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6 juin 2016 1 06 /06 /juin /2016 10:00
FLASH PIG invite Pierre de Bethmann, Émile Parisien et Manu Codjia

FLASH PIG : Maxime Sanchez (piano), Adrien Sanchez (saxophone ténor), Florent Nisse (contrebasse), Gautier Garrigue (batterie)

Invités : Pierre de Bethmann (piano électrique), Émile Parisien (saxophone soprano), Manu Codjia (guitare)

Meudon, 5-6 décembre 2015

NOME 005 / L'Autre Distribution

Après un premier disque enregistré en 2013 (« Remain Still », Plus Loin Music), le quartette des frères Sanchez, créé voici près de huit ans, poursuit sa route sans dévier de sa trajectoire initiale, faite de créativité, d'exigence artistique et de liberté, avec une pointe d'humour. Grand prix en 2015 du concours européen de jazz organisé par l'Union Européenne de Radio-Télévision (UER/EBU) et le Northsea Jazz Festival de Rotterdam, le groupe confirme son excellence par ce nouvel opus ; il y accueille trois invités, présents au fil des plages, mais choisit de commencer pour lui même, en quartette, avec un thème mélancolique, For B. , d'un lyrisme poignant, et d'une organisation subtile dans son apparente simplicité. Dans les quatre autres plages sans invité, le lyrisme continue de prévaloir, toujours nourri de délicates interactions entre les membres du groupe. On pense parfois aux mélodies intenses et recueillies de Charlie Haden, sans esbroufe, en totale immersion dans la musique. Les thèmes sont signés par le pianiste, sauf deux : Junior , composé par son frère saxophoniste, et The Veil d'Ornette Coleman, où le débat s'anime avec vigueur. Viennent ensuite les invités, que le groupe avait accueillis séparément en 2014 dans le cadre d'une résidence mensuelle proposée par le club parisien « Les Disquaires » : dans 6444, Manu Codjia apporte son lot de fougue et de tension, et dans la plage suivante cet invité guitariste va jouer au contraire la carte d'une sérénité très atmosphérique ; Pierre de Bethmann, fan déclaré de ce groupe dès son émergence, apporte sur Octobre ses lignes cursives, en fuyant les clichés et en usant ingénieusement du timbre si particulier du piano Wurlitzer, précurseur inspiré du Fender Rhodes qui, hélas, le fit disparaître.... ; et sur Spasme , le bien nommé, Émile Parisien vient exprimer son goût des exposés segmentés avant un envol comme toujours vertigineux. Et pour la pénultième, les trois invités rejoignent le groupe sur une espèce de reggae détendu où chacun va s'exprimer, dans un sorte de joie collective.... et communicative. Vient ensuite le terme du CD, en quartette, entre lyrisme alangui et dialogue télépathique : belle conclusion, en somme, pour une voyage au cœur d'une aventure intime et très collective.

Xavier Prévost

Flash Pig jouera le 8 juin à Paris au studio de l’Ermitage, puis le 16 Juillet à St-Omer et le 24 juillet à Amiens. Et en septembre on le retrouvera pour les festivals de La Villette et de Colmar

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4 juin 2016 6 04 /06 /juin /2016 17:35
RÉMI GAUDILLAT – BRUNO TOCANNE « Canto de Multitudes » édition vinyle

Rémi Gaudillat (trompette, bugle, composition), Bruno Tocanne (batterie), Élodie Pasquier (clarinette & clarinette basse), Lucia Recio (voix), Bernard Santacruz (contrebasse)

Montpellier, octobre 2014

Petit Label PLV 001

(nouvelle édition en 33 tours vinyle)

http://www.petitlabel.com

C'est le premier vinyle publié par Le Petit Label de Caen, tiré à 100 exemplaires, sous pochette de l'atelier de sérigraphie coopératif de l'Encrage : déjà une pièce de collection. Et un manifeste aussi : manifeste pour une production phonographique indépendante ; manifeste politique également, puisqu'il puise ses textes dans le Canto General du poète chilien Pablo Neruda. Le réseau imuZZic, de la région lyonnaise, qui a son propre label (Instant Musics Records : IMR), était allé en 2015 publier ce disque en CD chez le collectif normand. Et c'est désormais en vinyle que l'on retrouve ce bel ouvrage. On ne peut pas ne pas penser au « Liberation Music Orchestra » historique, celui de 1969, où Charlie Haden faisait retentir les musiques de la Guerre d'Espagne dans des arrangements de Carla Bley. C'est plus qu'un hasard si trois des cinq membres du groupe étaient partie (très) prenante dans « Over the Hills », inspiré par Escalator Over the Hill de Carla Bley. Ici la chanteuse Lucia Recio donne les textes de Neruda, tantôt en français, tantôt dans la langue d'origine de sa famille, l'espagnol. Les textes sont dits, souvent ; chantés, parfois ; parfois aussi la voix s'envole dans un chant improvisé d'expression radicale. Ici se lisent à la fois la résistance et l'espoir. Les thèmes, composés par Rémi Gaudillat, ont cette solennité lyrique qui va droit au but de l'émoi. De ce grand poème épique de libération, Mikis Theodorakis avait fait naguère un oratorio. Cette réalisation-ci, dans sa modestie affichée, n'en est que plus forte : Pour Le peuple victorieux, l'improvisation vocale, proche du cri, se substitue au poème : « Mon cœur se tient dans cette lutte. Mon peuple vaincra. Tous les peuples vaincront l'un après l'autre ». Ailleurs la voix parlée donne une prosodie du texte qui, plutôt que d'épouser la musique, entre en tension avec elle. Les instrumentistes sont d'une pertinence admirable, dans l'expression collective comme dans les solos. On est capté, emporté par ce chant de lutte à l'horizon d'espoir.

