de Martial pleine de chausse-trapes et de rebondissements. Un Tea For Two d'apparence récréative permettra à chacun de jouer le jeu du jazz : surprises, acuité musicale, liberté d'improviser.... Le public est aux anges, et rappelle à tout-va. Bons princes, les musiciens reviennent pour un Lover Man porteur de mémoire et d'émois ; rappelés encore ils nous offriront What Is This Thing Called Love, et au troisième rappel, après que Claudia, mandée en coulisse par Bernard Lubat, s'est jointe au trio pour recevoir les vivats, c'est en solo que Martial va conclure. D'abord en donnant mille fantaisies, très musicales, et plutôt hardies, sur l'air de Happy Birthday To You. (au prétexte suivant « Il y a bien ce soir dans la salle, dit-il, quelqu'un dont c'est l'anniversaire.... »). Puis, faisant mine de partir encore, il nous donne une version inédite, façon puzzle, de sa partition pour le film À Bout de souffle. Ovation d'un public heureux, bonheur partagé avec un artiste manifestement comblé par cette soirée où chacun a donné le meilleur : un rêve en somme !

Xavier Prévost

.

 

Martial Solal jouera en duo avec Dave Liebman le samedi 29 octobre à 20h, dans le grand studio 104 de la Maison de la Radio, pour un concert « Jazz sur le vif » exceptionnel.

http://www.maisondelaradio.fr/evenement/jazz/jazz-sur-le-vif-20

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15 octobre 2016 6 15 /10 /octobre /2016 09:26

Les jazzmen saisis par Arthur Elgort

 


Exposition de photos. Colette, 213, rue St Honoré. 75001. 26 septembre-5 novembre 2016-

 

 


Réputé pour ses photos de mode-Linda Evangelista, Kate Moss, Cindy Crawford eurent l’honneur de ses objectifs-le new-yorkais Arthur Elgort (76 ans) aime le jazz. Il combine ses deux passions dans deux clichés pris en 1988 lors d’une croisière du jazz sur le SS Norway (l’ex France) pour Vogue Italia où la top model britannique Jeny Howorth prend la pose aux côtés de Dizzy Gillespie et Dexter Gordon. La quinzaine d’autres photos de jazz exposées (1), datant de 1987 à 2000, parues pour la plupart dans des magazines (Vogue, The New Yorker), sont exclusivement consacrées aux jazzmen, à l’exception d’une jazzwoman, la pianiste Dorothy Donegan dont le regretté André Clergeat vantait le « toucher perlé »( Dictionnaire du Jazz). Le plateau ne manque pas de gueule : Wynton Marsalis, Art Blakey, Roy Hargrove, Illinois Jacquet, Sonny Rollins (gros plan touchant), Lionel Hampton (à 83 ans), George Benson et Jon Hendricks (tout sourire). Une mention spéciale pour des photos de groupe posant en pleine rue à New-York, le Lincoln Center Jazz Orchestra (ci-contre en 1992), et un quartet de belle allure-Milt Hinton, Roy Hargrove, James Carter, John Faddis (2000).  
(1). La rétrospective Arthur Elgort présente globalement une centaine de photos ayant trait principalement à la mode et au ballet.  Toutes les photographies sont disponibles.
Jean-Louis Lemarchand
 

 

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15 octobre 2016 6 15 /10 /octobre /2016 09:20

The Color Line, les artistes africains-américains et la ségrégation

Exposition au Musée du Quai Branly Jacques Chirac (jusqu’au 15 janvier 2017)

