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19 février 2019 2 19 /02 /février /2019 13:07
CHRISTIAN GAUBERT ANDRE CECCARELLI DIEGO IMBERT  LIGNE SUD  TRIO & GUESTS MUSIQUES DE FILMS ET JAZZ9

CHRISTIAN GAUBERT ANDRE CECCARELLI DIEGO IMBERT

LIGNE SUD   

MUSIQUES DE FILMS ET JAZZ

TRIO & GUESTS

ARRANGEMENTS CHRISTIAN GAUBERT

 

CRISTAL RECORDS DISTRIBUTION SONY MUSIC ENTERTAINMENT

 

https://www.cristalrecords.com/albums/musiques-de-film-et-jazz/

Les arrangeurs donnent de belles couleurs aux chansons qu’ils habillent, se mettant humblement au service des mélodies en authentique compositeurs. Il est bon de leur rendre hommage. Le pianiste compositeur et arrangeur marseillais Christian GAUBERT a toujours conjugué deux amours celui du jazz et du cinéma et cela tombe bien ! Son dernier album, le troisième du trio LIGNE SUD, avec le batteur niçois André CECCARELLI et le Contrebassiste Diego IMBERT qui remplace Jannnick TOP, également marseillais est consacré aux musiques des films qu’aime le pianiste et pas nécessairement ceux dont il a écrit la musique. Il fut l’ami et complice de Francis LAI, son arrangeur attitré, avec le tube planétaire de Love Story, sorti en 1971.

La formule gagnante du trio (piano, basse, batterie) http://lesdnj.over-blog.com/article-ligne-sud-trio-121873339.html#_edn1 est élargie au sextet avec l’adjonction de trois formidables “guests”, le clarinettiste et saxophoniste Thomas SAVY, le trompettiste, marseillais de coeur, Christophe LELOIL et son fils, le guitariste Julien GAUBERT. Comme le répertoire reprend de nombreuses chansons , une chanteuse est de la partie Karine MICHEL pour “Un homme et une femme de Francis Lai composée avec Pierre BAROUH, ou la cultissime “Chanson d’Hélène” (Les choses de la vie) ainsi que le non moins célèbre “Moon River” de Johnny MERCER et Henri Mancini pour Audrey HEPBURN dans Breakfast at Tiffany’s, le merveilleux film de Blake EDWARDS d’après Truman Capote. On voit que Karine MICHEL n’a pas la partie la plus facile.

Le livret de cet album, sorti chez Cristal records est de Stéphane LEROUGE l’un des plus grands experts de musiques de films, concepteur de la collection “ECOUTEZ LA MUSIQUE”, chez Universal Music France. Quand il écrit “une ligne de chant claire qui parle au coeur, aux sentiments mais troublée par une harmonisation complexe”, on ne saurait mieux dire.

Car ce qui plaît d’emblée, c ’est la façon dont Gaubert et ses amis reprennent “His eyes Her eyes”, l’un des passages les plus connus de la B.O L’Affaire Thomas Crown de Norman Jewison (1969) qui valut à Michel Legrand son premier oscar. Et une fois de plus, le miracle du jazz intervient : on reconnaît le thème immédiatement rafraichi, si plaisant quand saxophone et trompette font leur entrée, puis la variation naît, quand tous se mettent à improviser, avec cette surprenante familiarité qui est l’essence du jazz. Et cela est d’autant plus remarquable quand on connaît la version “princeps”, un peu plus emphatique.

Ainsi se laisse-t-on entraîner dans ces musiques de films qui sont un peu celles de sa vie, choisies par Christian GAUBERT : le Brésil d’ Orfeu Negro de Marcel CAMUS, la comédie délicieuse d’Yves Robert Un éléphant ça trompe énormément, où le pianiste rejoue et transfigure la musique de Vladimir COSMA avec des accents proches parfois des mélodistes d’Hollywood comme David Raksin. Ça swingue plus assurément que dans la Bo du film!

Deux pépites complètement inconnues de Gaubert montrent aussi son talent de compositeur “The little girl who lives down the lane” du film éponyme de Nicolas Gessner, très jazz rock , époque oblige avec de belles interventions de son fils Julien à la guitare et “La puce et le privé”, film également éponyme de Roger Kay.

