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En un parcours patient mais en franchissant une étape importante, Cecilia BERTOLINI se produisait récemment au Sunside (31.01.2010), à la tête d’un quartet dont le composition semble désormais stabilisée : le sensible Nico Morelli au piano, Gilda Boclé à la contrebasse, arrivé depuis peu mais dont l’expérience, l’ouverture musicale et la solidité rythmique sont une caution précieuse, et Thierry Tardieu à la batterie dont on a notamment pu remarquer le talent au sein du trio du pianiste Alexis Tcholakian.

bertolini1.jpg(© Vincent Ballais)

Cecilia BERTOLINI n’est pas l’une de ces chanteuses italo-américaines qui investissent le champ du jazz mainstream / bebop ; elle n’est pas non plus l’une de ces nombreuses « lolita singers » dont le public ne sait plus trop bien pourquoi il vient l’écouter : une juvénilité en voix, habilement promue, ou un filet de voix plus ou moins singulier sous des apparats qui le séduisent. Dans un monde plus sûr de lui, et donc plus joyeusement cruel, la planète des chanteuses de jazz (ou étiquetées comme telles) serait beaucoup plus dépeuplée ! Le modeste auteur de ces lignes a, lui, ses valeurs sûres : des intouchables (Ella, Anita O’Day, Dinah Washington, Nancy Wilson), des aventurières (de Tina Turner à Claudia Solal), une sœur voyageuse et prestidigitatrice (Laura Littardi).

bertolini-2.jpg(© Vincent Ballais)

En-chantée par les meilleurs (Thierry Peala, Deborah Tanguy et Laura Littardi précisément) Cecilia BERTOLINI impose sur scène une spontanéité rassurante et presque (faussement ?) candide qui contraste heureusement avec la concentration dont elle fait preuve lors de l’interprétation d’un répertoire associant, de manière très homogène, des standards de jazz généreusement puisés dans le corpus de Billie Holliday (Blame It On My Mouth, You Go To My Head, Don’t Explain, etc.) à de convaincantes compositions personnelles (Try Again, No Time To Lose, Captain Of My Life, etc.). Un tel répertoire se perçoit clairement comme une suite de prismes filtrant, dans son intimité la plus resserrée, ce qu’une voix de femme peut mettre à nu…Pas de scats virtuoses ici, pas de réharmonisations sophistiquées ni de transfigurations confondantes, non…Le chant de Cecilia BERTOLINI plonge décisivement dans les creusets de l’émotion, ces cloques secrètes de joie fragile, de tristesse grinçante ou encore acquise à l’espérance, qui affleurent tout au long d’une aventure solitaire et sentimentale. A ces vibrations intimes elle accorde la force de son art nuancé : le vibrato juste au bon moment, la modulation opportune en osmose avec la force du texte, la précision de ses tenues de notes, la discrète conviction dont elle étoile, totalement investie, les paroles qu’elle fait siennes. Sans jamais perdre de vue au surplus la rigueur rythmique et l’indispensable cohésion orchestrale. En forme de titre-bilan, No Time To Lose est le titre de son premier disque, attendu très prochainement : plus qu’une très belle promesse…

Stéphane Carini.

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