Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
3 septembre 2006 7 03 /09 /septembre /2006 23:02

JJJ LAURENT MARODE : « I mean »

 

 

autoprod 2006 (*)

 

 

 

 

 

 

 

La découverte de cet album nous plonge directement dans une esthétique que l’on connaît bien. Un esthétique des albums Blue Note ou Contemporary. C'est-à-dire en fait dans la mouvance (néo) hard boppienne des années 60 pour un album qui aurait tout aussi bien pu être enregistré du côté de Englewood Cliffs, New Jersey. Pourtant le jeune élève de Katy Roberts qui signe là son premier album, apparaît comme un compositeur soucieux de perpétuer cette tradition du jazz mais aussi de la dépasser. Discrètement, par petites touches astucieuses, Marode sait sortir des canons du genre : décalages, ruptures de séquences, doublement des tempis, contrepoints astucieux brouillent les pistes histoire de nous faire hésiter entre Benny Golson et Andrew Hill (comme dans ce I mean faussement linéaire et faussement déstructuré aussi). Énergie ternaire et swing dominent l’album qui s’appuie par ailleurs sur de  très grands solistes. Pour ceux qui ne le connaissent pas encore ils ont là une chance de découvrir le formidable saxophoniste, David Sauzay. Car ce garçon possède dans son jeu une vraie élégance. Celle d’un phrasé sûr et puissant mais avec  cette pointe de nonchalance qui nous fait penser irrésistiblement au jeu de Harold Land (La petite ourse et surtout Petit Conte Gerry). Tiens d’ailleurs, Gerry puisque l’on en cause, parlons en ! En voilà bien un qui est un génial dans son coin ! Genre renard des surfaces à se faire oublier et à vous sortir un growl de la mort qui tue. Gerry Edwards, l’américain de service, compagnon d’armes recherché sur la scène française, Gerry Edwards, la sombre légèreté du trombone. La sauvagerie civilisée, maîtrisée. Genial ! On restera un peu sur notre réserve sur Rasul Siddik aux contours parfois un peu caricaturaux mais avec cette formidable capacité à salir le son histoire de bien montrer que ce n’est pas un truc pour minots de bonne famille.

 

 

Quand à Laurent Marode, il possède son sujet. Maîtrise cette part du jazz. Laurent Marode n’est pas d’ici ni vraiment d’aujourd’hui. Il est allé chercher ce jazz que l’on aime tant du côté de la 52° rue. Il nous l’offre ici avec une parfaite maîtrise de ce qu’il a déjà entendu.  Et ce qu’il a entendu hier n’a pas pris une ride. Marode nous en fait là une bien brillante démonstration.

 

 

Jean-marc Gelin

 

 

Partager cet article
Repost0
3 septembre 2006 7 03 /09 /septembre /2006 23:01

JJJ PATRICK FAVRE: « Intense»

 AxolOtl 2006

 Avec Patrick Favre on découvre un pianiste de la profondeur. Un peu comme une plongée au milieu d’abîmes mystérieuses où les ombres semblent un peu plus étrange émergeant d’un bleu à la fois fluide et sombre. Les compositions riches de Patrick Favre y sont envoûtantes. Compositions jouant sur les atonalités et les gammes chromatiques ainsi que sur un jeu dodécaphonique qui utilise tous les intervalles, explore autour d’un même thème toutes ses déclinaisons modales.

