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28 avril 2023 5 28 /04 /avril /2023 17:56

Dan Tepfer (piano)

StorySound Records / Proper Music

 

Plus de dix ans après le disque «Goldberg Variations / Variations», enregistré en 2011, Dan Tepfer revient vers Bach, et cette fois pas pour improviser sur chacune des pièces originelles après les avoir interprétées ‘dans le texte’. La caractéristique des Inventions de Jean-Sébastien Bach, c’est qu’elles ne sont qu’au nombre de 15 (BWV 772 à 786). Au lieu de donner 12 inventions en majeur et 12 en mineur, sur les 12 degrés de la gamme chromatique, Bach avait laissé de côté 9 tonalités et modes. Et le projet, aussi artistique de ludique, a consisté pour Dan Tepfer à proposer ses ré-inventions sur chacune des tonalités délaissées. Il en résulte une sorte de voyage, à la fois musical et spirituel, dans le passé de l’histoire et dans le présent de l’improvisation. Et l’esprit du jazz est bien là, où se jouent les relations entre l’écrit et l’improvisé, le familier et l’étrangeté de l’objet neuf qui surgit d’une impression, d’un désir, d’une émotion ou de la connaissance intime de la musique. Cérémonie secrète peut-être, c’est en tout cas fascinant, et intensément jouissif, pour le mélomane sans œillères que tente d’éveiller - ou de réveiller - en nous, le pianiste.

Xavier Prévost

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Un avant-ouïr sur Youtube :

Dan Tepfer : Invention improvisée en Ré bémol mineur

 

J.S. Bach : Invention en La Majeur / D. Tepfer Improvisation en Si bémol mineur

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20 avril 2023 4 20 /04 /avril /2023 11:41

Caracol, théâtre l’Echangeur, Bagnolet (93). Juin 2022.
Collectif Surnatural / L’autre distribution.
Paru le 31 mars 2023.


     En 2025, il sera célébré le centième anniversaire de la disparition d’Erik Satie, compositeur inclassable, atypique. Prenant de l’avance sur les hommages de la sphère musicale, le saxophoniste ténor Fabrice Theuillon s’est allié au pianiste Yvan Robilliard, pour réorchestrer treize œuvres, de courtes pièces, du normand né à Honfleur (1866) et décédé à Paris, « miné par les désillusions, la misère et l’alcool » (François Hudry).


     On y retrouve des titres qui prêtent à la mélancolie et d’autres qui prêtent à sourire. Les deux comparses reprennent ainsi les premières œuvres pour piano qui assurèrent le succès d’Erik Satie, la Gymnopédie n°1 (1888), deux Gnossiennes, les 2 et 4 (1890) ou encore un des Airs à faire fuir (1897). Mais aussi des Nocturnes (1 et 3) et des airs moins connus tels que Sévère réprimande ou Affolements granitiques.

     L’album est titré IKIRU dans une évocation du film éponyme d’Akira Kurosawa (‘Vivre’ en français) sorti sur les écrans en 1952 et inspiré en partie par le roman ‘La mort d’Ivan Illitch’ de Léon Tolstoï. Un scénario qui peut ainsi se résumer à gros traits la prise de conscience d’un modeste fonctionnaire atteint d’un lourd cancer qui choisit de vivre dès lors sans entraves ses derniers instants sur terre.

 

     Avec ‘IKIRU plays Satie’, Fabrice Theuillon (Surnatural Orchestra, PYG, The Wolphonics), à l’origine du projet, nous plonge dans un univers où l’étrange cohabite avec l’intime.


     Un album grave et léger qui va à l’essentiel en moins de 45 minutes. Nous sommes au cœur de l’œuvre de ce compositeur hors des sentiers ‘battus, surnommé par certains ‘Esotérik Satie’.  D’ores et déjà, une des belles découvertes discographiques de 2023.

 

Jean-Louis Lemarchand.

