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26 octobre 2019 6 26 /10 /octobre /2019 17:19

Franck Amsallem (piano), Irving Acao (saxophone ténor), Viktor Nyberg (contrebasse), Gautier Garrigue (batterie)

Malakoff, 15-16 octobre 2018

Jazz & People JPCD 819007 / Pias

 

Un disque conçu par musicien qui avait dit adieu, voici 17 ans, à New York, où il avait fait deux décennies de carrière ; une prise de congé rétrospective, pas forcément nostalgique (quoique....). Au programme, des compositions originales, taillées sur mesure pour un groupe plus que cohérent, et totalement investi. Très beau travail de compositeur, pensé pour un déroulement collectif de la musique. Un cadeau fait aux solistes (Irving Acao impérial) par un pianiste qui ne s'est pas oublié, en s'aménageant des espaces où s'ébattre, dans ce style qui connaît son histoire mais affirme aussi ses idées. Et avec Viktor Nyberg et Gautier Garrigue, un tandem rythmique superlatif, qui paraît porter la vie comme les artères irriguent un corps. Une absolue réussite dans un espace où les écueils ne sont pas rares : comment en effet jouer un langage adoubé par l'histoire sans tomber dans la redite. Assurément, Franck Amsallem l'a fait, en compagnie de ce groupe aussi pertinent qu'impliqué. Le seul standard, Last Night When We Were Young (Sinatra, Carmen McRae, Sarah Vaughan.... et plus récemment Mark Murphy avec Fred Hersch) est un monument de mélancolie. Le quartette en fait une déambulation libre et ouverte, autre façon de dire, encore, qu'il demeure possible de faire un pas au-delà de ce qu'en firent d'autres musiciens (Art Farmer, Keith Jarrett) : magie du jazz par quoi le même devient toujours autre. Et en couverture, une très belle photo de Philippe Lévy-Stab. Chapeau bas !

Xavier Prévost

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Le groupe jouera le 29 octobre à Paris au Sunside, et le 11 décembre au Jazz Club d'Annecy

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Un avant-ouïr sur Youtube

https://www.youtube.com/watch?v=vy9EI6svKRM

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23 octobre 2019 3 23 /10 /octobre /2019 14:53

Christophe Laborde (saxophone soprano), Emmanuel Bex (orgue), Louis Moutin (batterie)

Meudon, 16-17 juillet 2018

VLF Productions LAC/1909 / l'autre distribution 5702ADC

 

Le trop rare Christophe Laborde, saxophoniste de haut vol qui fait un retour en belle compagnie. Emmanuel Bex et Louis Moutin ont ce goût de l'urgence et de l'effervescence qui s'épanouit dès la première plage en une course insensée, qui nous laisse hors d'haleine quand eux sont encore sur la crête des vagues qui déferlent, mais sans être jamais déstabilisés. N'allez pas croire pour autant que tout se joue dans le cursif et la rupture d'équilibre. Tout paraît se dérouler dans le pur plaisir de l'interaction, du rebond et de la relance. Bref c'est du jazz au plein sens du terme : la maîtrise n'étouffe jamais le bonheur du jeu, et l'on se laisse aller, de plage en plage, au tempo le plus vif comme à la ballade la plus retenue, à l'expressivité la plus intime. Deep Soul In Loneliness est aussi déchirant de mélancolie que le Ne me quitte pas de Brel, dont il épouse le phrasé. Dans le tempo d'enfer comme dans le largo, chacun s'immerge au cœur de la musique, Deep Soul n'est pas un vain mot, et il y a là-dedans autant d'âme que de chair, d'humanité entière et indivisible. Bref ce disque m'a touché, tant par sa très belle facture musicale que par ce qu'il montre (en le dissimulant si nécessaire), de l'humanité de ceux qui le jouent. La nôtre au fond, à nous qui l'écoutons avec toute l'attention qu'il faut. Belle réussite !

Xavier Prévost

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Le trio jouera à Paris au Studio de l'Ermitage le 24 octobre 2019

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Un avant-ouïr sur Youtube

https://www.youtube.com/watch?v=Aj4fDNuWR8Q

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22 octobre 2019 2 22 /10 /octobre /2019 21:31

Michele Hendricks (chant et composition), Arnaud Mattei (piano), Olivier Temime (saxophone ténor), Bruno Rousselet (basse), Philippe Soirat (batterie).  Enregistré à l’Alhambra Studios, novembre 2018. Cristal Records / Sony.