 Son jeu qui utilise plutôt la partie gauche et médium du clavier possède cette sombre clarté que l’on retrouve chez quelques pianistes de ses contemporains. On pense à Svensson mais surtout à la gravité d’un Brad Meldhau au discours qui sans être pesant est cependant dénué de toute légèreté. Discours orienté vers la profondeur des harmonies, les ruptures rythmiques et une sorte de résonance pastel. Mais  aussi discours rigoureux bâtit sur une belle assise rythmique à l’encadrement presque géométrique. Le contrebassiste nîmois, Guillaume Séguron déjà entendu aux côtés de François Raulin et Marc Mazzillo excellent à la batterie, contribuent tous deux à la mise en tension de ces compositions denses comme dans ce Thalie où elle possède à la fois la rigueur de ceux qui délimitent un territoire et l’anarchie retenue de ceux qui font un peu bouger les frontières, permet au pianiste d’explorer avec une grande délicatesse un univers fascinant. Intense, en milieu d’album donne une autre respiration, une sorte de balancement ternaire. Cette construction intelligente de l’album présente en revanche un caractère parfois répétitif où la déclinaison d’un motif central en différentes couleurs tonales tourne en rond autour de la même structure harmonique. On en arrive presque à guetter la perte de contrôle, l’atonalité non voulue. Le petit grain de folie. Mais on se laisse séduire par ce pianiste rare, remarquable compositeur dont la densité du jeu possède une vraie personnalité. Un charme troublant.

 

 

Jean Marc Gelin 

 

 

Partager cet article
Repost0
3 septembre 2006 7 03 /09 /septembre /2006 23:00

JJJ TRIO RESISTANCE: « Etat d’Urgence»

 Cristal 2006

 Ça commence comme une longue plainte lancinante, grinçante suivie d’une mélopée, sorte de chant d’espoir qui se perdrait lentement dans quelques profondeurs. Patria de multitudes chant révolutionnaire des plateaux andins autrefois repris par les Quilapyun ouvre l’album. Il laisse place ensuite à la rage et la fureur d’un sax ténor dont les raucités font irrésistiblement penser à Sonny Rollins et ouvre un dialogue avec la batterie comme pour faire parler la foudre (Abacus de Paul Motian). Car Trio Résistances pour son troisième album reste résolument ancré dans une musique de combat. Alors que l’on se souvient du travail de Mirabassi sur « Avanti », le trio ici associe à quelques grands thèmes de la lutte, comme ce Pueblo Unido sublimement reconstruit et revisité, leurs propres compositions. Le saxophoniste Lionel Martin signe ainsi des pièces remarquables comme ce Blues for Steve ou ce splendide Lune Rouge, où  après une introduction mariant le soprano et l’archet, il déploie un sens rare de l’espace et conclut par une sorte de chant que l’on croirait venue de la lande Sud africaine. Avec un vrai sens de  la profondeur mélodique. Car cet album concilie toujours la liberté de l’improvisation parfois rageuse, parfois violente et le chant porteur d’espoir. Et musicalement ce trio là montre de fort belles choses dans des formats à géométrie variables entre trio et duo, apaisement et rage. Lionel Martin surprend par la sonorité très douce qu’il déploie au saxophone baryton et par la plénitude du son qu’il offre parfois (pas toujours) au saxophone soprano (Blue for Steve). A ses côté à la contrebasse, Benoît Keller est une révélation dont on aime les rondeurs, son agilité de chat capable de se dédoubler rythmiquement (Army of Her) et enfin la très grande présence mélodique (Pueblo Unido). Ses dialogues avec Bruno Tocanne où ce dernier  apparaît comme un véritable catalyseur dans des moments de jazz libre, déploient autant d’énergie que de finesse (L’issue).

 

 

 

 

 

Avec un sens admirable de la construction cet album se termine comme il a commencé. Étrange  et poétique conclusion en effet où la création de grands espaces laisse entrevoir tous les possibles. Progressivement les musiciens disparaissent, la musique s’éteint et ne reste plus alors qu’un riff seul à la caisse claire qui lentement se perd. Mais la musique ne peut pas se terminer. Elle se poursuit ailleurs. Dans l’imaginaire de l’auditeur. Et dépasse largement le cadre de cet album prenant.