Xavier Prévost

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2 juin 2016 4 02 /06 /juin /2016 21:59
DAVE LIEBMAN & RICHIE BEIRACH « Balladscapes »

Dave Liebman (saxophones ténor & soprano, flûte traditionnelle), Richie Beirach (piano)

Zerkall (Allemagne), avril 2015

Intuition INT 3444 2 / Socadisc

Ils se connaissent depuis les années 60, ils ont enregistré ensemble pour la première fois en 1970 (Dave Liebman & Carmel Six « Night Scapes »), et leur premier duo sur disque date de 1975 (« Forgotten Fantasies »), aventures conjointes prolongées par le légendaire quartette Quest. Autant dire que leur connivence est du plus haut degré. Pour ce disque, enregistré en Allemagne du Nord où réside désormais le pianiste, ils ont fait le choix de jouer des ballades, envisagées comme autant de paysages offerts à leur lyrisme, et à notre contemplation. Il commencent avec la Sicilienne de Bach (Sonate BWV 1031), très prisée des jazzmen (Bill Evans, et plus récemment Kenny Werner....). Le recueillement est intense, le lyrisme favorise la liberté à l'égard du thème : on commence, déjà, en beauté. Et le disque entier effeuille un catalogue imaginaire de ballades souvent magnifiées par le jazz : For All We Know , Zingaro (autrement appelé fréquemment Portrait in Black and White , et originellement Retrato em branco e preto ), Moonlight in Vermont, Day Dream (de Billy Strayhorn-Duke Ellington). L'émotion est palpable, et l'on est assurément dans le cœur du sujet musical. Sweet Pea de Wayne Shorter devient une complainte déchirante ; This Is New , de Kurt Weill, sur un tempo médium, résonne comme un éloge de la mélancolie. Le lyrisme de Coltrane est convoqué (Welcome / Expression), et le tout se complète de compositions des deux compères (Quest, Kurtland, DL ....). A savourer longuement, lentement, souvent : le bonheur musical est à l'horizon de chaque plage. Et l'on profite de l'occasion pour évoquer un autre disque de Dave Liebman, paru l'an dernier en Autriche, non distribué en France, et qui pourtant mérite le détour : « Sketches of Aranjuez »

DAVE LIEBMAN & RICHIE BEIRACH « Balladscapes »

DAVEC LIEBMAN & SAUDADES ORCHESTRA  « Sketches of Aranjuez »

Dave Liebman (saxophones ténor & soprano, flûte traditionnelle), Peter Massin, Jürgen Haider, Klemens Pliem (flûtes), Karin Gram (hautbois), Wolfgang Heiler (basson), Hermann Girlinger, Gottlieb Resch, Akiko Nishimara (cors), Klaus Ganglmayyr, Barney Birlinger, Mario Rom, Sebastian Höglauer (trompettes), Alois Eberl (trombone), Hermann Mayr (trombone basse), Ali Angerer (tuba), Heidi Rich (harpe), Guido Jeszenszky (guitare), Wolfram Derschmidt (contrebasse), Wolfgang Reisinger (batterie), Christoph Schachen, Ewald Zach (percussions), Jean-Charles Richard (direction)

Linz (Autriche), 12 avril 2011

PAO Records PAO11220 / www.pao.at

 

