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18 juillet 2016 1 18 /07 /juillet /2016 00:06
JAZZ à JUNAS aux ARÈNES de VAUVERT

Le festival gardois, bien connu pour la qualité sélective de sa programmation, donnait cette année ses trois premières soirées à Vauvert. La soirée du 16 juillet, parrainée par la Spedidam, offrait trois visages et trois générations de la scène hexagonale.

JAZZ à JUNAS aux ARÈNES de VAUVERT

Juilien Touéry (piano), Ivan Gélugne (contrebasse), Julien Loutelier (batterie)

Le quartette d'Émile Parisien était prévu en ouverture à 21h, mais le saxophoniste, qui jouait la veille avec Airelle Besson, Anne Paceo, Vincent Peirani, Thomas Enhco et quelques autres français au festival d'Istanbul, s'est trouvé bloqué en Turquie, dont les aéroports ont fermé suite au coup d'état avorté. C'est donc en trio que ses partenaires ont joué, avec le répertoire du groupe adapté à cette nouvelle configuration. Avec audace, il nous ont fait profiter de leur belle connivence, et après une introduction hardie en forme de paysage sonore, ont exploré quelques voies du trio, depuis l'esprit de Paul Bley dans les années soixante jusqu'aux choix de leur génération. Ce fut vivant, tendu, plein de surprises et d'aspérités, et aussi très lyrique : une belle découvert en somme, qui transforme en bonheur la déception de n'avoir pas eu le groupe au complet.

JAZZ à JUNAS aux ARÈNES de VAUVERT

L'après midi, sous le soleil, les gradins attendent un public qui ne viendra qu'avec la nuit

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Éric Séva (saxophones baryton & soprano), Daniel Zimmermann (trombone), Bruno Schorp (contrebasse), Matthieu Chazarenc (batterie)

Puis ce fut le groupe « Nomade Sonore » d'Éric Séva : lyrisme également, bâti sur des mélodies mélancoliques dont l'apparente simplicité s'exaltait dans des développements très subtils. Chaleur et émotion étaient au rendez-vous, servies par la belle cohésion de ce groupe très rôdé, saisi au vol d'une tournée d'été de douze dates (privilège rare pour le jazz hexagonal en ces temps de pénurie....). Fougue virtuose, au service de la musicalité, chez les deux souffleurs, avec une mention particulière à Daniel Zimmermann pour son talent à mettre en relief, par ses contrepoints, le discours de son partenaire.

JAZZ à JUNAS aux ARÈNES de VAUVERT

Les Arènes ont leurs secrets au détour des coursives

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Richard Galliano (accordéon, accordina), Philip Catherine (guitare), Philippe Aerts (contrebasse), Hans Van Oosterhout (batterie)

Et la soirée trouva sa conclusion avec le « New Musette » de Richard Galliano, magnifié par la présence de Philip Catherine. Le guitariste est décidément un orfèvre qui traverse tous les langages du jazz avec une finesse confondante, faisant chanter son instrument dans tous les idiomes. Lui et ses compères du Nord de l'Europe donnaient à l'homme du Sud une réplique impeccable. Beaucoup de valses, des mélodies accrocheuses et sentimentales, jouées sans mièvrerie mais le cœur simple. Le public ne s'y trompait pas, qui fut conquis. Un solo de l'accordéoniste dans son répertoire fétiche (dont Piazzola), un trio sans guitare et un autre sans accordéon apportèrent la touche de diversité qui vint renforcer encore la joie des auditeurs. Et le fête se conclut par La Javanaise, d'abord en impro très libre, puis à la lettre en chant choral de tout l'auditoire. Le festival reprend le 19 juillet à Junas même ( suivre le lien pour le programme : www.jazzajunas.fr ).

Xavier Prévost

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17 juillet 2016 7 17 /07 /juillet /2016 18:30
aquarelles de Carmen Tercero

aquarelles de Carmen Tercero

La semaine dernière au Parc Floral nous avons la chance d'assister au concert d'Omar Sosa, toujours joyeux et dansant, le plaisir de rencontrer une croqueuse de diamants.

