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25 juin 2015 4 25 /06 /juin /2015 07:50
Les lauréats Talent Adami Jazz 2015 :

Le 3 Juillet / jazz a vienne : STEPHANE KERECKI https://vimeo.com/130435111

Conference de presse a 17H30 avec Laurent de Wilde ( representant de l adami ) et Stephane Kerecki

Le 8 juillet / Jazz a Vienne : LAURENT COULONDRE TRIO https://vimeo.com/130435110

Les festivals partenaires :

Jazz in Marciac – Jazz à Vienne – Paris Jazz Festival London Jazz festival - Bratislava Jazz Days

L’opération Talent Adami Jazz, initiée par l’Association artistique de l’Adami & Jean Jacques Milteau ( pdt de l Adami) se positionne comme un véritable tremplin à l’exportation des artistes de jazz français avec la complicité des plus grands festivals. Avec cette opération, l’Adami est un véritable partenaire de développement d’artistes, le lien entre les tourneurs et des festivals incontournables en France et à l’étranger.

Les dates :

PARIS JAZZ FEST :

STEPHANE KERECKI : le 7 Juin

LAURENT COULONDRE TRIO : le 26 Juillet

JAZZ A VIENNE :

STEPHANE KERECKI : le 3 Juillet // conf de presse a 17H30 avec laurent de wilde ( representant de l Adami)

LAURENT COULONDRE : Le 8 juillet

JAZZ IN MARCIAC :

LAURENT COULONDRE : le 30 Juillet

STEPHANE KERECKI : le 4 aout

FESTIVAL MIMO / BRESIL

STEPHANE KERECKI : le 20 Nov

LONDON JAZZ FEST ( Nov )

LAURENT COULONDRE TRIO & STEPHANE KERECKI

JAZZ DAYS BRATISLAVA ( Oct) :

STEPHANE KERECKI

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31 mai 2015 7 31 /05 /mai /2015 12:56
@camille Gibily

@camille Gibily

JAZZ IN ARLES 2015  Vingtième edition (fin)

Soirée du samedi 23 mai

RICCARDO DEL FRA Quintet MY CHET, MY SONG

Nicolas Folmer (trompette), Pierrick Pedron (saxophone alto), Riccardo Del Fra (contrebasse), Bruno Ruder (piano), Ariel Tessier (batterie)

www.riccardodelfra.net

C’est la fin du festival de jazz arlésien, la soirée de clôture. En ce samedi soir, la jauge de la salle est dépassée, la petite mais vaillante équipe de l’association du Mejan s’affaire en rajoutant des lignes de chaise, tant le public se presse pour assister au concert. Le journal La Provence s’est déplacé. Le titre le dit bien, il ne s’agit pas de célébrer la mémoire du trompettiste Chet Baker par un énième hommage ou « tribute »[i] comme l’exprime la tendance actuelle. C’est sa vision éminemment personnelle que propose le contrebassiste romain Riccardo del Fra qui, dans ses jeunes années, dès 1979, a accompagné Chet Baker sur les routes et en studio, apprenant ainsi le métier avec l’une des personnalités les plus singulières et exigeantes du jazz. Le trompettiste Chet Baker fut assurément l’une des icônes de cette musique, beau comme un dieu, dans sa jeunesse. Ce n’est pas cette image que Del Fra conserve, bien des années après. Installé en France, directeur de la classe Jazz et Musiques improvisées du célèbre CNSM parisien, où la fine fleur de la jeune scène actuelle a fait partie de ses élèves, il se penche à nouveau sur son passé et se souvient. C’est ainsi qu’un projet ambitieux vit le jour sur le label Cristal avec un bel équipage et un orchestre allemand mythique, celui des studios de cinéma de Babelsberg. Jean-Marc Gelin qui chroniqua l’album pour les DNJ, ne tarissait pas d’éloge sur cet alliage de cordes et de vents :

