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PJ5 : « Word »

Paul Jarret (g), Maxence Ravelomanantsoa (ts), Léo Pellet (tb), Alexandre Perrot (cb), Ariel Tessier (dms) + Stéphane Guilaume (clb, ss), Isabel Sörling (vc), Benjamin Belloir (flgh), Bertrand Luzignant (flgh), Anthony Caillet (euph)

 pj5 word w1

Le jeune quintet récemment primé au Tremplin jazz de la Défense et mené par son leader le guitariste Paul Jarret surprend son monde avec la sortie de ce premier album rempli de promesses, plutôt convaincant dans l'écriture et dans le maniement de ce jazz moderne new-yorkais aussi fluide qu'élégant. Carrément pop (sur un morceau comme Peanuts), on jurerait que quelques grands frères sont passés par là, des gens comme Kneebody ou comme Fly mais aussi une vraie influence de la scène française pop-jazz actuelle.

Il y a assurément beaucoup de talents dans ce groupe mais aussi une très grande concentration, un grand soucis de bien faire qui peu nuire parfois à la spontanéité à l’instar de Ahfields qui revendique clairement cet ancrage Pop-jazz un peu pauvre malgré cette montée en tension qui frôle un peu le cliché l'écriture ( on excusera pour autant les false starts et les petites imperfections de mise en place). En revanche bien plus convaincant lorsqu'il revient à des fondamentaux plus jazz comme sur ce Talk 1 où le saxophoniste peut s'exprimer sur une incise un peu trop courte à mon goût (coït interrompu). Il n'empêche, il domine dans ce groupe une belle énergie et une vraie envie de mouiller la chemise. Et aussi quelques beaux moments d'émotions comme sur Ode, morceau solo et réverbéré assez joli, belle parenthèse enchantée

Il y a des moments intéressants, des tiroirs qui s'ouvrent. Avec cet album du jeune guitariste on est dans l'ambiance d'un jazz très New Yorkais tel que le pratique la jeune génération des post rosenwinkelliens. Il y a des grooves puissants ( Peanuts) qui s'expriment mais avec des procédés d'écriture efficaces certes mais parfois un peu académiques.

Un très beau morceau chanté qui se poursuit de manière superbe sur Far North Suite où l'écriture prend une magnifique envergure orchestrale avec un très beau sax ténor et une partie chantée qui fait littéralement décoller le morceau assurément le plus réussi de l'album. Idem sur Over the lazy dog qui là encore montre des vraies voies intéressantes dans l'écriture très moderne de ce jazz à la dimension quasi cinématographique. On dirait parfois du David Binney dans ses envolées binaires, comme dans ce morceau, Stammer, pas si balbutiant que cela avec un magnifique moment de clarinette basse porté par un Stéphane Guillaume particulièrement inspiré ( comme à son habitude).

Force est de constater que ce groupe tient bien là toutes ses promesses. Enthousiasmant et totalement convaincant

JEAN-MARC GELIN

 

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