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11 octobre 2017 3 11 /10 /octobre /2017 17:07
LATTICE  DAVID REMPIS
LATTICE  DAVID REMPIS

LATTICE

DAVE REMPIS- alto, tenor, baritone saxophone 

 

www.daverempis.com

www.aerophonicrecords.com

 

 

Dave Rempis est un musicien sérieux, extrêmement engagé dans son parcours de musicien de jazz  free et de musiques improvisées, un saxophoniste chicagoan qui use de tous les registres de ses saxophones avec une grande virtuosité. S'il maîtrise la respiration circulaire, il peut jouer fort en faisant du "yowl and skronk"(hurlement et discordance). Sur un autre versant, sa musique résonne d'une grande délicatesse dans la recherche du son, le travail des timbres et du souffle.         

Il avoue dans les notes de son dernier album, qui sort le 10 octobre sur son label Aerophonic records qu’il a attendu longtemps avant de se risquer à l’art difficile du solo, suivant pour se donner du courage l’exemple de tous les grands de l’instrument qui l’ont inspiré : Coleman Hawkins, Eric Dolphy, Anthony Braxton, Steve Lacy, JoeMcPhee, Ab Baars et Mats Gustavsson… Avec une expérience de plus de vingt ans dans le « métier », ayant vécu les contextes les plus divers, il s’est lancé dans ce voyage personnel, odyssée à la recherche de lui-même. C’est au cours d’une longue tournée dont il nous donne les lieux-il a joué dans 27 villes différentes de Minneapolis à Chicago, 31 concerts en solo, entre février et juin 2017. De quoi se roder, d’autant que dans chaque ville, sa venue permettait de créer des contacts, de renforcer les liens avec les musiciens locaux, d’où le nom de cet album Lattice qui signifie "treillis" comme le montre le graphisme, mais aussi "réseau", « maillage ».

La musique entendue sur ce CD est bien le résultat d’un « work in progress », enregistré au fur et à mesure des performances. Une démarche intégrale, authentique, qui peut défriser assurément ceux qui ne connaissent pas la radicalité d’un certain courant qui persiste et se pérennise contre vents et marées aux USA.

Deux compositions, la première de Billy Strayhorn (oui, l’alter ego de Duke Ellington) « A flower is a lovesome thing » et le « Serene » de Dolphy encadrent les pièces originales du saxophoniste, qui s’ajointent parfaitement dans ce programme musical intense que l’on peut écouter d’une traite, sans vraie transition entre les pièces. A vrai dire, les titres et leur origine ont moins d’importance pour une fois et il ne faut pas s’attacher à retrouver la mélodie d’origine. Un fredon peut être point de départ d’une déconstruction des plus imaginatives, le saxophoniste explosant les thèmes avec une élégante régularité et un certain sens de l’ordre. De quoi recréer une autre structure. Très singulière. Ce qui est bien le sens du jazz...advenir dans l'instant...  

Une musique vraiment dissidente aujourd’hui car elle trouve sa raison d’être dans un parti pris d’exigence rare. Il faut écouter ceux qui veillent avec une assurance tranquille à ne pas se laisser détourner, ne cédant jamais à la facilité. Dave Rempis est l’un de ces résistants comme Daunik Lazro en France qui fait circuler d’un bout à l’autre de l’album un souffle épique, unique.

Laissez-passer !

Sophie Chambon 

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11 octobre 2017 3 11 /10 /octobre /2017 15:58

Deux disques de la pianiste sortent simultanément, sous le label  Sans bruit : deux œuvres singulières, et singulièrement abouties

SOPHIA DOMANCICH « SO »

Sophia Domancich (piano solo)

Pernes-les-Fontaines, 14-15 avril 2016

Sans Bruit sbr022/ https://sansbruit.bandcamp.com 

J'ai éprouvé, en écoutant ce disque pour la première fois, la même sensation oxymorique d'étrangeté et de familiarité qu'avait suscité chez moi, au début des années 70, la découverte du disque «Open to Love» de Paul Bley. J'avais alors déjà écouté plusieurs des disques en trio du pianiste canadien, et pourtant je voyais surgir un monde neuf, comme inexploré. J'écoute Sophia depuis les années 80, dans diverses configurations, et je suis toujours happé par la prégnance de son univers, qui m'est au fil du temps devenu assez familier. Et cependant, à l'écoute de ce SOlo de SOphia, j'éprouve une sensation troublante d'inédit dans un décor qui, pourtant, ne m'est pas inconnu. C'est immédiat, dès la première plage, avec Pool of Tears, et son cortège d'intervalles distendus, de silences chargés de musique en puissance. Et cela se retrouve au fil des plages : Django, de John Lewis, qui m'est de longtemps dans l'oreille, prend ici des couleurs nouvelles, un étrange moiré qui en accentue le mystère. Certaines compostions figuraient déjà sur des disques récents («Alice's Evidence») ou anciens («Rêve de Singe», «D.A.G.»), et Pool of Tears me rappelle l'atmosphère ...d'Alice , sur son premier disque en solo, «Rêves familiers», millésime 1999. Mais ce qui s'impose d'évidence, quel que soit le thème joué, c'est une sensation qui mêle la perception physique et l'intellection : une telle musique exprime, ou plutôt incarne, cette notion qui frise souvent l'indicible, et l'on désigne du nom de beauté.

Xavier Prévost

 

SOPHIA DOMANCICH PENTACLE « En hiver comme au printemps »

Sophia Domancich (piano, compositions), Jean-Luc Cappozzo (trompette, bugle), Michel Marre (euphonium), Sébastien Boisseau (contrebasse), Simon Goubert (batterie)

Tulle, théâtre des Sept Collines, 19 novembre 2015

Sans Bruit sbr023/ https://sansbruit.bandcamp.com

 

Le retour du groupe Pentacle, après un premier CD enregistré en 2002 (« Pentacle », Sketch SKE 333032), et le suivant (« Triana Moods », Cristal CRCD 0703), publié en 2007 et capté deux ans plus tôt au studio de La Buissonne, comme le précédent. Le groupe a poursuivi son chemin. Pour ce concert de 2015 à Tulle, Claude Tchamitchian a cédé la contrebasse à Sébastien Boisseau. L'esprit est intact : les six compositions sont issues, à parts égales, des deux CD précédents, et le temps écoulé, comme l'énergie du concert, leur donnent une physionomie renouvelée. Côté piano, la qualité de l'instrument (ou de la prise de son ?) ne rend pas totalement justice à Sophia, mais c'est en quintette beaucoup moins grave qu'en trio ou en solo. Et puis le disque ci-dessus, sur le magnifique instrument de La Buissonne, compense cette très légère frustration. D'autant que l'essentiel ici, c'est le groupe : et quel groupe ! Ça fusionne, ça communie, ça interagit avec une intensité et un investissement de tous les instants. Michel Marre, par sa science des pistons, nous donne sur l'euphonium des effets de léger glissando dignes du trombone, effets qui servent magnifiquement l'expressivité du musiciens. Jean-Luc Cappozzo conjugue comme toujours perfection et liberté folle. Quant au trio, il nous éblouit par ses incartades si libres, et cependant maîtrisées, autant qu'il est nécessaire pour que la musique ne disparaisse pas dans un choc d'uppercut. Grande et belle idée que d'avoir porté au disque ce moment de concert, exceptionnel.