http://www.lesdnj.com/article-riccardo-del-fra-my-chet-my-song-124672466.html

Le programme conçu par le contrebassiste explore l’univers de Chet Baker de façon poétique. Difficile de ne pas jouer des standards quand on aime le jazz et Chet Baker mais comment le faire autrement, avec fraîcheur et pertinence ? Riccardo Del Fra a répondu à ce défi en livrant des standards malaxés, réarrangés, se continuant souvent par des improvisations et des variations originales. Ainsi «For All We Know» se prolonge par cette évocation sensible « Oklahoma Kid »[ii], d’« un vol au dessus des grands espaces américains». «Love For Sale» des frères Gershwin se transforme en un « Wayne’s Whistle» malicieux. Del Fra a écrit les introductions et interludes de « I’m A Fool To Want You» et «I Remember You ». Deux de ses compositions attirent notre attention « Wind On An Open Book » et «The Bells And The Island». C’est son imaginaire qui est à l’œuvre, son ressenti qui s’exprime en une synthèse de toute son activité artistique. En s’aidant de grandes pointures, de solistes engagés comme Pierrick Pedron, jamais en reste quand il s’agit du « Great American Song Book » ( merveilleux «Change Partner» dans son (Deep In A Dream). Il a la complexité requise, à la fois lyrique, sensuel et énergique, dévorant l’espace dès le deuxième set où sa partie à l’alto est plus affirmée.

La musique du concert va sonner différemment, car le groupe est tout autre, sans orchestre, en version resserrée, un quintet où, à la batterie, le jeune Ariel Tessier, élève au CNSM, entretient un tempo rapide et continu, l’attelage allant souvent à un train d’enfer, sans respiration. Nicolas Folmer à la trompette et au bugle, reprend, après Airelle Besson, le rôle délicat de Chet. Il n’est pas a priori le plus évident dans ce rôle : virtuose et solaire, une fois lancé, il parvient aussi à se faire plus tendre, comme apaisé. C’est que le programme est dense, intense : deux sets en viendront à bout avec des passages très contrastés, de douceur infinie (duo piano/contrebasse où Bruno Ruder, formidable, tire son épingle du jeu) et d’autres échevelés, où le volume sonore atteint son apogée. On est loin du Chet de The Touch Of Your Lips à la « sonorité diaphane frôlant l’évanouissement ». C’est comme une version paroxystique qui illustre le caractère contrasté de la vie et de la carrière du trompettiste, « ange déchu du lyrisme », selon la juste formule de Pascal Anquetil dans son magnifique Portraits légendaires du jazz. La légitimité du projet est confortée quand Riccardo Del Fra lit son poème « Ombre e Luci »/ Chet, tant il est vrai que le trompettiste a toujours joué sa musique comme sa vie, ardemment.

NB : A souligner aussi ce moment d’émotion quand Riccardo Del Fra s’adresse dans la salle à Bertrand Fèvre, arlésien d’adoption, en lui rappelant les paroles de Chet lors de l’enregistrement du court métrage Chet’s Romance. C’est que le photographe a réalisé un portrait sensible, très éloigné du controversé Let’s get lost de Bruce Weber qui insiste sur la vie agitée de Chet, ses errances pathétiques, ses relations plus que tourmentées avec ses femmes, ses excès tragiques. Dans Chet’s romance, il n’est question que d’amour : filmé le 25 novembre 1987, dans un studio d’enregistrement parisien, le Clap’s, le document montre un Chet vieilli prématurément (un an avant sa mort, le vendredi 13 mai 1988 à Amsterdam), chantant et jouant dans un souffle « I’m A Fool To Want You», accompagné d’Alain Jean Marie au piano, de Riccardo del Fra à la contrebasse et de George Brown à la batterie.

Sophie Chambon

A suivre cet été le quintet avec cette formation : http://jazzenbaie.com/RICCARDODELFRA.aspx

[i] On peut tout de même citer le disque de Stéphane Belmondo qui accompagna Chet au New Morning et qui avec la complicité de Bertrand Fèvre vient de sortir sur Naïve un très émouvant Love for Chet au printemps 2015.