 

 

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15 avril 2023 6 15 /04 /avril /2023 15:35

 

Ingrid Laubrock (saxophones ténor & soprano), Mazz Swift (violon), Tomeka Reid (violoncelle), Brandon Seabrook (guitare), Michael Formanek (contrebasse), Tom Rainey (batterie)

New Haven (Connecticut), septembre 2019

Pyroclastic Records / https://ingrid-laubrock.bandcamp.com/album/the-last-quiet-place

 

En écoutant ce disque, je me souviens de la première fois où j’ai rencontré Ingrid Laubrock. Elle vivait alors en Angleterre, après avoir quitté son Allemagne natale en 1989, et avant son installation à New York en 2008. En janvier 2003, j’avais invité son groupe britannique (avec avec Karim Merchant, Larry Bartley & Tom Skinner) pour un concert ‘Jazz sur le Vif’ au studio 105 de Radio France. Je profitais ainsi du fait qu’un ami informaticien à la radio, qui animait à Lens (dans le Pas-de-Calais, sur la route d’Albion donc….) l’association ‘Jazz sur les terrils’, avait convié dans cette ville le quartette, ce qui nous permettait de part et d’autre de minorer les frais de voyage en les partageant. Et j’avais alors été très impressionné par cette musicienne, déjà en quête d’un jazz aventureux, mais loin encore de ‘sortir de clous’ comme elle l’a fait par la suite.

Au fil des ans j’ai écouté nombre de ses disques, et quelques-uns de ses concerts auxquels j’ai assisté, et je dois reconnaître qu’elle m’étonne encore. Le titre de ce disque est trompeur : cet ultime endroit tranquille, auquel chacun peut aspirer, lieu de méditation et de création sereine, est en fait le reflet du trouble et du tumulte d’un monde qui paraît courir à sa perte. La musique est turbulente, acérée, audacieuse et libre. Conçue avec d’infinies nuances, mais avec aussi des épisodes très décapants, elle conjugue les mystères d’une musique de chambre décalée et d’un jazz aussi libre qu’innovant. La qualité des membres du groupe permet de créer un univers où rigueur et liberté se donnent la main. Très belle réussite.

Xavier Prévost

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Ingrid Laubrock, de passage en Europe (Norvège, Allemagne, Angleterre….) jouera à Paris, en duo avec le saxophoniste Stéphane Payen, le lundi 17 avril 2023, à 20h, 3 rue Française (75001)

https://www.eventbrite.fr/e/billets-jazz-a-rue-francaise-18-607775662367

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13 avril 2023 4 13 /04 /avril /2023 16:31

Guillaume de Chassy (piano), Christophe Marguet (batterie), Thomas Savy (clarinette basse)

Poèmes lus par Delphine Lanson & Lambert Wilson

Amiens, octobre 2022

Mélodie en sous-sol MESS 0003 / l’autre distribution

 

Troisième rencontre transversale entre Guillaume de Chassy et Christophe Marguet. Après «Shakespeare Songs», et «Letters to Marlene», en compagnie du saxophoniste Andy Sheppard, voici un nouveau partenaire musical, Thomas Savy, à la clarinette basse. Les textes, qui se penchent sur la question amoureuse, puisent à de multiples sources, anglo-saxonnes et françaises, du 17ème siècle (Tristan L’Hermite) à nos jours (Wendy Cope, Hélène Cadou….) en passant par Emily Dickinson, T.S. Eliot, Henri de Régnier, Apollinaire , Baudelaire, et d’autres qui m’étaient inconnu.e.s. (par exemple Christina Rossetti ou Wendy Cope). Coucher avec Elle, poème de Robert Desnos, qui avait été mis en musique par Michel Legrand pour Yves Montand, trouve ici une densité musicale qui manquait à la précédente mise en musique (un blues un peu paresseux….) : la différence peut-être entre l’industrie musicale et l’Artisanat d’Art. La verve du trio fait un bel écho aux deux voix, masculine et féminine, qui nous livrent ce poème mutin de Desnos. Bref une fois encore, avec une entreprise à nouveau singulière, de Chassy et Marguet nous rappellent que la musique, pour elle-même comme en version croisée avec d’autres formes d’expression, est un Art. Un Grand Art.

