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1 Cd Plus loin Music / Harmonia mundi

2010

www.plusloin.net


On peut faire confiance au label Plus Loin dans ses choix artistiques : voilà en cette année Django, un disque de genre intelligemment revisité. Le grand guitariste Christian Escoudé a su s’entourer d’une fine équipe pour élaborer un album de jazz manouche, qui,  tout en respectant les règles du genre, sait aussi les détourner, ou se souvenir que les alliages de timbres firent le succès du premier et des autres formations en quintette du « Hot Club de France » de Django.

En effet Escoudé officie avec deux autres guitaristes (loi du genre) Jean Baptiste Laya et David Reinhardt (le petit fils)  qui l’accompagnaient déjà dans son dernier album mais il ajoute à sa formation, outre l’indispensable violoniste ( la jeune Fiona Monbet sur « Moonlight serenade »), une rythmique alerte et élégante composée d’ Anne Pacéo à la batterie et de Darryl Hall à la contrebasse (jolie intervention quoique trop rapide à notre goût sur « Choti »)  qui se substituent parfois avec grâce à la « pompe » traditionnelle, alors allégée.

Bien sûr, la clarinette retrouve tous ses droits avec ( en hommage au magnifique Hubert Rostaing) un Thomas Savy très en forme  dont les couleurs et  nuances enjolivent la musique, déjà enchanteresse. Ecoutez par exemple le « Tango pour Christian » du guitariste Jean Bapstiste Laya pour vous faire une idée de cette musique légère, enjouée, dansante et fine. 

Les compositions variées forment un ensemble cohérent  : deux tendres mélodies de Django (on évite « Nuages » et « Manoir de mes rêves ») pour « Choti » et le délicieux « Quelquefois » (Pour que ma vie demeure), une de Michel Legrand  dont on reconnaît la griffe dès les premières notes «  Delphine à l’ancienne » (on pense immédiatement à Jacques Demy). « Begin the Beguine » donne au clarinettiste l’occasion de s’illustrer comme le fit naguère l’impayable Artie Shaw,  sur ce titre qu’il fit sien, à la tête de son big band .

Mais ce sont les compositions originales de Christian Escoudé comme  « Catalogne » ou « Gypsy talk » qui nous semblent les « morceaux de bravoure » du disque  dans leur affirmation d’une musique de genre retravaillée et actuelle ( intervention soutenue  de la batterie, et de façon générale, interaction réussie de tous les musiciens).

 Si l’album commence  par un très entraînant « Moulin rouge » du guitariste qui, à lui seul suffirait à vous mettre de bonne humeur, il s’achève par un « Smoke gets in your eyes » prolongé par un « ghost number »  sur la même piste, où l’on sent que les musiciens jouent avec plaisir le répertoire de guinguette*.

Un album qui réussit une reprise enjouée de la tradition, avec des musiciens talentueux et toujours pertinents ; une musique rafraîchissante et toujours délicate. Vous l’aurez compris ce disque nous plaît bien et ce projet  « Catalogne » devrait rencontrer le succès en concert : programmateurs, pensez à cette formation brillante dans vos choix de l’été !

 

* La photo de couverture  en noir et blanc (Christian Ducasse) aurait pu être prise dans un bar à Samois après la fermeture avec ses chaises renversées

 

Sophie Chambon        


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