Depuis environ une décennie, Dave Liebman a joué une dizaine de fois cette relecture de « Sketches of Spain » de Gil Evans / Miles Davis, avec des orchestres différents, dans des instrumentations différentes, s'écartant généralement un peu de l'instrumentation originelle. Ce fut notamment le cas en 2007 au festival de Marciac avec un orchestre issu du Conservatoire de Toulouse, dirigé par Jean Charles Richard (voir plus bas les liens vidéo pour deux extraits) ; et en 2008 à Paris, Cité de la musique, puis à la Manhattan School of Music de New York, sous la direction de Justin DiCioccio (édité en 2009 sous le label Jazzheads) ; enfin en 2011, à nouveau sous la direction de Jean Charles Richard, à Linz en Autriche, où ce concert a été enregistré à l'initiative du très dynamique Herbert Uhlir, producteur de la radio publique autrichienne (ORF). Le disque reprend les cinq thèmes de l'œuvre originale, en modifiant parfois la durée et la structure des pièces. Le parti pris est celui de la très grande expressivité, dans l'écriture d'ensemble comme dans la partie soliste. Le souci, comme chez Gil Evans, est de faire retentir l'intensité émotionnelle de l'Espagne, avec les mêmes emprunts à Joaquim Rodrigo et Manuel De Falla  (Concierto de Aranjuez et El Amor Brujo); et Dave Liebman fait ressentir aussi très profondément l'atmosphère des pièces de Gil Evans inspirées par la tradition ibérique (Saeta , Solea , The Pan Piper ). Lyrique et profondément engagé dans la musique, Dave Liebman est une fois encore pour nous une indispensable source d'émotion(s).

Xavier Prévost

 

Deux extraits de Marciac 2007 sur Youtube :

https://www.youtube.com/watch?v=RwzYGUC5IXM

 

https://www.youtube.com/watch?v=b34NXsJranI

 

Extraits du CD

http://www.allmusic.com/album/sketches-of-aranjuez-mw0002815547

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2 juin 2016 4 02 /06 /juin /2016 21:48
TOUS DEHORS / Laurent Dehors / Marc Ducret / Matthew Bourne « Les Sons de la Vie »

Laurent Dehors (composition, saxophones, clarinettes, harmonica), Catherine Delaunay (clarinettes, accordéon diatonique, cor de basset), Denis Chancerel (guitare électrique sept cordes, banjo), Gabriel Gosse (guitare électrique sept cordes, tres), Jean-Marc Quillet (marimba basse, vibraphone, xylophone, timbales, accordéon chromatique), Bastien Stil (piano, piano électrique, tuba, trombone), Gérald Chevillon (saxophones basse & soprano, flûte à bec), Damien Sabatier (saxophones alto, baryton et sopranino), Franck Vaillant (batterie, batterie électronique, percussions), Marc Ducret (guitares), Matthew Bourne (piano)

Saint Étienne du Rouvray, octobre 2015

Abalone AB 023 / L'Autre distribution

Le point de départ, c'est une commande de l'Opéra de Rouen Normandie : une œuvre pour un orchestre symphonique et le big band Tous Dehors, avec pour projet d'illustrer les différentes étapes de la vie, de la conception jusqu'à l'ultime souffle. Passé le stade de la création, il n'a pas été possible de rejouer la partition sur scène ni de faire un enregistrement avec l'effectif originel (une cinquantaine de musiciens). Laurent Dehors s'est donc remis à la tâche pour une version en effectif réduit : neuf musiciens, plus les deux solistes invités (Marc Ducret et Matthew Bourne) qui dialoguent avec l'orchestre. Le résultat est plus que convaincant de vitalité, de vivacité et de pertinence. Les rythmes nous emportent, que l'on soit dans le groove ou dans des segmentations obsédantes, à la façon de Stravinski (Laurent Dehors en connaît un fameux rayon de ce côté-là, car il avait déjà à sa manière arrangé/dérangé L'histoire du soldat ). Et l'on entend parfois le souvenir du Sacre du printemps dans des accords larges où intervalles majeurs et mineurs se superposent). La forme est virtuose, mais sans affectation : la surprise, l'humour et la fantaisie prévalent. Les alliages de timbres sont parfois saisissants, les embardées des solistes inattendues : on jubile souvent. La rythmique est d'une impeccable solidité, sans lourdeur, avec au contraire souplesse et agilité. Chacun semble jouer et se jouer, en toute espièglerie. Le fait qu'il s'agisse d'une musique « à programme », sensée illustrer les étapes de la vie, devient très vite secondaire : ce qui importe ce n'est pas le programme, mais la vie même. La gestation, le cadre enfantin, les émois adolescents, la vie d'adulte, les deuils et le naufrage de la vieillesse : toutes ces étapes se fondent dans une forme qui a sa logique propre et efface l'éventuelle pesanteur de l'argument. C'est assurément une vraie réussite.

Xavier Prévost

Tous Dehors se produira avec ce programme, et les deux invités du disque, le 1er octobre prochain à la Maison de la Radio dans le cadre des concerts « Jazz sur le vif » programmés et produits par Arnaud Merlin.