Xavier Prévost

 

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10 octobre 2017 2 10 /10 /octobre /2017 17:44

Stefan Orins (piano), Christophe Hache (contrebasse), Peter Orins (batterie)

Attiches (Nord), 21-22 février 2017

Circum-Disc CIDI 1701/ https://www.circum-disc.com

 

Le cinquième disque d'un trio qui affiche déjà vingt années de complicité, et qui conserve intacte sa précieuse singularité. On peut s'évertuer à déceler des sources d'influence dans le piano jazz des cinq dernières décennies (Paul Bley, Bobo Stenson....), mais l'essentiel est ailleurs. Dans le désir ardent de susciter une tension permanente, et féconde, entre les trois acteurs du groupe. L'interaction va au-delà des signes repérables, qui identifient ici un dialogue, là un trilogue, ailleurs une sorte de contrepoint rythmique qui va donner naissance à univers mélodico-harmonique. Le pianiste explicite, en l'exorcisant, son titre d'album, «The Middle Way» : «C'est la voie du milieu, dit-il dans la vidéo de présentation sur Youtube, qui harmonise ce qui est visible et ce qui est invisible. La musique a ce côté à la fois matériel et spirituel ». La musique respire une envie folle de décalage, de dissymétrie (parmi d'autres, Winter always turns into spring, et aussi Ku , dont un passage me rappelle la Valse de Jacques Thollot, qu'aimait tant jouer Siegfried Kessler). Et dans cet univers tendu surgit souvent la fluidité cursive propre au jazz, comme un paisible cours d'eau entre deux cascades. Ici cohabitent, en permanence, le discontinu et le continu, dans une tension productive qui est souvent celle où s'écrit (au sens large, c'est-à-dire même quand elle est improvisée) la musique. Le disque a été enregistré 'à la maison', dans un petit bourg au sud de Lille, aux confins des anciens territoires de la Pévèle et du Mélantois. Il porte la marque de cet esprit deux fois nordiste (les frères Orins sont d'origine franco-suédoise, natifs de Roubaix, et Christophe Hache est un Camberlot - autrement dit né à Cambrai), qui lui permet de se faire entendre bien au-delà de nos frontières, et de temps à autres dans les clubs parisiens. Ce trio illustre magnifiquement une réalité du jazz hexagonal : l'excellence n'est plus rivée à la centralité parisienne ; elle s'épanouit partout où de vrais talents éclosent, se développent et durent, sans préjuger d'une quelconque territorialité qui assignerait tel ou tel à l'exiguïté d'un territoire, fût-il géographique.... ou stylistique.

Xavier Prévost

 

Un extrait sur Youtube

https://www.youtube.com/watch?v=84eYhlPEC2c

 

En concert le 12 octobre 2017 à Lesquin (Nord), au Centre Culturel, et le 29 novembre à Paris, au Sunside

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5 octobre 2017 4 05 /10 /octobre /2017 22:14

Laurent Coq (piano), Joshua Crumbly (contrebasse), Johnatan Blake (batterie)

Brooklyn, 31 octobre & 1er septembre 2016

Jazz & People JPCD 817004/Pias

 

Le pianiste Laurent Coq demeure un Jaywalker, ce piéton indiscipliné qui traverse hors des clous, et qu'il était en 1997 lorsqu'il enregistrait, déjà à Brooklyn, son premier disque auquel il avait donné ce titre qui lui va si bien. Après bien des escapades new-yorkaises, une installation dans cette ville durant 5 années, et une carrière riche en musiques et en débats très vifs sur la situation du jazz, il signe un disque en trio avec des partenaires états-uniens : le contrebassiste Joshua Crumbly et le batteur Johnathan Blake. L'un et l'autre sont fortement enracinés dans l'idiome du jazz, un parti pris qu'il revendique dans l'entretien accordé tout récemment à Jean Louis Lemarchand des Dernières Nouvelles du Jazz ( http://lesdnj.over-blog.com/2017/10/laurent-coq-je-suis-attache-aux-fondamentaux-du-jazz.html ). Le disque est un hymne à une sorte de famille musicale, parenté par forcément génétique (Kinship) qui le lie à des musicien(ne)s des deux rives de l'Atlantique, et d'ailleurs : chacun(e) se voit dédier un thème. Tous sont de sa plume, sauf le premier cosigné avec le bassiste et le batteur. Il leur a donné des titres choisis par les dédicataires pour évoquer les caractères propres au jazz, mais l'attribution de chaque plage a été laissée au hasard d'un tirage au chapeau. De son mentor Bruce Barth à la chanteuse souvent accompagnée, Laurence Allison, en passant par Mark Turner ou Miguel Zenon, tous ces Amis sont en fait les témoins d'un disque cohérent, où transparaît le goût d'une musique riche et dense, qui ne craint pas de rappeler qu'elle aura été, et demeure, la Grande Musique américaine. Jazz de stricte obédience, oui, mais jazz d'aujourd'hui, tourné vers le présent des langages musicaux qui s'épanouissent en son sein. Du beau, du grand piano, qui sonne, chante, et fait retentir de riches sonorités, une pulsation vive, et un lyrisme tantôt contrôlé, tantôt débridé. Le dialogue avec la rythmique est d'une permanente vivacité, et le piano s'envole quand s'impose l'instant de l'essor ; et après un trépidant labyrinthe intitulé Radiation, le disque se conclut par un solo recueilli, spectral et énigmatique, d'une troublante beauté. Beau disque, vraiment.

Xavier Prévost

.

Le trio est en tournée : le 10 octobre à Toulouse (Jazz sur son 31), les 11 & 12 à Paris, au Sunside. Puis le 14 à Gérone (en Catalogne), le 16 en Espagne, à Madrid, et le 19 au festival de Tourcoing.

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4 octobre 2017 3 04 /10 /octobre /2017 17:22
BANDES ORIGINALES  Vincent COURTOIS/ Daniel ERDMANN/ Robin FINCKER

 

VINCENT COURTOIS/DANIEL ERDMANN/ROBIN FINCKER

Bandes originales

Label LA BUISSONNE

www.labuissonne.com

https://vcourtois.wordpress.com

 

On sait que certaines musiques deviennent partie intégrante du film. « Faire du cinéma, c’est faire de la musique» écrivait le regretté Alain Corneau, passionné de jazz, dans un Spécial jazz et cinéma de JAZZMAN  en mai 1998

 Si Miles a improvisé avec son quintet français la musique d’ «Ascenseur pour l’échafaud » en regardant les images de Louis Malle, que serait le cinéma de Fellini sans Nino Rota, les westerns de Sergio Leone sans Ennio Morricone et les films d’Hitchcock sans Bernard Herrmann ?