Xavier Prévost

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Le trio sera en concert le 15 avril à Pau (Les Rencontres Pau Jazz), le 26 à Paris, au Sunside, et le 28 à Lausanne au Chorus Jazz Club

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12 avril 2023 3 12 /04 /avril /2023 15:06

David El Malek (saxophone tenor), Alex Tassel (bugle) et Pierre de Bethmann (piano).
Peninsula Studio à Sarzeau (56), 2019.
Sunset Records / Baco Distrib.
À paraitre le 14 avril.


     Dix ans de silence discographique rompus pour David El Malek avec un album qui joue la carte de la sensibilité et de la sobriété. « C’est un hymne au silence » commente sa consœur saxophoniste Sophie Alour à propos de « Travelling ».


     Ici, les notes sont rares, économisées, le disque n’excède pas la trentaine de minutes quand d’aucuns vont jusqu’à la limite technique du cd (70 minutes et des poussières). C’était le credo de Miles, ne jouer que les notes indispensables. ‘’Less is more’’. Le saxophoniste ténor partage cet avis et avec lui ses deux comparses, le pianiste Pierre de Bethmann et le bugliste Alex Tassel.
 


     Il règne une atmosphère apaisée tout au long de ces neuf plages dont trois titres du compositeur-chanteur israélien Matti Caspi et une œuvre poignante de Léo Ferré, ‘Pépée’, hommage à son chimpanzé.


     Un album d’une grande homogénéité que l’on réécoute en boucle pour en tirer la substantifique moelle.

 

Jean-Louis Lemarchand.

 

David El Malek sera en concert au Sunside (75001) le 15 avril avec Yoann Loustalot et Baptiste Trotignon et le 13 juin avec Yoann Loustalot et Pierre de Bethmann.

 

©photo  Jean-Baptiste Millot.

 

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11 avril 2023 2 11 /04 /avril /2023 20:08

Jacques Schwarz-Bart (saxophone ténor, effets), Victor Gould, Sullivan Fortner, Grégory Privat (piano), Matt Penman, Reggie Washington (contrebasse), Marcus Gilmore, Terry Lyne Carrington, Arnaud Dolmen (batterie), Malika Tirolien, Stephanie McKay (voix)

New York, 2021 octobre 2021, et une plage dans un autre lieu (At home ?)

Ropeadope / L'Autre Distribution

 

Brother Jacques’ revient, après trois années de silence phonographique. Retour en force, avec plusieurs équipes, composées de la fine fleur de New York et des Antilles. Des compositions originales, mais aussi une reprise de Herbie Hancock -et Benny Maupin- (Butterfly, dans un arrangement-maison) et un standard de Richard Rodgers que chantait Nat King Cole (Look No Further, rajeuni et vivifié). Cette Harlem Suite ne fait pas directement référence à la suite (A Tone Parallel to Harlem – Harlem Suite) créée par Duke Ellington au début des années 50, mais au voyage de Jacques Schwarz-Bart, à la Guadeloupe et qui, dans les années 90, arrive à New York, après des études de sciences politique à Paris, un travail d’assistant parlementaire au Sénat de la République Française, puis un cursus au Berklee College de Boston (où il enseigne désormais). C’est donc une évocation de ce point névralgique de la ‘Grosse Pomme’, où se sont retrouvés beaucoup d’Afro-Descendants, issus de la traite négrière qui avait dispersé leurs ancêtres dans les deux Amériques, et la Caraïbe. C’est là que le saxophoniste s’est frotté aux grandes figures de cette musique avant de prendre son essor artistique, de part et d’autre de l’Atlantique. Le disque est le reflet de cette vitalité et de cet engagement dans l’expressivité qui sont la marque de cet univers musical, qui associe le jazz et beaucoup d’autres musiques afro-américaines et caribéennes. Une sorte de grand voyage dans la pluralité des idiomes, et dans la mémoire, avec un constant feeling.