Parmi les spectateurs, une femme que je ne connaissais pas s'amusait à dessiner au pastel les musiciens sur scène.

Lorsque dans les loges je l'ai vue présenter son carnet pour le seul plaisir de la faire dédicacer, j'ai trouvé cela injuste qu'elle vous prive de son fort joli travail et je voulais juste lui rendre un petit hommage, comme ça en passant, en pensant à tous ces amoureux anonymes du jazz.

@Jean-Marc Gelin

@Jean-Marc Gelin

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17 juillet 2016 7 17 /07 /juillet /2016 17:51
Bobby AVEY : «  Inhuman Wilderness »


Innervoice 2016
Bobby Avey (p), Thomson Kneeland (cb), Jordan Perlson (dms), John O'Gallagher (as)

Le label New-Yorkais Innervoice que vient de fonder le pianiste Marc Copland et sur lequel il a déjà publié son propre album ( « Zenith ») s’enrichit aujourd’hui d’une nouvelle signature avec le tout jeune pianiste Bobby Avey, inconnue ici mais figure montante de la scène de Big Apple.
Fort de son premier prix de composition au fameux concours Thelonious Monk il y a 5 ans, le jeune pianiste multiplie les collaborations avec les stars du jazz de la grande ville comme Miguel Zenon, Rudresh Mahanthappa ou encore Darcy Argue James dont il est l’un des membres du fabuleux big band.
La belle surprise qui nous vient de ce nouvel album est double.
Elle vient d’une part de la découverte de ce pianiste total, engagé, qui doit se situer quelque part entre Cedar Walton et Matthew Shipp dans une veine rythmique basée sur des structures impaires que ne dénierait pas Steve Coleman.
Les compositions qu’il présente sont toutes de très haute volée. Car l’essence même de la musique du pianiste est d’aller chercher au delà des structures mélodiques ou harmoniques , des structures à tiroirs et des atonalités pour tailler dans le vif des motifs rythmiques. Il y a dans sa musique quelque chose de réellement fascinant tant par sa propension à créer un univers hypnotique que par son engagement intégral dans ce qu’il joue. Engagement aussi dans sa force d’expression, entre colère et passion, martelant le groove comme on assène certaine vérités. Comme une forme d’affirmation de son parti pris. Car il y a de cal chez Bobby Avey, l’affirmation d’une ligne musicale à laquelle il se tient. Et ça , nous on aime.

La deuxième surprise de cet album est celle de la découverte du saxophoniste alto John O’Gallagher qui l’accompagne sur 4 titres. Ce saxophoniste est, à 52 ans un des piliers du Smalls, le petit club de New-York. Impérial dans son discours, il s’affiche comme un saxophoniste tranchant, puissant, à la souplesse féline et bourré d’idées musicales dans ses improvisations. De la veine des héros New-Yorkais de cette scène post-free comme Tim Berne dont il semble très proche musicalement. Comment avouons nous pu passer à côté d’un tel musicien !


Voilà quelques jours que cet album tourne en boucle dans mon casque et ne cesse de m’accrocher, comme prisonnier volontaire dans une sorte de toile. Il y a dedans la marque d’un futur grand compositeur qui porte en lui une rare maturité musicale.

A découvrir séance tenante.

Jean-Marc Gelin

PS : en vidéo, le teaser de son travail sur le vaudou et la révolution haïtienne qu’il avait mené avec Miguel Zenon dans l’album « Authority melt on me ».

