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22 septembre 2009 2 22 /09 /septembre /2009 18:19

ZIG ZAG 2009

 

Le disque attire et intrigue, comme le cri qui s'échappe d'une église américaine pour prendre le passant par le col et le plaquer sur les bancs de bois, fasciné, tordu de curiosité. Car le saxophone hurle, soulevé par les baguettes extra-fines de Gerald Cleaver et la contrebasse de Joe Martin. Il extirpe du fond des tripes son besoin de spirituel, son attirance vers l'esprit, de quelque nature fut-il. Le leader est allé chercher à Manhattan les treize morceaux, que l'on pourrait qualifier d'influencés par les grands quêteurs de spirituel (Albert Ayler, Pharoah Sanders, John Coltrane, Duke, etc.). Besoin de prouver à Manhattan, la Babel impie, que dans ses propres caves, il existe plus haut que les gratte-ciel. Eh bien qu'on se le chante : démonstration concluante! Comme celle, du reste, qu'Imbert accomplit avec la tentative de concilier deux découvreurs d'absolu : Bach/Coltrane (plus de 10 000 exemplaires vendus). La musique monte très haut, très vite... libre comme une exclamation, et sans s'époumoner. Rien de plus naturel : l'exclamation est spontanée car elle surgit du coeur. L'appel également séduit, car il vise à surprendre. Pour gagner les étoiles, le musicien n'avance pas seul. Imbert invoque les maîtres (divagation splendide dans « Central Park West » aux côtés de John Coltrane), et se réclame de la protection des chefs de file de l'Underground new-yorkais (John Zorn). Et surtout, il a travaillé. En 2003, grâce à une bourse de la Villa Médicis, il débarque dans la Grosse Pomme pour se plonger dans les archives et rencontrer les témoins de l'histoire de la musique afro-américaine. Il revient en 2009, édifié, pour enregistrer l'album. “La musique ouvre des voies; j'aimerais contribuer à les montrer”, assure l'artiste. Il serait de mauvaise foi de ne pas saluer cette aspiration à partager l'extase.

Bruno Pfeiffer
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21 septembre 2009 1 21 /09 /septembre /2009 08:53

Pierre-Alain Goualch (p, fender rhodes), Diego Imbert (cb), André Ceccarelli (dr), David Linx (voc) –+ 1 DVD live réalisé lors du 5ème festival Drums Summit de Toulouse. Plus Loin Music – avril 2009.

De plus en plus on risque de se rendre compte de deux choses : d’une part de l’immense talent swinguant de Claude Nougaro, d’autre part de ce que le jazz, en sa forme actuelle, ne peut tout se réapproprier sauf à réinventer un lyrisme qui hélas le déserte de plus en plus (celui des Ben Webster, des Cannonball Adderley, des Bill Evans, des Stan Getz, des Ray Brown). Car si le trio réuni ici affiche une belle cohérence (magnifique travail de Diego Imbert), si André Ceccarelli offre et démultiplie les ressources rythmiques avec une grande finesse et une constante assurance, si P.A. Goualch calibre quelques belles envolées (« Nougayork » repris sottovoce au fender rhodes) et fait preuve de nuances harmoniques toujours bienvenues, il faudra qu’on nous explique pourquoi une grande part des mélodies nougaresques interprétés ici, ces cascades (toutes  à la fois eau, roche et lumière) suspendues subtilement au temps libertaire du swing, sonnent si souvent comme aplaties, jouées avec un staccato piqueté qui œuvre comme un pinceau soulignant l’attrait des lignes en négligeant la volupté des volumes et des chairs. Question de science des voicings et peut-être plus encore d’intensité expressive. Un élément ne trompe d’ailleurs pas : la maîtrise gourmande, tout à la fois insolente et insinuante, l’étoffe, le sens quasiment théâtral de l’interprétation de David Linx chaque fois qu’il intervient (par exemple : « Il Faut Tourner la Page », « Mademoiselle Maman », « Tendre »). Allez nuançons : l’exercice est hyper-difficile et il honore ceux qui en ont relevé le défi amoureux et qui, épreuve du live aidant (à en croire notre confrère-« blogueur de choc », Pierre de Chocqueuse), ne cessent de creuser leur propre voix en hommage au petit grand Claude, lui qui aurait pétillé de joie à l’idée que ses amis jazzmen accostent et chahutent son œuvre, à leur manière.