 

 

 

Jean Marc Gelin

 

 

 

Partager cet article
Repost0
3 septembre 2006 7 03 /09 /septembre /2006 22:58

JJJJ HELENE BRESCHAND: « Le goût du sel »

 D’autres Cordes 2006

 Avec cet album de harpe solo d’Hélène Breschand, on est très loin du romantisme habituel de l’instrument. Ici c’est la face tranchante et âpre de la harpe qui est explorée avec  une large palette sonore. La harpiste se livre éperdument dans un corps à corde fusionnel avec son instrument, une relation très intime, extrêmement personnelle et intense. Elle râpe, cogne, pince, gratte, frotte, racle, effleure, les cordes de sa harpe acoustique ou électrique. Son instrument vibre, résonne et respire merveilleusement. Il est multiforme et sous ses doigts tout semble possible : clavier, orgue, guitare électrique, percussions, harpe africaine, arbre de pluie ou sanza, l’instrument des griots africains. Hélène Breschand s’intéresse à la matière sonore, qu’elle utilise comme de la glaise. Des sons triturés, saturés, amplifiés, déformés, métalliques, profonds, électriques, grinçants,  qui créent un univers fantomatique, violent, intemporel. A l’image de cette usine-cathédrale désaffectée que l’on croit distinguer sur la pochette de l’album, sublime et abandonnée. Mais il y a aussi de la chair et du sang dans la musique de Breschand. « De chair, de sueur et de sang, la vie palpite et s’agite, comme des cristaux de sel croquant sous la langue… ». De la chair sensuelle comme celle de Salomé, cette princesse juive qui d’après l’Evangile danse devant son oncle Hérodote Antipas, pour obtenir la tête de Saint Jean-Baptiste ; de la chair passionnée comme celle de Penthésilée (Le festin de Penthésilée), reine des Amazones, amoureuse des guerres cruelles et tueuse sans le vouloir de sa sœur Hippolyté, qui sera tuée par Achille pendant la guerre de Troie. Celui-ci tombera amoureux de sa victime après lui avoir ôté la vie et son armure. Toujours la violence. Même les mots chuchotés sont cinglants et sans concession (L’enfant gâtée). Hélène Breschand est une conteuse inventive et virtuose. Elle nous guide dans cet univers onirique.  Tous nos sens sont en éveil. Cet album est une superbe découverte.

 Régine Coqueran

 

 

Partager cet article
Repost0
1 août 2006 2 01 /08 /août /2006 23:13

JJJJ CHARLES LLOYD : « Sangam »

 

 

 

 

Label Bleu 2006

Charles Lloyd (ts, as, fl, tarogato, p), Zakir Hussain (tabla, perc, voice), Eric Harland (dm, perc, p)

Cet album a été enregistré en live à l’occasion d’un concert donné par Charles LLoyd en mai 2004 en hommage à Billy Higgins. Le saxophoniste qui avait rencontré le jeune batteur Eric Harland en 2001 avait été totalement séduit par son jeu et avait décidé de l’intégrer à son groupe de l’époque. C’est peu de temps après cette rencontre que Charles Lloyd rencontra aussi le tablaïste indien virtuose, Zakir Hussain, l’homme capable de faire chanter son instrument en y mettant toute son inspiration à la frontière de la musique indienne et de ses racines arabes. Mais c’est là la première fois que les trois hommes se trouvèrent réunis. Et ce qui est acquis aujourd’hui, c’est qu’ils ont trouvé là une formule destinée à se pérenniser tant on conçoit à l’écoute de cet album qu’il s’est passé quelque chose ce soir là. Quelque chose de l’ordre de l’osmose.

 Pourtant il n’y a pas eu de répétitions avant ce concert. Pas même d’ordre des morceaux préétablis. Inutiles, car d’évidence les trois hommes partagent la même approche de la musique, la même écoute, la même compréhension. Une mystique quasiment religieuse très proche de la conception coltranienne. On ne sait pas trop si l’on est dans la danse rituelle ou la transe mystique. Parfois chant oriental (tales of rumi) parfois méditation psalmodiée comme lorsque Lloyd passe à la flûte. Magnifique moment où Charles Lloyd introduit le morceau au piano avant que ne s’envole le chant de zakir, telle la voix du muezzin dans Gunam, le seul morceau composé par le tablaïste.