Bobby Avey

Bobby Avey

Teaser du précédent album avec Miguel Zenon et Ben Monder

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16 juillet 2016 6 16 /07 /juillet /2016 16:00
CHRISTOPHER ZUAR ORCHESTRA « Musings »

Dave Pietro (saxophones alto & soprano, flûtes), Ben Kono (saxophones alto & soprano, flûte, hautbois, clarinette), Jason Rigby (saxophones ténor & soprano, flûte, clarinette), Lucas Pino (saxophone ténor, clarinette), Brian Landrus (saxophone baryton, clarinette basse), Tony Kadleck, Jon Owens, Mat Jodrell, Matt Hollman (trompettes & bugles), Tim Albright, Matt McDonald, Alan Ferber (trombones), Max Siegel (trombone basse), Pete McCann (guitares), Franck Carlberg (piano, piano électrique), John Hébert (contrebasse & guitare basse), Max Ferber (batterie), Rogiero Boccato (percussions), Jo Lawry (voix), Christopher Zuar (composition, arrangements, direction).

Brooklyn, New York, 4-5 septembre 2014

Sunnyside SSC 1434 / Naïve

Cet ancien trompettiste, qui a choisi la composition et l'orchestration, a été bien formé (New England Conservatory de Boston, Manhattan School of Music de New York) par des Maîtres avérés de l'arrangement de jazz (Bob Brookmeyer, Jim Mc Neely, et le pianiste qui l'accompagne dans cet orchestre, Franck Carlberg, très réputé lui aussi). En publiant le premier disque de son grand orchestre le jour de son 29ème anniversaire, en avril dernier, il signe assurément l'avènement d'un nouveau (grand) talent. Il déploie une science étonnante des couleurs, un grand savoir-faire dans les alliages de timbres, un indiscutable goût pour les surprises qui font surgir l'inouï là où l'on croyait deviner le fil conducteur. Sa maîtrise se préserve du défaut que connaissent parfois les grandes compétences, qui débouchent si l'on n'y prend garde sur le convenu. Rien de tout cela ici. Les thèmes sont longuement développés, métamorphosés, recomposés. Au fil des plages on pense à Gil Evans, Thad Jones-Mel Lewis, ou plus près de nous Maria Schneider. Mais ces analogies n'épuisent pas la réalité de ce que nous écoutons, qui va au-delà de ces souvenirs d'amateur. La première plage, assez classique en apparence, dévoile progressivement ses atouts d'orchestration, avec de courtes relances de solistes pour baliser l'itinéraire. Ensuite une bien nommée Chaconne emprunte plus à l'esprit romantique qu'à la danse baroque, nous entraînant loin de sa source. Dans Vulnerable States le dialogue entre la voix limpide de la chanteuse Jo Lawry et la masse de l'orchestre dévoile des trésors d'expressivité. Les méandres de So Close, Yes So Far Away, nous entraîne d'incertitude en suspens, nous rappelant que la bonne musique se doit de n'être pas prévisible. Les solistes sont de haut vol, dans cet orchestre où de nouveaux talents côtoient des musiciens rompus au métier et aux meilleurs big bands (Alan Ferber, Jon Owens, Tony Adleck....). La seule présence de John Hébert à la basse nous indique que l'on est dans un univers où l'exigence musicale ne se marchande pas. Bref ce compositeur, cet orchestre et ce disque sont à découvrir d'urgence !

Xavier Prévost

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14 juillet 2016 4 14 /07 /juillet /2016 11:42
3 minutes pour Comprendre les 50 concepts, styles et musiciens du Jazz

3 minutes pour Comprendre les 50 concepts, styles et musiciens du Jazz
Dave Gelly
Le courrier du Livre - 160 pages - 18 euros