Stéphane Carini.

 

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19 septembre 2009 6 19 /09 /septembre /2009 07:24

 

Alfa Music – Egea Distribution

Au détour d’un concert, il y a parfois de belles surprises. Le Jazz est une Musique de l’instant, on ne le dira jamais assez. L’enregistrement d’un de ces moments magiques fait l’objet d’un disque avec Dave Liebman aux saxophones, Enrico Intra au piano, Marco Vaggi à la contrebasse, Tony Arco à la batterie. Cet album, ou plutôt ce concert, commence par un morceau intitulé « Mazurca », introduis par le pianiste d’origine italienne Enrico Intra. Cette entrée en la matière se fait dans une esthétique propre à la Musique classique, surtout si cette introduction est belle et bien improvisée. C’est ensuite que les choses se corsent. Dave Liebman, fait une entrée fracassante, rejoins quelques secondes plus tard par un groupe déchainé. Le dialogue est d’une liberté sans pareille. Une conversation entre quatre drôles d’oiseaux, où règne une intéraction presque télépathique. Appelée « Bluestop », c’est dans cette composition que tout s’éveil. Viennent ensuite les langoureuses incantations d’un hommage à Joe Zawinul avec la composition du même nom. Il faut aussi souligner l’importance du batteur au sein de ce quartet inédit. Tony Arco est un percussionniste incroyable, sans arrêt sur la brèche, avec l’effet de surprise au bout des idées. L’énergie qu’il insuffle dans la Musique propulse le son du groupe au rang de « coltranien », ce qui n’est certainement pas peu dire. C’est d’ailleurs dans une ballade du nom de « Il Mi di Corso Venezia », que le débat se maintient haut en qualité. Magie du contraste, le swing reprend le dessus la piste suivante avec ce remarquable « Intramood ». Le thème de cette composition est d’une efficacité audacieuse et le développement improvisé d’une rare folie. A noter que tous les morceaux de ce disque sont composés par Enrico Intra. Le reste du disque est fait de la même teneur en énergie, il faudrait des heures pour en parler. Une chose est certaine. Il n’y a vraiment rien à redire, le Jazz se crée et s’écoute en Live.

Tristan Loriaut

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19 septembre 2009 6 19 /09 /septembre /2009 07:12

Eric Legnini (p, fender rhodes), Mathias Allamane (cb), Franck Agulhon (dr) – BFlat Records – novembre 2007.

 


