Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
3 octobre 2011 1 03 /10 /octobre /2011 19:03

louis-winsberg-marseille-marseille-111925061.jpgSuch Production

Site de l'artiste

Marseille, ville du métissage, populaire et rebelle, future capitale culturelle européenne en 2013, n’a pas souvent inspiré les jazzmen. Et on comprendra pourquoi avec le dernier titre  « Marcel, Marcel ». Et pourtant, le guitariste Louis Winsberg lui dédie son dernier album, Marseille, Marseille, frappé du sceau de la «Bonne Mère», la patronne de la ville qui dominait fièrement la cité phocéenne du haut de sa basilique néo byzantine, jusqu’à l’érection de la tour de verre et d’acier de la CMA-CGM, de l’architecte libanaise Zaha Hadid. Car Marseille, la plus ancienne ville de l’Europe de l’ouest ne s’enorgueillit pas de ses vestiges, ayant constamment ouvert de nombreux chantiers sur les décombres du passé. Marseille est une ville d’illusions et de paradoxes, bruyante, énervée, volubile, volontiers caricaturale, mais aussi représentative du sud dans une générosité d’accueil. La Provence est un peu loin, repliée dans l’arrière-pays, sur d’autres territoires du département, Marseille ayant intégré les vagues successives d’immigration de la Méditerranée.  Le premier titre Pourquoi cette ville illustre un hommage  que présente Louis Winsberg, sans la moindre pointe d’ «assent », ni à la Pagnol, ni à la Gaudin, ni à la Caubère. Il dit « le métissage de la rue et de la Méditerranée » dans ce texte qu’il a écrit sur fond de musiques et chants orientaux. Le deuxième titre renvoie à « La camarguaise »,  avec guitare flamenca et accompagnements palmas. Car bien que natif de la ville, Louis Winsberg s’est réfugié dans son patio (et on peut aisément le comprendre) dans les Alpilles, petit paradis, à deux encablures d’Arles, la véritable capitale provençale et du delta du Rhône, la Camargue. Avec son album, on  fait donc du tourisme dans les Bouches du Rhône, de la Méditerranée des calanques aux Alpilles tout en retrouvant « la Belle de Mai », un des visages de cette ville éclatée aux cents villages. Marseille, ville de contrastes dont il n’est pas facile de se déprendre, une fois sous le charme de son environnement naturel, exclusivement minéral, pourtant. « La Belle de mai» ne nous renvoie  pas vraiment à la tradition de Scotto (Vincent),  ni aux chansons populaires style Mon amant de St Jean de Lucienne Delyle, mais évoque une troublante Leila, revisitant comme dans « L’étranger », « Fiyach » et « Makountou »-deux traditionnels algériens-la ville actuelle. Louis Winsberg se devait de reprendre lui aussi « la Marseillaise» et sa version flamenca (instrumentale), sonne aussi bien que celle reggae de Gainsbourg. Comme quoi, la musique de notre hymne national s’accoutume à tous les rythmes. Winsberg nous livre ainsi son partage du midi avec sa bande de potes, en tête Mona, belle chanteuse et joueuse d’oud, Jean Luc di Fraya à la voix qu’il a fort belle et aux percussions, Lilian Bencini à la contrebasse…Antonio el Titi, et Miguel Sanchez aux guitares flamencas ainsi que beaucoup de musiciens invités qui sont aussi Marseillais de cœur comme Julien Lourau. La culture musicale de Winsberg, comme celle de la ville, se nourrit de beaucoup d’influences : lui qui fut l’un des piliers de Sixun, grand groupe de jazz rock fusion des années quatre-vingt, aime particulièrement le flamenco. Il se laisse influencer volontiers par la beauté de l’Orient dont Marseille fut la grande porte au XIXème et ne dédaigne pas la modernité électronique, dans cette succession de titres où règne la guitare dans tout son éclat, électrique, acoustique, arabo-andalouse, soutenue par tout un cortège d’instruments méditerranéens mais pas seulement (oud, zarb et bendir, karkabous, cajons, bouzoukis...). Et il agence plutôt finement le réseau de toutes ses influences qui auraient pu se télescoper bruyamment et chaotiquement. Enfin, si vous voulez savoir ce qu’est Marseille, écoutez le dernier morceau, synthèse humoristique de la situation. Difficile d’expliquer ce qu’est le jazz à un « pur » Marseillais (si ça existe) : comment lui faire comprendre ce que signifie l’improvisation ? En  comparant un musicien de jazz à un joueur de foot. Car le seul véritable élément fédérateur, au fond,  la culture de la ville, son identité se déclinent passionnément autour du « foot ». Ah ! Peuchère…. 

Sophie Chambon

 

En concert le lundi 10 octobre à la Cité de la Musique à Marseille dans le cadre de Jazz sur la ville.