On redécouvre aussi l’un des thèmes très symphoniques du grand John WILLIAMS pour le non moins célèbre E.T et ce n’est pas mal non plus de réécouter cette version jazz pour finir cet album de coeur. Ce qui frappe à l’écoute complète de cet album est la diversité de talents de ce musicien méconnu dont celui de savoir s’entourer d’une aussi belle équipe n‘est pas le moindre!

Sophie CHAMBON

 

 

 

 

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17 février 2019 7 17 /02 /février /2019 11:02

Crédit photo : Frt Photo / artwork : Jean-François Santarelli

 

Carine Bonnefoy (composition, arrangements, direction, piano), Jean-Michel Charbonnel (contrebasse), André Charlier (batterie, percussions), Frédéric Favarel (guitare), Claude Egea (trompette, bugle), Jean-Jacques Justafré (cor), Damien Verherve (trombone), Stéphane Guillaume (saxophones soprano & ténor, flûte), Stéphane Chausse (saxophone alto, clarinette, clarinette basse), Nelly Lavergne, Déborah Tanguy, Manu Domergue (voix), Johan Renard, Antoine Delprat (violons), Séverine Morfin (alto), Jean-Philippe Feiss (violoncelle), Shankar Kirpalani  (basse). Invités sur la dernière plage : Laura Littardi, Nathalie James, Georges Bloch (voix)

Videlles (Essonne), sans date

Music Box Publishing CB 004 

disponible en téléchargement sur les plateformes depuis le 8 février 2019

distribution à partir d'avril 2019 : Music Box Publishing / Socadisc

 

Un nouveau disque, et un nouveau projet qui prolonge le travail entrepris au début des années 2000 avec le Metropole Orchestra des Pays-Bas (concert au dans la salle Olivier Messiaen de Radio France en novembre 2004, sous la direction de Vince Mendoza, publié sur disque en 2007 «Outre-Terres/Overlands», Cristal Records). Après cette expérience en compagnie d'un effectif impressionnant (53 musicien-ne-s, dont 26 cordes, plus 6 solistes invités), le Large Ensemble prolonge l'aventure avec un effectif (relativement) plus modeste : 17 instrumentistes. Ce sera le disque «Tribal», enregistré en 2009 et publié l'année suivante.

Aujourd'hui l'effectif demeure, avec beaucoup des personnes impliquées depuis le début du Large Ensemble. L'une des sources d'inspiration musicale perdure, depuis Outre-Terres : l'origine polynésienne, par sa mère, de la pianiste-compositrice née à Toulon. On retrouve les grands espaces, les traversées océaniques, la pulsation des musiques du monde alliées à celles du jazz. Mais l'inspiration semble libérée des entraves de la mémoire pour se projeter dans une expression du présent, où la sensualité fait jeu égal avec l'ambition artistique. Bonheur des mélodies, turbulents méandres de l'orchestration, fine écriture pour le quatuor à cordes, liberté et inspiration des solistes : tout y est. On sent que les instrumentistes engagés dans le projet le sont pour la qualité de l'écriture, où ils puisent le terreau fertile de leurs improvisations. Et comme dans les précédents disques, les voix apportent une couleur singulière, quelque chose de lumineux qui exacerbe encore le lyrisme. Chaque plage poursuit le mouvement collectif qui paraît lier indissociablement la compositrice-pianiste et ses partenaires. Et après une respiration percussive signée André Charlier, c'est un final en apothéose où le chœur surgit des lignes et des acords du piano, ultime revendication d'un lyrisme réaffirmé. Belle réussite que ce disque qui rejoint dans sa réalisation l'idéal qui présidait au projet.

Xavier Prévost

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Le Large Ensemble célèbrera ma sorte de ce disque par un concert le mercredi

février à 20h30 au Bal Blomet, Paris XVème.

http://www.balblomet.fr/events/todaytomorrow/

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13 février 2019 3 13 /02 /février /2019 21:54

 

PIERRE de BETHMANN Medium Ensemble «Volume 3, Todhe Todhe»

Pierre de Bethmann (piano, piano électrique), Stéphane Guillaume (flûte, saxophone ténor), Sylvain Beuf (saxophone alto), David El-Malek (saxophone ténor), Thomas Savy (clarinette basse), Sylvain Gontard (trompette, bugle), Denis Leloup (trombone), David Patrois (vibraphone, marimba), Simon Tailleu (contrebasse), Karl Jannuska (batterie)

