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11 avril 2012 3 11 /04 /avril /2012 07:13

 

Le jazz manouche était à l’honneur mardi 10 avril avec la remise par Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture, des insignes de chevalier de l'ordre des Arts et des Lettres à Boulou et Elios Ferré, Biréli Lagrène, et Thomas Dutronc.

 

Guitaristes vouant une grande admiration à Django Reinhardt, les frères Ferré et Bireli Lagrène perpétuent avec talent la grande tradition du jazz manouche. Chanteur à succès, le fils de Jacques Dutronc fit ses classes auprès de Biréli Lagrène avant de conquérir le public avec l’album « comme un manouche sans guitare ».

 

Les quatre musiciens décorés se retrouveront au 33 ème festival  Django Reinhardt à Samois (Seine-et-Marne) du 27 juin au 1er juillet prochain. Le génial gitan (1910-1953) fera de nouveau l’actualité avec une exposition organisée cet automne à la Cité de la Musique qui donnera lieu également à des nombreux concerts du 3 au 9 octobre, dont Django Drom spectacle porté par Tony Gatlif et Didier Lockwood.

 

Jean-Louis Lemarchand

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9 avril 2012 1 09 /04 /avril /2012 17:07

 

 inetrantional-jazz-day.jpg

« Langage universel de liberté et de créativité », « symbole d’unité et de paix », le jazz fait l’objet d’une Journée mondiale organisée par l’UNESCO qui se tient le 27 avril au siège de l’organisation, à Paris, et le 30 avril simultanément à la Nouvelle-Orléans, son berceau, et New-York, son lieu majeur d’activité.

 

Pour la Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova, « la proclamation de la Journée Internationale du Jazz vise à réunir des communautés, des écoles et d’autres groupes dans le monde pour célébrer et enrichir notre savoir sur l’art du Jazz, ses racines et son influence et pour mettre en lumière son rôle important en tant que moyen de communication qui transcende les différences ».

 

Ambassadeur de bonne volonté de l’UNESCO, Herbie Hancock, en charge de cet évènement, estime que  « le jazz continue d’être une source d’espoir et de force pour des millions de personnes dans le monde » et souhaite que ces manifestations puissent permettre de faire vivre le jazz comme élément essentiel du patrimoine culturel de l’humanité.

 

Différentes manifestations sont prévues tout au long de la journée du 27 avril au siège parisien de l’UNESCO : master-classes, conférences, cours d’improvisation et s’achèvera par un concecrt auquel participeront notamment Marcus Miller, Tania Maria, Gerald Clayton, Manu Katché, Michel El Malem, Dee Dee Bridgewater, Hugh Masekela, Barbara Hendricks, Lionel Loueke. L’Académie du Jazz est associée à cette journée en parrainant une table ronde autour du jazz et du cinéma, avec Bertrand Tavernier, réalisateur d’ « Autour de minuit », et une master-class de Fabien Ruiz, chorégraphe du film "The Artist », grand  vainqueur des derniers Oscars à Hollywood.

 

Les clubs de jazz de la rue des Lombards –Duc des Lombards, Sunset-Sunside, Baiser Salé- participeront de leur manière à cette première journée mondiale du jazz, avec une « nuit blanche » prévue pour durer jusqu’à 6 heures du matin !

 

Jean-Louis Lemarchand

 

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9 avril 2012 1 09 /04 /avril /2012 14:58

 

TRIO-LALISSE-SOLER-CHABASSE---Raphael-IMBERT.jpgEnregistré au Centre Culturel René Char à Digne (04)

Label Durance / Orkhêstra

www.atelier-de-musiques-improvisées.com

www.studio-esc.com

Les notes de pochette de Jean Buzelin sont précieuses pour présenter la musique de ce trio, qui a enregistré au centre René Char à Digne ; ce n’est donc pas nécessairement un hommage au poète né dans le Vaucluse, plus au sud à l’Isle sur Sorgues. Aimait- il le jazz, cet être fier, farouche, résistant, libre enfin ? Il nous plaît de le croire.