 

Repost 0
Published by Sophie Chambon - dans Chroniques CD
commenter cet article
2 octobre 2011 7 02 /10 /octobre /2011 21:12

Cheerleaders  Pierrick PEDRON

ACT/ HARMONIA MUNDI

Pierrick Pedron (saxophone alto), Chris De Pauw (guitare), Laurent Coq (piano, Fender, arrangement), Vincent Artaud (contrebasse, arrangement du 7), Franck Agulhon et Fabrice Moreau (batteries), Ludovic Bource (orgue Farfisa, direction artistique). Brass band et 7 chanteuses dont Elise Caron (premier titre)

pierrick-pedron-cheerleaders-18547920.jpg

Il y a quelques mois, lorsque nous avons reçu le nouvel album de Pierrick Pedron, et avant que n’explose le concert unanime des chroniques louangeuses et quasiment laudatives qui font florès ces jours-ci, nous avions eu entre chroniqueurs des DNJ un échange à propos de Cheerleaders. Une vraie duvision entre les pros et les antis. Pour schématiser il y a ceux qui n’avaient pas trop aimé Omry ( l’album précedent)  et qui se retrouvaient dans Cheerleader et réciproquement ceux qui avaient adoré Omry et ne retrouvaient pas son côté vif saignant dans celui-ci.

Nous avions confié à Sophie la chronique principale mais nous avons néanmoins ressenti le besoin de nous retrouver autour d’une table, d’écouter , de commenter et de débattre.

Vous trouverez donc ici, à la suite de la chronique principale de Sophie Chambon les avis de 4 de nos chroniqueurs. Comme vous pourrez le constater, ces avis-là sont plus que partagés, radicalement opposés. A vous d’exprimer le vôtre.

 

 

 

 

Sophie Chambon

Après Omry en 2009, on est heureux de retrouver l’altiste Pierrick Pedron dans son nouveau projet intitulé Cheerleaders qui prolonge son rêve de vie musicale. Si on prétend connaître un tant soit peu Pierrick Pedron, on ne sera pas étonné de le voir affronter à chaque album, avec un certain courage, de nouvelles orientations dans un incessant jeu de tensions-détentes, répétitions-ruptures, avec des changements radicaux de sonorités et un art maîtrisé des collages et du montage au sens cinématographique. Il ne souhaite  pas rester dans le même sillon où il excellerait pourtant : on se souvient de Deep in a dream qui nous avait séduit (le mot est faible) par l’intensité des mélodies et les qualités inhérentes à son jeu :  phrasé parfait, lyrisme à fleur de peau, engagement sensuel, timbre soyeux qui font dresser l’oreille dès que Pierrick embouche son sax. Ecoutez si vous avez le moindre doute à ce sujet, la ballade « The Mists of time », où  Pierrick Pedron se révèle indéfectible musicien de jazz. Mais sans aucun sectarisme, ni esprit de chapelle, il connaît la chanson, et toutes les musiques. Tout cela avec un beau professionnalisme, une virtuosité dans l’écriture et la mise en forme. Pas la moindre fausse note, la cohésion est parfaite et l’ensemble tiré au cordeau (un exemple parmi d’autres, ce petit bijou de The Cheerleader’s NDE). 

Son dernier opus sorti chez ACT, une étape dans la carrière de ce musicien singulier, tourne autour d’un projet soufflé par la vidéaste/photographe Elise Dutartre, celui de raconter une tranche de vie d’une figure totalement inventée, une majorette (« Cheerleader » en anglais). Le sextet de Pierrick, à savoir son premier cercle, le pianiste arrangeur Laurent Coq, le contrebassiste Vincent Artaud, les batteurs Franck Agulhon etFabrice Moreau,  le guitariste Chris De Pauw,s’associe à une superbe fanfare, un Brass band de 17 cuivres auquel se superposent des voix féminines dont celle d’Elise Caron sur le premier titre, mystérieux Esox-Lucius. (1)

C’est toujours Pierrick Pedron mais autrement : les photos nous projettent dans un univers de fiction : j’ y vois pour ma part Pierrick en soldat de plomb, et/ou en costume chamarré de hussard dans un film napoléonien avec à ses côtés, une jolie majorette aux bottes blanches (These boots are made for walking ?). La musique nous suggère des images qui ne demandent qu’à être complétées, accompagnant le cinéma virtuel qui tourne dans nos têtes (le monde des « marching bands », des ragtimes, du cirque à la Fellini, des studios hollywoodiens.)