Parler du jazz c’est bien. En parler de manière didactique c’est bien aussi.
Nous sommes donc tout attentifs lorsque nous recevons ce petit ouvrage qui affirme, un poil présomptueusement en titre « 3 minutes pour comprendre les 50 concepts, styles et musiciens de jazz ». Attentifs mais néanmoins passablement dubitatifs. Parce que, certes 3 minutes c’est peu mais c’est aussi très long pour tomber dans tel un monceau de creux.
Parce que pour arriver à nous faire comprendre en express ce qu’est le jazz, l’auteur Dave Gelly, critique de jazz anglais autrefois à The Observer et aussi à la BBC est obligé de tout mélanger et tout confondre avec un enthousiasme qui n’a d’égale que sa naïveté confondante et un parti pris très très aléatoire.
Et le pire c’est qu’ils s’y sont mis à 6 pour sortir ce livre.
Tout cela est allègrement mélangé dans une sorte de pot-pourri indigeste. Les poncifs se bousculent.
Jazz vocal : « plusieurs chanteurs perpétuèrent la tradition du jazz vocal traditionnel , par exemple Grégory Porter et la chanteuse et pianiste canadienne Diana Krall. Bien sûr certains électrons libres comme Bobby Mc Ferrin échappent à toute forme de classification, hormis peut être celle de la virtuosité ».
Un page sur les « trios avec piano : « si le répertoire des trios avec piano moderne peut aller des comédies musicales de Broadway aux grands classiques, leur public apprécie surtout les créations originales et les reprises inventives de standards de la pop » : ??
Tout cela emballé dans un ouvrage fade où si les photos sont bien créditées en fin d’ouvrage, elles ne sont en revanche pas renseignées. Et bien sûr aucun CD pour accompagner la lecture.

Voilà, voilà, tout ça tout ça
Mais je me rends compte que je vous ai pris 1mn à peine pour vous faire comprendre la nullité de cet ouvrage. Je trouve que c’est déjà beaucoup…. trop.
Jean-Marc Gelin

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14 juillet 2016 4 14 /07 /juillet /2016 10:37
Tony Hymas joue Léo Ferré

Tony Hymas (piano)
2016. Studio de Meudon. Nato/L’autre distribution

C’est une déjà ancienne histoire d’amour entre Tony Hymas et Léo Ferré. Le pianiste britannique a inscrit à son répertoire peut-être la plus forte des 480 compositions de l’anar-poète « Avec le temps » dès 1997 soit quatre ans après la disparition du chanteur en 1993, le 14 juillet. Il avait alors confié à un confrère : « C’est une magnifique pièce au piano comme la Sonate au clair de lune de Beethoven ». Il va mûrir son interprétation quelque temps avant de l’enregistrer en 2011 avec les Bates Brothers, pour le label fidèle Nato (Blue Door). Avec le producteur Jean Rochard, la collaboration, le compagnonnage serait plus exact, se manifeste depuis plus de trente ans. Aujourd’hui, c’est encore Ferré qui est à l’honneur. Chacun sait que jouer la musique de Léo le magnifique n’est pas sans risques. On se souvient de l’hommage donné par le chanteur Marcel Kanche (« Et vint un mec d’outre-saison ». Cristal 2012) avec un quartet qui respirait toute la force décapante du poète. Ici Tony Hymas est seul face à son piano. Il en joue avec générosité et tendresse pour extraire tout le suc de quinze compositions de Ferré qui sont presqu’autant de tubes inoxydables, C’est extra, Jolie Môme, Le pont Mirabeau (d’après Apollinaire), , Thank you Satan, Les anarchistes, L’amour fou... Impossible de choisir parmi ces titres, le plus simple (et le plus épanouissant) étant de faire confiance à Jean Rochard et de suivre l’ordre retenu d’entrée en scène, de La vie d’artiste (enregistré par Ferré dès 1953) à Est-ce ainsi que les hommes vivent ? (texte d’Aragon). Laissons-nous transporter par cet ouragan de passion.
Jean-Louis Lemarchand

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14 juillet 2016 4 14 /07 /juillet /2016 06:24
Pharoah Sanders au New Morning