Dans un trio où ne figurent aucun éléments harmoniques,  Zakir Hussain qui utilise les tablas et les percussions comme de véritables instruments mélodiques capable de déformer les sons et de faire chanter les peaux. Une sorte de compréhension quasi télépathique s’installe entre lui et Eric Harland chacun dédoublant l’autre dans une parfaite complémentarité. Ils forment alors un tapis volant rythmique et mélodique sur lequel s’installe Charles LLoyd au soprano comme au ténor ou au tarogato. Avec le lyrisme maîtrisé des vieux sages, Lloyd délivre de longues séances d’improvisation comme ce chef d’œuvre au ténor sur « Hymne to the Mother » qui figurait déjà dans un album de 1995. Au sommet de son art son soprano n’a jamais été aussi proche du discours coltranien comme sur ce titre éponyme qui atteint à la perfection post coltranienne.  Hommage explicite au maître.

 

 

 

 

 

 

Chaque morceau de l’album prend alors des airs de chefs d’œuvre. Nous emmène dans une sorte de voyage initiatique. Comme Coltrane jadis, Lloyd revient aux sources de la musique. Explore les modalités venues de l’Inde et des pays Arabes. Explore les ponts entre cette musique et le jazz. Atteint avec cette formation une plénitude de son art.

Jean Marc Gelin

 

 

 

Une formation faite pour la scène se fera largement entendre sur les scènes d’Europe. Elle sera au Paris jazz festival cet été

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
6 juillet 2006 4 06 /07 /juillet /2006 23:18

JJJJRené Urtreger : « Tentatives »

1Cd Jazz 2006 Minium /Discograph

Partager cet article
Repost0
6 juillet 2006 4 06 /07 /juillet /2006 23:10

JJJ HADOUK tRIO : « Utopies »

 

 

Naïve 2006

 

 

 

 

 

Qu’il résonne du son du hautbois arménien, du doudouk ou de tout un tas d’instruments « exotiques », Didier Malherbe et ses camarades polyintrumentistes nous invite en toute intimité dans leur univers au groove délicat. Un  groove susurré où les sonorités boisées de Malherbe s’allient au jeu de balais de Steve Shehan dont les frottements sur la caisse claire murmurent le swing. Curieusement si l’on peut parler de jazz-world à propos de cet album cela ne vient pas de l’usage d’instruments liés à d’autres cultures mais bien plus du métissage des compositions. Côté jazz, le swing charmant de « toupie valse » fait écho à un « suave corridor » ou « Clefs des brumes »  où Didier Malherbe montre une grande sensibilité dans un jeu qu’il parvient à détacher des clichés de l’instrument faisant entendre au hautbois de subtils glissandos. Avec un sens évident de la mélodie les trois hommes nous entraînent aussi dans d’autres univers, plus ethniques cette fois. Au gré des compositions liées à d’autres folklores, Hadouk trio installe un univers plus « Roots ». C’est à juste titre que les liners notes parlent de « tourneries nomades » faites de petites danses tropicales d’inspiration parfois shamaniques que l’on pourraient croire tirées de quelques forêts tropicales. Malgré un sens évident de la mélodie chantante, c'est lorsque les couleurs deviennent moins subtiles et le trait un peu forcé que le trio peine à convaincre. C'est notamment le cas lorsque Didier Malherbe s'empare de la flûte. La superbe inspiration subtile s'efface alors. "Baldamore" aux accents gaéliques prend des airs de fez noz ; " Idalie" peine à séduire et malgré l'introduction d'un steel pan sur "Centaura" on est en plein générique de TV du genre à  voir apparaître Mabrouk ( vous savez le chien de 50 millions d'amis !). Heureusement le trio s'égare peu sur ces chemins lourdauds. A la fin de l'album, sur les trois  derniers titres il invite le trompettiste John Hassel qui avec une sonorité profonde contribue à apporter dans cet univers world-jazz dont on ne connaît pas les frontières exactes, un surcroît d'inspiration. Et ajoute sa part de mystère à cet album au swing multicolore et enchanteur.