Pierrick Pedron est vraiment un artiste complet (2) qui peaufine chacune de ses réalisations, prend son temps pour réunir les meilleures conditions d’enregistrement, s’entourer des partenaires les plus adaptés à la teneur du projet, les laisser dans une liberté surveillée, jouer enfin sa musique. (3)

Cette création de chaque instant, très travaillée, généreusement expansionniste parce qu’elle ne prend pas le pouvoir, se développe au contraire à perte d’ouïe, à chaque nouvelle lecture révélant les richesses d’un intertexte, labyrinthe dans lequel on s’avance avec plaisir. Esox-Lucius  commence, belle envolée, déclaration tonitruante qui claque dans un ciel d’orage lardé des biffures de voix féminines, du rock progressif de la plus belle facture, avec une fanfare semblant toujours démarrer de façon intempestive pour réveiller des souvenirs de la protohistoire du jazz. Rupture avec The Cloud  plus tendre, évidemment (où vont les merveilleux nuages qui passent… ?) L’enchaînement de ces «short stories» est un peu mystérieux, nous tenant en haleine,  à l’image du parcours de l’héroïne dont on ne sait rien mais qui nous entraîne au bout de sa nuit, jusqu’au thème final épuré Toshiko de Laurent Coq. Dès lors, on ne peut que conseiller d’aller voir partout où ils passeront Pierrick et sa troupe, même si ce projet paraît inconséquent et invraisemblable. Il fallait oser et le résultat est à la mesure de l’audace et du cœur à l’ouvrage.Post-Scriptum

Notes

(1) Les amateurs de pêche et les pêcheurs, espèce dont fait partie Pierrick savent qu’il s’agit d’un grand brochet des lacs et rivières.

(2) Même la photo de couverture surprenante, a priori, a un titre évocateur : The artist who swallowed the world, sculpture par Erwin Wurm 2006.

(3) On vous renvoie pour la genèse du projet aux notes de pochette fort bien rédigées et très complètes

 

 

Loic Blondiaux

 "Pierrick Pedron est indéniablement un grand saxophoniste et sa volonté d’allier le jazz et le rock progressif originale et courageuse. Mais, venant après le très réussi OMRY, l’association se fait ici moins convaincante. Dans ce disque très arrangé, l’émotion ne surgit que par intermittence. Le reste laisse froid jusqu’à évoquer par moments certaines préciosités du rock progressif anglais du début des années soixante-dix. En dépit de la référence appuyée (et singulièrement peu perceptible à l’écoute) à l’esprit des fanfares, on reste très loin, en ferveur, du Carnaval de Dunkerque !"

 

 

Alex Dutilh

« Cheerleaders » provoque un dé-rangement. Car il s’agit d’un album de producteur ( le très doué Ludovic Bourse) amenant une cohérence de construction ( presque un album-concept), des couleurs (assez rock progressif) et des idées ( le parti pris d’un mixage privilégiant le son de groupe). Se souvenir du « Largo » de Brad Mehldau et du rôle de producteur de Jon Brion : on a fini par le trouver capital dans le développement de brad, quatre ou cinq ans plus tard. Il y a comme les trois tiers emboîtés ici, dans les neufs compositions et les pièces 4 à 6 tout simplement enthousiasmantes simples et fortes.

On peut regretter que dans le premier et le dernier tiers, ma tentation sauvage, organique Hendrix, Zorn, MM&W…) soit occultée au profit d’une sophistication plus «  Sergent Pepper » qui semble moins coller à la puissance acérée du saxophone de Pierrick Pedron. Mais au moins a t-il pris tous les risques et force la réflexion. Et rien que pour ça, il faut l’écouter voracement.

 

 

Lionel Eskenazi

Pour son cinquième album, dix ans après « Cherokee », Pierrick Pédron nous livre son deuxième projet post-jazz (on pourrait même dire « pop-jazz »). Beaucoup plus convaincant, abouti et construit qu’« Omry », ce « Cheerleaders » nous montre un musicien mature et réfléchi qui continue de nous surprendre et de nous éblouir. La Fanfare et la majorette ne sont qu’un prétexte conceptuel et un point de départ pour produire une musique dense et habitée. Une production magistrale qui malaxe un véritable son de groupe où le saxophone ne domine pas, mais s’intègre à merveille dans un univers sonore global digne des grands groupes de rock (l’ingénieur du son Jean Lamoot a notamment travaillé avec Bashung). Un des disques importants de cette rentrée 2011 !

 

Jean-Marc Gelin

 Après avoir été emporté par Omry ( son précédent album) on peut ici être totalement insensible face à un concept aussi froid qu’insaisissable. La faute à quoi ? à un souci de pousser les arrangements à l’extrême au risque de livrer une musique (trop) façonnée, trop travaillé en studio, trop dépersonnalisée en somme. Les rares exceptions ? Pedron les apporte seul avec son biniou lorsque cessent les effets de genre, dans le dénuement. Là seulement l’émotion passe. La preuve à nouveau que less is more.

Jérôme Gransac

Chez Act, les sorties se répètent et se ressemblent. Le label allemand s’intéresse aux artistes français qui ont la cote, publie un album dans la veine du précédent avec l’espoir de propager son succès au delà de l’hexagone. Comme Céline Bonacina et Yaron Herman, Pierrick Pedron signe chez Act : Cheerleaders est un album qui sonne plus rock progressif que jazz. A nouveau sous influences, Pedron a joué la carte de l’originalité et l’exprime à travers des arrangements complexes et une épaisseur rythmique omry-présente.