Bon sang ne saurait mentir. L’adage vaut pour Michele Hendricks. Adolescente, elle chantait dans le groupe formé par son père Jon, 'Hendricks & Company' aux côtés de sa mère, Judith, et de sa sœur, Aria.
Installée en France, Michele le retrouvait en 1998 pour un 'How High The Moon', pièce maîtresse d’un album publié en 2016 et qui lui vaudra de remporter le prix du jazz vocal de l’Académie du Jazz.


Jon a rejoint à l’automne 2017 ses frères d’armes tombés sur les plages normandes du débarquement -il était de la première vague le 6 juin 1944 à Utah Beach-. Michele perpétue avec bonheur la tradition vocale de son père (1921-2017), où se mêlent le scat et le vocalese (cf. le Dictionnaire du Jazz, aux Editions Robert Laffont pour les définitions).


Allons à l’essentiel. Dans « Another Side », la chanteuse laisse couler sa science de l’improvisation et son art du swing sur treize titres dont elle a écrit les paroles, y compris six morceaux dont elle a également composé la musique. C’est un récital œcuménique qui nous est ici proposé, avec des incursions sur les terres du blues, du be-bop, de la soul. La formation réunie mérite tous les compliments, la rythmique qui tourne comme un chronomètre helvète, et la voix instrumentale (le saxophone ténor d’Olivier Témime) aux accents coltraniens. Le livret est apprécié, qui présente les paroles des treize titres, y compris une chanson en français en forme de coup de gueule à l’égard de la société d’aujourd’hui


Jean-Louis Lemarchand.


Michele Hendricks sera en concert au Sunside (75001) les 25 et 26 octobre dans le cadre du festival Jazz sur Seine.

 

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20 octobre 2019 7 20 /10 /octobre /2019 17:03

 

Amaury Faye (piano solo)

Tournefeuille (Haute-Garonne), octobre 2018

L'Esprit du piano EDP 05 / Socadisc

 

Après deux disques en trio («Clearway», Jazz Village, 2017 & «Live in Brussels», Hypnote Records, 2018), le Toulousain de Bruxelles est revenu dans son département d'origine pour enregistrer son premier disque en solo, lequel a été publié un peu trop discrètement avant l'été. Un coup d'essai qui résonne comme un coup de maître, tant le projet paraît muri autant qu'abouti. La maturité est là, assurément, dans ce choix de mêler aux compositions personnelles l'historique Temptation Rag (annoncé dans le livret comme un bonus fantôme dans la plage 8 du CD, et qui est en fait la plage 9), un thème de 1909 immortalisé par Sidney Bechet et repris par Wynton Marsalis comme par Émile Parisien. Et aussi une chanson de Jacques Higelin, sans oublier une version très personnelle de The Persuaders, composé par John Barry pour la série télé éponyme (en V.F. Amicalement vôtre).

De tout cela évidemment le pianiste fait son miel (grand cru!), mais son identité musicale s'affirme dans ses compositions personnelles, que l'on dirait conçues pour illustrer les multiples facettes de son très vif talent. Dans le très intéressant entretien avec Pascal Anquetil qui figure dans le livret, cet élève de la formidable Joanne Brackeen nous explique comment il s'est délivré de l'influence de Brad Mehldau, ce qui ne l'empêche pas d'évoluer dans ces hautes sphères. Très pianistique, bien sûr (c'est la moindre des choses pour un pianiste....) mais surtout profondément musical : le goût du risque stimule l'inventivité sans étouffer les acquis d'une vraie culture musicale et jazzistique. Une vrai réussite : j'ai osé Coup de Maître ? J'assume.

Xavier Prévost

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Amaury Faye jouera en solo à Paris (Café de la Danse) le lundi 21 octobre 2019, au même programme que le pianiste cubain Aldo López-Gavilán.

 

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19 octobre 2019 6 19 /10 /octobre /2019 08:45

YES :  «  Groove du jour »
Aaron Goldberg (p), Omer Avital (cb), Ali Jackson (dms)
Jazz & People 2019

 