Pharoah Sanders au New Morning
12 juillet. New Morning (75010)
Pharoah Sanders (Saxophone ténor), William Henderson (Piano), Oli Hayhurst (Basse), Gene Calderazzo (Batterie).
Un confrère, de toute confiance, m’avait mis en garde. Il avait gardé un exécrable souvenir de son dernier concert au festival de Coutances au printemps 2015 : présence minimum sur scène et implication modeste qui avaient conduit les organisateurs à publier (une Première dans la vie des festivals) un communiqué d’excuses auprès des spectateurs. Le même confrère avait donc « séché » sa prestation au récent North Sea Festival et préféré ce mardi 12 juillet rester sur son canapé. C’était donc avec une certaine appréhension que je prenais le chemin du New Morning pour écouter et voir Farrell, alias Pharoah, Sanders. Surprise, le club de la rue des Petites Ecuries était comble, comme aux plus belles heures des Jamal, Jones (Elvin, Hank) et autres Barretto. Serait-ce par défaut, me disais-je, le géant Rollins n’étant plus en mesure de se produire sur scène. On sait l’attrait du public pour les « légendes » surtout chevronnées, le natif de Little Rock approchant les 76 ans. Et de fait les spectateurs représentaient toutes les générations, ceux qui avaient entendu Coltrane en concert et beaucoup de jeunes y compris des teenagers et même des bambins du primaire. Le temps que ces quelque 250-300 fans s’installent, le groupe fait son entrée, y compris le leader qui ne laisse pas ses comparses du trio « chauffer » la salle. De bon augure. Pharoah a délaissé sa chasuble africaine pour un t-shirt immaculé et se lance d’entrée de jeu. Il met le public dans sa poche en l’engageant à frapper dans ses mains. C’est bien entendu à contretemps. Qu’importe, le courant passe et certains en profitent pour grimper sur des chaises et ne pas rater une expression du saxophoniste ténor. Il est un peu courbé et n’affiche plus cette flamboyance qui assura sa renommée. Mais le fond est là. Pharoah est revenu au style déployé par son maître, John Coltrane, au début des années 60, quand il venait de quitter Miles pour voler sous ses propres couleurs. Oubliés les élans spirituels, voire spiritualistes du Pharoah des années 65 et après. Est-ce par manque de moyens ou/et volonté de s’économiser alors qu’il effectue une tournée estivale ? Toujours est-il que l’on prend un réel plaisir, sans arrière-pensée, avec un brin de nostalgie, à savourer ces thèmes que Coltrane portait avec générosité et sensibilité. Pharoah rend ainsi un hommage qui touche au cœur. Et il pouvait regagner sa loge après un premier set d’une bonne heure, la conscience tranquille. Le chroniqueur, souhaitant rester sur une bonne impression, quittait l’antre surchauffée, affrontait l’averse pour achever la soirée à la maison en écoutant « Save Our children », album de 1998 (Polygram) où Pharoah évolue avec force percussions (Zakir Hussain, Trilok Gurtu)et déjà le fidèle William Anderson au piano (et à l’harmonium). Une belle soirée estivale.

Jean-Louis Lemarchand

Le festival All stars du New Morning programme jusqu’à la fin juillet, Ed Motta (16), Lonnie Smith (18), Steve Coleman (19), Marc Ribot (20), Abdullah Ibrahim (22) et Mike Stern (26). Le festival se poursuit en août. www.newmorning.com

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10 juillet 2016 7 10 /07 /juillet /2016 16:17
JAZZ À COUCHES : 30ème Édition !

Les Sourdines à l'huile, presque au complet, donnent l'aubade au public avant le concert

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Célébration en fanfare de la trentième édition du festival bourguignon créé en 1987 dans cette commune du vignoble de la Côte chalonnaise qui, depuis peu, développe sa spécificité de bourgogne-côtes-du-couchois.

Ici jazz et vin sont liés de longtemps. Le vibraphoniste Franck Tortiller, et son regretté père, Maurice « Mimi » Tortiller, vigneron et figure musicale de cette région, ont donné âme à ce festival, entourés d'un inépuisable vivier de bénévoles de toutes les générations. Couches a son big band amateur (qui compte trois vignerons), amicalement encadré par les amis musiciens professionnels de Franck Tortiller, le trompettiste Jean Gobinet et le tromboniste Jean-Louis Pommier notamment. La veille de mon arrivée s'est tenue, sous le chapiteau, une battle de big bands où l'orchestre local affrontait le big band Chalon Bourgogne, plus professionnel. Les échos recueillis par votre serviteur attestaient d'une formidable soirée.