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31 mai 2016 2 31 /05 /mai /2016 19:00
DOMINIQUE PIFARÉLY QUARTET « Tracé Provisoire »

DOMINIQUE PIFARÉLY QUARTET « Tracé Provisoire »

Dominique Pifarély (violon), Antonin Rayon (piano), Bruno Chevillon (contrebasse), François Merville (batterie, percussions)

Pernes -les-Fontaines, 22-24 juillet 2015

ECM 478 1796 / Universal

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Le CD paraîtra le 10 juin 2016

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Autant l'avouer tout net : j'ai pour ce groupe, ces musiciens et cette musique un attachement sentimental. C'est avec eux en effet que s'est achevée, le samedi 26 juillet 2014, ma carrière de radioteur professionnel, après 32 ans de (très) loyaux services à France Musique. J'avais été informé quelques semaines plus tôt que l'on mettait fin (prématurément à mon goût, et à celui d'un grand nombre de mes amis, musiciens notamment) à ma collaboration avec ma radio préférée. J'ai présenté le groupe ce soir-là, sur la scène de l'amphithéâtre du Domaine d'O, dans le cadre du festival de Radio France et Montpellier, où j'œuvrais pour la 29ème année consécutive. Et, franchement, je ne voyais pas de meilleure manière, puisqu'il fallait quitter l'estrade, que de le faire en compagnie de musiciens que j'admire, et dont de surcroît j'apprécie infiniment les qualités humaines. Ma chronique, vous l'aurez compris, sera hyper-subjective !

Après avoir parcouru tous les territoires du jazz, et en partie aussi ceux de la contemporaine (la musique dite telle), le violoniste s'est lancé dans une nouvelle aventure, à la fois formelle et humaine. Beaucoup d'amateurs se rappellent, à l'orée des années 90, l'Acoustic Quartet, qui associait Dominique Pifarély à Louis Sclavis, avec la complicité superlative de Marc Ducret et Bruno Chevillon. Nous revoici un peu dans une configuration comparable : excellence des instrumentistes, considérables talents d'improvisateurs, fermeté de la pensée alliée au goût du risque et du franchissement des frontières esthétiques. L'écriture est très présente, et cependant elle paraît n'être là que pour ouvrir grand les portes de l'improvisation, de l'invention, de l'expression. Les premiers sons semblent surgis du chaos originel, notes éparses et timbres riches (un violon qui offre la rondeur troublante d'une flûte japonaise!). Puis le discours s'organise. Nous sommes embarqués. Rythme et tempo convoquent ensuite le jazz, dans une liberté tonale qui sera de mise tout au long du disque. Le violon se fait tour à tour puissamment lyrique, acide, incisif ou d'une exquise rondeur. Le dialogue avec les autres instruments est permanent, comme si la voie, malgré l'incertitude de l'improvisation, était déjà tracée en connivence. Le tracé provisoire, c'est une composition, qui ouvre l'espace de l'improvisation. Chacun se fait soliste au moment opportun, et pourtant la musique ne cesse jamais d'être une et indivisible. Il y là du mystère, de la pensée et des pulsions, et l'on se dit que la pensée et la pulsion peuvent être indissociables. Venant à la suite du magnifique solo publié en 2015 (lire ici la chronique dans Les DNJ), cette nouvelle œuvre, collective et pourtant marquée du sceau de la création individuelle, est assurément l'une des pièces maîtresses de l'univers du violoniste. Indispensable donc, et à partager sans modération avec les mélomanes de toutes obédiences (et surtout avec ceux qui ne revendiquent aucune chapelle) !

Xavier Prévost

Le groupe jouera le mercredi 1er juin à Berlin dans la cadre de Jazzdor-Berlin programmé par le festival Jazzdor de Strasbourg

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28 mai 2016 6 28 /05 /mai /2016 06:14
 Sarah Vaughan, Live at Rosy’s


Sarah Vaughan, Live at Rosy’s
2CD- Resonance/Socadisc. Sarah Vaughan (voc), Carl Schroeder (piano), Walter Booker (basse), Jimmy Cobb (batterie). New Orleans, 31 mai 1978.

Elle restera pour les fans « la divine ». C’est d’ailleurs le qualificatif employé par Helen Merrill dans le livret qui accompagne ce concert enregistré en club par Sarah Vaughan en 1978 et désormais disponible grâce à ce dénicheur de trésors nommé Zev Feldman (on lui doit des inédits de Sonny Rollins, Horace Silver, Duke Ellington, Art Blakey, Bill Evans).
A 54 ans, Sarah domine son art. La perfection tout simplement : rien ne lui est impossible. Le répertoire est aussi large que son registre vocal : les grands classiques (les Gershwin, Rodgers & Hart, Burke & Van Heusen, Styne & Cahn) et des contemporains de tous horizons (Legrand- Watch What Happens, adaptation par Gimbel de Récit de Cassard dans les Parapluies de Cherbourg- une bossa nova de Gil & Valle-If You Went Away- Preciso Aprender A Ser So en version originale). « La divine » va même jusqu’à donner, à la requête du public et sans s’en offusquer (qui visiblement fait quelque confusion avec une autre diva) « A ticket a tasket », le premier succès d’Ella Fitzgerald à la fin des années 30.
Le Rosy’s de la Nouvelle Orléans a fermé ses portes en 1979, les frais fixes de cet ancien hangar rénové luxueusement par une jeune héritière fan de jazz, Rosalie « Rosy » Wilson, ayant toujours excédé les recettes d’un club qui accueillit Ray Charles, Bob Dylan, Count Basie ou encore Ella Fitzgerald. Sarah s’en est allée douze ans plus tard, victime d’un cancer du poumon.
Quel meilleur souvenir que ce « direct » en club. On ne se lasse pas de ces 90 minutes de bonheur. Sérénité, facilité, grâce, humour, charme. Tout Sassy était ce soir-là au Rosy’s.
Jean-Louis Lemarchand