 

On peut faire confiance à Thierry Jousse quand il évoque musique et cinéma. Le producteur et animateur de l’émission( hélas disparue) Cinéma song le jeudi soir sur France musique est un expert dans ces deux domaines artistiques, l’un des premiers à avoir célébré les musiques de film, à ne pas les considérer comme illustratives et répétitives. Et comme il l’écrit en exergue : « Alors le cinéma ? Oui et plutôt dix fois qu’une…Mais le cinéma remémoré, revisité, reformulé. »

Aussi était-il tout indiqué pour présenter le travail du trio Courtois/Erdmann/Fincker dans le bien nommé Bandes originales sur l’album produit par Gérard de Haro & RJAL, enregistré et masterisé il y a un peu moins d’un an au studio vauclusien de La Buissonne. Un producteur qui aime le cinéma et ses musiques, on se souvient du très beau travail de Stephan Oliva sur Bernard Hermann, ou sur le film noir.

 Dix films sont choisis aux univers et musiques aussi divers que Tous les matins du monde d’ Alain Corneau (Marin Marais), Plein soleil de René Clément (Nino Rota), Le Ballon rouge d’Albert Lamorisse ( Maurice Leroux),Take The Money And Run de Woody Allen (Marvin Hamlisch), L’Affaire Thomas Crown de Norman Jewison ( Michel Legrand), E.T The Extra Terrestrial de Steven Spielberg ( John Williams)…. 

Qu’est ce qui présida à la sélection des thèmes, est-ce un goût commun pour des films français comme Plein Soleil, Hiroshima mon amour, Le Rayon vert ? Le matériau exceptionnel des compositions de Michel Legrand, John Williams ? Ont-ils compris en remarquables improvisateurs et auteurs de musique tout le parti pris qu’ils pouvaient tirer avec leurs instruments de certaines mélodies? Ils ont réussi assurément à faire remonter en eux, au cours de leurs improvisations, ce qui  en subsistait de plus fort. Dans "Plein Soleil", "His eyes, Her eyes", "E.T" l'amateur se régalera à retrouver le thème détourné, retourné, ou souterrain. Mais que l'on connaisse ou non les originaux, on se piquera au jeu de cette nouvelle aventure musicale. Les divers motifs de ces films vont s’enchaîner à leur tour, écrivant une autre B.O, celle d’un film imaginaire, film-miroir que la formation intègre à sa manière «propre».

Dans le cas de Paris qui dort (1923) le premier film de René Clair, c’est encore plus fort puisque c'est à l’exercice de ciné concert que le trio s’est livré, la musique de ce film muet n’existant pas.

Ce trio que l’on affectionnait particulièrement dans Mediums et West, continue son engagement avec la Buissonne, on le retrouve particulièrement inspiré, avec un art savant de la construction, enchaînant des pièces obsédantes, magnifiées par ces instruments au timbre du milieu, le saxophone ténor étant proche du registre du violoncelle. Robin Fincker apporte à cette combinaison inédite la nuance de la clarinette. De toute façon, ces trois-là savent s’ajuster, se répartir les rôles avec élégance, se les passer de l’un à l’autre, en virtuose.

On écoute cette musique d’un bout à l’autre avec ravissement, les variations subtiles, comme les pièces originales de Vincent Courtois. Le violoncelliste continue à tirer tous les effets de son instrument, passant du baroque à l’archet à un swing ou une tarentelle endiablée, maîtrisant l’art et la manière de faire résonner ces cordes sensibles. C’est l’une des formations les plus saisissantes qu’il m’ait été donné d’entendre dernièrement, capable des plus beaux unissons, à l’aise pour renouveler l’art de la répétition jusqu’à la transe, véritables compositeurs de cette matière si vivante, la musique de film. Une musique exigeante, qui est pourtant immédiatement accessible. Une réussite des plus convaincantes.  

 

Sophie Chambon

 

 

BANDES ORIGINALES  Vincent COURTOIS/ Daniel ERDMANN/ Robin FINCKER
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4 octobre 2017 3 04 /10 /octobre /2017 11:10

Les concerts 'Jazz sur le Vif' de Radio France entament une nouvelle saison, et pour l'occasion Arnaud Merlin a choisi de célébrer le 20ème anniversaire du Caratini Jazz Ensemble, avec aussi en première partie le trio d'un des membres de l'orchestre : Matthieu Donarier

Nouveauté de taille : pour cette nouvelle saison tous les concerts se dérouleront dans le grand studio 104, salle mythique qui accueillit Thelonious Monk, Bill Evans, Ahmad Jamal, Hampton Hawes, Stan Getz, Dizzy Gillespie, Keith Jarrett et plus récemment quelques autres du même tonneau, parmi lesquels, en octobre 2016, Martial Solal et Dave Liebman, en duo. Concert exceptionnellement à 20h30 pour ce premier concert, et plus habituellement à 20h.

MATTHIEU DONARIER TRIO

Matthieu Donarier (saxophone ténor), Manu Codjia (guitare), Joe Quitzke (batterie)

Paris, Maison de la Radio, studio 104, 30 septembre 2017, 20h30

Dix-huit ans après avoir remporté le Concours National de Jazz de La Défense, le trio est toujours aussi solide, soudé et collectif dans sa pratique de la musique. Il jouait ce soir-là quelques unes des pièces de son troisième disque, «Papier Jungle» (Yolk/L'Autre Distribution), enregistré en 2014 et publié l'année suivante. Les versions sont évidemment étoffées par la liberté du concert. C'est intense, lyrique, plein de rebondissements et d'interactions entre les trois partenaires, un régal pour qui aime la musique vraiment vivante ! Si l'extraordinaire pertinence musicale de chacun se dévoile davantage quand il est soliste (la batterie sur des ostinatos du sax et de la guitare ; l'envol de la guitare-orchestre, quand Manu Codjia joue des lignes de basse sous son chorus au point qu'il semble être plusieurs ; l'improvisation du saxophone qui paraît induire une partition instantanée chez ses acolytes...), l'ensemble relève d'une sorte de magie, aussi claire dans son évidence que noire dans ses méandres. Et l'on va ainsi d'un thème à l'autre, jusqu'au moment où, pour présenter Lugubre Gondole de Liszt (métamorphosée évidemment) Matthieu Donarier nous raconte avec une douce ironie l'histoire d'un compositeur mégalomane qui n'estimait pas son beau père à sa juste valeur, lequel pourtant, quoique fort âgé, eut le bon goût de lui survivre, composant cette évocation de la gondole qui conduisait le corps de Wagner vers ses funérailles vénitiennes, avant le retour post mortem à Bayreuth. Et le concert s'est conclut avec une belle composition du saxophoniste Alban Darche pour ses amis, intitulée Bleu Céleste. Belle conclusion, à la hauteur d'un concert vraiment exceptionnel. 