On lui devait l’exposition –monumentale-« le siècle du jazz » en 2009. Daniel Soutif revient au Musée du Quai Branly avec « The Color Line, les artistes africains-américains et la ségrégation ». Grand connaisseur de la culture américaine, chroniqueur de jazz, et agrégé de philosophie, Daniel Soutif a mis le même soin à ce travail encyclopédique qui porte sur un siècle et demi. Si l’abolition de l’esclavage date de 1865, les lois établissant la ségrégation dans le Sud des Etats-Unis (lois dites « Jim Crow ») entrent en vigueur en 1877 et ne seront abolies qu’en 1964 par le président Lyndon B.Johnson par le Civil Rights Act. L’engagement des artistes africains-américains –appellation en vigueur depuis la fin des années 80 pour désigner les Noirs américains-pour l’égalité des droits avec les blancs et faire disparaître cette « ligne de couleur » va perdurer jusqu’à nos jours. Sur les cimaises du Musée du Quai Branly, l’amateur de jazz  retrouvera aussi bien une sélection de partitions des chansons célèbres du début du XXème siècle illustrant le répertoire des minstrels, ces blancs qui singeaient les noirs (un prêt du collectionneur émérite Philippe Baudoin) que des pochettes de disques de Free Jazz et en bande-son une interprétation de Louis Armstrong des années 20 et Strange Fruit de Billie Holiday, intégré dans une section-choc sur les lynchages. Mais il aura tout loisir d’élargir son regard. Visiter cette exposition, c’est à la fois se plonger au cœur de la lutte des Noirs américains et découvrir toutes les formes qu’elle prenait, sur les scènes de spectacle, les stades et autres rings aussi bien que par les écrits, les chansons, les peintures, les photographies. Des milliers de documents témoignent de la formidable créativité de ces contestataires de l’ordre blanc. Autant dire qu’une seule visite (1) ne suffit pas à épuiser toutes les ressources de The Color Line. Et encore, Daniel Soutif reconnaît que son exposition « est de ce point de vue un peu comme un iceberg. Il en faudra bien d’autres, tant thématiques que monographiques, pour enfin réellement faire connaître la richesse de la production artistique africaine-américaine ».
Une visite également conseillée aux trois ministres qui invitaient à l’inauguration de l’exposition et avaient brillé ce jour-là par leur absence.
 Jean-Louis Lemarchand
Frémeaux & Associés propose à cette occasion le coffret officiel de l’exposition, une anthologie sous présentée avec plus de 150 titres présentés dans 3 CD portant sur la période 1916-1962, et réalisée par Bruno Blum.
 


    www.quaibranly.fr

 

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Published by Jean-Louis Lemarchand - dans Evènements
6 octobre 2016 4 06 /10 /octobre /2016 20:55

---- NEIL COWLEY TRIO « Spacebound Apes » , www.neilcowleytrio.com

Tops et flops de septembre : Part 2,  Les flops

Un album concept, enrobé d'un copieux discours d'escorte, sous forme d'une nouvelle illustrée sur le site http://lincolnsdiary.tumblr.com/ . Effet béquille assuré, pour une musique souvent assez dépouillée, mais dont le minimalisme peine à engendrer l'intensité émotionnelle : la joliesse n'induit pas nécessairement l'émoi.

Xavier Prevost

Il l'annonce c'est un album concept. Encore faut il que concept il y ait. Le pianiste veut raconter une histoire mais se trouve mal inspiré , se répète entre le rivage d'une pop martelée et d'un jazz tire larmes. Mais l'émotion prend trop peu et il ne reste pas grand chose au final.

Jean-Marc Gelin

AVICHAI ORNOY « Sneakin' in » , Jazz Family / Socadisc

Tops et flops de septembre : Part 2,  Les flops

On nous annonce un flûtiste virtuose (Orchestre philharmonique d'Israël), rompu aussi au klezmer, qui publie son premier opus jazzistique. Mais le résultat est très convenu, malgré un blues dévoyé sur les traces de Sing Me Softly Of The Blues de Carla Bley. Une découverte qui se transforme en déception.

Xavier Prevost

---- Nils Petter Molvaer , Buyoancy (Okek-Sony)

Tops et flops de septembre : Part 2,  Les flops

Circulez y a rien à voir. Pour ceux qui aiment le jeu épuré du trompettiste norvégien et la zénitude boréale, rien de nouveau. NPM à déjà fait le disque et se répète à l'infini d'un désert nordique.

Jean-Marc Gelin

---- 3 minutes pour comprendre, les 50 concepts, styles et musiciens du jazz. Dave Gelly.

Le Courrier du Livre. 160 pages. (titre original 30 seconds Jazz. The Ivy Press Ltd).


« Ce livre offre une histoire du jazz », annonce en introduction Dave Gelly, collaborateur du respecté magazine britannique Observer depuis 1974. Nous voilà alléchés. Pas pour longtemps. Raccourcis, approximations et simplifications sont légion. On retiendra un beau choix d’illustrations.
Jean-Louis Lemarchand

Tops et flops de septembre : Part 2,  Les flops

« Ce livre offre une histoire du jazz », annonce en introduction Dave Gelly, collaborateur du respecté magazine britannique Observer depuis 1974. Nous voilà alléchés. Pas pour longtemps. Raccourcis, approximations et simplifications sont légion. On retiendra un beau choix d’illustrations.
Jean-Louis Lemarchand

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6 octobre 2016 4 06 /10 /octobre /2016 20:11

Les DNJ ont aimé

**** URSUS MINOR « What Matters Now » ,

Hope Street / L'Autre Distribution

Tops et flops de septembre : Part 1,  Les Tops

Utopie réalisée, grâce à la complicité du Festival Kind of Belou, et au financement participatif. Très bel objet musical (double CD) et graphique (dessins et photos dans un livret de 140 pages). Jazz, soul, rock, spoken words : autour du groupe des artistes de tous univers (Desdamona, Dominique Pifarély, Ada Ayer....).