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26 mai 2016 4 26 /05 /mai /2016 14:14
AIRELLE BESSON "Radio One"

Airelle Besson (trompette), Isabel Sörling (voix), Benjamin Moussay (piano, piano électrique, synthé basse), Fabrice Moreau (batterie)

Pernes-les-Fontaines, 2015

Naïve Jazz NJ 625971 / Naïve

Insaisissable et polymorphe, Airelle Besson surprend constamment par la pluralité et la diversité de ses interventions artistiques. Musicienne complète et avérée, elle ne se satisfait d'aucune position, et part toujours à la conquête de nouveaux horizons, comme autant d'aventures. Après le très beau duo en compagnie de Nelson Veras (« Prélude », chez Naïve) la voici qui convoque à ses côtés une chanteuse saute-frontières qui conduit son parcours artistique dans des contextes très différents ; et deux jazzmen connus à la fois pour leur subtilité, leur connaissance de l'idiome du jazz, mais aussi leur goût des transgressions stylistiques. On est ici dans un univers qui se déploie entre pop sophistiquées et développement modal, mais avec de fortes inflexions idiomatiques vers le jazz. La musique est rêveuse, souvent, mais aussi engagée et vibrante. On pense parfois à ce qui se passait dans le trio Azimuth entre Kenny Wheeler, Norma Winstone et John Taylor, avec ce mélange de fine élaboration musicale et d'expressivité intense. Et beaucoup de liberté aussi. Radio One, le thème-titre, a la simplicité dansante que l'on aimait naguère chez Don Cherry, avec un soubassement rythmique et harmonique plein de rebonds pertinents et parfois aventureux, et une voix diaphane qui invite à l'évasion. Par-delà son caractère fédérateur, cette plage définit le projet : élitaire pour tous ; il y en a pour tous les organes : les pieds pour danser, le cœur pour s'émouvoir, le cerveau pour lire entre les lignes de ce qui serait plus qu'un aimable divertissement. Les plages suivantes révèlent d'autres ambitions : porter au rêve par la sensation, à l'évasion par le trouble. Pour cela encore parfois des rythmes de danses exotiques, mais aussi un jeu sur l'écho, la réverbération, la texture intime de la trompette et de la voix. Le piano, et les autres claviers, ne sont pas en reste : ils participent du mystère, des tensions subtiles, et de cet onirisme ambiant qui constitue l'un des charmes du disque. Le batteur, comme toujours d'une impeccable finesse, donne un supplément de vie à cet univers déjà tendu d'émotions raffinées. Chaudement recommandable donc, aux jazzophiles comme au mélomanes multipolaires.

Xavier Prévost

Le groupe jouera trois soirs de suite, du 26 au 28 mai, au Jazz Club de Dunkerque. Puis le 8 juin à Paris, au Café de la danse. Et après une tournée en Chine, on le retrouvera dans les festivals : le 26 juin à Oloron Sainte-Marie, le 29 juillet à Vannes et le 30 juillet en Avignon

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24 mai 2016 2 24 /05 /mai /2016 15:43
EUROPA JAZZ : Une journée mancelle

Journée chargée au festival Europa Jazz du Mans: chargée de concerts (cinq groupes entre midi et minuit!) et d'émotions fortes. Depuis les duos vertigineux de l'après-midi à La Fonderie, jusqu'à la renaissance du répertoire de Brotherhood of Breath en fin de soirée à l'Abbaye de l'Épau, et en passant par les deux créations du jour, ce fut une succession de temps forts, d'émois conjugués de surprise et de nostalgie, et un constant bonheur d'immersion dans la musique.

