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PING MACHINE : « Des trucs pareils »

Neuklang 2011

 PingMachine desTrucs w

 

On retrouve ici, sous la direction de Fred Maurin, cette formidable mécanique bien huilée qu’est Ping Machine, big band flamboyant dont nous nous sommes fait déjà l’écho à plusieurs reprises dans ces colonnes (http://www.lesdnj.com/article-ping-machine-random-issues--39284823.html) . Deux ans après Random Issues, Maurin montre et démontre à nouveau l’éventail de son savoir faire et surtout le foisonnement de ses idées orchestrales.

En développant ici les climats un peu sombres et glauques de polar ( c’est en tout cas ce que cela me suggère) et surtout en écrivant des mini suites ( Des Trucs pareils, Dissonances cognitives), le jeune guitariste chef d’orchestre fait entendre une musique forte et pleine de surprises, jamais linéaire, évoluant entre la densité de la masse orchestrale et le dépouillement extrême ( qui peut aller jusqu’à une partie où le sax joue purement et simplement seul). Fred Maurin crée des reliefs qui nous laissent ainsi entrer dans un imaginaire fort, peuplé d’êtres bizarres (des trucs pareils 1c), ménageant des revirements et surtout de vrais suspens dramatiques avec lesquels on vibre, on retient son souffle, on respire enfin. Chaque soliste est judicieusement choisi et accompagné et chacun fait preuve d’une réelle compréhension de la musique qui lui donne ainsi une dimension quasi cinématographique. Il faut écouter le chorus de Jean-Michel Couchet sur Zimmer #26 :  à tomber par terre !

Il y a chez Ping Machine un sens réel de la narration ( écouter aussi Benjamin Moussay sur Des Trucs Pareils 2b). Et ce qu’il développe évoque ainsi des suites quasi-Elligtonniennes.

La direction artistique est impeccable et lorsque l’on ne pense pas au Duke on peut penser aussi à des gens comme Thad Jones (un peu), John Hollenbeck ( un peu aussi) ou Darcy James ( beaucoup). Car Fred Maurin aime naviguer entre le swing et  les grands mouvements des big band de jazz classique et une conception plus moderne de l’écriture, plus éloignée d’une thématique pour proposer des tiroirs multiples à ouvrir, boîtes de pandore merveilleuses.

Ne surtout pas chercher le fond mélodique, le texte musical mais s’attacher plutôt au contexte et suivre les multiples engrenages qui tirent tous profit des innombrables ressors d’un Big Band. Avec Fred Maurin c’est presque un jeu de probabilités : avec 14 musiciens il démultiplie les combinaisons possibles à l’infini sans jamais perdre en cohérence. On appelle cela l’art de l’arrangement et de la Direction.

Un final de haute volée, mené par l’incroyable saxophone de Julien Soro (voir notre précédente chronique de Big Four) vient clôturer cet album formidable de manière remarquable, avec panache et presque théâtralité.

 

Avec Fred Maurin, les big bands semblent se réinventer sans rien renier de leur passé mais en l’utilisant pour au contraire prouver une modernité décoiffante. La jouissance d’une musique en mouvement permanent.

Jean-Marc Gelin

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