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Okeh 2014

Miguel Zenon (as), Lionel Loueké (g), Jeff Ballard (dms)

 jeff-ballard-trio.jpg

On a tellement d’admiration pour cet immense batteur qu’est Jeff Ballard, depuis peu sous nos contrées, que l’on aurait franchement aimé pouvoir nous enthousiasmer.

L’ex-batteur de Metheny, de Corea et surtout de Brad Mehldau dont il constitue l’un des piliers indissociable du trio ne manque pas de forcer l’admiration de tous pas son jeu d’une incroyable finesse au drive d’une légéreté et dune aisance polyrythmique absolue. Il y a moins d’un mois nous nous étions emballés sur l’apport du batteur dans le dernier album d’Olivier Bogé.

Alors vous pensez, avec une affiche, comme celle qui réunit Loueké et Zenon, nous partions avec un a priori 100% acquis à la cause.

Et pourtant nous voilà bien obligés d’admettre que nous ne sortons pas toujours convaincus par la musique qui se dégage de cet album. Un album sans véritable nervure, sans véritable ligne directrice et qui semble parfois se chercher un peu à l'image de Mikavpola qui n'a pas réellement de direction et où Lionel Loueké semble un peu perdu sans trop savoir ce qu'il a à faire.  Pourtant dès que ce dernier affiche sa personnalité musicale, avec toute son africanité (Virgin forest), Miguel Zenon lui emboîte merveilleusement le pas avec toute sa latinité. Mais c'est alors Jeff Balard qui semble un peu à l’ouest ne parvenant pas vraiment à s’insérer entre les deux.

Bien sûr, bien sûr il y a le talent immense de Miguel Zenon avec ses inflexions parkeriennes. Digne héritier du maître du be-bop qu’il emmène sur d'autres terres musicales. Il y a chez lui une aisance rythmique confondante. Une impression d'évidence et de facilité dans son jeu si fluide. Mais cela ne fait pas tout car il faudrait que le matériau compositionnel puisse convaincre un peu. Et là, j’avoue avoir un peu de mal à dépasser le stade de l'ouvrage sympathique. On y entend, au cours de l’album un morceau très rock-noisy totalement contre-nature pour Loueké et qui vient là un peu comme un cheveu sur la soupe. Pourquoi pas ? Mais en même temps, pourquoi, car ce n'est visiblement pas non plus le terrain de prédilection de Miguel Zenon qui semble un peu emprunté sur Hanging tree où il fait ce qu’il peut pour inscrire une couleur rock qui n’est pas non plus dans ses gênes musicales.

Quelques intermèdes un peu free émaillent l'album qui décidément peine à se trouver. Un standard comme The man I love lui encore tombe un peu bizarrement dans la marmite. Mais avec une infinie douceur le trio ne s'en sort plutôt pas trop mal avec un drive très motianesque de Jeff Ballard. Sur Beat street c’est un petit calypso que n'aurait pas renié Sonny Rollins. Mais au fil de l’écoute on a le sentiment qu’il s’agit vraiment d’un album qui semble ne tenir que sur les solides épaules de Miguel Zeon, encore une fois artiste entier, artiste total complètement engagé dans l’aventure.

Mais au delà quoi de neuf .... ?

On sait que Jeff ballard est un batteur d'exception. Il lui fallait passer le cap de leader. Malheureusement le tir est, selon nous en partie manqué. Au final un album anecdotique et quelque peu poussif.

Jean-Marc Gelin

 

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