Paris, 10-11 juillet 2018

Aléa 011 / Socadisc


 

Ils étaient douze pour le précédent album («Exo, volume 2», chronique sur le site en suivant ce lien). Exeunt voix, cor et tuba, bienvenue au vibraphone/marimba, et au format tentet. Ce disque et son programme concluent deux années de résidence au Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines. Changement de nomenclature, mais aucun renoncement au projet musical : un dialogue tendu entre les instrument(iste)s et l'orchestre. Tendu et exigeant, aventureux, très libre dans sa rigueur compositionnelle. Deux CD distincts, deux histoires d'apparence autonome qui cependant tissent des liens l'une avec l'autre. Ce qui semble prévaloir, c'est l'amour des solistes (et tous sont de grands solistes), immergés dans un déroulement subtilement directif : on n'est pas comme chez André Hodeir dans l'improvisation simulée, mais plutôt dans l'impro balisée : le contexte musical paraît guider chacun sur un sentier où il excelle et va s'épanouir.

CD1, on part sur un rythme marqué, et trompeur. La ligne mélodique est fragmentée, les timbres se mêlent et donnent de l'épaisseur au propos, attisant les tensions. Survient le piano qui, comme souvent chez Pierre de Bethmann, se garde bien de dérouler des valeurs rythmiques prévisibles : tout ça raconte déjà des histoires, plusieurs scénarios dont on peut penser qu'ils vont s'offrir une partie de cache-cache, et s'évertuer peut-être à nous égarer.... Je ne vais pas vous détailler le contenu de chacune des 4 plages du CD 1, et des 5 titres du CD 2 : je n'en ai ni la compétence musicologique, ni le courage. Sachez simplement que cette musique finement élaborée déploie des couleurs qui vous toucheront même si vous n'en élucidez pas tous les mystères, et que l'on est face à un disque qui va (peut-être) livrer ses secrets écoute après écoute. C'est le propre d'un art accompli.

Xavier Prévost

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Présentation du CD sur YouTube

https://www.youtube.com/watch?v=1hAmsk15_B4

Le groupe jouera le vendredi 15 février à 20h30 au Stduio de l'Ermitage, à Paris

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12 février 2019 2 12 /02 /février /2019 18:20

 

Enrico Pieranunzi (piano), Thomas Fonnesbaek (contrebasse)

Copenhague, 14-15 juillet 2017

Stunt Records STUCD18012 / Una Volta Music


 

Dans la production assez abondante (entre 2017 & 2018 j'ai vu passer 6 ou 7 disques) de notre pianiste italien préféré, cette petite perle, importée en France depuis la fin de l'automne : un duo piano-contrebasse capté dans un club de Copenhague, le Gustav's Bistro. Ce qui frappe d'abord, au delà du titre de l'album, et du thème éponyme, c'est que l'esprit de la valse est présent presque en permanence : même quand le thème est à quatre temps, ça balance encore comme une valse, qu'il s'agisse d'un standard ou de l'une de nombreuses (sept) compositions du pianiste qui émaillent l'album. Le dialogue avec le bassiste est permanent, et subtil, l'intensité constante, l'interaction tendue et presque palpable, tout respire le bonheur de jouer tout en restant absolument concentré sur la musique, la musicalité, l'ambition d'élaborer l'objet sonore dans les règles de l'Art qui font que c'en devient une œuvre. Bref une vraie réussite artistique, et un bonheur d'écoute, come ce fut, semble-t-il, un bonheur à jouer pour les duettistes.

Xavier Prévost

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Sur Youtube, le même duo à Rome en 2018

https://www.youtube.com/watch?4&v=J5-FbRz2bog


 

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9 février 2019 6 09 /02 /février /2019 10:35

Bex-Catherine-Romano, ce trio apparu dans les clubs voici deux belles décennies n’avait jamais enregistré … « C’est donc naturellement que nous avons décidé de produire cet enregistrement* (réalisé en décembre 2017) sur notre jeune label » précise Stéphane Portet, le « boss » des clubs parisiens Sunset-Sunside.