Yes ! c’est la rencontre d’une bande de potes qui se connaissent depuis plus de 20 ans, du genre à aller jouer les cachous dans les clubs de New-York pour aller étirer leur swing et leur grosse jusqu’au bout de la nuit une fille à chaque bras et roulez jeunesse !
Il faut dire que tous les trois ont côtoyé tout ce que la planète jazz fait de héros et de légendes en tout genre.
Alors forcément lorsqu’ils se retrouvent pour enregistrer tous les trois un nouvel album il y a comme une grande envie de rire, de se marrer tout simplement ne jouant de la musique comme l’on se raconte des vieilles histoires qui ne prennent pas une ride tellement elles sont bien dites.
Alors une énergie folle court tout au long de cet album sur lequel on retrouve un swingin’ Aaron Goldberg dans l'âme emportant son monde dans un déluge hard boppien.
Les trois lascars tout aussi survitaminés n'hésitent pas à y mettre les deux pieds avec autant de pêche que de joie communicative ( écouter le très bop Dr Jackle qui file à toute allure).
Ca swingue à tous les étages avec un blues démoniaque sur ce Bed stuy sur lequel on pourra admirer le drumming pêchu d’Ali Jackson.
Le jazz est ici nerveux, nervuré avec une apparente simplicité malgré des structures complexes ( genre Mahammad's market).
Et puis au beau milieu de tout ça, comme s'il s'agissait de lâcher la pression, il y a des pauses en suspension comme ce joli C'est clair où l'ambiance se fait tout à coup plus tamisée parce qu'il est l'heure de savourer et de fermer les yeux mais que quand même on va pas s’arrêter là et qui au cours du morceau évolue vers un romantisme plus sauvage.
Un esprit farouchement bop et libre s'empare de ce vivifiant album survitaminé par le drumming époustouflant d’Ali Jackson sur les traces duquel Omer Avital ne le lâche pas d’une semelle et au dessus desquels Aaron Goldberg déroule son envie de bouffer le monde.
Voila un jazz épicé qui dégage les bronches et qui fait du bien par où ça passe.
Jean-Marc Gelin

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15 octobre 2019 2 15 /10 /octobre /2019 18:42

Géraldine Laurent (saxophone alto), Paul Lay (piano), Yoni Zelnik (basse), Donald Kontomanou (batterie).  Studio Ferber, Paris, 18-20 mars 2019. Gazebo / L’autre distribution.

 

 « Géraldine Laurent est poète. Géraldine peut tout ». C’était en 2006, et le propos de Jean-Louis Chautemps. L’hommage d’un collègue qui a marqué l’histoire du jazz illustrait l’opinion des gens de la confrérie des saxophonistes. L’altiste a bien confirmé depuis. La « guerrière », ainsi que la qualifie un autre maître, Aldo Romano, démontre, sur scène et en studio, que son imagination et sa fougue n’ont guère de limites.

 

Le quartet formé avec Paul Lay, Yoni Zelnik et Donald Kontomanou avait marqué les esprits en 2015 dans « At Work ». On ne change pas une équipe qui gagne. Ces quatre-là nous reviennent, toujours sous la houlette du pianiste-producteur Laurent de Wilde.

 

L’album se nomme Cooking, une composition de la saxophoniste qui signe d’ailleurs dix des onze titres présentés (à l’exception du standard de Schwartz et Dietz, You and The Night and The Music). Un morceau qui ouvre le bal et donne le ton, fidèle à la définition donnée par Jean-Paul Levet (Talking’ that talk. Dictionnaire anthologique. Ed.Outre Mesure) à cook dans le langage des musiciens, « casser la baraque ».

Géraldine prend aussi le temps de respirer et de laisser filer son lyrisme nonchalant (Broadwalk, Day Off). Le groupe est à l’unisson : Yori Zelnik, fidèle compagnon dès les premiers albums (Time Out trio. Dreyfus Jazz. 2007), Donald Kontomanou, précis et élastique, Paul Lay, inventif (époustouflant dans Room 44).

 

Vous l’aurez compris, Cooking s’écoute, se goûte avec délectation.

 

Jean-Louis Lemarchand

 

Concert de lancement le 25 octobre au New Morning, 75010 dans le cadre du festival ‘JAZZ SUR SEINE’.
 

 

@photo AnthonyVoisin.

 

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14 octobre 2019 1 14 /10 /octobre /2019 21:15

Naïve 2019

Stephane Belmondo (bg, tp, accdn), Sylvain Luc (g)

Ce n'est pas le tout de savoir dialoguer. Encore faut il savoir communier et partager.
Le trompettiste Stephane Belmondo et le guitariste Sylvain Luc se connaissent assez et depuis de longues années pour que cela leur soit aussi naturel que de respirer, de converser. Leur première rencontre en duo date de 20 ans déjà avec l'album AMESKERI. Il y a 20 ans ils s'etaient trouvés à 2h du matin au Baiser Salé (le club Parisien de la rue des Lombards) et avaient joué jusqu'à l'aube.