Xavier Prévost

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Le quartette, avec Grégory Privat, Reggie Washington et Arnaud Dolmen, est en concert à Paris au Duc des Lombards les 13 et 14 avril. C’est complet à 19h30 mais il reste des places jeudi à 22h

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Un avant-ouïr sur Youtube

https://www.youtube.com/watch?v=Kh8CvVYXMOY

 

https://www.youtube.com/watch?v=kjqy9Dz5ZSI&t=1s

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9 avril 2023 7 09 /04 /avril /2023 16:16

Quartette de jazz

Clovis Nicolas (contrebasse, composition), Jeremy Pelt (trompette), Sullivan Fortner (piano), Bill Stewart (batterie)

Quatuor à cordes

Ulysses Quartette : Christina Bouey, Rhiannon Banerdt (violons), Colin Brookes (alto), Grace Ho (violoncelle)

New York, avril & septembre 2022

Sunnyside Records SSD 4119 / Socadisc

 

Une entreprise singulière, presque déraisonnable, et pourtant féconde. Le contrebassiste Clovis Nicolas, qui poursuit sa carrière de jazzman à New York depuis une vingtaine d’années, a parallèlement étudié à la Juilliard School la composition classique. Et après avoir conçu une pièces pour quatuor à cordes intitulée Le Miroir, et à l’instigation du musicien et producteur Daniel Yvinec, il a entrepris d’en faire une version pour quartette de jazz avec le gratin de la scène états-unienne. Peut-être pour ne pas effaroucher les amateurs de jazz, les versions pour quartette de jazz se succèdent en début de CD, suivies par la version pour quatuor à cordes. Le vieux mélomane généraliste qui sommeille en moi depuis l’enfance, au côté du jazzfan presque sectaire, m’a incité à écouter chaque mouvement du quatuor (le matériau musical originel) avant la version pour quartette de jazz. Ce qui veut dire plage 6 puis plage 1, 7 puis 2, etc.… Et ce choix m’a convenu, au-delà de toute espérance, et permis de goûter les métamorphoses comme les constantes. Les tensions mélodico-harmoniques du quatuor à cordes ne subsistent pas toutes dans la version jazz, mais sont remplacées par d’autres ingrédients musicaux. Et la structure même des mouvements peut subir des modifications. Mais c’est, de part et d’autre, d’une belle cohérence. La virulence rythmique du scherzo, côté quatuor, devient en quartette de jazz une page de musique afro-cubaine. Et ainsi de suite. À écouter, et réécouter, pour en goûter la substantifique moelle. Audacieux et convaincant : bravo !

Xavier Prévost

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Clovis Nicolas sera en concert , solo de contrebasse & quartette de jazz, le mercredi 12 avril à Paris au Sunside

https://www.sunset-sunside.com/2023/4/artiste/4288/9080/

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Des avant-ouïr sur Youtube

https://www.youtube.com/channel/UCXPKEg1F78ComibFHrmfG-Q

 

https://www.youtube.com/watch?v=WNzdYe-MchI

 

https://www.youtube.com/watch?v=IUgl64lvDoA

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9 avril 2023 7 09 /04 /avril /2023 10:38

Aruán Ortiz (piano), Brad Jones (contrebasse), John Betsch (batterie)

Winterthur (Suisse), 18-19 septembre 2022

Intakt CD 392 / Orkhêstra International

 

