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11 janvier 2015 7 11 /01 /janvier /2015 08:31
Pour Cabu

Et il y avait toute cette bande de joyeux provocateurs, cette bande d'insolents qui ne respectaient rien sauf l'amour , sauf le cul des jolies filles qui s'appelaient toutes Paulette ou la candeur des grands deguingandés gentils qui s'appelaient tous Duduche. Cette bande qui se foutait de la gueule des cul benis et des sergent kronenbourg.
Car ces hommes qui nous ont quittés sont un peu comme des copains ou plutôt comme la bande d'adolsecents insolents qui viennent foutre le bordel dans les réunions de famille. Et nous, dans ces réunions de famille ont préférait plutôt sortir fumer un pétard avec eux plutôt que de parler de la France qui fout le camp avec les ancêtres attablés devant la dinde aux marrons.
C'est comme si on avait perdu des copains.

Et dans cette bande de joyeux 68ards pour qui 68 était une philosophie, un art de vivre, dans cette bande d'adorables irrespectueux, il y avait Cabu.
Et nous dans le jazz Cabu on l'aimait bien.
On l'aimait tendrement. Sa coupe au bol comme on n'en fait plus aujourd'hui et ses airs d'eternel etudiant, son sourire d'enfant et son humour potache. Cabu aimait le jazz qui bande et qui pétille. Il signait avec Claude Carriere ces formidables séries "Cabu Jazz". Son temps là aussi s'était un peu, délicieusement bloqué a Duke, Cab Calloway et Ella. Il fallait comme dans ses dessins que ça bouge, que ça swingue, que ça rigole. Regardez bien ses dessins, ils dansent commez une nana sur un solo de Paul Quinichette dans l'orchestre de Duke.

Cabu aimait la vie et il aimait le jazz.
Manquerait plus qu'une bande d'abrutis enturbannés essaient de nous empêcher ça aussi, l'amour du jazz et de la déconne. L'amour tout court.
Cabu , Wolin, Charb, Tignous, Maris, Honore, ce sont pas des gars que l'on efface à la Kalach. Ils nous étaient précieux et indispensables. Ils nous sont aujourd'hui éternels.
C'est pour cela et pour que leur courage ne fut pas inutile qu'on sera là, pour eux dimanche et qu'on se dressera devant ces ignobles que l'on méprise aujourd'hui sur un air de jazz un peu comme si à ces abrutis on leur tirait la langue, un peu comme si on leur montrait nos fesses.
Parce que nous ici, comme vous tous, nous sommes Charlie.
Jean-Marc Gelin

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Published by Dernières Nouvelles du Jazz
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