JAZZ À COUCHES : 30ème Édition !

Le quintette "Daïda" de Vincent Tortiller

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Le 7 juillet, c'était la soirée américaine, avec James Carter, et en première partie le quintette « Daïda » du batteur Vincent Tortiller, fils de Franck et petit-fils de « Mimi » : le festival de Couches a donc encore un long avenir devant lui. Vincent a été formé dans les conservatoires du sud de Paris, et au CMDL. Il s'est entouré de musiciens de sa génération : un formidable trompettiste, déjà repéré dans le métier, Alexandre Herichon ; un pianiste qui sait prendre des risques, Joran Cariou ; Eddy Leclerc à la guitare et Richard Metairon à la contrebasse qui complètent l'équipe avec talent. Le répertoire, composé par le batteur, le trompettiste et le pianiste, est finement élaboré, vivant, punchy et nuancé. Et deux compositions de Christian Scott, que le groupe s'avoue comme influence, on conclu un set plus que convaincant.

JAZZ À COUCHES : 30ème Édition !

Pendant la balance de James Carter, les éclairagistes grimpent à l'échelle

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Vient ensuite le même soir le saxophoniste James Carter et son Organ trio, qui l'associe à l'organiste Gerard Gibbs et au batteur Alex White. Grove assuré, très soul jazz, autour des thèmes de Django Reinhardt. Comme il le faisait voici 15 ans, le saxophoniste a repris des thèmes du Grand Manouche, mais cette fois dans une approche un peu différente. Sous le titre « Django Unchained »,Il donne des versions décoiffantes (remix dit-il) de Minor Swing, Anouman, Manoir de mes rêves.... en sollicitant ses saxophones (soprano, alto, ténor) jusque dans les registres les plus extrêmes, avec toujours un à propos et un sens musical confondants. C'est vivant, généreux, et très jouissif. Après une ovation verticale du public, une version pépère de Nuages, en rappel, sera le seul moment un peu tiède du concert ; mais le trio avait beaucoup donné.

JAZZ À COUCHES : 30ème Édition !

Franck Tortiller et le "All Stars du 30ème"

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Le lendemain, pour célébrer dignement les 30 éditions du festival, Franck Tortiller avait concocté le « All Stars du 30ème », rassemblant des musiciens qui tous avaient une relation personnelle, et souvent de longue date, avec le festival : Claus Stötter, Jean-Louis Pommier, Éric Séva, François Corneloup, Éric Bijon, Louis Winsberg, Yves Rousseau, Yves Torchinsky et Patrice Héral. La plupart des musiciens avaient apporté des compositions originales, anciennes ou conçues pour la circonstance. Arnaud Merlin, ami de longue date de Franck Tortiller et du festival, et aussi, outre sa qualité de producteur à France Musique, président de l'Association « Jazz en Bourgogne-Franche-Comté », présentait la soirée, introduisant chaque morceau par une anecdote sur le festival soigneusement recueillie auprès de musiciens. Moment intense, avec de belle compositions (F. Corneloup, J.L. Pommier, Yves Rousseau, Franck Tortiller.... , plusieurs signées Louis Winsberg, et une formidable pièce à tiroirs avec étourdissantes interventions percussives et vocales de Patrice Héral. Grand moment de musique intense, festive ou recueillie, ouvert par un très bel arrangement d'Yves Torchinsky sur For Tomorrow de McCoy Tyner. Et en conclusion, à ce tentet, se sont joints des solistes de la région (notamment l'étincellant saxophoniste soprano Aymeric Descharrières), puis est arrivé en renfort le groupe de jazz traditionnel « Les Sourdines à l'huile » pour un Honeysuckle Rose qui restera dans la mémoire festivalière.