[ii] Chet, venu du fin fond de l’Oklahoma, le pays des « red necks », des « bouseux » arrive en Californie en 1948 ;

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27 mai 2015 3 27 /05 /mai /2015 23:00
Jazz in Arles ..... (suite)

Vingtième édition (13 au 23 mai 2015)

Soirée du jeudi 21 mai

Misja Fitzgerald Michel (guitare solo)

www.misjafitzgeraldmichel.com

Dans un rond de lumière apparaît un grand escogriffe à la chemise à carreaux bleus. Misja Fitzgerald Michel[i] commence à jouer un solo de guitare qui nous fera parcourir le plus doux des trajets, du sensible «Ornettish» à une ballade «Heat», de « Don’t explain » de Billie Holiday à « Lonely Woman » (retour à Ornette Coleman), de « Pink Moon» du folk songwriter Nick Drake à «Nardis» en rappel (composition du guitariste Chuck Wayne qu’a su s’approprier Bill Evans). Tout est surprise, changements de ton, d’accords, avec des phrases complexifiées à souhait. Ce qui n’enlève rien à la finesse, à l’imprévisibilité attachante que le guitariste insuffle à l’ensemble. C’est dans un contexte aussi particulier, strictement libre, tout simplement étonnant que l’on peut apprécier la beauté insensée d’une mélodie et sa capacité à durer. Misja célèbre la guitare plurielle, l’essaie à toutes les pluralités. Il connaît les chansons, les reprend puisqu’il les aime et nous les fait découvrir autrement. Ce sont bien elles et pourtant, en se glissant dans le répertoire, il se fait une place avec sa guitare qui sonne et donne tout leur espace à ces « petits » morceaux qu’il éclaire, autrement, à sa manière, simplement et avec talent. Voilà ce que c’est que d’être doué, inspiré. Libre. On reparlera, au cours de la soirée, de ses sources d’inspiration, de Nick Drake, ce troubadour disparu trop tôt, en 1974 auquel il a consacré son dernier album Time of No Reply, en 2012. Tout comme de la malédiction qui a frappé les Buckley. Car le succès foudroyant du fils, Jeff avec l’album Grace, sorti en 1994, a quelque peu éclipsé le travail du père, Tim, plus orienté folk, mais profondément éclectique dans ses goûts et orientations musicales.

Il faut décidément louer l’esprit avisé du directeur artistique Jean Paul Ricard qui sait programmer des talents rares, trop peu entendus. C’est toute la grâce de ce festival arlésien, unique, de faire découvrir chaque année des choses rares, de programmer des concerts que l’on n’entendra plus dans les grosses machines estivales, ou même dans le réseau plus pointu de l’AJC, ex Afijma.

@philippe.meziat

@philippe.meziat

80 years BARRE PHILLIPS « Listening »

Urs Leimgruber, saxophones/Jacques Demierre, piano / Barre Phillips, contrebasse

www.barrephillips.com-emir.org

Changement de ton après l’entracte avec LDP: on attend le contrebassiste Barre Philips en trio avec Urs Leimgruber au saxophone et Jacques Demierre au piano, un alliage qui a déjà une quinzaine d’années, se produisant sur le label allemand, de qualité, Jazzwerkstatt. Contre toute attente, il y a un point commun avec le concert précédent : si l’on ne peut, cette fois, fredonner la mélodie, on retiendra cette recherche exigeante du son, dans sa qualité la plus pure. Barre Phillips est un artiste véritable qui suit son propre fil. Et ce, depuis longtemps, depuis Music from Two Basses avec Dave Holland ou son solo, Journal Violone en musique improvisée. Avec ce trio, c’est la surprise et la découverte dans l’instant, un entrelacs de figures dans l’espace, une chorégraphie gestuelle et un abandon à l’instant-ané. On se laisse conduire par ce mixage de fragments sonores reliés à une écoute intime, des stridences et vrilles exacerbées du saxophoniste et autres grincements du piano plus ou moins préparé ; parfois c’est un ostinato de basse, un bourdonnement continu qui s’harmoniserait presque avec la soufflerie aléatoire de la tireuse de bière ou de la machine à café. Au fond, derrière le plateau technique, les conditions d’écoute sont parfaites. Le trio est de plus, visuellement intéressant, au sens pictural, un tableau de groupe flamand. Il faudrait un peintre, plus encore qu’un photographe, pour saisir ce qui se joue là, entre les trois : des emportements incontrôlés d’Urs aux gestes menus de Barre, délicat quand il enlace, retourne, frotte, tapote la basse.

Cette capacité de création immédiate résulte t- elle de la seule virtuosité ? Quand il s’agit de rentrer en soi même, à l’écoute de soi et des autres, de faire remonter des réminiscences. Une création « live », dans l’instant, d’après des choix imposés de l’extérieur, comme de jouer entre les notes. Une expérience à trois, partagée, où « l’écoute comme matériau », selon les mots même de Jacques Demierre[i] est « à chaque nouveau concert plus présente... Une réactivation continuelle de la totalité des possibles...quand tous ces sons produits et échangés ne semblent résulter d’aucun travail et naître spontanément de leur propagation dans l’espace ».