 

CARATINI JAZZ ENSEMBLE

Patrice Caratini (contrebasse, direction, arrangements, et une grande partie des compositions), Sara Lazarus (chant), Matthieu Donarier (saxophones ténor & soprano, clarinette basse, clarinette métal), Rémi Sciutto (saxophones sopranino, alto et baryton, clarinette, flûte, piccolo), Claude Egea, Pierre Drevet (trompette & bugle), Robinson Khoury (trombone), François Thuillier (tuba), David Chevallier (guitares, banjo), Alain Jean Marie, Manuel Rocheman (piano), Thomas Grimmonprez (batterie), Sebastian Quezada (percussions)

Paris, Maison de la Radio, studio 104, 30 septembre 2017, 21h45

   Le Caratini Jazz Ensemble répète pendant la balance   

Pour fêter les vingt ans de cette belle phalange (à géométrie variable selon les programmes), Patrice Caratini a choisi de présenter un florilège des pièces jouées dans les différents projets, et les différents disques, de ces deux décennies. Il en offre simultanément une synthèse sur CD («Instants d'Orchestre», Caramusic/L'Autre distribution), et ce sont la plupart de ces œuvres qu'il a jouées pour nous. En ouverture la sonorisation fait entendre le West End Blues, enregistré par Louis Armstrong en 1928. Les musiciens entrent progressivement sur scène, et le contrebassiste-leader arrive le dernier, pour attaquer dès la coda du disque d'Armstrong East End Blues, qu'il avait composé pour le disque «Darling Nelly Gray», enregistré en 1999. Après un break de trombone de Robinson Khoury (remplaçant occasionnel, brillant et prometteur de Denis Leloup), Rémi Sciutto nous gratifie d'un solo qui pourrait bien atterrir du côté de Night in Tunisia.... Puis c'est une très belle (et très mélancolique) ballade composée par Alain Jean Marie, et magnifiée par la plume de l'arrangeur, qui inspire le pianiste quand son tour est venu d'improviser, avec le plus grand lyrisme. Le concert est parsemé de petites miniatures, principalement pour tuba, et issues du disque «From the Ground» (2003), tout comme, vers la fin du concert, Pinta, et aussi To the Clouds, une variation autour de Nuages de Django Reinhardt. Entre les pièces inspirées par le jazz des origines et d'autres qui tendent l'oreille vers le futur déjà présent, Patrice Caratini nous offre une vision large du jazz, sa vision, nourrie de multiples sources (latines, caribéennes, ou résolument contemporaines). Dans le programme également, des thèmes qui ne figurent pas sur le disque-mémoire, comme Petite Louise, de Michel Petrucciani, ou Lys, une courte pièce (50 secondes !) qui permet au contrebassiste de faire avec humour une présentation digne de l'univers de la musique contemporaine, où parfois le discours d'escorte est plus long que l'œuvre elle-même.... Difficile de détailler chaque moment du concert, de citer tous les solos (c'est, comme de tradition dans le jazz, un orchestre de solistes qui jouent collectif), mais il me faut évoquer un instant rare : l'arrivée de Sara Lazarus pour chanter deux chansons de Cole Porter (souvenir du disque «Anything Goes», enregistré en décembre 2000), What is this Thing Called Love, version plus que lente avant de plonger up tempo dans Hot House, et My Heart Belongs to Daddy, d'une manière qui rendra caduque à jamais la version de Marilyn Monroe. Décidément, Sara Lazarus est une chanteuse vraiment exceptionnelle ! Bref la soirée fut un régal pour tous ceux, fort nombreux, qui s'étaient pressés au studio 104. Restent les auditeurs de France Musique, qui espèrent toujours une diffusion régulière de ces concerts. Faudra-t-il attendre l'été prochain pour les voir aboutir sur les ondes, comme ce fut le cas pour la saison 2016-2017 ? Les jazzfans (dont je suis !) espèrent que non....

Xavier Prévost

 

Le Caratini Jazz Ensemble donnera un concert le 8 novembre à la Scène Nationale Les Gémeaux de Sceaux

http://www.lesgemeaux.com/spectacles/caratini-jazz-ensemble/

 

Le programme de la saison 'Jazz sur le Vif'

http://www.maisondelaradio.fr/concerts-jazz

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3 octobre 2017 2 03 /10 /octobre /2017 06:48
@antonio porcar cano

 

En vingt ans de carrière, Laurent Coq aura toujours maintenu son indépendance, dans ses choix artistiques, comme dans ses prises de position parfois abruptes sur le « milieu du jazz ». Son dernier album «  Kinship », hommage aux musiciens qui forment « sa famille » ne déroge pas à la règle. Le pianiste l’a conçu, écrivant dix des onze compositions présentées (le morceau qui ouvre le disque est une improvisation collective), et produit avec ses deniers personnels. Rencontre avec un jazzman qui, refusant tout esprit de chapelle, affiche sa fidélité aux valeurs fondamentales du jazz –swing, jeu collectif.
 

NJ : Avec Kinship vous effectuez un retour au trio classique mais avec des comparses nouveaux ?
LC : Joshua Crumbly, le bassiste, c’est le saxophoniste Walter Smith III qui me l’avait présenté pour remplacer Joe Sanders sur les tournées Européenne et Américaine de « La Suite Lafayette » (album sorti en 2016). En revanche, je n’avais pas encore joué avec Johnathan Blake même si nous l’évoquions depuis plusieurs années. Quant à Joshua et Johnathan, ils n’avaient encore jamais joué ensemble jusqu’à notre première répétition. C’est donc un trio très frais qui s’est pointé en studio.

DNJ : Cet album peut-il être considéré comme une rétrospective de votre carrière ?
LC : Ce disque rend hommage à onze membres qui forment ma famille musicale (kinship) à New York comme à Paris : Sandro Zerafa, Walter Smith, Bruce Barth, Guilhem Flouzat, Mark Turner, Laurence Allison, Miguel Zenon, Ralph Lavital, Jérôme Sabbagh, Damion Reid, Guillermo Klein. Ils ont chacun eu une influence sur ma musique, mon parcours, et font désormais partie de mon ADN. À mes côtés depuis plus de vingt ans pour certains, ces dix frères et une sœur m’ont inspiré la musique que j’ai écrite et les décisions professionnelles que j’ai prises pendant toutes ces années.

 

« Un climat toujours plus hostile »

 

DNJ : Quelle est votre vision de la scène actuelle du jazz ? Toujours aussi noire ?

LC : La majorité des musiciens évoluent dans un climat toujours plus hostile, coincés entre deux pôles qui ne comptent que peu d’élus : le jazz institutionnel type ONJ qui se doit d’être forcément « radical » et le jazz TV et TSF compatible, toujours plus édulcoré. Deux mouvements contraires ont favorisé cette congestion ces dernières années : La multiplication des lieux d’enseignements et la disparition d’un nombre important de lieux de diffusion pour le jazz. Ni les lieux subventionnés, ni les festivals dans leur ensemble – heureusement, il y a des exceptions - ne relayent suffisamment le travail des jeunes musiciens, et la diversité des esthétiques. Globalement, hélas, c’est une logique soit idéologique, soit mercantile qui l’emporte.


DNJ : La mort du jazz serait-elle annoncée ?
LC : Mais non (sourires). Le jazz est bien vivant, il est même en pleine forme. C’est bien pour cela que la situation est si frustrante.

DNJ : Il prend des formes diverses, s’ouvre aux influences des autres musiques, aurait tendance à se « mondialiser ». Qu’en pensez-vous ?
LC : Pour certains en Europe, il se serait affranchi définitivement de ses racines noires américaines. Pour d’autres, il ne doit son salut qu’au métissage. Pour ma part, le jazz passé et présent que je préfère vient toujours des Etats-Unis, même si j’admire et je suis des musiciens en Europe évidemment. Je suis attaché aux fondamentaux liés à son histoire et son développement, une certaine idée de la pulsation, du swing, du phrasé sophistiqué sans emphases, une sophistication qui vaut pour les échanges aussi, l’interplay, l’expression d’un rebond collectif, quelque chose de très physique avant d’être cérébral. Ce sont des fondamentaux que l’on retrouve dans un grand nombre de styles et d’esthétiques très diverses et nous sommes nombreux en France à y rester attachés.