Entre eux cette histoire est une histoire d'amitié et de musique, et cela s'entend. Fusionnel.
Alors, en toute intimité ces deux-là ont une conversation douce. C'est de velours qu'ils se sont habillés. Et c'est un peu comme une danse à laquelle ils se livrent, ensemble ou séparément dans un chassé croisé en mouvement.
A l'exception de 2 titres signés Philippe Sarde et Stevie Wonder, l'ensemble de l'album a été composé par l'un ou l'autre des protagonistes.
L'astmosphere est ici tamisée et le son  capiteux. Ils se font chanteurs et contre-chantent. Avec le tact et la précision des artisans chacun apporte sa patte  avec une infinie délicatesse en soignant le son et en prenant garde à laisser l'espace à l'autre.
Ils y varient les plaisirs entre la mélancolie (Melancholy of Rita), une valse africaine, des espaces electriques et lunaires Milesien (2.0) ou des couleurs argentines (émouvant  Mort d'un pourri où Belmondo quitte le bugle pour l'accordéon, son premier instrument ) ou encore un blues (On the same road).
Cet album signe une nouvelle étape dans ces multiples rencontre entre le trompettiste et le guitariste qui ont tous les deux en commun d'avoir chacun marqué à leur façon l'histoire du jazz hexagonal.
A deguster lentement et à en extraire toute la douceur.
Jean-Marc GELIN

 

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9 octobre 2019 3 09 /10 /octobre /2019 17:03

Yvan Robilliard (piano, piano électrique, synthétiseur), Laurent David (guitare basse, effets), Éric Échampard (batterie)

Meudon, 3-5 juillet 2018

Klarthe Records KRJ 021 / [PIAS]

 

Un voyage dans l'espace interstellaire, tel qu'il nous donne à voir la terre mère et son satellite, 'gros caillou brillant' : c'est le concept. Au-delà du discours d'escorte censé conférer au projet son identité, la musique nous parle. Musique de pianiste bien sûr, mais pleinement musique de trio, avec une indéniable communauté de langage entre Laurent David à la guitare basse et Éric Échampard à la batterie, cohésion au service des tourneries effrénées d'Yvan Robilliard, dont le piano passe la rampe, non dans le souci de briller mais par une sorte d'urgence irrépressible. Dès la première plage on se laisse emporter, et les accalmies lyriques ne sont que des reflets, en creux, du maelström. La petite danse de la plage 2 n'est qu'un prélude au groove qui suit, porteur d'un délicieux parfum fusion seventies. Et très vite ça barde. Les inclusions de documents sonore d'Apollo 11 dressent le décor mais la musique nous a déjà fait décoller. Sons technologiques du piano électrique et du synthé, émulation pressante du tandem basse-batterie, tout nous porte vers un horizon lointain. Mais l'espace distille aussi son lot d'excursions rêveuses. De plage en plage, la musique nous dépayse, ou peut-être nous déterritorialise, en tout cas on marche et on suit le trio dans ses pérégrinations musicales. Beauté du piano, méditatif, de la plage 7, avant une inclusion somme toute anecdotique d'Appolo 11, puis la voix parlée de Coltrane en leitmotiv rythmique autant qu'onirique d'une version très renouvelée de Naïma. Encore un délicieux parfum des années fusion (mais avec une effervescence rare) pour le thème qui donne à l'album son titre, puis un retour méditatif, avant de conclure par un groove très hancockien. Beau voyage en somme, dans l'imaginaire, voyage immobile qui fait pourtant vraiment décoller.

Xavier Prévost

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Le trio est en concert le jeudi 10 octobre 2019 à Paris, Studio de l'Ermitage

 

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3 octobre 2019 4 03 /10 /octobre /2019 18:18

Annie Ebrel, Stella Vander, Pierre-Michel Sivadier, Mike Ladd (voix), Sophia Domancich (piano), Hélène Labarrière (contrebasse), Michel Edelin (flûtes), Vincent Lê Quang (saxophones), Emmanuel Bex (orgue), Simon Goubert (batterie, claviers)

Malakoff, 4-8 & 13 juin 2018

Seventh Ex-tension Records EX 16 / Berthus

 