 On parle de plus en plus d’Eric Legnini (comme musicien, comme producteur, comme directeur artistique). Il ne fallait au demeurant pas être grand clerc (mais sans doute amoureux des clubs) pour discerner l’amplitude du savoir-faire de ce pianiste mal dissimulé derrière Stefano di Battista et Flavio Boltro lorsqu’ils déboulèrent en France, accompagnés de Rosario Bonaccorso et du génial Benjamin Hénocq. Cet album, combien le liraient comme une carte de visite, un « non-choix » de brillant touche-à-tout, relativisant d’emblée sa portée. Prévenons cette approche en disant qu’il décline la gourmandise du piano-jazz fait groove, en toutes ses formes et ses couleurs. Vous voulez des références à tout prix ? Pourquoi pas le « Mister Hands » de Hancock, avec son insolent brassage de fender rhodes, de boucles, de piano acoustique. En somme Eric Legnini, superlativement accompagné par Franck Agulhon et Mathias Allamane (tous les trois, ils forment « la bille » comme aurait dit Charles Bellonzi), ne fait ici rien d’autre que de conquérir facétieusement sa liberté dans l’alternance des sonorités, des rythmes, des époques, des références. « Bleak Beauty » sonne mctoytynerien, « Rock the Days » a une couleur post-Beatles et « Doo Goo » n’aurait sans doute pas été renié par Horace Silver ? Rien de plus…malaisé au pays d’un jazz déboussolé, déclinant ses chapelles péniblement. Eric Legnini lui jubile tant et plus de « jumper » d’un idiome à l’autre, les possédant tous de l’intérieur (voyez les passages soulfull de « Them That Got ») tout en affichant, à chaque fois, ce qui est crucial, une totale maîtrise du traitement rythmique et des extensions harmoniques, comme un Oscar Peterson batifolant chez Waller, Tatum, Bill Evans ou Gillespie, pour sonner toujours lui-même. Et puis comme avec Peterson à qui on a joué jadis les mêmes sacrés tours, si vous voulez savoir ce qui se passe au-delà du syncrétisme, écoutez la version acoustique, en solo, de « The Secret Life Of The Plants ». Quoi, Stevie Wonder ?! Oui du jazz, qui louche ailleurs, au-delà des répertoires imposés. En moins de trois minutes.

Comme les plus grands… Stéphane Carini

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18 septembre 2009 5 18 /09 /septembre /2009 08:03

NPM (t), lvind Aarset (g), Audun Kleive (dm)

 

 

Le nouvel album du trompettiste Norvégien NPM est, un peu à l’image de ses précédents et de ce « Nu jazz » dont le trompettiste ne cesse de porter l’étendard, un album du dépouillement et du minimalisme. Une continuation du « Silent way » de Miles qui décidément hante  une certaine communauté des trompettistes ( surtout au Nord de l’Europe). Evoquant le désert, la minéralité ou l’absence, NPM déroule ses plans comme de long travelling cinématographiques qui s’étendent sur un background musical, un fond sonore aérien. Une conception de la musique qui privilégie avant tout  l’espace et mêmeles grands espaces.  « Hamada » est tiré d’un mot arabe évoquant à la fois la mort et, dans un sens géologique la pierre du désert. Mais cela pourrait tout aussi bien se passer sur la lune ou en plein antarctique que l’on y verrait que du feu.

On est en revanche plus gêné par cette forme d désincarnation de la musique, cette  « ambient music» telle que la concevait Brian Eno fondée sur la prédominance de nappes sonores et électroniques  dans laquelle le rôle du musicien joue finalement peu par rapport à la création de séquences étirées. Les morceaux se suivent et se ressemblent beaucoup.

A tel point que lorsque la musique prend du relief ( Comme sur Cruel Attitude, morceau de toute évidence conçu pour être joué sur scène) on en vient à sortir de cette morne torpeur qui prédominait mais que l’on retrouve l’instant d’après.

La surprise qu’avait constituée « Khmer » en 1997 s’émousse peu à peu. Si l’on avait accueilli avec un certain enthousiasme en 2005 « Er », album qui recelait de petites merveilles cachées, on regarde «  Hamada » passer comme les vaches regarde les trains, sans le voir vraiment. A 49 ans, pour son arrivée chez Universal ( après sa brouille avec ECM), le trompettiste livre l’album que l’on attendait de lui, fidèle en tout point à l’esthétique qu’il défend mais qui ne nous surprend plus.
Jean-marc Gelin
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18 septembre 2009 5 18 /09 /septembre /2009 07:20