Xavier Prevost

**** Kandace Springs, Soul Eyes

Tops et flops de septembre : Part 1,  Les Tops

Native de Nashville, remarquée par Prince, Kandace Springs choisit un titre de Mal Waldron pour son premier album chez Blue Note. Osé. Test réussi pour une chanteuse qui se révèle aussi une redoutable pianiste.

Jean-Louis Lemarchand

**** Dahfer Youssef : " Diwan of beauty and odd"

Okeh 2016

Tops et flops de septembre : Part 1,  Les Tops

La rencontre du jazz et de l'orient produit des merveilles de transes mystiques. Ici le chanteur réunit à crème du jazz dans un moment d'une rare incandescence. Ambrose Akinmusire se fond dans la voix exceptionnelle de Dahfer et Aaron Park se mue en enlumineur de génie.

Jean-Marc Gelin

**** Joey Alexander, Countdown (Motema)

Tops et flops de septembre : Part 1,  Les Tops

Enfant prodige, Joey Alexander séduisit Wynton Marsalis qui le programma à Marciac l’an passé. Ce deuxième disque de l’ado australien (13 ans) confirme le diagnostic. Attention virtuose ! Il s’attaque à Monk, Coltrane, Strayhorn, excusez du peu et livre même deux compositions propres. A suivre.

Jean-Louis Lemarchand


**** Nils Petter Molvaer , Buyoancy (Okek-Sony)

Tops et flops de septembre : Part 1,  Les Tops

On retrouve avec plaisir le trompettiste norvégien dans ses œuvres. L’électronique et effets divers ne viennent jamais perturber une sonorité toujours aérienne. Nils Petter Molvaer et ses trois comparses scandinaves nous font littéralement planer ou flotter (pour reprendre le titre de l’album).

Jean-Louis Lemarchand

**** JIM BLACK « The Constant » , Intakt Records /

Tops et flops de septembre : Part 1,  Les Tops

Un disque de batteur vraiment compositeur, inspiré par le souvenir de « Footloose ! » de Paul Bley (1962-63). Sens mélodique très original, intervalles distendus, liberté de circulation entre les trois musiciens (le pianiste autrichien Elias Stemeseder et la contrebassiste états-unien Thomas Morgan) : magnifique !

Xavier Prevost

**** Big band de L'OEUF :" Petits plats pour grand ensemble"

Tops et flops de septembre : Part 1,  Les Tops

Voilà un big band à vous réveiller les papilles. Toujours alerte, épicé comme il se doit, inventif avec du swing intelligent. Un vrai travail d'orfèvre qui vous fait aimer cette cuisine là. A consommer avec avidité.

Jean-Marc Gelin

**** Les Nébuleuses
Quintet + Swing trio
Christophe Dal S
asso
Jazz & People

Tops et flops de septembre : Part 1,  Les Tops


Ou comment trouver l’inspiration, en regardant le ciel, les étoiles, la matière mystérieuse de l’univers, et comparer avec l’origine et le sens de la création artistique.
Les sept compositions et arrangements du flûtiste Christophe dal Sasso se partagent entre forme écrite et improvisation, principes sériels et jazz post-coltranien. Une écriture savante qui va voir du côté de Messiaen, de Boulez, avec un lyrisme rare : Christophe Dal Sasso est un compositeur fécond, un arrangeur diabolique, qui vous embarque à bord d’un étrange vaisseau spatial, avec un équipage fin prêt pour une aventure incroyable, un formidable quintet jazz et un trio de cordes, où chacun joue sa partition, offrant à l’ensemble sa ligne propre dans des directions comme éclatées. Les énergies libérées se déploient dans l’espace et le temps. La musique, généreusement expansionniste, ne prend jamais le pouvoir mais se développe au contraire, à perte de l’ouïe. Et vous fera planer.
Sophie Chambon

**** Visitation
Cyril Achard invite Geraldine Laure
nt

Tops et flops de septembre : Part 1,  Les Tops

ACM Jazz Label
Un duo insolite, acoustique, guitare six cordes nylon sans médiator-saxophone alto dont la musique touche, dans sa complexité heureuse, au sein d’une création continue. Ils jouent les compositions originales du guitariste mais aussi les standards… à leur façon, les retouchant avec leur sensibilité, leur fougue. La musique touche car dans sa complexité heureuse, elle reste très immédiate, généreuse, au sein d’une création continue qui semble couler, encore que l’on comprenne très vite qu’elle suit une tructure rigoureuse. C’est sans doute ce mystère des arrangements, de cette science si délicate de la ré-harmonisation, qui s’appuie sur une technique très maîtrisée : comment faire retrouver très vite, par l’exposition du thème, la saveur initiale du morceau et nous emmener loin pour nous faire retrouver au final le fredon initial. Comme dans un bon équilibre culinaire, le duo joue « actuel » sur des bases classiques.
Sophie Chambon