Le jardin secret de Simon Goubert, que l'on a écouté de longtemps à la batterie dans les contextes les plus divers, mais aussi parfois au piano, et même au vibraphone dans un groupe de Joëlle Léandre. Celui qu'on adorait en trio avec Michel Graillier et Alby Cullaz, ou avec Sophia Domancich et Jean-Jacques Avenel, en duo avec Sophia, ou encore à la tête de ses propres groupes, nous révèle avec ce disque sa passion pour la voix (les voix) : voix de théâtre, de chant médiéval, classique, baroque ou traditionnel, voix du slam, et bien sûr du jazz (Billie Holiday....), de la soul music.... Il déploie ici son rêve, qui de phantasme est devenu réalité, avec la voix bretonne d'Annie Ebrel (sur des textes de Pierre-Jakez Hélias), la voix américaine (et les textes) de Mike Ladd, voix poétique de Pierre-Michel Sivadier, voix d'évasion onirique de Stella Vander, le tout mis en espace sonore par les complices instrumentaux de longue date, ou de plus fraîche connivence. Et Simon tel qu'en lui même, dans la finesse percussive comme dans l'explosion dionysiaque, et aussi aux claviers qu'il chérit et sait dompter. Pour ces voix d'élection il a composé des musiques, sur lesquelles ensuite ses partenaires ont écrit ou choisi des textes. Nous verrons, dit-t-il.... Eh bien c'est tout vu : un disque totalement singulier et absolument réussi, une œuvre d'artiste qui se livre à nous dans toute l'étendue de ses multiples talents.

Xavier Prévost

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Un avant-ouïr sur Youtube

https://www.youtube.com/watch?v=1UOVoQxGXvc

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1 octobre 2019 2 01 /10 /octobre /2019 16:16

 

WALLACE RONEY «Blue Dawn – Blue Nights»

Wallace Roney (trompette), Emilio Modeste (saxophones ténor & soprano), Oscar Williams II (piano), Paul Cuffari (contrebasse), Kojo Odu Roney (batterie),

invités : Lenny White (batterie), Quintin Zoto (guitare)

Englewood Cliffs (New Jersey), septembre & décembre 2018

HighNote Records HCD 7318 / Socadisc

 

Si j'en crois le Chicago Jazz Magazine, c'est le 22ème disque en leader du trompettiste. Il a été enregistré, comme une bonne part des précédents, au studio de Rudy Van Gelder. Il vient nous rappeler que Wallace Roney est bien autre chose que l'épigone de Miles que nous inflige notre mémoire, notamment la vidéo de ce tragique concert de Montreux à l'été 1991, à quelques semaines de la mort de Miles qui avait accepté de faire, sous la direction de Quincy Jones, ce qu'il avait toujours refusé : jouer la musique de son passé, en l'occurrence les magnifiques séances avec Gil Evans. Le regard de détresse de Wallace Roney, doublure de Miles, et jouant au côté les de son génial aîné les notes que celui-ci peinait à émettre, paraissait nous dire 'pourquoi ai-je accepté de participer à cette mascarade', ce regard m'a ému jusqu'au larmes (larmes de honte et de rage) quand j'ai vu ces images sur un programme nocturne d'une télévision française.

Wallace Roney donc, par et pour lui-même, entouré de jeunes musiciens (dont son neveu, un batteur âgé de 15 ans, le fils du saxophoniste Antoine Roney), avec aussi sur trois plages le concours en invité d'un déjà vétéran, le batteur Lenny White. Répertoire composite : un standard du groupe Toto (Don't Stop Me Now, que jouait aussi Miles), une compo de Lenny White, un thème de Dave Liebman (New Breed), et des contributions du pianiste et du saxophoniste du quintette ; le leader leur a laissé la main et n'a pas apporté ses compositions. Mais il a inscrit au programme Why Should There Be Stars, un thème qu'il avait joué, en accompagnateur (avec aussi Geri Allen) dans une disque de la chanteuse Mary Stallings voici près de 15 ans (et qu'il me paraît jouer ici en pensant à The Peacocks, le chef-d'œuvre de Jimmy Rowles). La musique est profondément vivante, un peu à l'ancienne, en ce sens que l'on semble avoir privilégié l'esprit du live plus que la production sophistiquée. Tous ont voix de soliste, et le chorus du leader s'efface parfois dans les brumes du mixage (New Breed). Je ne sais pas pourquoi, mais en l'écoutant je pense parfois à Art Farmer et à Booker Little. Bref c'est un (très) bel et bon disque de jazz.

Xavier Prévost

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Le quintette sera en tournée cet automne : à Limoges le 15 novembre, à Saint-Malo le 16, et à Paris (Sunside) les 22 & 23

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Un extrait sur Soundcloud

https://soundcloud.com/highnote-savant-records/bookendz-from-blue-dawn-blue-nights

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