Blue Note - EMI



Baby, baby… « This one’s for Dinah » se révèle dès les premières secondes à son écoute un album emprunt de Blues, comme si le Swing nous offrait ce qu’il a de meilleur. Un album qui rappelle les somptueuses années du Mainstream, Big Band à l’appui, s’il vous plait ! S’offre à nous une China Moses tout en subtilité, décidée à nous faire passer une bonne journée avec la bonne humeur qui va de pair. Non, je ne vois pas comment exprimer autrement ma satisfaction qu’en invoquant les esprits profonds du delta du Mississipi, de la Nouvelle Orléans et pourquoi pas des faubourgs de Chicago. Et quelle voix, mes amis ! À la fois robuste et puissante, sensuelle et charnelle, claire et limpide. Une véritable ode à la joie, en hommage à Dinah Washington, la diablesse à la voix colorée et un tantinet voilée. Ce merveilleux disque, co-réalisé par Raphaël Lemonnier l’arrangeur-pianiste, est aussi un hommage à cette formidable époque où les postes de radio émettaient cette si bonne Musique sur toutes les ondes. Il faut aussi noter l’omniprésence de Fabien Marcoz à la contrebasse et Jean-Pierre Derouard à la batterie, constituant une rythmique de choc. Quant aux arrangements des cuivres, soulignons le formidable travail du trompettiste François Biensan, avec ces imparables évocations des grandes années du Big Band de Count Basie. Les morceaux repris ici ont été bien sur pour la plupart des grands tubes de la chanteuse Dinah Washington. Sa digne héritière, la chanteuse afro-américaine China Moses n’est autre que la fille de Dee-Dee Bridgewater. Et là, tout devient clair. Il est évident que la filiation est difficile à ignorer lorsqu’on laisse une pareille voix nous enchanter. Il y a aussi l’audace de reprendre des titres comme « Mad About The Boy », « Cry Me a River » ou bien encore « Blue Gardenia », qui ont fait et qui font encore aujourd’hui le succès de Dinah. Il est aussi difficile de passer à côté de ce merveilleux scat d’Henry Le Ny, invité pour le plus grand bien de nos oreilles sur le titre « Lover Come Back To Me ». Un Swing à couper le souffle. Un formidable appel à la danse et à la romance, et en même temps, il y a toute cette sensualité dont seules les grandes chanteuses de Jazz ont le secret. China Moses nous transporte sans difficulté au delà des époques, en toute simplicité. Une vraie, une grande, une incroyable chanteuse au grand cœur. A ne manquer sous aucun prétexte en concert.

Tristan Loriaut

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17 septembre 2009 4 17 /09 /septembre /2009 06:00

CamJazz 2009

 

 

 


Edward Simon (p), John Pattitucci (cb, elb), Brian Blade (dr)

Le site


Poesia débute par la première prise d'une pièce composée par le pianiste Edward Simon qui s'intitule simplement « My Love for You ». Poesia se termine par la deuxième prise de ce même morceau toujours interprété par le pianiste, seul. L'élan est romantique, poétique et sans emphase, et se propage tout le long du cd avec des variances d'humeur. Installé à New York depuis les années 90, le pianiste vénézuelien a enregistré la moitié de son œuvre avec le saxophoniste alto et producteur David Binney. Poesia est son dixième album et le deuxième avec « Unicity », sur CamJazz en 2006, avec cette rythmique de rêve qu'est la paire Pattitucci/Blade.

L'équilibre du trio est rudement solide, la répartition et le contenu des interventions des musiciens servent la musique uniquement; le tout est délivré avec une technique sans faille. Avec ce trio, Simon engrange un jazz plus conformiste, rythmiquement et harmoniquement, que celui de ces précédentes productions avec le gotha du jazz moderne new-yorkais (Binney, Adam Cruz, Adam Roger, Scott Colley...) - qui nous habitue à sa maestria harmonique, ses prouesses techniques et ses interprétations renversantes. Le pianiste séduit l'auditeur, raffine son jeu de poésie et va à l'essentiel: le discours est ramassé et saillant, sans un gramme de trop. Si la forme de sa musique est sans aucun doute « jazz », l'âme est latine. Sans excès dans le style, on entend une retenue lucide dans les rythmes chaloupés et le toucher latin dans le jeu.