 


« Tout est beaucoup plus éphémère »

 

DNJ : En 2009, vous disiez : « la musique que l’on ne paye pas ne perd pas seulement de sa valeur marchande, mais de sa valeur tout court ». Votre sentiment a changé ?
LC : Non. Les huit ans qui se sont écoulés depuis n’ont fait que confirmer ce sentiment. La musique est consommée comme l’image. On papillonne, on zappe, on revient rarement sur nos pas. Tout est beaucoup plus éphémère. Les jeunes de moins de 30 ans n’ont pas eu à payer la musique qu’ils écoutent sur leurs portables. C’est une source de revenus qui s’est tarie. Aussi, il faut repenser toute l’économie liée à la production. Pourtant, comme tant d’autres musiciens de ma génération –les plus jeunes aussi et je pense à Ralph Lavital ou à Guilhem Flouzat par exemple – je reste très attaché au format du disque, à l’histoire qu’il raconte, non pas en un seul, mais dans l’assemblage de plusieurs morceaux. C’est un ouvrage fastidieux qui demande du temps et de l’argent. Dans la multitude des propositions sur internet, il est bien plus difficile de le rendre audible aujourd’hui qu’il y a 25 ans. Il semble également qu’il soit plus difficile d’obtenir l’attention nécessaire à l’écoute d’un disque en entier tellement les écrans ont envahi nos vies.

 

DNJ : Dans ce contexte, pourquoi continuer de faire des disques ?
LC : C’est une question que nous nous posons tous. Si je ne sortais pas Kinship aujourd’hui, vous ne seriez pas venu me voir. Je n’aurais pas pu monter la tournée d’octobre et obtenir les dates de festivals, et je n’aurais pas écrit cette nouvelle musique, pour ces musiciens spécifiquement. Ce travail est maintenant documenté. S’il n’intéresse pas grand monde aujourd’hui, peut-être en sera-t-il autrement dans 40 ans ? Peut-être pas. De toute façon il n’y a rien que je n’aime faire plus faire que ça. Je fais des disques et de la musique pour moi-même et ceux qui m’entourent et que j’aime. C’est une raison bien suffisante pour continuer tant qu’il m’est encore possible de le faire.

Propos recueillis par Jean-Louis Lemarchand
 

 
 


Kinship.

Laurent Coq avec Laurent Coq(piano, compositions), Joshua Crumbly (basse) et Johnathan Blake (batterie). Bunker Studio, New York. 31 octobre et 1er novembre  2016. Jazz & People/ Pias

 

 

 

 

 

En concert :  10 octobre, Jazz sur son 31, Toulouse ; 11 et 12 octobre : Sunside, Paris ; 14 octobre : Sunset Jazz Club, Gérone, Espagne ;16 octobre : Clamores, Madrid, 18 octobre, Jam, Marseille ; 19 octobre : Tourcoing Jazz Festival.

 .

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1 octobre 2017 7 01 /10 /octobre /2017 22:00

Pierrick Pédron (saxophone alto), Carl-Henri Morisset (piano), Thomas Bramerie (contrebasse), Greg Hutchinson (batterie)

Meudon, 4-6 décembre 2016

Crescendo 5772624 / Caroline

 

Après avoir circulé dans tous les jazz(s) et leurs entours, Pierrick Pédron revient au jazz de stricte obédience pour ce disque en quartette, avec un répertoire de compositions originales forgées dans la pureté du minerai originel. J'ai lu et entendu citer à son propos, ici ou là, Parker et Konitz. Quant à moi j'entends, derrière une indiscutable personnalité sonore et stylistique, le souvenir de Gigi Gryce. Fantasme d'amateur ? Probablement.... Mais la première composition, Unknøwn, me rappelle l'énergie sinueuse, un peu mélancolique, de ce Maître oublié.

Assez parlé du passé : le présent de Pierrick Pédron, c'est une indiscutable liberté, à l'égard des codes et des langages, tout en conservant l'horizon de l'idiome. Il est en cela remarquablement assisté : le jeune pianiste Carl-Henri Morisset fait montre d'une personnalité déjà très affirmée, dans une aisance pianistique et harmonique qui force l'admiration ; Thomas Bramerie à la contrebasse, de longtemps compagnon de route du saxophoniste, pose au fil des plages les jalons d'un langage maîtrisé qui ne craint pas l'aventure ; quant au batteur Greg Hutchinson, désormais résident italien, il apporte un drive manifestement issu de l'écoute passionnée des grands batteurs du jazz moderne, mais qui correspond admirablement à l'intensité de l'instant, ce miracle permanent d'un jazz sans faux-semblants. La deuxième plage, Mum's Eyes, Pierrick l'a dédiée à la mémoire de sa mère, et c'est dans la maison familiale, en Bretagne, qu'il a composé le répertoire de ce disque. Suit un thème inspiré par sa région natale, repris de son album « Omry », dans une version fort différente. De ballade mélancolique en tempo vif et escarpé, nous avons tout loisir pour parcourir le paysage intérieur de ce grand lyrique, qui caracole d'une hommage cursif au pianiste Mulgrew Miller à une segmentation presque cubiste (Trolls) en passant par un peu de langueur avec A Broken Reed. Un paysage exploré avec la (précieuse) complicité de Laurent de Wilde, réalisateur-conseiller artistique du projet. Et pour compléter ce parcours personnel, deux versions d'une même chanson du groupe Depeche Mode, Enjoy the Silence (millésime 1990), traitée comme ces standards langoureux dont de tout temps les jazzmen firent leur miel. Bref, je n'en dis pas plus : l'écoute, et les réécoutes, furent pour mois un profond plaisir et la galette recèle encore, je crois, quelques secrets. La marque d'un Grand Disque : je pèse mes mots, persiste et signe !

Xavier Prévost

 

Le quartette sera en concert le 20 octobre à Toulouse (festival 'Jazz sur son 31') et du 23 au 25 octobre à Paris, au Duc des Lombards

 

Un condensé-express (44 secondes ! ) sur Youtube

https://www.youtube.com/watch?v=a54Lt9UJkcc

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30 septembre 2017 6 30 /09 /septembre /2017 07:27

Cam Jazz 2017
Antonio Sanchez (dms, samples, kybds,electr, vc)


