Overblog Suivre ce blog
Editer la page Administration Créer mon blog
/ / /
Nous avions rencontrés Elin Larsson au festival suédois Swedish Jazz Celebration en mars 2009 à Göteborg dans l'ouest suédois. Cette saxophoniste, jeune et fougueuse, et son groupe avait pris la salle à son compte et l'avait renversée comme une crêpe bien saisie.
L'écouter était soufflant, l'interviewer un vrai plaisir.


(interview réalisée en partie par mails)

Elin Larsson

- En tant que jeune femme suédoise et jeune musicienne, qu'est ce qui vous a amené à écouter du jazz puis en jouer?


A 14 ans, je voulais jouer de la musique, c'était une certitude pour moi. Mais je ne m'étais pas encore penché sur le saxophone. Je jouais du piano et de la guitare et je chantais un peu aussi: j'écrivais déjà mes propre chansons dans le genre folk-singer. Mais à un moment, j'ai souhaité essayer de jouer du saxophone, je ne me rappelle pas ce qui m 'a amené à cette idée. Mais je devais penser que c'était cool de jouer de cet instrument. J'en ai récupéré dans l'école près de chez moi et ce fut l'amour entre l'instrument et moi dès la première note! L'écho qui venait du saxophone était tel que je ne l'avais jamais ressenti auparavant. Je sus assez rapidement que j'avais trouvé l'instrument qui me convenait. Je suppose que je suis venu au jazz naturellement grâce à l'instrument et ce qu'il représente dans la musique en général. J'ai donc écouté des saxophonistes comme John Coltrane et Michael Brecker et je voulais jouer comme eux. Surtout, j'étais fasciné par l'idée même de l'improvisation: avoir la permission de jouer comme je le ressentais me faisait pénétrer dans un monde magique selon moi.


 

Quelle est ton histoire et les influences que tu as connues? Mis à part ceux que tu viens de citer, quels sont le saxophonistes qui te viennent à l'esprit?


Mes parent ne sont pas musiciens mais mon père a toujours écouté de la musique et il possédait de nombreux disques que j'écoutais au fur et à mesure des découvertes quand j'étais enfant. J'écoutais beaucoup de rock et de pop comme Bruce Springteen, Dire Straits et les Eagles. Ces groupes racontent une histoire. Selon moi, l'art doit raconter une histoire pour toucher. Les saxophonistes qui me racontent une histoire sont nombreux mais voici mon trop-trois: Wayne Shorter est un musicien que j'admirerais toujours. On peut identifier son jeu dès la première note. Que ce soit quand il joue du jazz, de la pop ou de la fusion. Sa propre voix reconnaissable retentit de toute façon.

Jan Garbarek restera pour toujours un des saxophonistes que je prefère. Il a le plus gros son que j'ai jamais entendu et so message, son énergie et sa sensibilité me bouleversent.

Dewey Redman, le père de Joshua, fait aussi partie de mes préférés. Pas vraiment connu ni assez reconnu, il était un saxophoniste exceptionnel. Très puissant et émouvant.

J'ai écouté beaucoup de musiques, très différentes. Mes influences viennent de toutes les directions. De Keith Jarrett à U2 en passant par Olivier Messiaen. En fait, je crois que je peux être plus influencée par d'autres choses que la musique. Comme lire un livre ou regarder un film. Ou voyager.

 

Ou avez vous rencontré les musiciens avec qui vous jouez dans Elin Larsson Group?


J'ai rencontré ces quatre garçons en 2005 au Royal College of Music . Par la suite, j'ai ressenti comme une urgence pour former mon propre groupe et à mes yeux ces musiciens étaient les meilleurs! Depuis, nous formons Elin Larsson Group.



Comment composez vous?

 

Comme je le disais avant, raconter est une chose importante pour moi. Par conséquent, tous mes morceaux ont une histoire. Je compose la plupart du temps sur un piano: je m'assois au piano et lorsque je trouve quelque chose qui me parle comme une mélodie, une ligne de basse ou des accords, je me fais une idée de la façon dont elle va sonner et quelle histoire je souhaite raconter à travers elle. A partir de là, j'en déduis un titre et le reste suit.


Elin Larsson 

 


La musique que ton groupe a interprété au festival Swedish Jazz Celebration était clairement basée sur l'motion et l'énergie. Est cela ta réponse pour toucher le public, rentrer en communication avec lui?

 

Peut être que oui, la plupart du temps. Les gens qui n'ont pas l'habitude d'écouter du jazz semblent associer ma musique au Jazz en général. Alors que c'est moins le cas avec les aux autres jazz basés sur ... des paramètre différents. Effectivement, je crois atteindre le public en leur racontant mes histoires, en leur faisant comprendre que c'est important qu'ils soient là, que eux aussi prennent par à mes histoires de part leur présence.

 

Quel chemin as tu parcouru pour élaborer ton style?

  

C'est le résultat d'un melting-pot d'influences très différentes les unes des autres avec l'aide des superbes musiciens avec qui j'ai l'honneur de partager la scène. En tenant compte des aléas de la vie et tout ce que je traverse de bons et moins bons.