 

 

La formule nous rappelle des souvenirs personnels des années 60 quand Wes Montgomery officiait à la guitare avec Melvin Rhyne (orgue) et Paul Parker (batterie). Mais là, il n’est pas question de leader. Les trois mousquetaires se sont équitablement partagé les plaisirs de jouer. Chacun est d’ailleurs venu avec trois compositions dont nous retiendrons un titre évocateur de souvenir personnel pour chacun des compères : Il Piacere’, pour Aldo, (un roman de Gabriele d’Annunzio), ‘Letter from my mother’ pour Philip (un classique du jazzman belge) et ‘La belle vie pour Maurice’, pour Emmanuel (coup de chapeau à Maurice Cullaz, ami des jazzmen et président de l’Académie du Jazz, prédécesseur direct de Claude Carrière).

Un album tout en spontanéité, un cocktail de swing et d’émotion à déguster sans modération.

*Emmanuel Bex (orgue), Philip Catherine( guitare), Aldo Romano (batterie). La belle vie. Enregistré en décembre 2017. Sunset Records/L’autre distribution.

Concert de lancement de l’album le 22 mars au New Morning (75010)

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8 février 2019 5 08 /02 /février /2019 22:49

 

Stéphane Mercier (saxophone alto & flûte), Francesco Bearzatti (clarinette & saxophone ténor), Mauro Gargano (contrebasse), Fabrice Moreau (batterie)

Le Pré Saint-Gervais, 1-2 juillet 2013

iOSA / en téléchargement numérique https://maurogargano.bandcamp.com/album/born-in-the-sky et sur les plateformes

 

Ce pourrait être très prioritairement un disque de (contre)bassiste, mais c'est plus encore un disque de groupe, et de musiciens (au pluriel). Manifestement le souci de Mauro Gargano aura été de privilégier le groupe, CE groupe, pour mettre en évidence l'importance du choix des partenaires dans la réalisation de CETTE musique. La basse assure l'ouverture, une esquisse de mise en scène, mais c'est le surgissement des mélodies, soutenu par un drumming finement dramaturgique, qui installe la musique. À chaque nouvelle étape (le thème suivant) les souffleurs exposent une ligne, souvent asse mélancolique, avant de se donner des libertés de solistes. La conception est assez concertante, et l'on est bien pourtant en pleine pulsation jazz. La contrebasse est en constant dialogue, les lignes des instruments à vent sont fines et souples, et quand vient pour la basse le moment d'un solo, c'est toujours en interaction avec le groupe. C'est un grand travail d'orfèvres, orfèvres inspirés : grande réussite que ce disque qui voit le jour (pour l'instant seulement ?) en téléchargement numérique ; Chapeau à tout le groupe !

Xavier Prévost

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Mauro Gargano jouera avec un nouveau groupe, Nuages, au Babilo, 9 rue du Baigneur, Paris 75018, le mercredi 13 février 2019 à 21h

Nuages, avec Matteo Pastorino, Giovanni Ceccarelli & Patrick Goraguer 

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6 février 2019 3 06 /02 /février /2019 22:42

ECM 2019
Joe Lovano (ts), Marylinn Crispell (p), Carmen Castaldi (dms, perc)

Il y a parfois, et souvent dans le jazz, des moments magiques marqués sous le sceau des rencontres. Pour sceller ses retrouvailles avec le label ECM, Joe Lovano s’associe à la pianiste Marylinn Crispell et la percussioniste Carmen Castaldi pour une rencontre au sommet.
Que dire si ce n’est qu’il n’est question de rien d'autre que la magie de faire de la musique ensemble en improvisant tout de bout en bout à partir d’un matériau de base apporté par le saxophoniste. Il fallait être en osmose. Etre en emphase. Il fallait de l'écoute. Savoir ensemble mesurer l'espace et le remplir en se laissant mutuellement respirer. Il fallait du temps. Ce temps qui pour ces trois magicien(ne)s leur indique où ils doivent commencer et où finir ensemble.
Et puis il y a le son, éternel de Joe Lovano au ténor qui, comme toujours est une sorte de caresse mélodique. Créateur de l'instant, Joe Lovano vous enveloppe dans la chaleur de ses volutes. Tournant autour d’une phrase. Laissant reposer pour mieux repartir. Emmenant le souffle où il l’entend avec une sorte de calme digne d’un maître zen, loin de toute agitation. Sa musique a des airs méditatifs qui, à certains moments font penser aux exercices solitaires d’un Anthony Braxton.
Cette musique intimiste, ses accolytes savent l’écouter et la servir là où les sentiments effleurent l’âme. Et oui, il faut effectivement beaucoup d’écoute pour illuminer les silence et s’inscrire dans l’espace et les interstices.