Ecoutons à présent la musique,  qui commence avec ce standard  de  Carmichael « Skylark » qui rend avec finesse tout son sens à la mélodie . Suivent ensuite les propres compositions de Sébastien Lalisse au piano, Alain Soler à la batterie et d’Olivier Chabasse  à la contrebasse. Triangle équilatéral donc équilibré, où chacun écoute, répond, respecte la parité de l’échange. Survient enfin une belle improvisation commune avec la participation de Raphael Imbert au sax et clarinette basse, délicat et vibrant  hommage à René Char, en effleurant quelques notes de « All the things you are », gouttes d’un parfum léger et nostalgique. « Brother can you spare a dime ? » est enfin une chanson du répertoire qui date de 1931, reprise dans la plus belle tradition, « vieux style modernisé à la Roland Kirk » écrit encore Buzelin, « à la Bechet » aussi, pourrait-on rajouter. C’est de la musique tout simplement et de la bonne.  Ça swingue, le pianiste nous joue le répertoire des formes d’un style à l’autre, sans avoir l’air de trop y toucher. Du grand art et surtout du jazz qui quatre vingt ans après, nous touche en cette  autre période de crise, de dépression. On est dans la nostalgie, à savoir au cœur de l’émotion, du sentiment et de ce qui nous constitue. Essentiel donc.

Sophie Chambon

 

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9 avril 2012 1 09 /04 /avril /2012 07:21

 

Elisabeth Kontomanou (vc), geri Allen (p)

elisabeth-kontomanou-secret-of-the-wind-feat-geri-allen.jpg

Elisabeth Kontomanou nous prend par surprise avec cet album de gospels. Cette chanteuse si empreinte de liberté se serait-elle assagie, standardisée ? C'est peu la connaître. Toujours aussi libre et elle tient à le faire savoir (Everybody was born free), elle utilise la tradition à sa façon. Elle prend son temps pour nous raconter chaque fable, détache chaque mot, souligne, insiste, ralentit afin que nous soyons imprégnés, embarqués, séduits, attrapés dans ses filets. Chaque mot est incarné, vivant, vibrant. Et donc tout semble inédit, entendu pour la première fois, même Nature Boy, c'est tout dire ! Telle une belle sirène, lui résister serait vain. Et c'est dans le secret du vent, l'une de ces deux compositions sur cet album, qu'elle exprime le mieux sa foi en l'amour et en la vie. Ecoutez cet album sans interruption et goûtez ces respirations entre chaque morceau pour vous remettre de l'émotion partagée. Il faudrait presque exiger que les concerts permettent ce voyage musical sans l'interruption des applaudissements. Ecoutez ces quelques secondes de silence qui préparent à A quiet place. Quelle intensité ! Le temps suspendu.est-ce cela l'éternité ? Tout est délicatesse dans cet album : de l'interprétation de la diva, qui avec son grain de voix un peu voilé nous touche profondément (jusqu'aux larmes sur Were you There, chanté comme une longue plainte) au subtil toucher de la pianiste (ô combien admirable !) Geri Allen, tout en légèreté.  

 

 

 

 

Ces deux musiciennes s'écoutent merveilleusement (quel swing !) et voyagent ensemble paisiblement, comme si elles se connaissaient depuis des siècles, l'une prolongeant de son chant l'incantation de l'autre (God is love).

 

 

C'est à une impétueuse invitation à l'amour  radical, total, entier, qu'elles nous convient. Et on a aucun doute : LOVE is meant for you and me, oui l'amour est fait pour toi et moi. Vous n'êtes pas fan de gospel ? Alors précipitez-vous sur cet album ! Attendez-vous à être totalement happé. Aucune démonstration de virtuosité. Elles nous chuchotent les secrets de notre belle condition humaine.et c'est divin !

Regine Coqueran

 

 


 

 


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7 avril 2012 6 07 /04 /avril /2012 21:46

 

Naïve 2012

linxjoaobjo.jpg

 

Déjà on sait que la réunion de ces deux chanteurs d’exception est le gage d’avoir à faire à une machine à créer des énergies positives (ils n’en sont  d’ailleurs pas, ces deux-là, à leur coup d’essai). Deux qui se répondent dans leur foi commune et leur passion pour la musique et pour le chant. Mais surtout deux artistes sans la moindre concession. Deux artistes qui chacun au gré de leur parcours  affichent un farouche désir de liberté. Avec toujours cet amour du chant au bord des lèvres, capables de galvaniser tous les auditoires quels qu’ils puissent être. Une passion du chant mais aussi du texte à chanter les réunit ici autour de ce jeu de rôle qu’ils abordent chacun avec leur énorme personnalité.