Le batteur aux multiples awards, créateur de la musique du film Birdman et surtout teneur de beat chez Pat Metheny est certainement l’un des batteurs les plus intéressant de la scène actuelle. Régulièrement, dans ces colonnes nous vous rendons compte de ses albums sous le label Cam Jazz avec, à chaque fois un enthousiasme renouvelé. Car autant le dire, nous sommes dingues d’Antonio !
Et il ne dément pas notre fan club en publiant aujourd’hui «  Bad Hombre » où tout seul, entouré de ses machines à sample, il livre l’un des albums les plus fascinant de l’année.
Si «Bad Hombre » s’ ouvre sur un air mexicain ( sa patrie d’origine) il est vite recouvert par les nappes sonores, les lignes de basse et les riffs. Voilà d’où il vient. Voilà où il va. Et ce vers quoi il nous entraîne est inédit, sauf qu’il a peut être été marqué par les expériences de Metheny et de son  orchestrion avec la même passion de créer à lui seul de multiples trames de sons qui se juxtaposent.
Antonio Sanchez s’amuse en effet à créer des univers sonores basés sur des motifs répétitifs ( Philippe Glass en tête) sur lesquels viennent se greffer des sons électroniques et surtout des riffs de batterie impressionnants qui replacent le batteur au centre du jeu. Le soliste pour une fois c’est lui. Celui qui fait chanter les peaux de manière parfois spectaculaire comme sur Fire Trail moment culminant de « Bad Hombre ».  Antonio Sanchez est animateur et soliste. Celui qui donne du souffle à ce qui pourrait sans cela s’apparenter à une musique sérielle. C’est alors comme rentrer dans le laboratoire d’un savant fou et se laisser hypnotiser par son art. Certes on pourrait s’inquiéter de cette musique déshumanisée où les trames sont toutes électroniques et sans interventions d’autres musiciens. mais ce serait passer à côté d’un grand travail créatif qui suscite la pulse et l’imaginaire.
Dans ce travail exigeant du solo qui pourrait lasser, Antonio Sanchez parvient à ne jamais lasser. A toujours nous mettre en éveil. articulant que nous sommes à l’expérience. Cobayes volontaires d’une expérimentation sonore et polyrythmique.
Remarquable.
Jean-Marc Gelin

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30 septembre 2017 6 30 /09 /septembre /2017 06:29


 
André Villeger est l’un de nos plus grands saxophoniste ténor. Attaché à une certaine tradition du jazz, il en a cependant épousé à peu près toutes ses formes, attentif à toutes ses évolutions à l’exception du free. Particulièrement demandé, il tourne encore aujourd’hui dans un grand nombre de formation et peut s’enorgueillir d’avoir joué avec les plus grandes légendes du jazz.
Il publie aujourd’hui un album magnifique avec Philippe Milanta et Thomas Bramerie dédié à la musique de Billy Strayhorn ( «  Strictly Strayhorn »).
André Villeger a beaucoup de choses à dire sur ce jazz qu’il aime passionnément.

Il sera au Sunside le mardi 3 octobre pour la sortie de l'album " Strictly Strahorn"


Rencontre avec un passeur d’émotions.
 


 
Vous signez un  deuxième volet autour de la musique Ellingtonienne avec un hommage à la musique de Strayhorn. Quelle est cette histoire d’amour ?
 
André Villeger : Vous savez c’est une histoire qui remonte à mon premier album en 1984 où il y avait déjà deux morceaux de Strayhorn. Depuis cette date, je me suis juré que dans tous mes albums à venir, il y aurait toujours au moins un morceau de ce magnifique compositeur. C’est un promesse que je me suis faite à moi même il y a bien longtemps. Et récemment Michel Stochitch (Camille Production) m’a proposé de faire un disque entier qui lui serait consacré. J’ai tout de suite sauté sur l’occasion. Nous discutions ensemble avec Michel Stochich de l’album et j’ai suggéré «  Strictly Strayhorn » ,il m’a répondu , je te l’avais déjà dit ? Voila, nous avons eu la même idée.
Pour moi Strayhorn est un personnage fondamental dans le jazz. C’est le premier qui a su de cette manière aussi parfaite faire la jonction entre la musique classique et le jazz.
 
 
Pour cet album vous poursuivez un travail avec le pianiste Philippe Milanta. A quand remonte votre rencontre?
 
AV : C’est le troisième album que nous faisons ensemble. Cela a commencé il y a 20 ans avec un album en duo. En fait notre complicité vient de ce que nous avons partagé la même expérience (bien qu’elle n’ait pas eu lieu en même temps), celle d’avoir tous les deux joué avec le trompettiste Harry «  Sweet «  Edison. Et pour Philippe comme pour moi cela nous a changé la tête, rythmiquement. Parmi les musiciens qui ont un tempo absolu il y a lui, Kenny Clarke, Miles, Clark Terry et pas mal d’autres. Mais jouer avec Harry « Sweets » Edison cela vous fait comprendre que jusque là vos n’aviez rien compris à ce qu’est le swing et l’élasticité du tempo.
Philippe et moi , grâce à notre expérience avec Sweets, n’avons plus besoin de nous attendre rythmiquement, ce qui nous rend très libres.
 
Pourquoi alors avoir rajouté une contrebasse ?
 
AV : C’ est Michel Stochitch qui voulait un  peu changer le son. Alors on a cherché  mais on s’est rapidement mis d’accord sur Thomas. Cela faisait plus de vingt ans que je l’avais pas vu mais à un moment je le voyais souvent lorsque je donnais des cours à Salon de Provence. Thomas cela était un peu évident pour nous.
 
 


Quelle a été la ligne directrice de votre travail d’arrangement sur cet album ?
 
AV : Tout est parti du fait qu’on avait enregistré pas mal de Strayhorn dans d’autres albums. Pour celui-ci on s’est vite retrouvés avec pas mal de ballades. Mon ambition c’était de faire autre chose. J’ai donc transformé des ballades de la façon la plus logique possible musicalement. Sur Lush Life par exemple, je l’avais déjà enregistré deux fois. Là je me suis mis au piano et j’ai cherché une ligne de basse. Pareil pour Satin Doll, je me suis dis pourquoi pas le mettre à sept temps. Mais ce n’est pas un travail intellectuel, c’est juste en le chantant comme ça que je trouvais que ça pouvait sonner. Pour Low key lightky , idem c’est une ballade donc on l’a fait en médium et on termine en ballade. Sur Lotus Blossom j’ai cherché une pédale de basse jusqu’au pont quitte à avoir des frottements un peu grinçants mais au final je sais que ça passe. Il y a deux morceaux que je n’ai pas touché : Sur My little brown book j’ai joué sur les changements de timbre, à la clarinette basse et pareil pour Blood Count, un morceau comme celui-là on ne peut pas y toucher. J’ai simplement choisi de le jouer au baryton pour lui donner une vraie couleur dramatique la plus poignante possible. IL faut remettre ce morceau dans son contexte, Blood Count c’est quand même le goutte à goutte lorsqu’il était à l’hôpital avec un cancer. Et puis sur Passion flower j’ai voulu lui donner un caractère passionné.
 
 
Ellington, c’est comme une seconde peau pour vous ?
 
AV : En fait je ne l‘ai pas aimé tout de suite. J’ai commencé le jazz par le New Orleans et j’ai ensuite tâté de pratiquement toutes les formes de jazz, à l’exception du Free. Au départ ma relation au jazz Nouvelle Orléans s’est faite un peu par accident. Barbara avec qui je parlais beaucoup à une époque, appelait cela «  de faux hasards ». C’est juste que mon copain qui partait à l’armée et qui jouait de la clarinette ne trouvait personne pour le remplacer. J’avais 18 ans et tout est parti de ce « faux hasard »
 
 

Mais vous aviez déjà touché un instrument ?
 
AV : Jamais.
 
 
Et comment fait t-on ?
 