C‘est la marque d’un beau concert quand le souvenir que l‘on en garde s’accompagne de sérénité. Quelques personnes sont malgré tout un peu surprises, mais la majeure partie du public, constituée de fidèles, connaît le parcours sensationnel et transdisciplinaire de cet octogénaire toujours vaillant, qui a accompagné la chorégraphe Carolyn Carlson, composé des musiques de films, de Jacques Rivette et du documentariste Robert Kramer.

Avec cet aparté avec le chroniqueur du Monde, Francis Marmande, dont le chapeau, ce soir là, m’évoque irrésistiblement « le Doulos » de Melville, un film qu’il connaît bien, la transition avec la soirée suivante est toute trouvée, puisqu’ il s’agira de Cinéma et de musiques de films, ceux de La Nouvelle Vague. J’aime ces moments en immersion, où l’on est là, captif et libre. De méditer et rêver. De penser à tout et à rien. Prêt à lire et à écrire.

Sophie Chambon

NB : les photos qui illustrent l’article sont de l’ami Philippe Méziat dont vous pouvez lire le compte rendu sur le blog de jazzmagazine.


[1] Misja Fitzgerald Michel tourne dans des contextes différents, des formations différentes : proche de Jim Hall, il a joué avec Ravi Coltrane, Chris Potter, Drew Gress, pratiquant avec aisance une gymnastique totalement acrobatique, un grand écart des formes

[i] J’irai voir après le concert, sur les conseils de Luc Bouquet, le carnet de route du trio proposé par l’initiateur du son du Grisli, Guillaume Belhomme. www.grisli.canalblog.com

@philippe.meziat

@philippe.meziat

@philippe.meziat

@philippe.meziat

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23 mai 2015 6 23 /05 /mai /2015 09:28
JAZZ IN ARLES

Jazz in Arles : une soirée en duos

Andy Emler (piano), Claude Tchamitchian (contrebasse)

Anja Lechner (violoncelle), François Couturier (piano)

Festival Jazz in Arles au Méjan, chapelle du Méjan, Arles, 20 mai 2015.

Dix neuf ans révolus et vingt éditions pour ce festival hors du commun, accueilli dans l'espace culturel des éditions Actes Sud au Méjan : une ancienne chapelle, vendue à la Révolution comme bien national, et devenue ensuite le dépôt de laine de la Coopérative du syndicat des éleveurs du Mérinos d'Arles (la raison sociale est gravée dans la pierre du fronton !). Ici pas de moutons à tondre (c'est le rejeton d'une famille d'éleveurs de la race Texel qui vous le dit....), seulement des oreilles et des consciences à combler de beautés sonores. Le piano a toujours eu en ces lieux la part belle : il faut dire que l'instrument de l'endroit, Steinway modèle D, est incontestablement l'un des plus remarquables que l'on puisse trouver dans ce pays, Ile de France et toutes régions confondues. Il est de surcroît préparé, réglé, harmonisé et accordé par l'irremplaçable Alain Massonneau (studio de la Buissonne, concerts de jazz du festival de Radio France et Montpellier....) ; les pianistes de jazz l'adorent, et lui rendent souvent sur scène, ici et ailleurs, l'hommage qu'il mérite.