Si vous y ajoutez le Brussels Jazz Orchestra (on dit le BJO), assurément l’un des plus fantastique big band Européen (surtout depuis la disparition du Vienna Art Orchestra), vous avez forcément là tous les ingrédients pour en faire un grand disque.

C’est avec le respect de la tradition de tous les big bands qui se sont succédé pour interpréter l’œuvre de Gershwin mais avec une grande modernité dans les arrangements que ces trois-là (deux chanteurs et un orchestre) se jettent à corps perdu dans ce Porgy and Bess dont ils livrent une version remaniée et séduisante.

Les arrangements sont ultra-brillants d’un bout à l’autre, nous amenant à une autre écoute. Nous conduisant à oublier les grands originaux pour redécouvrir l’œuvre de Gershwin. Les voix sont alors des cuivres et les cuivre deviennent des voix. Les solistes se surpassent tous et Franck Vaganée n’oublie pas de moderniser aussi ces arrangements en introduisant parfois une dose d’électricité. La masse orchestrale fait corps avec les chanteurs et les solistes prenant le relais de ces derniers. David Linx affirme là une ampleur et surtout une amplitude dans l’expression qui transcende l’orchestre alors que la voix si typée de Maria Joao laisse exploser une Bess sauvage et insaisissable (sauf pour Porgy bien sûr) indépendante et farouche.

Les thèmes archi connus (Summertime ou I love you Porgy) sont bien là mais les protagonistes s’attardent aussi sur des thèmes un peu moins entendus. On notera ce A woman is a sometime thing au swing terrible porté par une guitare piquée remarquable de groove, ce Buzzard Song aux harmoniques riches sur lesquelles se ballade David Linx avec une déconcertante aisance ou un Bess you are my woman nowboostée par une belle ligne de basse.

La revisitation du texte de Porgy and Bess se fait ici plus sauvage, plus wild. Porgy et Bess deviennent alors deux êtres épris de liberté et leur expression y est avec David Linx et Maria Joao, presque charnelle. La formidable machine qu’est le BJO leur sert sur un plateau un festin de roi et de reine.

Jean-Marc Gelin

 

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4 avril 2012 3 04 /04 /avril /2012 23:20

 

linx-avoriaz.JPG

 

Il aime tutoyer les étoiles, David Linx. Cela tombe bien. Le natif du « plat pays » cher à Jacques Brel chantait ce 31 mars à Avoriaz, altitude 1800 mètres. Funambule des notes, David rendait hommage au concasseur de mots, Claude Nougaro. Monté il y a trois ans par André Ceccarelli, ce projet « Le coq et la pendule » (Plus Loin Music) tourne comme un chronomètre suisse. Les deux musiciens sont familiers de l’univers du chanteur occitan. André « Dédé » Ceccarelli, batteur émérite, l’a longtemps accompagné sur scène. David Linx fit sa connaissance un soir qu’il donnait un concert avec Daniel Mille et Daniel Goyone à Toulouse, la ville natale de Nougaro : Claude vint dans sa loge après concert et lui demanda de chanter « Les mots » .Nos deux jazzmen se retrouvèrent pour le tout dernier album de Claude. Sur scène aujourd’hui, ils évitent aisément l’écueil du « copier-coller ». « Nougaro c’était mon ami, pas mon influence » nous confie David Linx. Le plus bel éloge qu’ils puissent faire au poète toulousain c’est ce mariage de la fidélité dans l’esprit, frondeur et lyrique, et de la liberté dans l’expression. Nous sommes bien là sur la planète jazz avec ce quartet composé également de Pierre-Alain Goualch (piano) et Diego Imbert (basse). Au fil des concerts, le groupe a enrichi le répertoire du disque avec des titres appartenant à toutes les périodes de la carrière de Nougaro, « Cécile », « Les mots », « Bidonville ». Ce soir-là pour l’ouverture du festival « Jazz Up » d’Avoriaz (1), David Linx prenait un évident plaisir, se livrant avec générosité au scat qu’il affectionne et domine.  « Une belle chanson, précise-t-il, c’est comme un pur sang, si tu ne la maîtrises pas, alors… » . Que David, grand amateur de prise de risques, se rassure ! L’esprit de Nougaro soufflait bien ce 31 mars à Avoriaz.