Cette musique créée sur le vif est à la fois mystérieuse et envoutante.

Jean-Marc Gelin

 

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6 février 2019 3 06 /02 /février /2019 09:46
JAMIE SAFT STEVE SWALLOW BOBBY PREVITE       YOU DON’T KNOW THE LIFE

JAMIE SAFT STEVE SWALLOW BOBBY PREVITE

YOU DON’T KNOW THE LIFE

Rare noise records/Distribution France DIFFER-ANT

www.rarenoiserecords.com

https://jamiesaft.bandcamp.com/track/you-dont-know-the-life

 

 

Iconoclaste et visionnaire, Jamie Saft se tourne avec ce nouvel album, vers une autre formule, explorant ainsi sur le mode électrique la vision du trio classique orgue, basse, batterie, reprenant la tradition en l’aménageant, avec des compositions originales, des improvisations collectives et des reprises de thèmes populaires américains qui lui sont chers.  Toujours sur le label Rarenoise records, après Blue Dream sorti en juin 2018 et son Solo a Genova en janvier 2018, le claviériste qui joue cette fois de l’orgue Hammond, de l’orgue Whitehall, ainsi que de la Baldwin Electric Harpsichord, s’est entouré d’une fine équipe, le bassiste Steve Swallow et le batteur Bobby Previte, superbe rythmique rompue à tous les styles. Ce n’est pas leur premier album en trio, car en 2014, ils avaient déjà créé The New Standard et en 2017, ils remirent ça avec Loneliness road, preuve d’une alchimie indiscutable entre eux.

Si Jamie Saft apporte le matériau, il laisse à ses complices une grande autonomie, dans des échanges qui prennent alors tout leur sens. Ça commence très intensément par une version plutôt déstabilisante de Bill Evans “Re: Person I know” que j’ai quelque difficulté à retrouver tant il est revisité. Le second titre est beaucoup plus enveloppant “Dark Squares”, on change encore de mood avec “Water from breath”. Ne s’agit-il pas, en fait, d’un retour vers le futur, vers “une danger zone” psychédélique, une ambiance hybride où jazz, rock et même soul se rejoignent, portés par le son indiscutable de l’orgue électrifié? Progressivement, on s’acclimate,  moins désorienté, avec les images oniriques, célestes du doux et lancinant "You don’t know the life” qui commence comme à l’église, mais sans les chants du gospel.

Jamie Saft réussit tout de même le tour de force de sortir l’orgue du contexte et de lui donner une autre vie. S'il produit beaucoup de matière avec ces timbres et alliages singuliers entre orgues et harpe électrifiée ( “The break of the flat land”), Bobby Previte est absolument impérial, faisant monter la tension, se renouvellant constamment aux baguettes, martelant les tambours ou cinglant les cymbales.

L’album est subtilement construit avec un "acme" enivrant et totalement planant qui donne son nom à l’album.  L'intérêt est d' enchaîner une succession de compositions énergiques, fluides, plus ou moins intenses et rapides, sans jamais savoir où ces trois virtuoses nous entraînent.

Il n’est pas innocent de finir par deux standards, précieux, quelque peu dépoussiérés, surtout "Moonlight in Vermont”, d’autant que Saft a choisi cette fois d’enregistrer dans un studio mythique, celui créé par l’ingénieur du son, Walter SEAR, à Manhattan, temple de la production musicale où s’attardent encore les ombres de chers disparus Bowie, Lennon, Lou Reed et l’empreinte de vivants, non moins aimés, Wayne Shorter, John Zorn… Si “Moonlight in Vermont” reprend  des couleurs, le délicieux "Alfie" du génial Burt Baccharach, est impeccablement tenu jusqu’à la note finale.

Un CD des plus séduisants, hautement recommandable qui vise haut et loin. C’est la marque des très grands.