@xavier.prevost

@xavier.prevost

Deux duos donc ce soir là, très contrastés. La paire qui associe Andy Emler et Claude Tchamitchian s'appuie sur quinze années d'incessantes collaborations, du medium band (le MegaOctet) au trio. Mais leur duo est tout neuf : un seul concert avant celui-ci, à l'Uppercut de Marseille, en octobre 2014. Dopés par le confort acoustique (une sono en simple renfort, d'un naturel confondant) et la puissance hors-norme du piano, les deux compères se sont promenés de plaisir en surprise, glissant d'une improvisation sans filet à quelques uns des thèmes du répertoire du trio qui les associe au batteur Éric Échampard. Andy Emler, que la dynamique exceptionnelle de l'instrument pourrait griser au point de le circonscrire au quadruple forte, n'oublie jamais qu'à l'autre extrémité de l'échelle des décibels, ce piano offre un pianissimo presque diaphane ; et il en joue avec délices. Claude Tchamitchian est porté par la qualité du son qui le sert : à l'issue du concert, il remerciera Bruno Levée, le sonorisateur, pour lui avoir offert une écoute idéale ; et manifestement le contrebassiste est porté, et inspiré, par l'excellence du rendu sonore qui lui est offert. A l'archet comme en pizzicato, les idées fusent, et l'expression s'en donne à cœur joie, et quand il le faut jusqu'au paroxysme. La connivence des musiciens est absolue, et absolument confondante. Le temps, pourtant mesure et maître de toute musique, semble s'être dissipé, comme en un rêve éveillé : après une heure de concert, à l'issue du rappel, le chroniqueur épaté aurait juré que cela avait duré à peine une demi-heure !

@xavier.prevost

@xavier.prevost

L'autre duo du jour associe Anja Lechner à François Couturier. La disposition a légèrement changé : le piano est cette fois parallèle au bord de la scène et le pianiste, de profil, dialogue avec la violoncelliste qui se trouve derrière lui, légèrement à sa droite, et plus près de l'avant-scène, face au public. Une disposition chambriste, donc. Mais ne nous y trompons pas : si la musique, en bonne partie écrite, est empruntée à Federico Mompou, Georges Gurdjieff, Komitas, et aux compositions de François Couturier (le répertoire de leur disque « Moderato Cantabile », paru à l'automne 2014 chez ECM), l'expression est forte, parfois exacerbée, et l'espace de l'improvisation s'immisce en clandestin dans l'écriture. La violoncelliste offre une sonorité tout à la fois ronde et rugueuse, façon gambiste, comme si son instrument gardait la mémoire de la viole de gambe qui l'a précédé dans l'histoire. Plus que sur disque, on la sent oser, dans les espaces de liberté que peut offrir le texte, l'improvisation, et l'expressivité intense. Le dialogue est constant avec le pianiste qui, impassible et regardant la partition devant lui (qu'il la suive ou s'offre des libertés....), semble en permanence, tel un sphinx, méditer sur l'inatteignable beauté ; beauté qu'il tutoie cependant constamment, en compagnie de sa partenaire. Et plus question ici de se demander si c'est encore du jazz, ou déjà du jazz, ou seulement peut-être : qu'importe. Dans ce lieu unique qu'est le Méjan, idéal pour de tels formats instrumentaux, la musique et la beauté sont les seules mesures possibles. Écoles, styles, genres, idiomes et chapelles, allez au diable : la chapelle du Méjan vous offrira l'absolution !

Xavier Prévost

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19 mai 2015 2 19 /05 /mai /2015 21:51
Concert évenement samedi prochain  : VIJAY IYER TRIO en concert à Paris

Le samedi 23 mai dans le cadre du superbe Festival Jazz à Sant Germain ,

le pianiste américain Vijay Iyer donnera un concert en trio à la Maison des Océans, 195 rue Saint Jacques à Paris.

L'occasion de revenir sur l'album de la nouvelle star d'ECM, Certainement l'un des pianistes les plus prometeurs de sa génération. Foisonnant d'idées neuves et modernes.

L'étoffe d'un très grand.

A ne pas louper

L'occasion aussi de retrouver la nouvelle édition de ce magnifique festival porté haut par Fred Charbaut et Donatienne Hantin qui cette année encore nous réservent du 21 au 29 mai quelques pépites et quelques recettes magiques dont ils ont le secret : Shai Maestro, Kyle Eastwood, Eric Bibb et Ablaye Cissoko, Lars Danielsson et j'en passe et non des moindres vont nous faire vivre des heures de jazz durant cette semaine qui s'annonce magique. Une fois encore.