 

Repost 0
Published by Les DNJ - dans Chroniques CD
commenter cet article
26 septembre 2011 1 26 /09 /septembre /2011 14:48

Such Prod 2011

Sortie le 29 septembre

David El Malek (ts), Alex tassel (fch), Franck Agulhon (dm), Diego Imbert (cb)

diego-imbert.jpg 

C’est avec le quartet pianoless qu’il a créée en 2007 que Diego Imbert publie son deuxième album. Diego Imbert (que l’on connaît pour le rôle important qu’il a longtemps joué aux côtés de Bireli Lagrene ) ou encore aux côtés de Sylvain Beuf (où il joue avec Franck Aghulon) est aussi un amoureux de l’écriture et de la composition. Les atmosphères vaporeuses et presque Shorteriennes sont là pour nous séduire ( November’s rain). Tout y est bien cadré, bien contrôlé dans une écriture très précise qui évite l’écueil du trop d’espace ou du trop dense. Appuyés par une rythmique que l’on sait depuis longtemps exceptionnelle ( l’association Imbert/ Aghulon est remarquable), les deux solistes trouvent de l’espace en questions-réponses, en contrepoints, en contrastes. Ça joue et ça joue à haut niveau. Alex Tassel qui (avouons-le honteusement) ne m’avait jamais bluffé jusqu’à présent prend ici une dimension magnifique, comme si le trompettiste avait enfin trouvé une voix plus personnelle dans l’expression de son jeu. Dans cette nouvelle maturité, il y a  de l’ampleur.

 

Cette belle écriture pourrait aussi bien nous laisser sur notre faim. A vouloir absolument privilégier les harmoniques il se crée des espaces qui parfois se perdent dans leurs développements. C’est vrai dans le cas des Suites qui ouvrent l’album et appellent à une orchestration plus large. Si Fitfth Avenue semble aussi peiner à trouver une construction, il est en revanche prétexte à l’expression d’un groove qui emporte tout. Ce groove irrésistible, torrent sage qui nous embarque et que l’on retrouve dans ce Barajas qui convainc et qui confirme Diego Imbert en véritable socle indéfectible qui affiche ici des épaules larges, des épaules de géant, véritable colonne dorique. Comment alors, lorsque l’on est soliste et que l’on a la chance de jouer avec ces deux pièces maîtresses, ne pas se sentir emportés, portés par le mouvement du groove.

On entend distinctement cette affection de Diego Imberrt pour ce jazz de l’après-bop, ce jazz exigeant nimbé de volutes bleutées qui sentent la moiteur des clubs et les odeurs de Whisky. J’ai Joe Henderson en tête un soir dans un club D’Oakland. Pourquoi pas.

Puis à partir de Next Move et jusqu’à la fin de l’album, la musique prend une autre tournure. Non pas qu’elle perde sa nervure. Non. Elle est juste dans cette lumière tamisée qui nous égare dans ses méandres où il est surtout question du « son » du quartet. Ces méandres qui ont le charme du Quintet de Miles. Sauf qu’ici ils sont 4 qui jouent avec une économie de moyen, en emphase totale, attentifs à créer ensemble ce mouvement sensuel qui dérive lentement. On se laisser porter par l’aire, avec un plaisir suave. La respiration de la musique se ralentit et le torrent sage devient alors source de sérénité et de zénitude.

Jean-Marc Gelin

 

extrait du précedent album

 

Repost 0
Published by Jean-marc Gelin - dans Chroniques CD
commenter cet article
19 septembre 2011 1 19 /09 /septembre /2011 07:47

Le Chant du Monde 2011

Gilad Hekselman (g), Mark Turner (ts), Joe Martin (cb), Marcus Gilmore (dm)

 giladhekselman.jpg Le 3ème album du guitariste israélien basé à New York est, à la différence des 2 précédents, entièrement basé sur ses propres compositions. Pour l’occasion, le jeune guitariste est allé chercher ses camarades de jeu avec lesquels il se produit régulièrement sur les scènes de New York, un quartet de haute volée avec Mark Turner au ténor, Joe Martin à la contrebasse et Marcus Gilmore à la batterie.