Jean-Louis Lemarchand

 

(1). Pour sa cinquième édition (31 mars-6 avril), le festival « Jazz Up » d’Avoriaz accueillait entre autres Sylvain Beuf, Sylvain Luc, Bireli Lagrène, Pura Fé, Mario Canonge, Manuel Rocheman… Le club des partenaires du festival accueille cette année- aux côtés des initiateurs, la commune de Morzine-Avoriaz et le groupe Pierre & Vacances Center Parcs- le conseil général de Haute Savoie et le champagne Barons de Rothschild.

 

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4 avril 2012 3 04 /04 /avril /2012 20:52

kami-quintet.png
KAMI QUINTET #2
Ajmiseries AJM 21
Allumés du Jazz

www.jazzalajmi.com
 

Concert au SUNSIDE le 5 avril 2012

Pascal Charrier (g, comp); Jérôme Mouriez (dm) ; Denis Frangulian (b)
Julien Soro (as); Bastien Ballaz (tb)


Human Spirals est le second album du KAMI QUINTET, groupe sudiste avignonnais né en 2004 (déjà !) dont Pascal Charrier est le guitariste-compositeur-leader et le saxophoniste alto Julien Soro,
la dernière nouvelle recrue d’importance.
Les chroniqueurs-critiques ont tous dressé la longue liste d’influences qui vont des polyrythmies de Steve Coleman à Rage against the machine et autres groupes postmodernes, sans oublier les Marc Ducret, Tim Berne…  Nous voilà donc rassurés, ce serait inquiétant, un groupe qui  démarre de rien. Or, Kami Quintet fait preuve d’une belle cohésion et sait gérer ses influences, avancer sans perdre ses marques, dominer ses repères, évoluer à sa façon, donner une impression de neuf en retricotant autrement les mailles du passé : sans volonté de faire du pareil au même, avec un certain sens de la transcendance. Encore une tentative de définition de ce que peut donner aujourd’hui le jazz, puisqu’enfin, ces musiciens se rangent dans cette catégorie pour signifier le surgissement, l’ irruption brutale. Du jazz métissé de rock, hard rock voire metal, et électro. Un incessant va-et-vient, un croisement d’où sort une transe, un groove, un « je ne sais quoi», sous la pulsion d’une rythmique essentielle, sèche, tendue, fondamentale.
Et ça commence de très belle manière par ces ostinatos où la batterie et les polyrythmies se glissent, bientôt relayées par la guitare, le saxophone et le trombone : la "Spirale 1" en deux parties impose de longues plages répétitives, tourneries en boucles, une transe voulue et imposée, un désordre très réglé, un dérèglement organisé.
Heureusement les changements de rythme fréquents sont assez pertinents pour déjouer les premiers paris. Les nappes de son laissent place aux éclats essentiels du jeu de timbres, entre le trombone  très présent de Bastien Ballaz, l’alto complice de Julien Soro (ces deux là se connaissent de Ping Machine, autre groupe prometteur) et les soli éruptifs de la guitare de Pascal Charrier. On demeure attentif, pris à contrepied par les ruptures, on apprécie aussi les plages plus délicates, véritables respirations comme «La caresse du présent», repos intelligemment calé aux ambiances plus lyriques, aux envolées délicatement fougueuses. Au milieu du disque, la "Spirale 5" favorise le décollage, alors que dans "La marche", la basse grondante et souterraine s’accorde à la guitare sombre et tourmentée, le soubassement étant assuré par une rythmique impeccable (Julien Mouriez et Denis Frangulian) renforcée par le trombone. Nouveau démarrage à la Led Zep sur "Lentement" et puis, ça zigzague à nouveau, de plus belle, avec tous ces petits bruits et autres artefacts qui empêchent de s’installer durablement.
Le groupe affirme avec intelligence un véritable sens de la nuance, sachant décaler les perspectives, imposant finalement une musique ni improbable, ni inclassable. Une certaine rigueur est de mise dans cette aventure collective où l’esprit de groupe ne laisse jamais de côté les individus.