Sophie Chambon

 

 

 

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6 février 2019 3 06 /02 /février /2019 09:42
BEX, CATHERINE, ROMANO LA BELLE VIE

BEX, CATHERINE, ROMANO

LA BELLE VIE

SUNSET RECORDS/ L’Autre Distribution

Sortie le 1er février 2019.

 

C 'est un fameux trio de musiciens, à la belle carrière, né dans les années 90, qui a pris son temps pour enregistrer en live ( on entend le public qui applaudit à la toute fin de l’album) sur le label du club parisien du Sunset/Sunside, alors qu’Emmanuel BEX, Philip CATHERINE et Aldo ROMANO ont joué ensemble dans des configurations et des groupes qu’il serait vain d’énumérer.

Une histoire du jazz européen à eux trois, en somme, réunissant un organiste français, un guitariste belge et un batteur romain. “ Orgue guitare, batterie, une tradition dans le jazz, un son hérité du gospel” précise Aldo Romano. Chacun des membres de ce triangle équilatéral a apporté son savoir faire, son talent de compositeur dans le pot commun. Ils accordent leurs imaginaires musicaux, de légèreté, souvent mélancolique, de suavité exquise. Une musique sensible sans sensiblerie, intime, étrangement intemporelle, qui finit par s’imposer agréablement.

Le titre ne doit pas prêter à confusion, “La belle vie pour Maurice” est un hommage chantant à tous les sens du terme, puisque Bex utilise le vocoder, au critique et connaisseur Maurice CULLAZ. L’organiste y réaffirme son credo : le jazz n’a pas de frontière , question de partage de valeurs et d’attitudes dans la vie. C’est la manière de jouer qui fait le jazzman plus que le répertoire.

Philip Catherine, aux envolées d’ un lyrisme affirmé, chante lui aussi tel un guitar hero de la grande époque, troublant sur tous les morceaux. Aldo Romano, discret coloriste, toujours subtil, soutient l’attelage et ses qualités de mélodiste que l’on connaissait apparaissent avec une belle évidence dans “Il Piacere”.

Elégance du jeu, des alliages de timbre, virtuosité technique que l’apparente simplicité des mélodies et le sens indéfectible du tempo feraient presqu’oublier .

Les titres se suivent, la musique garde sa cohérence. Et prend même plus de relief au fur et à mesure de l’écoute. Ça swingue terrible sur “Twice a Week” et “Tompkins Square” qui finit l’album.

Sophie CHAMBON

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31 janvier 2019 4 31 /01 /janvier /2019 07:53
Chrystelle ALOUR  TRAVERSEEo

Chrystelle ALOUR

TRAVERSEE

SOCADISC/ JAZZFAMILY

 

http://www.chrystellealour.com/

 

Dans la famille ALOUR, cette fois nous demandons Christelle (piano et Fender, auteur compositeur et chanteuse) même si Sophie, la soeur saxophoniste, ici à la flûte traversière et Julien, le frère trompettiste, interviennent en guestssur cette Traversée. Un coup d'oeil sur son site révèle un parcours plus qu'intéressant, loin du jazz a priori, jusqu'à une rupture soudaine à 35 ans avec une carrière plus "sérieuse", juridique. Courageux de changer ainsi d'orientation au cours d'une vie bien tracée.

Tropisme brésilien? 3 chansons en V.0 penchent vers ce versant "Florabaila", "O Leaozinho de Caetano" de Caetano Veloso et "Arota do individuo" de Djavan, Orlando de Moraes. Samba et jazz ont toujours fait bon ménage. Même quand elle ne chante pas en brésilien, ce mood demeure et cet exotisme est de bon aloi, réchauffant en ce début de nouvelle année. Surtout quand intervient le saxophone voluptueux de David PREZ du collectif Paris Jazz Underground. C'est que le groupe de Christelle ALOUR est composé de musiciens aguerris que l'on aime : Simon Tailleu à la basse, Sandro Zerafa à la guitare et Manu Franchi (batterie).

Venons en maintenant à ce qui me paraît toujours plus délicat, le vocal : là encore, une surprise plus qu'agréable, une voix chaude et sensuelle qui n'escalade pas les gammes et ne tente pas la virtuosité. Néanmoins, le timbre reste dans l'oreille, porté par les rythmes brésiliens, samba, bossa qui sont plus que flatteurs.

Prometteur!

Sophie Chambon

 

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