THÉO CECCALDI - ROBERTO NEGRO « Danse de salon »

Théo Ceccaldi (violon), Roberto Negro (piano)

Le Mans, La Fonderie, 21 mai 2016, 12h15

La journée commençait en trombe, à La Fonderie - Théâtre du Radeau, avec le très étonnant duo de Théo Ceccaldi et Roberto Negro. L'intitulé, « Danse de salon », paraît d'autant plus mystérieux que les premières minutes se déroulent dans un esprit de musique de chambre (laquelle est née dans les salons mais ne porte pas précisément à danser). On pense à Bartok, pour les intervalles distendus, à Alban Berg, pour le lyrisme intense, à Ravel, et au deuxième mouvement « blues » de la Sonate pour violon et piano.... Le violon a parfois une exquise rondeur d'alto. Puis l'on entre dans la danse, et tout y passe : rhythm'n'Blues, tarentelle, menuet mozartien, free calypso, valse à la Satie (peut-être noble et sentimentale....), vertige tzigane, tango ou polka, pour accoster sur la plage de Philip Glass et d'Einstein on the Beach. Époustouflant de bout en bout, par la réactivité, la connivence, qui fait que l'on jurerait que tout cela est totalement spontané alors que c'est manifestement le résultat d'une vrai maturation, mais qui laisse toute liberté à l'instant du concert. Public conquis, et rappel en forme de patchwork express : magistral !

EUROPA JAZZ : Une journée mancelle

MICHEL GODARD – GÜNTER SOMMER Duo

Michel Godard (tuba, serpent, guitare basse), Günter Sommer (batterie, percussions, guimbarde)

Le Mans, La Fonderie, 21 mai 2016, 15h

C'est un plaisir de retrouver deux habitués, dans des groupes distincts, du festival des premières décennies (80-90), cette fois ensemble, et dans un duo qui a vu le jour en 2014 pour Jazzdor Berlin, le prolongement berlinois du festival Jazzdor de Strasbourg. Stupéfiante agilité virtuose de Günter « Baby » Sommer, batteur-percussionniste d'Allemagne orientale, et qui est l'une des grandes figures de l'instrument, dans sa version libérée de toute entrave, depuis les années 70. Gestuelle idéale, goût du jeu et de la surprise, espièglerie, profonde musicalité : tout est là. Face à lui Michel Godard, tout autant musical et virtuose, pétri d'un humour pince-sans-rire. Ils échangent, se surprennent, se font des niches : nous les suivons, ils nous manipulent, et nous nous laissons faire de bonne grâce. Ils nous gratifient d'une étonnante version de My Heart Belongs To Daddy, qui ressemble parfois au Buena Sera de Louis Prima, mais partent le plus souvent sans filet, avec un sens rare de l'équilibre. Un court solo de chacun complète notre bonheur, et après un épisode percussif sur la sculpture florale offerte aux artistes, la vraie conclusion se fait en rappel pour l'alliance inédite de la guimbarde et du serpent : jouissif !

EUROPA JAZZ : Une journée mancelle

ALEXANDRE GOSSE Quintet (Création)

Alexandre Gosse (piano, composition), Régis Huby (violon), Sylvain Kassap et Olivier Thémines (clarinettes & clarinettes basses), Claude Tchamitchian (contrebasse)

Le Mans, La Fonderie, 21 mai 2016, 17 h

Le pianiste Alexandre Gosse, qui dirige le département de jazz du Conservatoire de Laval, est un pianiste et compositeur dont la réputation excède les limite du Grand Ouest. Europa Jazz l'a invité pour une création, en lui offrant pour partenaires le gratin de la scène hexagonale, avec des musiciens pour le plupart à l'affiche du festival cette année, dans des groupes différents. Le concert repose sur une grande pièce, intitulée Paréidolie, en allusion à l'illusion d'optique qui naît dans le cerveau quand nous croyons voir une forme humaine ou animale dans un objet d'une toute autre nature. Le déroulement de la création est basé sur le contraste,fluide ou anguleux selon les instants, entre des parties écrites dans un esprit de musique de chambre, et des incartades improvisées des solistes. Ici encore on pense furtivement à Alban Berg, avant le déboulé véhément de Sylvain Kassap à la clarinette basse, suivi d'un solo très mélodique d'Olivier Thémines à la clarinette. Tout au long de la pièce des échanges se font en dialogue, lyrique ou emporté, entre Régis Huby, Claude Tchamitchian, Alexandre Gosse et les deux souffleurs. La souple pulsation du jazz surgit à intervalles réguliers, comme pour rappeler que c'est là le fil conducteur, la matrice, et peut-être le but ultime. On navigue constamment du tonal au « total chromatique » en passant par le modal, à l'image de ce qu'explore avec constance le jazz contemporain. Malgré la relative fragilité d'une première, forcément perfectible, ce fut une réussite.