Concert évenement samedi prochain  : VIJAY IYER TRIO en concert à Paris
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16 novembre 2014 7 16 /11 /novembre /2014 16:19

visuel D'Jazz Nevers Festival 2014

On ne vient pas seulement à Nevers pour célébrer Marguerite Duras (1914-96) dans la Rue de l’Oratoire rebaptisée de son nom en souvenir du tournage ici même d’Hiroshima mon amour par Alain Resnais. En novembre, les fondus de la note bleue se donnent rendez-vous depuis 1997 pour retrouver D’Jazz Nevers Festival, bâti sur un triptyque artistique, soutien à la création, aux artistes émergents et à la scène européenne. Ils étaient encore un peu plus nombreux pour cette 28ème édition (8-15 novembre), se félicite son directeur Roger Fontanel. Des Neversois et des Nivernais pour la plupart (70 %) mais aussi des habitués parisiens ou même étrangers attirés par la riche diversité de l’offre avec 30 concerts, de midi à minuit, et des tarifs étudiés (22 euros au maximum pour le double concert du soir au prix fort et 8 euros pour les moins de 18 ans). Impressions d’une immersion de 24 heures les 13-14 novembre dans la cité nivernaise.

WOODcChristophe-Alary.jpg

12 h. Pac des Ouches. La petite salle voûtée n’a plus une chaise de libre pour cette heure de jazz acoustique et gratuit. Atmosphère recueillie pour le duo Sébastien Boisseau (basse)-Matthieu Donarier (saxophones, clarinette). Musique à l’état brut mais non sans finesse. Belle évocation de Duke Ellington (Fleurette Africaine) et de Budapest, en salut à un label hongrois qui avait produit le duo. Aérien Donarier et terrien Boisseau sont à l’unisson. A retrouver sur « Wood » (Yolk), album disponible aussi en vinyl, comme c’est de plus en plus la tendance.

15h. Maison de la Culture. Débat sur « la pertinence d’un outil ressource pour le jazz et les musiques improvisées ». En clair, comment mettre à la disposition des professionnels –artistes, agents, organisateurs, journalistes…- les informations pratiques sur le milieu après la disparition en mai dernier du Centre d’Information sur le Jazz, animé par Pascal Anquetil. Deux heures d’échanges pour asséner une vérité, la nécessité de maintenir cette base documentaire et de faire le forcing auprès des instances officielles pour dégager un financement.

20.30. Maison de la Culture. Sur scène, un nonette français qui présente sa relecture du chef d’œuvre de Carla Bley, Escalator over the Hill. Un travail collectif de deux ans engagé avec le feu vert de la créatrice et qui se veut, commente le batteur Bruno Tocanne, un des co-initiateurs du projet avec le bassiste Bernard Santacruz, « ni nostalgique, ni obséquieux ». En tournée en Europe –une dizaine de dates encore prévues- Over The Hills rend bien-avec un effectif réduit-la majesté, la fougue libertaire de l’opéra-jazz des années 70. Mention particulière ce soir au chanteur et claviériste électronique Antoine Läng. Les 500 spectateurs sont scotchés. Et visiblement Steve Swallow aussi qui salue la performance en introduction de son concert en seconde partie de soirée. steve-swallow-quintet---marzena-ostromecka-copie-1.jpgQuintet de luxe, tout de noir vêtu, emmené par Steve (basse électrique) et Carla Bley (orgue Hammond), avec Jorge Rossy (batterie), Steve Cardenas(guitare) et Chris Cheek (saxo ténor). Ces cinq là vont à l’essentiel. Le résultat est très cadré et la forme tour à tour acérée et ronde. Grande classe. Chapeau bas les deux séniors de 70 printemps et quelque (Carla et Steve).

Lendemain 10.30. Auditorium Jean Jaurès.

 

 

 

 

Devant une petite centaine de collégiens, Jean-Charles Richard présente « Traces » (Abalone) aux saxophones (soprano et baryton) en compagnie de Peter Herbert (bassiste autrichien) et Christophe Marguet (batteur parisien).

Jean-Charles-RichardcJean-Michel-REGENT.jpg

Une heure de jouage et d’échanges où le saxophoniste à la double formation (jazz et classique) présente sa conception esthétique, évoque Vienne, Freud, le dodécaphonisme et Schönberg.

 

©Jean-Michel Regent

 

 

 


12 h. Pac des Ouches. Humour et déconstruction au programme pour Un Poco Loco, trio qui, comme son nom l’indique, salue l’œuvre de Bud Powell mais plus largement les jazzmen des années 50 (on se reportera à la chronique enchantée de Sophie Chambon). Coup de chapeauOTH--c-Yves-Dorison.jpg©Yves Dorison

 

aux Dizzy Gillespie, Kenny Dorham, Lee Morgan, « sans tambour ni trompette », glisse le tromboniste Fidel Fourneyron. Effets de souffle pour Fidel et Geoffroy (Gesser, saxo ténor et clarinette), pincements de cordes, jeu d’archet pour Sébastien Beliah (basse). Une (re)découverte d’un répertoire d’un bon demi-siècle avec brio et fraîcheur. Reprenant à son compte le titre d’un tube inoxydable, un témoin ose un (horrible) jeu de mots : « It’s now and Nevers ».