Après quoi, public, musiciens et autres chroniqueurs se sont rapprochés du stand des vins pour honorer Bacchus tout en écoutant « Le Peuple étincelle », rassemblé autour de François Corneloup, pour un concert dansant qui se tenait sous le mini-cirque près de la buvette : les danseurs s'en sont donné à cœur-joie, sur des danses traditionnelles ou modernes : ultime effusion festive de la soirée.

Xavier Prévost

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9 juillet 2016 6 09 /07 /juillet /2016 12:25
MOUTIN FACTORY REUNION  : «  Deep »

MOUTIN FACTORY REUNION : « Deep »
Jazz Family 2016 - Socadisq

François Moutin (cb),Louis Moutin (dms), Christophe Monniot (sax), Jean-Michel Pilc (p), Manu Codjia (g)

Pour une fois « compter les Moutins » ne porte pas à l’endormissement. C’est mêmee l’effet contraire.
Les frères Moutin sont de retour ( cela faisait pas mal de temps qu’on les attendait) avec un nouvel album aux accents très Metheniens en grande partie dû aux compositions signées des deux frères, mais aussi aux volutes réverbérées de Manu Codjia à la guitare.
Alors que Jean-Michel Pilc est un habitué des frères Moutin avec qui il a souvent tourné dans la période New-Yorkaise du pianiste, la présence dans cet univers très électrique de Christophe Monniot aux saxs semblait un peu plus inattendue. La connexion Humair ( Daniel) peut être.

Quelques privilégiés ont eu la chance d’entendre cette formidable formation comme par exemple les spectateurs de Jazz à Vienne (où Thomas Enhco tenait le piano).

Et ce que l’on peut vous dire mes amis c’est que ce quintet ne joue pas petits bras, petits niveaux, ras du sol. Ah ça non !
Un quintet aux couleurs d’un jazz très américain avec 5 fortes personnalités, dominé bien sûr par les frères Moutin.
dans l’équipe, côté défense, la fratrie représente pour moi ce qu’il y a de mieux en matière de rythmique. Deux frères en osmose totale. Lorsque l’un expose l’autre explose et lorsque l’un donne le tempo l’autre l’ornemente. Les frères Moutin c'est l’énergie atomique, la générosité faite musique. On les savait fusionnels on ne les distingue plus tant l’un est l’autre ! Sur ce magnifique Meddley en hommage à Fats Waller, Louis et François s’offrent un duo des familles étourdissant.
Christophe Monniot, dont on le voyait un peu comme la pièce incongrue dans le paysage. Il y tutoie les sommets. C’est en quelque sorte notre Rudresh Mahanthappa à nous. Langue de feu et feu sacré pour Monniot, en position d’avant-centre. Numéro 9 de luxe.
Quand au milieu de terrain, qui oriente le jeu et lui donne la direction, il se joue à deux , avec Jean-Michel Pilc et Manu Codjia qui allient l’acoustique et l’électrique dans une veine que ne renierait pas Metheny lui-même. Codjia c’est bien simple, il sait à peu près tout faire avec un manche et six cordes. Il libère les espaces et donne le ton.
Alors voilà, je vous le dis, l’album sort le 26 août dans les bacs.
Les chanceux pourront les voir au Havre le 23 juillet et à Marciac le 31. Quand aux parisiens ils devront attendre du 12 au 15 octobre au Sunside pour 3 soirées qui nous réservent certainement quelques surprises.
Réservez y en aura pas pour tout le monde !
Jean-Marc Gelin

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6 juillet 2016 3 06 /07 /juillet /2016 09:31
ET HOP ! UNE ESCALE VIENNOISE