AV : Et bien on s’y met et on se fait mal au pouce, aux lèvres, on cherche les doigtés. J’ai pris des leçons bien après. Je commençais à jouer dans les clubs, au Slow Club notamment et Claude Luter m’a conseillé de voir son prof de clarinette qui était dans le sextuor de la Garde républicaine. Claude, je lui doit ça ainsi que le bec de soprano qu’il m’a donné il y a 45 ans !
 
 
A l’époque cela n’était pas un peu ringard d’intégrer un orchestre de New Orleans ?
 
AV : le passeur me concernant c’était mon premier beau frère qui m’a fait découvrir beaucoup de choses en jazz. Il avait à l’époque pas mal de 33 tours dont un de la guilde du Jazz avec Sidney Bechet avec les Feetwarlmers qui jouaient Jerry Roll Blues (https://www.youtube.com/watch?v=uMlNfMy0eVc). Le solo de clarinette estsomptueux . Mais surtout ce beau frère avait de tout, du Dizzy, du Monk etc….
 
 
Vous aviez quel âge ?
 
AV : 8 ans quand il m’a fait découvrir tout ces trésors. A 20 ans c’est lui qui devant tous les membres de la famille m’a offert ma première clarinette.  C’est vrai qu’à l’époque j’étais un peu bizarre parce que tous mes copains jouaient plutôt de la guitare. D’ailleurs je me suis retrouvé un jour dans un groupe de copains où j’étais tout seul à la clarinette, entouré de…. 5 guitares…..! C’est comme si je m’étais retrouvé au milieu d’un troupeau de bisons…..
 
Mais en 67 quand on a 18 ans on écoute plutôt Jimmy Hendrix, non ?
 
AV : Ah mais rassurez vous j’écoutais beaucoup de rock. J’écoutais Les Chats Sauvage, les Apaches. Et j’écoutais le Rock’n roll français , les disques dans lesquels il y avait Guy Lafitte !
Et puis il y avait aussi des gars comme Georges Arvanitas, qui jouait dans les clubs le soir et sur des trucs de rock dans la journée. C’était un grand pianiste be bop qui travaillait énormément. C’était un musicien incroyable qui arrivait même à faire swinguer le piano pourri de la Huchette. C’est dire !
 
 
 
Qui étaient vos maîtres à l’époque ?
 
AV : Très vite et sans aucun doute, BECHET ! mais aussi simultanément Django, Grappelli, Hubert Rostaing. J’ai eu très vite cet équilibre entre la culture du jazz américain et européen ce qui m’a permis, je pense, ne pas avoir été sectaire.
 
Mais le free, jamais ?
 
AV : Gérard Terronès à l’époque tenait un club rue Sainte Croix de la Bretonnerie. Il m’avait engagé avec mon orchestre de New Orleans qui s’appelait les « Crazy Five Stompers » , groupe un peu foutraque dans lequel il y avait un peu de tout, un psy, un hôtelier, un archi enfin que des gens «normaux». Un soir il y a un gars qui vient me voir et qui me dit, je commence le sax, accepteriez vous de me montrer quelques doigtés. Je lui ai bien volontiers montré quelques trucs et visiblement il était totalement débutant. On étaient en 1967. En 68 je rentre dans l’orchestre de Raymond Fonsèque et l’année d’après, en 69 il y a eu un festival de jazz à Coulommiers qui était patronné par radio France. André Françis juste après notre passage présente un  orchestre de free jazz, et qui je retrouve sur scène comme chef d’orchestre? Mon saxophoniste débutant ! Ca a été répulsif pour moi !
 
Mais entre la jazz classique et le free, il y a un monde quand même ?
 
AV : oui mais par exemple j’ai aussi joué dans des formations plus électrique comme avec « Chute libre » où il y avait  entre autre Umberto Paganini, Olivier Hutman, Patrick Artero ou encore Mino Cinelu  (https://www.youtube.com/watch?v=dc5tr98QRes), ou bien Djoa un orchestre d’ethno Jazz post Coltranien.
 
 
 
Parmi les saxophonistes de votre génération, vous êtes plutôt pas mal demandé…..
 
AV: Il est vrai que je joue pas mal. De ce coté-là je ne me plains pas. Et puis j’ai eu la chance de jouer avec pas mal de grands big band comme celui de Claude Bolling par exemple, qui m’a poussé à  apprendre à lire la musique.
 
Vous ne saviez pas lire la musique avant ?
 
AV: Non, j’ai commencé avec l’orchestre de Claude. Vous savez dans un orchestre de Nouvelle Orléans, la lecture ne vous sert pas à grand chose. Mais un jour, j’avais autour de 30 ans et Bolling cherchait un soprano. Claude Luter était en vacances et a proposé mon nom. Le plan c’était de jouer la musique d’un film hautement mémorable « Deux filles dans un  pyjama » de Jean Girault ! Il a fallu que je m’y mette. Il y avait des pointures, des premiers prix de conservatoire à tous les pupitres comme Badini, Chautemps ou Jacques Nourredine. Du coup il fallait que j’apprenne tout par coeur.
 
Parmi les big band qui comptent, il y a aussi celui de Patrice Caratini
 
AV : Oui d’ailleurs nous allons fêter les 20 ans de l’orchestre le 30 septembre sur France Musique. On a commencé ensemble avec Patrice dans un groupe de Nouvelle Orléans. C’est un belle machine avec des jeunes de très haute volée : Matthieu Donarier, Remi Sciutto etc….
 
 
 
Quelles sont vos grandes influences ?
 
AV :  Guy Laffitte disait «  j’aime pas écouter les autres saxophonistes. Soit ils jouent mal et ça m’emmerde, soit ils jouent bien et ça m’emmerde aussi « .
 
 
 
Vous avez un son qui est assez classique et qui en tous cas n’a pas été emporté par la vague coltranienne
 
AV : C’est vrai je n’ai pas été influencé par Coltrane même si j’ai été fasciné par son jeu. Je l’admirais mais je ne l’ai pas aimé comme j’ai aimé Dexter, Lester, Rollins ou d’autres. Chez Coltrane j’aime les ballades et le début de la musique modale. Et puis il y a Don Byas qui était aussi le dieu de Johnny Griffin. On en a parlé ensemble lorsque l’on a fait le disque avec Hervé Sellin. Griffin estimait à juste raison que jouer vite à l’alto c’était facile mais qu’au ténor cela est très difficile et que Don Byas était un  maître en la matière.
J’ai toujours été attiré par les grands du ténors qui vont très bas dans les graves. Coltrane n’était pas dans ce registre et c’est normal puisqu’au départ c’est un altiste. Dans Kind of Blue il phrase comme Cannon Ball à l’alto mais au ténor. Benny Golson raconte que Coltrane jouait dans un petit orchestre de Philadelphie et il y avait deux altistes dont Coltrane et Eddie Cleanhead Vinson et il y avait un tenor qui s’appelait Louis Georges et à la pause un jour lui et Coltrane s’engueulent. A la reprise du set, le ténor ne revient pas et lorsqu’arrive le moment de son solo, le trompettiste qui menait cet orchestre demande à Coltrane de le prendre à sa place. Et à partir de là, le jeu de Coltrane qui s’inspirait beaucoup de Johny Hodges n’a plus rien eu à voir avec. Quand il venait chez Benny Golson, pour jouer ensemble, la maman de Benny Golson lui disait «  joues moi On the sunny side of the street mais à la façon de Johny Hodges » et c’est seulement après s’être éxécutés qu’ils avaient le droit de faire ce qu’ils voulaient.
 