 

Sophie CHAMBON

NB : A noter la pochette cartonnée sobre de cet album de la collection Ajmiseries qui affirme l’éclectisme du directeur artistique, affichant ses goûts et coups de cœur : ainsi, circule-t-on entre les états du piano, version René Bottlang, Perrine Mansuy ou Philippe Le Baraillec, l’orchestration big band Sylvia Versini et le rock jazz vigoureux du Kami quintet.

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3 avril 2012 2 03 /04 /avril /2012 14:51

ENJA 2012

Franco Ambrosetti (tp, flgh), Abraham Burton (ts), Geri Allen (p), Gianluca Ambrosetti (ss, carbophone ??), Heiri Kaenzin (cb), Nasheet Waits (dm)

 

 ambrosetti.jpeg

Le trompettiste suisse se situe depuis toujours entre deux mondes, entre l’Europe d’où il vient et les Etats-Unis où il a l’habitude de jouer depuis de très nombreuses années. Et où il a noué de solides amitiés avec des musiciens du plus haut vol qui soit. Ce qui pourrait apparaître comme un all-stars où l’on retrouve l’un des ténor du Mingus Big Band ( Abraham Burton), la pianiste de Pontiac ( Usa) ou encore l’homme aux 10.000 vies, le batteur Nasheet Waits n’est en fait le prolongement naturel du travail que le trompettiste tessinois effectue ainsi à New-York. Et ce 14ème album réalisé pour la label ENJA là aurait tout aussi bien avoir été réalisée dans un live au Vanguard tant on sent que ces musiciens là parlent avec spontanéité le même langage. Celui d’un jazz qui embras(s)e d’un même mouvement le hard bop à la musique coltranienne et celle de Miles.

Autant le dire, cela joue à un niveau particulièrement élevé.

Même si on n’est pas très emballés par les arrangements qui fleurent parfois un classicisme un peu désuet, on ne peut en revanche qu’être séduit par l’apparente spontanéité de la rencontre. On en retiendra les interventions exceptionnelles (quel son !) d’Abraham Burton  (genre nouveau colosse du ténor) qui s’inscrit dans la lignée des très très grands ( écouter sur Agean Waves). On l’a dit les thèmes écrits par trompettiste ou même celui écrit par son fils ne sont pas absolument renversants et il faut attendre un morceau superbe de 21 minutes, composé par Miroslav Vitous, Mirobop pour que la musique prenne enfin un certain relief. On a alors le sentiment de sortir un peu du sempiternel alignement des chorus pour entendre une construction bien plus saisissante où la verve coltranienne de Burton et les tonitruances de Géri Allen emportent tout.

Quant à Franco Ambrosetti il démontre d’un bout à bout qu’il est effectivement un de ces immenses transmetteurs d’histoire et de tradition. On évoque souvent parlant de lui Miles comme référence ultime. Allez savoir pourquoi, j’ai dans l’oreille, en l’entendant le timbre de Clark Terry et cette chaleur inimitable dont le trompettiste suisse se rapproche sans jamais s’y brûler. Avec la même incandescence.

Jean-Marc Gelin

 

A noter les interventions de Gianluca Ambrosetti au Carbophone, instrument bizarre  ( entre l’alambic et le mini scaphandre) à la sonorité un peu laide

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2 avril 2012 1 02 /04 /avril /2012 11:22

 

One heure Onze 2012

Olivier Laisney (tp), Stephan Caracci (vb), Joachim Govin (cb), Thibault Perriard (dm), Adrien Sanchez (ts) + Denis Guivarc’h (ts)

 

 laisney.jpg

 

Olivier Laisney est un jeune trompettiste que l’on commence à voir dans certains nouveaux groupes de la scène parisienne à l’instar de ce « Dress Code » dont nous nous étions récemment fait l’écho dress cde

Laisney est un jeune trompettiste qui a des choses à dire et qui le montre ici dans cet album sous son nom où la musique qu’il propose est un bel hommage au maître Steve Coleman. Autant dire qu’il faut vous préparer à entrer dans une musique complexe où les atonalités côtoient les rythmes impairs comme une sorte de conception quasi mathématique de la musique.