EUROPA JAZZ : Une journée mancelle

STEPHAN OLIVA - SÉBASTIEN BOISSEAU – TOM RAINEY Trio (Création)

Stephan Oliva (piano), Sébastien Boisseau (contrebasse), Tom Rainey (Batterie)

Le Mans, Abbaye de l'Épau, 21 mai 2016, 20h30

Les concerts du soir se déroulaient dans le rituel et magnifique dortoir des moines de l'Abbaye de l' Abbaye de l'Épau, sous une voûte lambrissée qui respire le mystère des siècles écoulés. Le festival Europa Jazz a permis de rassembler ce trio inédit à la faveur d'une création. Ces musiciens, leur parcours l'atteste, sont liés par une communauté de pensée et d'attitude à l'égard de la musique. C'est donc avec une véritable impatience, doublée de curiosité, que l'on assistait à cette première. Les compositions sont signées par le pianiste et le contrebassiste, et l'on promet aussi des compositions du batteur pour une prochaine tournée. Le premier thème, Intérieur Nuit de Stephan Oliva (tiré du second disque en trio avec Bruno Chevillon et Paul Motian « Intérieur, 2001), nous plonge d'emblée dans un univers qui va déboucher sur des séquences rythmiques serrées et des accords larges, façon Sacre du Printemps. Ce seront ensuite un hommage à Gene Tierney, tiré de l'album « After Noir », et Sach's March. Le trilogue fait merveille, entre le piano dont chaque note est pesée à son exacte intensité expressive ; la contrebasse, qui nourrit la tension en évitant tout cliché ; et la batterie, jouée aux balais, aux mailloches ou à mains nues, qui ponctue, relance, et joue aussi à contourner les accents trop convenus. Viennent alors deux compositions de Sébastien Boisseau, inspirée par la Hongrie, où il joue souvent : mélancolie thématique tendance Lover Man ou The Man I Love, puis tensions harmoniques très jouissives. Et l'on revient aux compositions du pianiste avec un thème par lui écrit pour le film « Les liens du sang » de Jacques Maillot : intro de contrebasse, nostalgique, qui rappelle au chroniqueur l'atmosphère du disque « December Poems » de Gary Peacock ; solo de batterie à mains nues ; et toujours ce piano qui respire la nuance jusqu'à se fondre dans l'imaginaire. Après un dernier thème très vif, contrebasse cursive et piano en cavalcade, ce sera en rappel, toujours en pleine vivacité : Blues for Ornette, enregistré par le pianiste en 1993 et en solo, pour le CD « Clair Obscur ». La boucle est bouclée, la rencontre est plus que fructueuse, et cette création aura l'avenir d'une tournée en décembre 2016 ; et d'autres on l'espère !

EUROPA JAZZ : Une journée mancelle

« BROTHERHOOD HERITAGE » : Michel Marre (trompette, bugle, cornet), Alain Vankenhove (trompette, bugle), Jean-Louis Pommier et Mathias Mahler (trombones), Chris Biscoe (saxophone alto, clarinette alto), Raphaël Imbert (saxophone ténor), François Corneloup (saxophone baryton), François Raulin (piano), Didier Levallet (contrebasse), Simon Goubert (batterie)

Le Mans, Abbaye de l'Épau, 21 mai 2016, 22h

Plusieurs festivals se sont associés en coproduction pour cette re-création du Brotherhood of Breath, mythique grande formation du pianiste sud-africain Chris McGregor, qui s'est installé dans notre pays dans les années 70, et s'est éteint à Albi en 1990. La création a eu lieu le 7 mai au festival Jazz sous les pommiers, et Le Mans accueillait la deuxième représentation de ce programme. Didier Levallet, qui avait joué dans la fameuse confrérie du souffle au début des années 80, avait à cœur de rendre au pianiste sud-africain cet hommage, donné au Mans en présence de sa femme Maxine, et de son fils Kei. Le pianiste François Raulin, passionné par l'univers de ce musicien, est l'autre artisan de cette aventure, dont on remarque qu'elle accueille un autre partenaire historique de Chris McGregor : le saxophoniste alto Chris Biscoe. Après Andromeda, un thème emblématique du compositeur sud-africain, l'orchestre a joué deux compositions de François Raulin conçues comme des hommages, et aussi Chris McG, que Didier Levallet avait composé en 1991 pour son tentet « Générations » (dans les rangs duquel on retrouvait Chris Biscoe). Mais le principal hommage, c'était bien sûr de rejouer le répertoire de la Confrérie du Souffle : bouffées de rythmes enfiévrés marqués par l'Afrique, mais aussi par les musique de la Caraïbe, sans oublier l'admirable Maxine, aux couleurs ellingtoniennes (et peut-être plus encore celles de Billy Strayhorn). Il y eut aussi des thèmes des compagnons historique de Chris Mc Gregor, comme le formidable Sonia de Mongezi Feza. Bref un formidable mélange de nostalgie et de joie légère. Tous les membres de l'orchestre ont donné des solos enflammés, et la soirée s'est terminé avec une partie du public dansant sur scène au milieu des musiciens. Ce joyeux bordel ressemblait au finale des concerts de Brotherhood of Breath auxquels j'avais eu naguère la chance d'assister (Angoulême au festival, Paris au New Morning.....). C'était là le plus bel hommage que l'on pouvait rendre à Chris McGregor et à sa mythique confrérie !