 

 

Jean-Marc Gelin

 

 

Partager cet article
Repost0
6 juillet 2006 4 06 /07 /juillet /2006 23:04

JJJJ (J) BILL CARROTHERS / MARC COPLAND: « No choice »

 

 

 

 

Minium 2006

 

 

 

 

Bill Carrothers ( p, left side), Marc Copeland (right side)

 Au départ il s’agit d’une belle idée de Minium (anciennement Sketch) : proposer à une dizaine d’artistes qui avaient formé l’ancien label de travailler sur un répertoire de standards, de les revisiter et d’en faire une véritable projet. On y trouvera des personnalités aussi différentes que Utreger, Stéphane Oliva avec Susanne Abbuehl, Linda Sharrock, Jean Marc Folz, Claude Tchamitchian, Joey Baron ou Giovanni Mirabassi (qui, lui explorera le répertoire de la chanson française).Seul point commun de tous les albums à sortir entre mai et octobre 2006, le «  Lonely woman » de Ornette Coleman.

 Pour inaugurer cette série Philippe Ghielmetti a fait appel à deux pianistes qui se connaissent bien, Bill Carrothers et Marc Copeland qu’il a réuni deux jours au Studio la Buissonne. A l’exception d’un thème composé par les deux pianistes, sur les 9 autres titres les deux hommes jouent le jeu et explorent le répertoire. Deux versions de Lonely woman dont l’une ouvrent l’album et l’autre le clôt, un Take the A train, 2 versions de Blue in Green de Miles, un Masqualero de Wayne Shorter, Bemsha swing de Monk et hors du jazz, un thème de Neil Young.

 Si l’exercice des duos de piano est souvent l’occasion d’une confrontation de style, souvent affaire de dialogue fructueux, ici c’est tout autre chose. Car bien au-delà d’une aimable rencontre c’est une véritable lecture commune, un intelligence partagée des thèmes qui amène les deux hommes à construire ensemble une véritable nouvelle œuvre en partant du thème connu. En principe Carrothers est restitué sur la gauche de votre chaîne et Copland sur la droite. Mais il est néanmoins assez difficile de pister l’un ou l’autre. Car tout se passe comme si les deux hommes s’étaient partagés les claviers avec la partie basse pour l’un et la partie haute pour l’autre pour donner cette impression de piano à 4 mains où la coïncidence des intentions touche à la perfection. Même inspiration, même compréhension des thèmes et surtout une rare intelligence dans la lecture des morceaux comme ce sublime Lonely Woman lourd de profondeur pour raconter l’histoire d’une femme solitaire. A la manière de la respiration circulaire chère à certain saxophonistes comme Sonny Rollins, il y a ici une circulation de l’énergie entre les deux hommes comme dans ce Take the A train ou dans You and the Night and the music où d’évidence l’un se nourrit de l’autre. A d’autres moments c’est la même conception du silence et, plus rare dans ce genre d’exercice, le même souci de mise en espace qui contribue à la dramaturgie des œuvres. La mise en tension de Masqualero revisite les idées de Wayne Shorter comme on l’avait rarement entendu et la reprise du thème de Niel Young (The Needle and the dammage done, qui figure sur le célèbre Harvest) semble inscrire au répertoire du jazz ce thème tiré de la folk song américain.

 De cet album on retient  tout décidemment comme un moment d’intelligence fulgurante dans l’approche du répertoire. Entre énergie et émotion les deux hommes touchent en plein cœur. Un pur chef d’œuvre.