Si la composition « One for J.P. », dédié à Pattituci, dénature quelque peu l'esprit du cd lorsque ce dernier brandit sa basse électrique pour un morceau fusion un peu maladroit, Simon nous fait redécouvrir « Giant Steps », composition de Coltrane habituellement jouée pour une joute farouchement technique et enlevée entre les musiciens, réforme son développement par des arrangements méticuleux et dissous sa mélodie en découpant par tranche la complexité de la pièce. Le raffinement de « Intention » et la montée en tension de « Triumph » montrent aussi les qualités de compositeur du pianiste. Simon est un multi-linguiste de la musique et joue aussi bien jazz, latin ou classique. Il fait partie de ses musiciens qui ont étudié la musique, obtenu des bourses pour des projets variés, beaucoup joué et été primés à de nombreuses reprises pour leur travail. Il a depuis bien longtemps fait tomber les barrières entre les styles pour créer le sien. Disons le sans ambages, nous écoutons là le cd d'un grand musicien.

 

Jérôme Gransac

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16 septembre 2009 3 16 /09 /septembre /2009 19:00
YOLK 2009

Sylvain Cathala (ts), Stéphane Payen (as), Jean-Philippe Morel (cb), Franck Vaillant (dm) + Laurent Blondiau (tp,fch), Michel Massot (tub, tb), Gilles Coronado (g), Jozef Dmoulin (fder)

 

Les habitués de l’Olympic Café, dans le XVIIIème arrondissement de Paris, où le groupe de Sylvain Cathala  se produisait régulièrement ne  seront pas surpris de découvrir ici la musique de ce jeune saxophoniste  qui, avec ses compères de Print (du nom de son groupe) signe ici un album particulièrement soigné. Riche en tous points. Pour l’occasion, des « friends » sont venus se joindre à l’équipe de base, amis de longue date habitués eux aussi de l’écurie Yolk au titre desquels Laurent Blondiau, Michel Massot, Gilles Coronado et Jozef Dumoulin qui s’intègrent si bien dans le quartet que l’on croirait que cette formaton a toujours existé ainsi.

C’est avec une certaine maestria virtuose que Sylvain Cathala, surdoué du saxophone que l’on a repéré depuis qu’il a fait ses classes chez Steve Coleman ou Sam Rivers, propose ici un album superbement bien écrit créant des climats cinématographiques ou théâtraux aussi sombres que parfois inquiétants. L’écriture y est savante et moderne dans l’art de manier la fusion des unissons et des contrepoints, confondant avec excellence les solistes et le son d’un groupe remarquablement homogène. Ecriture jouant sur les asymétries, les rythmiques impaires, les géométries harmoniques à multiples facettes, écriture très dense aussi qui s’inscrit autant dans une dynamique collective où les incises et les « pêches » viennent ponctuer un propos construit avec une science quasi mathématique. C’est d’ailleurs ce qui fait peut-être dire à notre confrère Frederic Goaty de Jazz Magazine que cet album devrait avoir l’heure de plaire au grand Steve Coleman. Une approche très cérébrale de la musique qui pour autant n’en oublie pas l’énergie sur son chemin. Une construction presque littéraire qui pourrait bien sûr évoquer l’enfermement et l’absurdité d’un univers kafkaïen. Produit d’une commande de l’état, ce « Around K » s’inscrit bien dans la logique du travail largement débuté en 2005 lorsque Sylvain Cathala enregistrait avec son groupe, Rolex.

Mais cette écriture « serrée » d’où émerge de magnifiques solistes tombe parfois dans le travers d’un exercice trop brillant où manquent aussi les respirations et les moments de suspensions. Ébahis par la virtuosité de l’exercice, on en perd parfois le groove et l’émotion. L’adage « qui trop embrasse mal étreint » ne saurait mieux dire. Jean-Marc Gelin

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16 septembre 2009 3 16 /09 /septembre /2009 07:36

Si vous aimez Claude Nougaro, ce disque mérite un large détour…Pour l’éviter.