Ceux qui ne connaissaient pas Gilad Hekselman vont alors découvrir la fraîcheur de ce guitariste qui affiche ici ses dévotions obligatoires (pour tout jeune gratteur qui se respecte) pour les volutes Métheniennes et Rosenwinkeliennes. On pourra certes faire une moue médusée sur les compostions un peu stéréotypées et un peu fumeuses, qui laissent place au jeu de l’ impros sans toutefois proposer de réels développements.  On pourra regretter ainsi la longueur d’un morceau comme One more song qui tourne un peu en rond si ce n’était le swing d’une valse jazz inspirée. Mais comment être insensible à la grâce et à la fraîcheur qui se dégage de cet album. Car avec ce quartet-là c’est véritablement, la rencontre des subtils. Il faut entendre le jeu de Gilad, jeu fait d’aisance stylistique, de phrasé souple et surtout d’un vrai feeeling sur des motifs harmoniques pourtant complexes. On pense ( ou plutôt JE pense à Tal Farlow). Gilad varie les genres et les effets. Sur Flower il se montre d’inspiration plus proche de Frisell dans des nuances bleutés alors qu’il évoque plus loin l’agilité d’Octopuss. Toujours effleure au fil de ses compositions, la sensibilité du guitariste. Juste belle.

Feeling. C’est bien de cela dont il s’agit dans le jeu de Mark Turner qui éclate littéralement . Du très très grand Mark Turner. A chacune de ses interventions, le ténor survole son sujet. Totalement aérien. Ses envolées sur Understanding font montre d’une grâce infinie. L’élégance de Mark Turner dans toutes ses formes. Qu’il s’agisse d’un blues un peu sale ou d’une valse, la classe de Mark Turner est immense et il faut entendre sur One More song  ce contrôle du son tout en nuances ou sur Understanding qui est juste un modèle de chorus, modèle de sensibilité, de grâce (Géantissime), Mark Turner enfin comme libéré de quelque chose, Mark Turner qui ne tergiverse plus, Mark Turner réellement Mark Turner.

Si l’on rajoute derrière ces superbes solistes une rythmique qui tient la boutique avec un Joe Martin infaillible à la pulse néanmoins un peu lourde avec un Marcus Gilmore ( Steve Coleman, Vijay Iyer) au jeu de baguettes au contraire très léger, et vous avez un quartet qui tourne vraiment bien.

Pas un album grandiose certes (passera vite à la trappe d’un oubli peut être immérité), mais en revanche une trace très sympa de ce guitariste bourré de talent qui devrait faire la gloire des clubs de Big Apple et qui pour l’occasion s’est associé à du très grand Mark Turner. Rien que pour ces deux raisons, cela vaut assurement le détour

Jean-Marc Gelin

 

SORTIE LE 29 SEPTEMBRE 2011

En concert au Duc des Lombards le 21 novembre 2011

 

 

Repost 0
Published by Jean-marc Gelin - dans Chroniques CD
commenter cet article
14 septembre 2011 3 14 /09 /septembre /2011 10:35

Laborie Jazz 2011

Perrine Mansuy (p), Marion Rampal (vc), Jean-Luc Difraya (perc), Remy Decrouy (g)

perrinemansuy.jpg

 

C’est une invitation au voyage poétique fait de moments d’émotions fortes, de drôleries, de danses et de ritournelles. C’est parfois une féerie crépusculaire. C’est du jazz et de la pop tout à la fois qui rappellent Jarrett souvent par le piano ( wandering dream), qui fait parois penser à Joni Mitchell par la voix et qui sonnent même comme Ralph Towner dont il est ici repris un thème ( Beneath an evening sky). C’est même parfois du cabaret-tango sulfureux (Tango juice). C’est, figurez vous, drôle aussi avec ce clin d’œil décalé à Monk ( Listen to Monk en fait Ryhtm a Ning)

C’est aussi la rencontre de quatre musiciens

C’est le piano de Perrine Mansuy qui signe là de superbes compositions axées sur la mélodie, le chant, la narration, l’histoire presque cinématographique. C’est cette façon de se balader sur le clavier, de le chalouper délicatement, de donner cette impression de danse, de faire danser les doigts sur le clavier apprivoisé, de danser autour des mélodies, de danser-voleter sur des tourneries qui emportent tout.

C’est la voix  pour ma part totalement découverte ( révélation !) de Marion Rampal, qui à la manière d’une Jeanne Added ouvre de ces nouveaux horizons dont on rêve dans le jazz vocal. C’est cette voix si personnelle qui, sur tous les registres fait vivre toutes les émotions avec un naturel désarmant. C’est la pureté et la douceur du timbre. C’est cette intimité de la voix et de l’accompagnement de Perrine Mansuy.

C’est Jean-Luc Di Fraya qui ici ne chante pas mais fait vibrer la musique avec une incroyable finesse aux percussions. C’est la pulse délicate et soyeuse qui éclaire la musique.

C’est Remy Decrouy dont la guitare donne à l’inverse cette couleur parfois un peu sombre du rock ténébreux ( Beneath an evening sky) et dont les samples sont maniés dans une recherche sonore qui flirte avec le sens du délicieux détail.

 

C’est cela, exactement, cette rencontre des quatre qui se sont chacun trouvé sur le terrain de cette musique au charme irrésistible.

 

C’est un moment de rires et de larmes, de passions fortes et douces.

 

C’est un pur moment de grâce et cela m’a ému.