 
 
Et Getz vous l’avez aimé ?
 

AV : Maintenant oui et avant non. Pour moi à l’époque c’était trop parfait et trop blanc. On entend beaucoup de musique européennes dans ses phrases et moi j’étais plus attiré par le blues. Mon père était un amateur de musique classique fou et obsessionnel et j’en ai tellement été gavé que j’ai mis 60 ans à m’en remettre. Il n’aimait pas que je fasse du jazz. Pour lui tout ce qui n’était pas du classique n’avait pas grâce à ses yeux. Il était un peu violoniste. Pendant la guerre de 14 on l’avait envoyé derrière les lignes allemandes pour faire du sabotage. il y a attrapé un staphylocoque doré qui ne lui a plus permis de jouer, sauf un peu le dimanche à la maison.
 
 
Comment faites vous pour travailler ainsi votre son ?
 

AV : Comme je dis à mes élèves, on passe à peu près la moitié de son existence à savoir qui on est et l’autre à essayer de le rester. Pour le son c’est pareil. Au début on se pose tout un tas de questions. Moi je voulais essayer de descendre dans les graves. Pour tout saxophoniste il y a toujours la nécessité  dans les dix premières notes de descendre au siB grave, pour voir si ça bouche. C’est une obsession chez nous et cela à oblige à travailler la colonne d’air. Et puisque l’on parle de la construction du solo, j’ai été interpellé, jeune,en écoutant le solo de Lester (Young) sur le solo de Lady Be Good en 1936. Ca vient d’ailleurs ! Après pour moi tout s’enchaîne, il y a eu Gonsalves et tous les autres. Mais en fait cela ne sert à rien d’essayer d’imiter ces gens-là, même si au début on essaie, ce qui est parfaitement normal. Ces légendes sont inimitables.
 
 
Vous travaillez beaucoup votre instrument ?
 

A.V : Un peu moins aujourd’hui mais oui, sinon c’est pas possible. Encore ce matin en me levant j’ai pris la clarinette que la famille m’avait offert pour mes 20 ans et je me suis exercé aux doigtés. Pour un musicien c’est un travail sans fin, même si avec la vie, les enfants, les petits-enfants, on a un peu moins de temps. Mais je garde à côté de mon lit cette clarinette et lorsque je me lève le matin le premier truc que je fais c’est de jouer.
 
 
 
Vous enseignez ?
 

AV : Oui. J’essaie avec mes élève de faire de la maïeutique. c’est à dire d’essayer de les faire accoucher d’eux-mêmes. J’ai un copain qui est un ancien élève de Chautemps et qui a passé beaucoup de temps à faire des relevés. Au final cela ne lui a pas servi à grand chose. En cuisine, passer son  temps à regarder la recette pour doser les ingrédients, cela n’aide pas à devenir créatif et à prendre confiance. Les jeunes musiciens c’est pareil il faut les aider et parfois il ne faut pas les aider. Mais c’est assez difficile de théoriser cela. Il faut sentir les choses. Il faut aimer les gens pour savoir à quel moment on peut leur demander l’impossible. Je qualifierai mon enseignement d’ostéopathie musicale. J’essaie de voir où cela coince. Parfois il y a des contractures à un endroit précis, mais cela vient d’ailleurs. Cela me rappelle une histoire que m’avait raconté Raymond Fol. A l’époque j’étais dans son groupe, avec Sam Woodyard notamment. Un jour Fol va voir Dexter jouer. Deux jours après on le revoit et il nous raconte : «  le concert était formidable. La première demi-heure il a fait à peu près tout ce qu’il savait faire. Ensuite, il a joué ». Et c’est exactement comme cela que ça devrait toujours se passer. Mais le truc avec les jeunes musiciens c’est qu’ils sont impatients. J’aimerais les entendre jouer, eux. Le problème c’est qu’ils n’ont pas le temps, ni la chance comme nous nous l’avions de jouer plusieurs soirs d’affilée  dans le même club. Alors on leur demande tout de suite de savoir faire des sauts périlleux arrière. Vous savez dans le temps on donnait aux enfants des feuilles avec des chiffres marqués dessus et il fallait relier les chiffres dans l’ordre et à la fin cela faisait un dessin. Et bien ce n’est pas comme cela que l’on apprend à dessiner. Pour les relevés, c’est pareil.
 
Quel est votre rêve de musicien ?
 

AV :  Vous savez, j’ai eu la chance de faire beaucoup de rencontres dans ma carrière. Alors là comme ça je ne sais pas. J’ai adoré Sonny Rollins mais aujourd’hui ce n’est plus ce que cela a été.
 
 
Des gens comme Barney Wilen ?
 

AV : Ah oui des gars comme lui ou comme Hubert Fol. Barney était un gars totalement déshinibé. Il s’en donnait les moyens. Mais bon il prenait pas mal de choses.
 
Pas vous ?
 

AV : Non, mais je reconnais que cela a été difficile de résister notamment lorsque je rencontrais des musiciens américains. Pierre Boussaguet m’a raconté une histoire sur un grand saxophoniste français. Il était en tournée avec Albert Nicholas. Tous les copains lui proposaient des pétards mais il refusait toujours. Mais une fois il accepte et il fume un joint entier en se haussant du col et en disant « ça ne me fait rien votre truc ». Ensuite il monte sur scène et il commence à jouer et il raconte qu’il se sentait si bien qu’il sent qu’il prend un chorus puis un 2ème, un 3ème jusqu’à 15 chorus d’affilés. A la fin du morceau il va voir Albert pour lui demander comment c’était et Albert Nicholas lui dit «  Oui, c’était bien mais pourquoi, n’as tu pris qu’un seul chorus ? ».
 
 
Comment vous sentez vous dans le monde du jazz aujourd’hui ?
 

AV : vous savez ce qui m’intéresse moi, ce sont ls gens avant tout. Eddy Louiss avec qui je discutait un jour me disait : je me rend compte que j’ai arrêté de faire du jazz le jour où Kenny Clarke est mort. Ensuite j’ai fait autre chose avec Paco Sery
On joue avec des êtres humains pas des machines ou des esclaves.
 
 
Propos recueillis par Jean-Marc GELIN

 

- André Villeger sera avec Philippe Milanta et Thomas bramerie au Sunside le 3 octobre pour la sortie de " Strictly Strayhorn"

- et le 30 septembre au Studio 104 de Radio France avec le Caratni Jazz Ensemble pour y fêter les 20 ans de l'orchestre.

- Le 10 Octobre à Eaubonne avec Ramona Horvath.

- Le 13 Octobre à la Souterraine en Quartet.
- Le 21 à Radio France avec Herve Sellin pour Le Tentet de T. Monk.
- Le 8 Novembre a Sceaux avec P Caratini.
- Le 24 Novembre a Bar sur Aube avec Louis Caratini pour les trois vœux
- Et Le 9 Décembre à Reims avec Louis Caratini pour Les trois vœux.

 

 

ANDRE VILLEGER, POUR L’AMOUR DE BILLY
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