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jazz-porquerolles

 

Soirée d’ouverture à Jazz à Porquerolles et déjà soirée de gala pour le conceet d'ouverture !

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Le festival débute en effet sa 13ème édition avec une soirée de rêve du genre match amical opposant d’un côté Brad Mehldau, le génial pianiste de Jacksonville au batteur touche-à-tout Mark Giuliana.

 

A 44 ans, Mehldau est déjà un des références incontournable des pianistes de jazz, à la croisée des musiques modernes ( rock et pop)  dont il réalise toujours une fusion fascinante. Son travail sur la musique de Radiohead par exemple reste une absolue référence et le trio qu’il dirige aux côtés  de Jeff Balard et Larry Grenadier atteint des sommets dans l’art du trio. Mais comme tous les grands artistes, Brad Medhau ne se contente jamais de remettre sur le tapis ce qui peut faire son succès planétaire, préférant au contraire la prise de risque, celle qui amène les grands créateurs à la remise en cause continuelle et sans concession de leur art.

 

C’est dans cet esprit parfois déroutant qu’avec Mark Giuliana, batteur entre autre dans le trio du contrebassiste Avishai Cohen, ils débarquent sur l’île comme deux chercheurs de trésor, deux défricheurs modernes de terres vierges avec dans leur besace leur dernier album en bandouillère,(« MEHLIANA : TAMING THE DRAGON »  Nonesuch Records - East West 2014.), véritable petit joyau.

Attendez vous alors à être surpris par ce jazz ultra-moderne, ce jazz des mégapoles aux formes nouvelles. Ici c'est sur un corpus fender/ batterie et sur un répertoire très électrique que le pianiste viendra prendre un malin plaisir à créer du son, à créer des formes musicales et à les faire évoluer. Totalement déroutant au premier abord, Brad Melhdau y invente  en effet son propre langage, à la croisée de la pop interstelaire, du rock et du jazz et se fixe ses propres codes. La fusée Meldhau décolle avec son double (ou triple voire quadruple) clavier, devant lequel il se transforme en gourou lunaire et se démultiplie, comme s'il recréait un orchestre à lui tout seul comme un mille-feuille sonore incroyablement dense. 

Mehldau décoiffe et trublionne. Bien loin des chemins sages et tranquilles il prend la tangente vers des horizons bien plus taquins, plus crades, plus voyous. Ouvre les voies d’un jazz électrique en pleine mutation. On aime, on est totalement sous hypnose de cette musique aux formes nouvelles et incertaines. Fantomatique et onirique ce jazz-là c’est sûr va vous emmener loin dans l’espace. De quoi voir des grattes ciels et des ruelles sombres émerger au milieu des pins et des cyprès dans la nuit étoilée de Porquerolles.

Passionnant !

 

 

 

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