Jean-Marc Gelin

 

Repost 0
Published by Jean-marc Gelin - dans Chroniques CD
commenter cet article
12 septembre 2011 1 12 /09 /septembre /2011 19:29

Sunnyside Records 2011

Adam cruz (dm), Steve Cardenas (g), Edward Simon (p) ; Chris Potter (ts), Miguel Zenon (as), Steve Wilson (ss), Ben Street (cb)

adam-cruz-milestone1.jpg

 

Étonnant microcosme New-Yorkais qui n’en finit pas de voir émerger en son sein des jeunes talents du jazz  que nous découvrons de ce côté-ci de l’Atlantique avec un certain retard.

Adam Cruz n’est pourtant pas un nouveau venu. Après 20 ans de carrière, le batteur a tourné avec les plus grands qu’il s’agisse de Chick Corea, de Patricia Barber,de Tom Harrell ou de Danilo Perez ou Daniel Sanchez. C’est sous le label Sunnyside que le batteur signe aujourd’hui son premier album en leader, autour de ses propres compositions et avec un casting de luxe.

Dans une mouvance post-Shorterienne en un poil plus funky, « Milestone » offre une image assez fidèle de ce jazz raffiné qui se joue aujourd’hui dans les clubs de big apple. Et le moins que l’on puisse dire c’est que « ça joue » ! Et à très haute altitude. Une rythmique ultra efficace et raffinée donne une sorte d’écrin plutôt classe à des solistes, tous remarquables. Au premier rang desquels, fidèles parmi les fidèles Steve Cardenas (à la guitare) et Edward Simon (au piano), peut être moins en lumière que les soufflants contribent à ancrer ce sextet dans un vraie cohérence de groupe.

Un groove sous-jacent et délicat, jamais lourd mais omniprésent comme une véritable rampe de lancement qu’Adam Cruz, avec Ben Street à la contrebasse offrent à leurs camarades.

Chis Potter toujours au sommet y apporte ici un son plus inhabituel, plus sauvage. Une sorte de « wild tone » dès l’ouverture de l’album où il déchaîne une foudre coltranienne  presque trash ( Secret life). Miguel Zenon, autre soufflant à l’alto fait lui aussi parler sa verve et le fow irrépressiblement Parkerien aux accents latins (Emjé). Plus rare à entendre dans notre pays, Steve Wilson quant à lui culmine et y apparaît selon moi comme l’un des héros de cette session (Outer reaches). Et derrière ce fameux groove surgissent parfois des moments très épurés qui surgissent parfois dans l’album ( Resonnance ou Crepuscular), moments de flottement des harmonies dans une sorte d’entre-deux captivant.

Si l’on peut regretter que parfois, certaines des compositions d’Adam Cruz tournent un peu en rond et doivent leur salut à la grande musicalité de ses interprètes ( comme si elles ne se suffisaient pas toujours à elle mêmes, ex Ce Bird of Paradise un peu mollasson),  il n’en reste pas mois qu’Adam Cruz nous offre le témoignage de ce qui se fait de vraiment bien dans le jazz aujourd’hui lorsqu’un groupe cohérent et solide s’attache à une esthétique assumée et offre un beau terrain de jeux à des solistes inspirés.

Jean-Marc Gelin

 

Repost 0
Published by Dernières Nouvelles du Jazz - dans Chroniques CD
commenter cet article
7 septembre 2011 3 07 /09 /septembre /2011 19:02

PING MACHINE : « Des trucs pareils »

Neuklang 2011

 PingMachine_desTrucs_w.jpg

 On retrouve ici, sous la direction de Fred Maurin, cette formidable mécanique bien huilée qu’est Ping Machine, big band flamboyant dont nous nous sommes fait déjà l’écho à plusieurs reprises dans ces colonnes (cf. notre précédente chronique de Random Issues) . Deux ans après Random Issues, Maurin montre et démontre à nouveau l’éventail de son savoir faire et surtout le foisonnement de ses idées orchestrales.

En développant ici les climats un peu sombres et glauques de polar ( c’est en tout cas ce que cela me suggère) et surtout en écrivant des mini suites ( Des Trucs pareils, Dissonances cognitives), le jeune guitariste chef d’orchestre fait entendre une musique forte et pleine de surprises, jamais linéaire, évoluant entre la densité de la masse orchestrale et le dépouillement extrême ( qui peut aller jusqu’à une partie où le sax joue purement et simplement seul).

Lire la suite : PING MACHINE : « Des trucs pareils »

 

Retrouvez ici l'interview de Fred Maurin

 

ping machine

Repost 0
Published by Jean-marc Gelin - dans Chroniques CD
commenter cet article
5 septembre 2011 1 05 /09 /septembre /2011 19:33

Cristal records 2011

Michel El Malem (ts, ss), Marc Copland (p), Michael Felberbaum (g),Marc Burronfosse (cb),  luc Isenmann (dm)

 michel-el-malem.jpg


Il y a dans ce deuxième album du saxophoniste Michel El Malem ( le précédent avait été publié sur le label Fresh Sound New talent) une aventure beaucoup plus collective que dans le premier. Autant dans le précèdent album il s'agissait de la rencontre avec un musicien qui exprimait quelque chose de très personnel, comme une présentation de lui-même au public, autant dans cet album là il s'agit d'une rencontre musicale avec un groupe de haut niveau et surtout une rencontre avec un pianiste exceptionnel, Marc Copland dont on aurait juré son univers très éloigné de celui du saxophoniste.