Quatre juillet : ce n'est pas aujourd'hui pour moi l'anniversaire de l'indépendance américaine, mais plus prosaïquement le jour d'une petite virée sur les bords du Rhône. Un arrêt, au sortir du TGV à la Part-Dieu, dans un sympathique petit restaurant du 3ème arrondissement lyonnais, pour déjeuner avec une amie de très longue date, puis vingt minutes de TER pour gagner Vienne et son festival. A l'affiche de la soirée : Lisa Simone, puis Randy Weston et son « African Rhythms 5tet »

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Lisa Simone « My World »

Lisa Simone (voix), Hervé Samb (guitare), Reggie Washington (contrebasse & guitare basse), Sonny Troupé (batterie)

Festival « Jazz à Vienne », Théâtre antique, lundi 4 juillet, 20h30

Lisa Simone chante, pour l'essentiel, le répertoire de son récent CD « My World » (SoundSurveyor Music). L'ambiance est changeante : folky, soul, parfois carrément rock si l'on a oublié ce qu'est le rhythm'n'blues. Sa faculté d'entrer en relation avec le public est confondante, qu'elle parle brièvement de sa mère (pour un hommage en forme de reprise : Ain't Got No I got Life ) ou qu'elle évoque la France qui l'a adoptée, et où elle renaît, pour devenir totalement elle-même. C'est touchant, profond, et musicalement jouissif. Le groupe, avec lequel elle est en parfaite empathie, porte sa musique, et la fait étinceler dans des solos éblouissants (Hervé Samb, Sonny Troupé, Reggie Washington). C'est une fête, avec des instants précieux d'émoi et de recueillement. Le public ne s'y est pas trompé, qui lui a réservé un triomphe. Et un triomphe dans le Théâtre antique de Vienne, ça fait du bruit !

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Randy Weston African Rhythms 5tet

Randy Weston (piano), « TK Blue » Talib Kibwe (saxophone alto, flûte), Billy Harper (saxophone ténor), Alex Blake (contrebasse), Neil Clarke (percussions)

Invités :

Cheick Tidiane Seck (pianos électrique et numérique, orgue), Ablaye Cissoko (kora), Mohamed Abozekry (oud)

Festival « Jazz à Vienne », Théâtre antique, lundi 4 juillet, 22h

Randy Weston, 90 printemps en avril dernier, s'est fait rare ces dernières années . C'est donc a priori une joie de l'écouter. Et l'on n'est pas déçu ! Il a choisi, pour ce concert, d'explorer majoritairement le répertoire de son disque de 1991 «« The Spirit of Our Ancestors ». Billy Harper, Talib Kibwe et Alex Blake étaient alors déjà de la partie, aux côtés de Dizzy Gillespie, Pharoah Sanders et quelques autres. Le groupe jouera plusieurs suites : African Cookbook et African Sunrise, et aussi Blue Moses, inspiré par un chant des Gnaouas, un peupe musicien que le pianiste a longuement fréquenté au Maroc. En quintette les échanges sont d'une intensité constante, et la musique se déroule avec fluidité dans un jeu de vertige. Un blues nous fera osciller de l'Afrique à l'Amérique du Peuple noir, et l'on sentira sous les doigts du pianiste son admiration pour Thelonious Monk. Et l'indispensable High Fly, véritable standard du jazz (et de haut vol), viendra conclure la session en quintette. Quand surviennent les invités, avec leurs identités musicales du Mali, du Sénégal et d'Égypte, la cohésion se perd. On passe alors de la circulation fluide des énergies entre musiciens à une sorte de défilé de solos, comme le jazz en produit parfois un peu trop. C'est sensible sur une composition de Cheick Tidiane Fall comme sur Blue Moses. Comme les solistes sont survoltés, le public marche, mais l'amateur chenu, un brin nostalgique, préfère garder le souvenir du quintette ; d'ailleurs, en termes d'horloge, c'étaient les quatre cinquièmes du concert !

Xavier Prévost

Le festival Jazz à Vienne se poursuit jusqu'au 15 juillet

Détails sur www.jazzavienne.com

ET HOP ! UNE ESCALE VIENNOISE

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