Comme je le fais souvent, j’écoute une première fois le disque sans regarder les titres, compositeurs, et leur ordre : plaisir de la découverte sans idée préconçue, mais pas forcément sans références. Dès les premières mesures de la première plage, une introduction manifestement hors thème me fait penser, je ne sais pourquoi, à Thelonious Monk : accords syncopés à l’extrême, liberté frondeuse, pulsation délibérément claudicante, dissonances affirmées…. En fait ce sera Shaw’ Nuff, un thème de Parker et Gillespie que Monk, à ma connaissance, n’a pas joué avec eux, ni sous son nom. C’est le seul standard du jazz de ce disque, dont le répertoire est consacré aux compositions du pianiste, à l’exception d’une danse du répertoire classique cubain du dernier tiers du 19ème siècle, bien cachée, en déstructuration et au ralenti, dans une longue improvisation. L’essentiel n’est pas dans le répertoire, mais bien plutôt dans la façon dont le pianiste s’en saisit, avec une liberté et une imagination confondantes. Et soutenu en permanence, avec pertinence et inventivité, par Brad Jones et John Betsch. Au fil des plages (dont une en solo) Aruán Ortiz nous administre une potion de jouvence, puisant dans les inouïs du free jazz ou du piano contemporain autant que dans le souvenir des musiques de sa Caraïbe natale. À la cinquantaine (son âge aujourd’hui) et après une vingtaine d’années à New York, le pianiste nous régale d’une généreuse bouffée de liberté -qui n’est pas sans mémoire-, de spontanéité frondeuse et de lyrisme pour les temps futurs : une bourrasque créative, et un grand moment de musique…. et de piano !

Xavier Prévost

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7 avril 2023 5 07 /04 /avril /2023 19:20

Château Fleur Cardinale, Saint-Etienne-de-Lisse (33330) le 18 juillet 2022.
Jazzline – D77126 / Socadisc.
À paraitre le 14 avril.

    Voici plus de cinq décennies que le pianiste américain, résidant aujourd’hui en Allemagne, nous épate à chacune de ses apparitions ! On l’a vu jouer avec Chet Baker, Stan Getz ... Il a constitué avec Dave Liebman l’un des duos historiques de la musique que nous défendons, c’est lui encore qui a cofondé le quartet Quest avec le même partenaire ... Il apparaît en tant que leader ou accompagnateur sur plus de 400 enregistrements, dont 26 sont de purs solos, Le premier remontant à 1977, ‘’HUBRIS’’ pour ECM, label pour lequel il participa de la première génération des musiciens appelés par Manfred Eicher à enregistrer des albums de piano solo, avec Keith Jarrett, Paul Bley, Chick Corea ... alors qu’il avait tout juste 30 ans.

 

    45 ans plus tard, il nous livre en un nouveau piano solo, ‘’LEAVING’’, une approche renouvelée, apaisée, des standards du jazz dans le cadre unique du Château Fleur Cardinale à Saint-Emilion, en France.  

    Que l’on ne s’y trompe pas, cet album n’est pas que le nième enregistrement solo de Richie, c’est l’un des plus beaux moments de musicalité qu’il nous ait été donné à déguster depuis longtemps!

    Les albums solo publics de Richie sont rares, pour ne pas dire rarissimes*; C’est ici la première fois qu’il ne joue que des standards (mis à part les deux rappels, constitués de deux de ses compositions) et des medleys** aussi aboutis dans un tel contexte.

    On appréciera l’évolution de l’artiste entre ses interprétations de thèmes tels que ‘Nardis’, ‘Solar’, ‘Blue in Green’, ‘Spring Is Here’ ... en 1981 et en trio pour l’album ‘’Elegy For Bill Evans’’ (Trio Records – PAP-25005), si l’on en dispose, et celles jouées ici, dans le contexte restreint mais si expressif, et expansif,  du solo ...

 

    Attention … Chef d’œuvre !!

 

Francis CAPEAU.

 

* ''Live in Tokyo, Solo Concert'' (Trio Records - PAP-25019), 1982.