 

 

 

 

 

Jean-Louis Lemarchand                                     

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14 septembre 2014 7 14 /09 /septembre /2014 17:25

 

 poulet-transparent

Quel plaisir ce Jazz à la Villette for kids. D'abord, le spectacle est dans la confortable salle de l’Auditorium de la Cité de la musique. Une salle bondée et un public extrêmement expressif….pas du tout dissipé ou bruyant…simplement participatif et enthousiaste…on imagine le bonheur des musiciens ! Sur scène, ils ne font pas du « gagatisme » ou dans la demi-mesure, ils offrent le meilleur de leurs créations pour accompagner les marionnettes animées de Ladislas Starewitch dont le très beau Gazouilly petit oiseau, pour swinger avec  Anatole le chat ou pour déclamer cette drôle d’histoire de Slim qui est avalé par sa baignoire. Le casting est parfait de la généreuse pianiste-percussionniste Perrine Mansuy au vibrant conteur Lamigne Diagne, de l’énergique et joyeux Abel Croze au duo déjanté de Jean Mach et Maxime Dupuis.

 gazouilly

Pour les enfants, de nombreux instruments sont convoqués pour que le voyage musical soit encore plus enchanteur et dépaysant : doudouk, pandeiro, flageolet, clochettes musicales, instruments électroniques…bref, ils entendent des sons familiers et d’autres plus originaux et ils dansent librement et ils rient à gorge déployée et ils hurlent et ils crient leur bonheur et ils applaudissent à tout rompre pour remercier de ce temps béni de communion jazzistique. C’est sûr ces enfants-là aiment le jazz…que cette musique accompagne longtemps leurs rêves !

 

Régine Coqueran-Gelin

 

 

A voir :

Le chacha des souris – musiciens Jean Mach et Maxime Dupuis : http://www.youtube.com/watch?v=HOSd1k6jAEs 

 

 

Gazouilly Petit Oiseau – musiciens : Abel Croze et Emmanuel Reymond http://www.dailymotion.com/video/xq0x7o_abel-cine-concert-gazouilly-petit-oiseau_music

 

 

 

Nanan – Quintet jazz avec des chansons originales de la batteuse Lydie Dupuy arrangées par le pianiste Rémi Ploton

http://www.youtube.com/watch?v=Y49Un_3WKlo

 

 

 

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7 septembre 2014 7 07 /09 /septembre /2014 21:46

 

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Ambrose Akinmusire Quartet

Ambrose Akinmusire - trompette , Sam Harris - piano , Harish Raghavan

contrebasse ,Justin Brown - batterie

 

ambrose.jpg

AVISHAI COHEN + KURT ROSENWINKEL

Avishai Cohen - contrebasse , chant , Kurt Rosenwinkel - guitare , Nitai Hershkovits - piano ,Daniel Dor - batterie

avishai.jpg

 

La grande Halle est remplie. La qualité de l'affiche ( 1ère partie : Ambrose Akinmusire et Avishai Cohen ensuite) fait que je ne sais pas trop qui vient pour quoi. J'interroge mon voisin : " moi je suis là pour Avishai Cohen, mais j'ai plein de copains jazzeux qui m'ont parlé du trompettiste de la 1ere partie en me disant qu'a côté de lui les autres trompettistes professionnels ressemblaient a des élèves de conservatoire"

Et de fait la plupart du public attend la venue du charismatique contrebassiste.

Mais dans l'immédiat c'est le quartet d'Ambrose Akinmusire qui investi la scène. Quartet ? Effectivement car Walter Smith le ténor qui accompagne Ambrose depuis longtemps n'est pas là contrairement à ce qu’annonce le programme.