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6 octobre 2016 4 06 /10 /octobre /2016 20:05
Itamar Borochov : " Boomerang"

Itamar Borochov : " Boomerang"
Laborie Jazz 2016
Itamar Borochov (tp), Michael Kinf-g (p), Avri Borochov (cb, oud), Jay Sawyer (dms)


Voici donc venue la toute nouvelle découverte de Jean-Michel Leygonie qui poursuit son travail de chercheur d’or. Une pépite donc qui nous arrive tout droit telle une comète venue d'une planète où le jazz règne en maître. Une pépite qui pour son premier album le place sur des orbites où gravitent aujourd'hui des trompettiste de la trempe d'Ambrose Akinmusire, d'Avishai Cohen ou de Jeremy Pelt. Enr bref , un talent immense.
Et le pire c’est que c’est presque par hasard que le Directeur du label a mis la main sur ce trompettiste qui un jour à Jazzahead lui remit un CD , à tout hasard. Et le hasard fit bien les choses puisque de Brême à Limoges, Jean-Michel Leygonie se passa en boucle cet album onze heures durant, peinant à conduire tant l’émotion le submergeait.

Il faut dire qu’Itamar Borochov n’affiche pas seulement la beauté et l'élégance dans sa façon d'être mais aussi et surtout dans sa manière de jouer. A t-on entendu récemment un trompettiste de cette envergure qui apporte dans son jeu autant de force et d’expressivité ?

Soulful !


Ses phrases déchirent le ciel comme des moments d'embrasement et des zébrures divines. Lorsqu'il joue, le jeune trompettiste israélien (qui vit à New-York ) y met une âme qui vous emporte et peut soit vous renverser cul par terre ou bien vous bouleverser à en pleurer.
Pour l'occasion Itamar Borochov est magnifiquement accompagné par une rythmique qui semble comprendre ce qui se joue là : Une page essentielle entre hard bop et tradition venue d'orient. En fusion. Et à ce jeu-là Michael King au piano sert son sujet avec brio

Itamar Borochov brille de mille feux. De ce genre de feux sacrés qui relèvent d’un séculaire secret transporté par Louis, Miles, Clifford et Freddy…. jusqu'à lui.
Exceptionnel !
Jean-Marc Gelin

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2 octobre 2016 7 02 /10 /octobre /2016 22:13
LAURENT COURTHALIAC + 7 : «  All my life, a tribute to Woody Allen »

LAURENT COURTHALIAC + 7 : « All my life, a tribute to Woody Allen »
Laurent Courthaliac (p, arrgts), Bastien Ballaz (tb), Dimitry Baevsky (as), David Sauzay (ts), Xavier Richardeau (bs), Clovis Nicolas (cb), Pete Van Nostrand (dms)
Jazz & People 2016


Voilà un petit bonbon à mettre dans votre assiette. Déjà, rien qu’avec l’appel du pied ( l’hommage à Woody Allen) vous savez que vous allez traîner vos oreilles du côté de Broadway et de ses compositeurs mythiques en flânant en passage dans les rues de Manhattan par un soir de line printanière.
Pour cette occasion le pianiste Laurent Courthaliac a réuni une superbe formation qui, bien qu’il ne s’agisse que d’un octet sonne néanmoins comme un vrai big band et semble se faire un plaisir immense à jouer sur des arrangements classieux un musique à faire gémir de plaisir les amateurs de jazz qui reconnaîtrons bien sûr tout ces standards joués dans une pure veine mainstream ( But not for me, Embaceable you, Strike up the band , Just you just me etc….).
C’est si soyeux et si caressant qu’on imagine ce seven stars dans des smoking, noeud pap’ autour du cou façon grand orchestre. Embraceable you a des airs de Count Basie alors que Just you just me sonne comme chez Stan Kenton.
Dans cet hommage à Woddy Allen on reconnaît certains thèmes qui émaillent les films du réalisateur ( « Ev’ryone says I love you ») et d’autres qui bien sûr manquent à l’appel comme ce merveilleux I’m thru with love que personnellement j’aurai aimé retrouver ici (<iframe width="560" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/mSCKujA-D84" frameborder="0" allowfullscreen></iframe>).

C’est du pur plaisir de bout en bout. C’est un truc à le passer en boucle toute la journée parce que ça joue terrible, parce que c’est classe et parce que c’est léger, parce qu’il porte avec lui toutes les bandes sons de cet univers de Woody Allen qui, au travers des rues de New-York, en passant devant les théâtres de Broadway ou sur les rives de Manhattan donne à ce jazz- là son caractère intemporel.
Yeah man !
Jean-Marc Gelin

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