Cela joue alors à fleuret moucheté avec une certaine élégance mais sans toutefois complètement éviter les clichés de l’écriture Colemanienne. L’instrumentum est convaincant et les nappes de Stephan Caracci au vibraphone donnent à cette musique un certain charme envoûtant. Olivier Laisney qui n’a certainement pas la partie facile y fait montre d’une très grande maîtrise technique. Adrien Sanchez et Denis Guivarc’h invité sur deux titres portent haut cette musique kaléidoscopique qui relève d’un processus complexe.

 

Cela peut sembler hermétique, mais ces jeunes-là , même avec leur académisme, parviennent néanmoins à nous embarquer. Il n’y a plus qu’à se laisser faire et entrer avec eux dans un labyrinthe totalement fascinant.

Jean-Marc Gelin

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1 avril 2012 7 01 /04 /avril /2012 21:47

 

ECM 2012

Mark Turner (ts), Ethan Iverson (p), Ben Street (cb), Billy Hart (dm)

billy-hart.jpg

 

 Avec ce nouvel album du batteur qui sort chez ECM, on a le sentiment d’assister à la rencontre du calligraphe et du plasticien.

Car l’art du saxophoniste Mark Turner s’apparente de plus en plus à celle de la maîtrise et de l’élégance du geste que l’on rencontre chez ces maîtres zens. À la fois très précis, le geste souple, ample et soyeux. Avec cette puissance du son projeté et ce grain d’une sensualité déconcertante. Mark Turner qui amène ainsi la musique à une rare intensité émotionnelle.

Quant à Billy Hart, c’est un créateur de reliefs sonores qui utilise toute la palette de son instrument, des sons les plus graves aux plus clairs. Tous les deux sont les pièces maîtresses de cet album. Ceux avec lesquels les deux autres sont en emphase. Et l’on notera aussi la présence du pianiste de Bad Plus  Ethan Iverson, étonnant dans ce registre à contre-emploi et Ben Street qui ancre cette musique dans quelques telluriques profondeurs.

Ce groupe a de l’élégance. L’élégance de ce qu’il dit. Dans la façon de le dire plutôt que sur ce qu’il exprime réellement. Avec retenue certes mais aussi avec cette façon qu’ils ont de concevoir ensemble la musique, de la façonner, de s’imaginer chacun comme l’élément d’une homogénéité où tous les rouages s’accordent dans l’harmonie.

On pense à continuation de l’œuvre de Paul Motian puisqu’il s’agit ici d’un autre batteur bien que l’on ait raison et tort à la fois d’en faire la pièce centrale.

Tort parce que l’histoire de ce groupe est assez étonnante. Ce groupe avait en effet été constitué à l’origine à l’initiative du pianiste et de Mark Turner  jusqu’au jour où le batteur proposa que ce groupe, à l’occasion d’un concert, joue sous son propre nom. Etrange, mais bon choix si l’on s’en remet à une notion purement marketing ! Mais il n’y a pas que du marketing là dedans car, sur le fond c’est effectivement le batteur qui est un élément fédérateur de la musique, à la fois en sa qualité de compositeur de la moitié des titres mais aussi dans son jeu, dans sa façon de délimiter l’espace de jeu. Dans cette approche très directive de l’instrument.

Cet album a ainsi le charme fou de ces lignes nettes et douces à la fois. Comme le rivage que d’un bateau on commence à percevoir avec précision, au sortir de la brume. Il y a là une sorte d’invitation au voyage, à la déambulation aériennes, dans les airs, et au travers des nuages. C’est dire si cet album est dans une sorte d’apesanteur à laquelle il est bon de pouvoir s’abandonner. En toute quiétude.

Jean-Marc Gelin

 


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