Et pourtant c'est sur le chemin de thèmes aux harmonies chaleureuses qu'ils se rencontrent avec une certaine évidence.  Il y a, dans cet univers maîtrisé l'alliance de la douceur du groove et d'un jazz modal sous contrôle. Et ça tourne formidablement bien notamment parce que chaque membre du groupe y affirme une réelle personnalité musicale forte, tout en parvenant à se fondre dans  l'ensemble.

Les compositions sont superbes. Elles sont parfois un peu mélancoliques, mais toujours sans pathos juste avec l'effusion de sentiments forts. Une sorte de touchante tendresse que les résonances du clavier de Marc Copland mettent en valeur avec une certaine profondeur. Chaque intervention du pianiste y est magnifique, faisant sonner le medium grave de son clavier ou en allant chercher des renversements harmoniques et des accords d'une infinie richesse ( à entendre sur Reflets). Michel El Malem continue lui de s'affirmer dans cette lignée des saxophonistes dans une lignée très Breckerienne. Saxophoniste puissant et formidable improvisateur qui parvient à éviter tous les effets débordants pour au contraire maîtriser son lyrisme avec une force d'évocation saisissante. Il y a dans son jeu la force de Brecker (on l'a dit) mais aussi la fluidité d'un Shorter. Et un son magnifique ciselé dans le roc.

Michael Felberbaum est quant à lui une sorte de caméléon imprimant par la diversité de son jeu autant de couleurs différentes, allant chercher les oppositions à la couleur centrale pour mieux la faire ressortir par contraste (la fenêtre).

Et puis cette rythmique, ici parfaite dans l'intelligence de ce qu'elle doit jouer. Une rythmique affirmée et dont la présence est d'une grande cohésion. Marc Burronfosse, ici immense, confirme ce que nous écrivons depuis longtemps : il s'agit bien d'un de nos plus grands contrebassistes, essentiel et indispensable. Son association avec Luc Issenmann est lumineuse et contribue largement à la réussite de cet album.

 

Parenthèse apaisée, cet album magnifique est empreint d'une grande sérénité. Il fait partie de ces albums dont on peut espérer qu'il bénéficie d'une large distribution. Il le mérite grandement

Jean-marc Gelin

Repost 0
Published by Jean-marc Gelin - dans Chroniques CD
commenter cet article
5 septembre 2011 1 05 /09 /septembre /2011 09:40

Sunnyside 2011

Aaron Goldberg (p), Guillermo Klein (kybds, compos, arr), Miguel Zenon (as), Chris Cheek (ts,ss), Matt penmann (cb), Eric Harland (dm)

bienestan.jpg  C’est tout d’abord l’histoire d’une rencontre : celle du pianiste New-Yorkais Aaron Goldberg

et du compositeur argentin Guillermo Klein. Deux musiciens qui, s’ils se sont souvent côtoyés à New-York développent néanmoins des univers assez différents. Assez différent en tout cas pour que leur rapprochement aiguise notre curiosité.

Du pianiste on sait qu’il affectionne les belles mélodies et les standards. Pianiste subtil des grands espaces qui, à l’instar de ses maîtres comme Jamal, affectionne les silences et les respirations de la musique. On l’a beaucoup entendu, dans un autre registre, auprès de Joshua Redman (http://www.lesdnj.com/article-15655761.html). Quant à Guillermo Klein, après avoir tenu l’un des bigs bands les plus inventifs de New York ( Los Guachos, dans lequel figuraient justement Zenon et Cheek) et de repartir ensuite pour son pays natal, il s’impose aujourd’hui comme l’un des compositeurs majeurs de la scène du jazz (http://www.lesdnj.com/article-24945795.html). Ses univers fascinants puisent dans un ensemble de références hétéroclites avec un sens raffiné de l’arrangement qui en faisait l’un des bigs bands les plus excitants de la scène New Yorkaise.

La rencontre de ces deux grands musiciens avait donc largement de quoi susciter notre curiosité.