 Jean marc Gelin

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
6 juillet 2006 4 06 /07 /juillet /2006 23:00

JJJJ BOJAN z : «  Xenophonia »

 

 

Bojan Z(ulfikarpasic) (p,fd, xénophone), Remi Vinolo (b), Ari Hoenig (dm), Ben Perowsky (dm), Krassen Lutzakanov (kaval)

Autant dire tout de suite le coup de cœur absolu que nous avons pour ce nouvel album de Bojan Z. Le jazz y est ici réinventé ici avec autant d’énergie à revendre que de trouvailles éclectique voire même avec une bonne dose d’humour. Car Bojan ose tout.  Et à ceux qui lui reprochent parfois d’en faire trop dans son jeu, il montre à l’entame de cet album qu’il pourrait s’il le voulait, jouer à la manière d’un Ahmad Jamal. Il est vrai que le premier morceau (Ulaz qui veut dire « entrée »)  n’était en fait qu’un morceau réalisé pour la balance son mais finalement conservé.  Ambidextre Bojan joue des deux claviers, acoustique et électrique pour un album très border line à la frontière de tout.  Ballade dans des univers très légèrement empruntés à ses racines du côté de Belgrade qu’il prend soin de largement dissoudre dans une grande rase de jazz ou de rock. Son fendher se transforme à l’envie en guitare héros allant même avec un son un peu «  sale » à reprendre note pour note sur son clavier électrique le chorus de guitare d’une légende du rock serbe (Wheels) . Les morceaux complexes alternent avec des structures très simple.  Sur Pendant ce temps chez le Général (l’enregistrement a eut lieu dans un studio boulevard du Général Davout, d’où le titre), Bojan s’appuie sur une rythmique fusionnelle pour aborder un morceau par une face plus improvisée voire un peu plus destructrée. Sur Cd-rom (en hommage  aux vendeurs de CD à la sauvette), Bojan part du folklore (un joueur de kaval s’invite ici) pour découdre avec swing un morceau que ne renierait pas Jason Moran. Par ce titre étrange Xenophonia, Bojan entend signifier non seulement qu’il est un peu étranger et chez lui partout mais surtout que ses univers sont sans frontières. A la manière des chanteurs du Delta, Bojan s’offre même la liberté de chanter un blues sauvage ou de reprendre un titre de David Bowie (Ashes to Ashes). Son patrimoine est éclectique et c’est presque avec boulimie qu’il nous montre ce qui a nourrit sa culture musicale. Si Bojan Zufikaprasic est avant tout un immense pianiste de jazz  (En 2002 Bojan est nommé Chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres par le Ministère de la Culture. Il a aussi reçu le Prix Django Reinhardt Musicien de l’année de l’Académie du Jazz) il n’oublie pas que ses attaches se situent autant du côté de Clare Fisher que de Jimi Hendricks ou de Franck Zappa dont il revendique une forme d’héritage. Lorsque le jazz se réinvente avec tant de pépites révélées, autant d’énergie jubilatoire, lorsqu’il ne s’enferme pas dans des schémas cloisonnant, lorsque le jazz ne se regarde pas le nombril mais qu’il s’ouvre à tant d’univers et se livre avec autant d’humour, lorsque le talent prend le pouvoir et communique autant de plaisir, on sait que forcément on a affaire à un grand disque et surtout à un immense artiste. Le jazz a décidemment de beaux jours à vivre.                  Jean Marc Gelin

 

 

Partager cet article
Repost0
5 juillet 2006 3 05 /07 /juillet /2006 07:38

JJJ steFANO BOLLANI : «  I visionari »

 

Label Bleu 2006

Mirko Guerrini (ts, ss, bs, fl), Nico Gori (cl), Stefano Bollani (p, vc), Ferruccio Spinetti (cb), Cristiano Calgagnile (dm), Mark Feldman (vl), Paolo Fresu (t), Petra Magoni (vc)

Partager cet article
Repost0