Que de facilités, ça swingue comme une fanfare militaire. Non que je nourrisse une aversion pour les fanfares mais bon…C’est pour tenter un mot nul sur la légèreté du tempo binaire sur Armstrong. Ca veut le faire et ça le fait pas du tout. Je vous passe la légèreté des pêches dans les reprises.

Berimbau avec des violons et une pseudo atmosphère à deux balles de SF de série B. Alors même que le Petit Taureau savait avec bonheur intégrer Méditerranée et Brésil. Trop de cuivres, trop de batterie, pas assez de guitare. Bref… On est loin du compte.

Avec « Dansez sur moi », on a un espoir à l’intro, assez vite gâché par un fond de musique d’ascenseur. Faut pas confondre Basie et Roux Combalusier ou Otis si vous préférez.

J’aime bien Maurane, je fais encore un effort. Je craque avec « Il y avait une ville ». C’est trop…Nul. Je fais l’effort d’écouter jusqu’au bout.

J’arrête là, j’ai 27/15 de tension tellement je bous. Putain où est le swing ? Tout ça est maniéré à l’extrême. Heureusement il y a les paroles, mais Maurane n’y est pour rien.

N’achetez pas ce disque. Ne consacrez aucun octet à son téléchargement, même illégal.

C’est un peu comme chanter Amsterdam faut assurer si on veut faire un hommage au grand Jacques. Et là, Maurane elle n’assure pas du tout.

Bon ben j’irai pas à son concert.

Jean-Pierre Foubert

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8 septembre 2009 2 08 /09 /septembre /2009 07:22

 

Blue Note 2009

Joe Lovano (sax), James Weidman (p), Esperanza Spalding (b), Otis Brown III (dm), Francisco Mela (dm, perc)

 


Chaque enregistrement de Joe Lovano confirme sa dimension de maître du saxophone. De l’envergure des Rollins ou Coltrane dont il ne cesse enregistrement après enregistrement de clamer sa filiation. Nous avions chroniqué le mois dernier la parution d’un album aux côtés de Steve Kuhn ( « Mostly Coltrane » chez ECM) sans toutefois oser se demander quelle était la vraie personnalité de Joe Lovano. Car Lovano passe d’album en album ( on l’a même entendu récemment avec le Masada de John Zorn qui semble pourtant bien éloigné de son univers très classique), avec la même maestria. Véritable caméléon jazzistique ! A 57 ans, Joe Lovano a déjà joué avec toute la planète du jazz et signe là son 22ème album pour Blue Note.

Avec un album comme Folkart qui paraît chez Blue Note, le saxophoniste de Cleveland montre une démarche bien plus personnelle et surtout sa part de modernité et d’ouverture.

Avec ce quintet qui se met entièrement à la disposition du saxophoniste, Joe Lovano explore les espaces et les tonalités, les formes rythmiques et les expressions phoniques, comme autant d’idiomes et de dialectes. Sans être véritablement expérimental, il y passe néanmoins du ténor à l’alto ou au au taragato (saxophone hongrois) Parfois ultra-classique ( comme sur ce beau song for Judi) ou Coltranien ( Wild beauty), il ne cesse de varier les sonorités et les couleurs avec le même brio, toujours aussi virtuose que sensible. Lovano est ici soutenu par une belle rythmique (association intéressante de la jeune contrebassiste Esperanza  Spalding avec un Otis Brown III en grande forme).

Joe Lovano y est boulimique de musique, de création musicale et de formes d’improvisations. D’une incroyable fraîcheur. Si le résultat n’a rien de révolutionnaire, il n’en est pas moins passionnant sur la démarche d’un colosse du saxophone.

Jean-Marc Gelin

 

 

 

 

 

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