''Maybeck Recital Hall Series, Vol.19'' (Concord CCD-4518), 1992.

''Impressions of Tokyo (ancient city of the Future)'', (OutNote Records OTN009), 2011, produit par Jean-Jacques Pussiau.


**Le premier articulé sur les thèmes de ‘What Is This Thing Called Love ?’, ‘Alone Together’ et ‘Blue in Green’, le second sur ceux de ‘Spring Is Here’, ‘Maiden Voyage’, Monk’s Dream’ et 'You don’t Know What Love Is’.

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3 avril 2023 1 03 /04 /avril /2023 18:31
CAMILLE BERTAULT    BONJOUR MON AMOUR
CAMILLE BERTAULT    BONJOUR MON AMOUR

Camille Bertault    Bonjour mon amour

 

Vita Productions

Sortie le 31 mars 2023

Concert de Sortie le 18 avril au New Morning

 

 

On avait beaucoup aimé Le Tigre découvrant les hardiesses vocales de Camille Bertault musicienne accomplie (quinze ans de piano classique), passionnée de théâtre qui aurait pu être son premier choix de carrière. Et cela se sent, sur scène et dans ses clips. De l’assurance, du charme et de la fantaisie, de la maîtrise également.

Elle revient avec un nouvel album qu’elle a auto produit et fabriqué artisanalement, l’objet le plus personnel, intime jamais osé auparavant. Une nouvelle étape, décisive, dans sa carrière, où la chanteuse se livre encore plus que dans les précédents albums. Elle compose des textes tissés dans son vécu, emballés avec style, une sorte de journal intime, somme de ses réflexions. Ses textes n’ont aucune fausse candeur, elle est trop tonique pour cela. Elle pose ses mots qui sonnent juste dans des chansons au montage bien construit. Douze titres plutôt courts favorisent une écoute continue d’un album dont on ne se lasse pas. Un auto-portrait sincère, sensible, sans séduction facile que soulignent les photos prises par Julien Alour.

Son objectif est de réconcilier deux mondes assez éloignés la chanson et le jazz, le texte et la musique improvisée. Après avoir collaboré à des labels indépendants voire des majors pour les albums précédents, elle s’est associée à Vita productions pour se livrer avec son groupe de jazz inchangé à une expérience plus risquée : créer des compositions originales sur des thèmes actuels ( adolescents en souffrance au collège, dépendance aux réseaux sociaux et écrans, relation amoureuse toxique, confinement, fragilité de la vie...et du succès) et obtenir un son organique plus proche d’elle.

L’Argentin Minino Garay est cette fois aux seules percussions , le pianiste libanais est toujours Fady Farah rencontré au Conservatoire. Quant à Christophe Minck, harpiste à l’origine, il sait chanter, jouer de la basse et composer des musiques de films, ceux de Cedric Clapisch. Cette équipe solide, fidèle, rassurante que complète sur quelques titres le trompettiste Julien Alour permet à la chanteuse de s’exposer plus directement.

Sa voix douce et grave, au grain chaleureux ne cherche pas à enjamber des intervalles périlleux. Son énonciation distincte sculpte les détails dans un phrasé original, un tempo ajusté quand elle étire ses phrases ou les scande plus intensément. Elle ne tord pas le sens de ce qu’elle dit, veut être comprise même quand elle s’essaie au rap sur “Dodo”, évocation de la disparition d’espèces et … de la crise écologique. Des textes d’une compositrice qui sait mettre en musique, varier les climats, connaît les nuances. Pour une fois, le français sert son interprète, en jazz. Simple dans son apparente décontraction, elle sait capter l’attention et charme par la qualité de son écriture et de son interprétation.

Et pour clore l’album, quelle finesse dans sa reprise en français de “My Fav’Things”. Elle parvient brillamment à s’approprier la chanson dans une version qui devrait faire date... Quand on vous disait qu’elle a tout d’une grande!

 

Sophie Chambon

 

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