Xavier Prévost

A retrouver au cours des prochains mois aux festivals de Cluny et Nevers, aux Rendez-vous de l'Erdre, à Jazzdor Strasbourg et à la MC2 de Grenoble.

EUROPA JAZZ : Une journée mancelle
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23 mai 2016 1 23 /05 /mai /2016 06:48
@jeanmarcgelin

@jeanmarcgelin

Au bout de deux jours de compétition, en marge du festival Jazz à Saint Germain des Près, le tremplin Jeunes Talents où 6 groupes se sont affrontés, a vu le jeune trio Joran Cariou remporter sa 15ème édition.

Une musique épurée dans la pure tradition des trios et un groove élégant aux lignes modales powerful. Un pianiste de haute volée, impressionnant dans ses improvisations, un contrebassiste énorme et un batteur au drive fin.

Que du bon !

Joran Cariou (p)

Damien Varaillon ( cb)

Stéphane Adsuar (dms)

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22 mai 2016 7 22 /05 /mai /2016 12:05
MADELEINE ET SALOMON  : « a woman’s journey »


Clotilde Rullaud (vc, fl), Alexandre Saada (p, fder, clvte)
Promise land 2016


La chanteuse Clotilde Rullaud et le pianiste Alexandre Saada ont l’habitude de jouer ensemble. Ils sont comme complémentaires. Ils sont les deux faces d’une même pièce. lls sont Madeleine et Salomon.

Avec « Woman’s journey » ils signent, à deux un hommage magnifique aux grandes chanteuses engagées. Aux grandes voix féminines. Un hommage finalement à la féminité qu'elle soit enfantine, adolescente ou femme accomplie et toujours libre. Un hommage à ces grandes voix, pour beaucoup venues de ce grand moment de liberté que furent les années 60 où ces grandes chanteuses portaient en elle la fierté.
Et c’est une sorte de voyage intérieur porté par la voix voix ténébreuse et prenante de Clotilde Rullaud qui apporte à cette oeuvre toute son émotion et sa gravité profonde.
Les arrangements qu’ils signent ensemble sont d’une grande richesse.
A l’image de ce Swallow Song de Mimi et Joan Baez et qui reste dans une veine très pop seventy ( comme par ailleurs sur Les Fleurs).
Des moments de vibrations intenses nous parcourent avec cette voix caverneuse et sensuelle qui bouleverse non seulement par ce qu’elle va chercher loin au tréfonds de nous même mais aussi par cette façon de chérir le texte. All the pretty horses nous embarque ainsi et charrie avec elle la réfection de la beauté pure. Quelque chose de tellurique. Du chamanisme aussi. Clotilde va chercher sa voix dans de sublimes profondeurs qu'elle module et élève à son gré. Une voix à nulle autre pareil. Parfois son registre évoque Nina Simone ( dont elle reprend Four Women) et sa version de Seventeen est absolument poignante et fait renaître autrement cette très belle chanson de Janis Ian.
L’engagement de ces voix de femmes s’entend aussi dans sa version de Strange Fruit de Billie Holiday et Little girl blue est un autre moment de grâce où entre les mots, dans les interstices du chant, le silence devient aussi part entière de l'arrangement. Et le blues de Janis Joplin, ou celui d’une black panther comme Elaine Brown prennent dans la voix de Clotilde Rullaud l’actualité d’une lutte jamais achevée.

La chanteuse parvient à marier une forme de sensualité presque soul à une très grande élégance du chant ( Save the children). Aucun pathos dans les arrangements ni dans la voix de Clotilde mais au contraire un sens aigu du texte et de son intelligibilité.
L’accompagnement classique et très beau de Saada met toujours en valeur son sujet allant chercher les harmonies justes, l’exact réplique. Toujours dans la précision très soulful de l’accompagnement. Il est à Clotilde Rullaud ce que Teddy Wilson était à Billie Holiday.

S’il est des albums qui possèdent un supplément d’âme, qui possède cet art de vous bouleverser et de vous prendre par la main pour ne plus vous lâcher, s’il est des albums qui vous prennent au plexus et vous portent au delà de ces quelques minutes où tout semble avoir été dit et tout reste encore à dire, s’il est des albums qui ne vous laissent pas totalement indemnes, s’il est des albums qui écorchent tauant qu’ils caressent, s’il est des albums qui ne ressemblent à aucun autre alors "Woman’ journey" est assurément de ceux-là.
Jean-Marc Gelin

MADELEINE ET SALOMON seront au New Morning le 15 juin . A ne pas manquer

http://www.newmorning.com/20160615-3445-Madeleine-Salomon.html

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