 


Tu joues du sax tenor et de la flute. Tu sembles être parfaitement à l'aise avec le sax. Quelle est ta relation avec cet instrument?

  

   En fait, je joue du ténor et du soprano, la flûte est instrument que je laisse dormir tranquillement. Avec le tenor, j'ai une relation très naturelle, il fait partie de moi, comme un membre à part entière de mon corps.


Tu es jeune et tu sembles avoir confiance en toi et être très mure pour ton age. A quoi cela est dû?

 

Merci pour ses compliments. En fait, je n'en suis pas très sure. Mais je crois qu'être musicienne m'a permis de me de grandir très rapidement. En fait, je me pose beaucoup de questions sur qui je suis, qui je suis et ce que je veux faire. Je suis en quête permanente de savoir quelle est mon âme d'artiste.

De plus, je suis le genre de personne qui fait les choses même quand je ne suis pas prête de les faire: j'aime sauter le pas même si je n'ose pas vraiment. Cette qualité m'a aidé à évoluer rapidement je pense.
 

Notre société nous permet aujourd'hui d'accéder facilement à une très grande quantité d'informations agrémentées de beaucoup de connections entre elles, plus que jamais. Je pense entre autres à Internet. Comment en tires tu bénéfice?

 

Des sites comme myspace sont précieux pour nous les musiciens qui devont assurer notre propre promotion. Par exemple, myspace me permet de présenter ma musique dans un premier temps. Il m'a permis de rentrer en contact, parfois par hasard, avec des organisateurs et des programmateurs et aussi des musiciens avec qui je ne serai probablement jamais rentré en contact autrement. Par exemple, je suis parti début mai 2009 pendant onze jours pour jouer avec Sandip Chatterjee, joueur indien de santour. Nous sommes rentrés en contact grace à myspace...


 

Elin Larsson


De manière générale, que signifie la musique pour toi?

 

Ho! Par où vais-je commencer?

La muique représente beaucoup pour moi. C'ets tout d'abord ma manière de m'exprimer avant toute autre. C'est aussi une thérapie qui me permet de dire ce que j'ai besoin de dire. C'est aussi une façon de RENCONTRER quelqu'un lorsqu'on joue ensemble: c'est comme se connecter de manière beaucoup plus profonde.


Selon vous, est ce que nous sommes devenus des sociétés qui ne prend plus le temps à la contestation et à la découverte?

 

Peut être dans certains cas, c'est vrai. Il me semble qu'il est très facile d'être accaparé par des éléments de notre vie comme les téléphones mobiles, la télévision et Internet qui apportent plus de choses que ce dont nous avons réellement besoin. Je pense que beaucoup de gens deviennent paresseux à cause de cela et ont l'impression d'être contenté. J'en suis moi-même une victime, d'autant plus que dans ce métier nous sommes souvent accroché au téléphone et à internet dans l'espoir qu'ils nous apportent quelque chose ! J'en suis dépendante et cela ne me plait pas à vrai dire. J'essaie d'éteindre mon téléphone parfois et de limiter mon temps quotidien sur internet, sinon je passerai ma vie à cela. Il y a tellement de gens qui passe leur vie à travailler, qui se cachent de leur propre vie. Je ne veux pas de cela, je veux des challenges et je veux faire quelque chose de vrai pour le temps qu'il m'ait donné.


La créativité est elle encouragée aujourd'hui?


Malheureusement, je dirai que non, je ne crois pas. Le gouvernement (en Suède et dans beaucoup d'autres pays, je le crains) refuse de prendre en considération quel effet bénéfique l'Art peut avoir sur le bien être des gens. L'Art a besoin de plus d'attention et nos salaires doivent être augmentés!



Selon vous, existe-t-il une communauté jazz en Suéde?

 

En quelque sorte. La Suède est un petit pays et c'est comme si nous, les musiciens de jazz, étions une grande famille au regard du nombre de jazzmen. Tout le monde connait tout le monde et chacun vient au concert des autres, c'est un tout petit monde. C'est bon et mauvais à la fois. C'est agréable de se sentir uni et d'appartenir à un cercle. Mais c'est aussi un cercle fermé quand les gens qui s'intéressent au jazz sont eux-même des musiciens. Personne ne veut que cette musique tourne en rond dans ce cercle bien sur et n'avoir comme auditeurs que des musiciens. Personnellement, j'aimerai accéder à une autre audience: de auditeurs qui n'écoutent pas du jazz de manière intrinsèque. Après un concert, j'adore entendre le public me dire: « Je n'aime pas le jazz habituellement et je n'y connais rien, mais j'adore ta musique ». A ce moment là, je prend conscience que j'ai réussi à toucher quelqu'un qui ne s'y attendait pas et c'est une super sensation.

 

Jérôme Gransac


Elin Larsson Group



 

Partager cette page

Repost 0
Published by

  • : les dernières nouvelles du jazz
  • les dernières nouvelles du jazz
  • : actualité du jazz, chroniques des sorties du mois, interviews, portraits, livres, dvds, cds... L'essentiel du jazz actuel est sur les DNJ.
  • Contact

Les Dernières Nouvelles du Jazz

Chercher Dans Les Dnj

Recevoir les dnj