Et le résultat est tout aussi séduisant que surprenant, marqué par l’hésitation à prendre un parti pris esthétique pour au contraire afficher un ensemble de propositions assez différentes les unes des autres. Très déconcertant en ce qu’il refuse toute linéarité esthétique, privilégiant à la fois la diversité des formats (les saxs n’interviennent que sur quelques titres) et des univers où un thème très épuré comme Burrito laisse place à un Human feelporté par un ostinato de sax et une rythmique bouillonnante.  Reprenant des standards parfois très bop comme sur Moose The Mooche ( où la sax de Zenon s’y fait magnifiquement Parkerien !), la musique de Goldberg/Klein flirte ensuite avec la musique sérielle ou minimaliste ( l’entente de Goldberg et de Klein sur Implacable y est réellement magnifiée sur Airport Fugue). Ces variations stylistiques vont même jusqu’à proposer celles des thèmes eux-mêmes avec deux versions différentes de All The Things you are ( qui ouvrent et clôturent l’album) et deux versions de Manha De Carnaval. Choix de duplicité que contesteront certains qui démontre assurément l’exceptionnelle qualité d’arrangeur de Guillermo Klein mais témoigne aussi d’une incertitude sur la ligne directrice sur laquelle Goldberg et Klein semblent avoir  hésité.

À l’inverse ces variations contribuent aussi grandement au charme iconoclaste de cet album dont la profondeur et la légèreté en font à la fois un objet d’envoûtement et de grâce indéfinissable. Comment résister par exemple à la tension dramatique sous-jacente d’un Impression de Bienestar, cet état de bien-être lentement, très lentement pulsé par Matt Pennman. Ce dernier s’impose d’ailleurs comme la pièce maîtresse de l’album lui donnant une incroyable couleur empreinte de gravité et de douceur, s’insérant dans les espaces que lui laissent les deux claviers.

S’amusant à nous perdre, Guillermo Klein et Aaron Goldberg au contraire nous captivent.

Résultat étonnant.

Jean-Marc Gelin

 

Repost 0
Published by Jean-marc Gelin - dans Chroniques CD
commenter cet article
1 septembre 2011 4 01 /09 /septembre /2011 23:02

MALCOM BRAFF : «  Inside »

Enja 2011

Malcom Braff (p), Reggie Washington (elec b), Lukas Koenig (dm), Aurélie Emery (vc)

 malcom-braff.jpg Difficile d’être vraiment convaincu par le nouvel album du pianiste hélvétique. Bien sûr il y a un groupe qui fonctionne vraiment très bien et qui voudrait (ou pourrait) s’inscrire sur les traces de EST, avec ce sens du groove porté notamment par la basse ronde et puissante d’un Reggie Washington rayonnant. Bien sûr il y a aussi le style inimitable de Malcom Braff, fait de syncopes et de notes suspendues, et de silences qui viennent marteler le tempo.  Un phrasé à la fois mordant et tout en rupture. Malcom Braff tourne autour de sa musique, crée de vrais suspens musicaux, laisse l’auditeur dans l’attente d’un développement qui reste toujours un peu suspendu. Le pianiste vous emmène ainsi sur des pistes et vous laisse, vous et votre imaginaire, vous créer les propres suites d’une histoire tout juste suggérée.

On pourrait marcher dans ce système artistique si le pianiste ne semblait pas user et abuser des mêmes grosses ficelles. Comme cette fascination obsessionnelle pour les tourneries qui résonnent parfois comme un paravent à des développements qui n’arrivent pas. C’est le cas pour Mantra ou pour Yay. Ou encore des morceaux qui semblent répéter les mêmes structures comme ce Emphaty for the Devil qui reprend le même principe d’ostinato de basse que sur Dance of the fireflies. Si l’on peut adhérer à un morceau funky comme Sexy MF porté par le groove de Reggie Washington ( mais il s’agit là d’une composition de Prince) on la sentiment en revanche que cette veine funky s’use un peu plus sur the Mirror. On oubliera aussi ce pauvre John Coltrane venu d’on ne sait où prêter main forte au pianiste sur un « Love Suprême » un peu tarte à la crème, jeté comme ça sur Mantra parce que finalement tout étant dans tout pourquoi ne pas faire chanter au groupe «  a love Suprême, a love suprême » un peu tombé comme un cheveu sur la soupe. On oubliera aussi le côté un peu pathos de Dawn qui vient clôturer l’album d’une manière un peu lourde.

 

Au final il y a dans cet album beaucoup de frustrations tant on est persuadé que Malcom Braff a de l’or au bout des doigts, un talent fou et un groupe qui fonctionne à merveille ( il fut découvrir le jeune batteur Lukas Koenig). Il reste seulement à Malcom Braff à aller au bout de ses idées. Ce disque-là nous laisse en effet un goût d’inachevé.

Jean-Marc Gelin

Repost 0
Published by Jean-marc Gelin - dans Chroniques CD
commenter cet article

  • : les dernières nouvelles du jazz
  • les dernières nouvelles du jazz
  • : actualité du jazz, chroniques des sorties du mois, interviews, portraits, livres, dvds, cds... L'essentiel du jazz actuel est sur les DNJ.
  • Contact

Les Dernières Nouvelles du Jazz

Chercher Dans Les Dnj

Recevoir les dnj