Ambrose entame son concert par une stupéfiante, lente et progressive montée aux cieux dans un solo de trompette quasi mystique. Des sommets dont il ne redescendra qu'une fois la dernière note du concert jouée. Avec son quartet ils entrent dans une musique soulful, inspirée et lente, dans des flottements presque shorteriens ou Braxtoniens. Magnifique et inspiré même si parfois il donne le sentiment de tourner en rond. Un duo avec Sam Harris renverse le public. On y entend le trompettiste pleurer, crier, chanter dans son embouchure et c'est absolument poignant.

Un vrai moment de communion pure si ce n'était le son vraiment très moyen du piano et surtout d'une contrebasse inaudible.

Lorsque Avishai Cohen entre sur la scène c'est un peu l'antithèse. A coté de la timide réserve du trompettiste, Avishai envahit l'espace comme un Bruce Springsteen du jazz. IL entre sur scène comme sur un ring. Tout en force et en énergie. Danseur avec son instrument. Fougeux aussi sur des thèmes gorgés de soleil et de groove. Rapidement il est rejoint par son invité, le guitariste Kurt Rosenwinkel avec qui il avait l'habitude dans ses jeunes années de jouer dans les rades de New York. Depuis le temps est passé, Cohen a joué avec Corea et poursuivi une médiatique carrière alors que Rosenwinkel est parti vivre à Berlin. Et c'était la curiosité du moment : comment les deux hommes aux univers musicaux si distincts allaient-ils se retrouver. La réponse est : plutôt pas mal et assez efficace même si les deux hommes ne parviennent pas a élever la musique au delà du joli. Pas du beau. Du joli. Et plutôt très bien joué. Pas de quoi bouder son plaisir. Et si Avishai Cohen est un musicien aussi impressionnant que brillant , Rosenwinkel tout en retenue affiche un jeu d'une douceur saisissante. Mais la révélation pour moi aura été les deux membres du trio de Cohen : un pianiste (Nitai Hershkovits) subtil et élégant ainsi qu'un batteur foisonnant et riche ( Daniel Dor).

Avishai Cohen vient pour un rappel chanter un morceau cubain seul à la cntrebasse avec des accents à la Cachao Lopez. ET pour finir le guitariste revient sur scène pour un Besame Muchoqui tombait un peu là comme un cheveu sur la soupe pour un Rosenwinkel a des années lumières de cela.

 

Une ouverture du festival en demi-teinte donc mais qui faisait souffler ce soir là un vent de générosité loin de tout vil calcul. C’est déjà beaucoup.

Jean-Marc Gelin  

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14 juillet 2014 1 14 /07 /juillet /2014 10:43

Quelle soirée, mazette ! Mon garçon, si tu avais réservé ta soirée depuis longtemps pour assister à l'improbable victoire de la France en finale de la coupe du Monde, saches que tu as loupé quelque chose de terrible hier soir.
Cela a d'abord commencé par l'attaque du Fort par une armée en marche, une batucada qui venait prendre la place dans un déluge de tambours hypnotiques. Ca déjà, t'as loupé.
Mais le pire c'est qu'ils furent contraints de battre en retraite par trois généraux : Batiste Trotignon (Enôorme hier soir) et Thomas Bramerie menés à la baguette par le généralissime Aldo Romano. Pendant que tu attendais, devant ta télé un but qui n'arrivait décidément pas, nous assistions quant à nous à l'émergence d'un power trio inspiré, dévalant le bop sous les doigts d'un Batiste Trotignon inspiré ou encore une magnifique valse jazz ( Il Camino) jouée avec la générosité des vainqueurs.
Mais, justement puisque l'on parle de générosité, figures toi que les renforts ne tardèrent pas à arriver. Je dis bien LES renforts puisqu'arriva alors, avec perte et fracas MONICA PASSOS, balayant la scène de toute sa présence et de toute sa liberté. Et Monica envoute Porquerolles, rit avec le public, harangue le peuple de gauche, milite et chante, cite Aristote et St Augustin, fait pleurer l'assistance lorsqu'elle chante du Gismonti. Mon garçon, ton but libérateur tardait encore à venir que Monica elle, délivrait la terre entière, faisait la paix avec les guerriers aux tambours, les faisaient monter sur scène pour faire danser le monde. Alors que toi ce soir tu voyais sur ton écran Angela gagner sa minuscule petite guerre, Monica elle sur la scène de Porquerolles réconciliait le monde de toute son humanité. De toute sa générosité.

Jean-Marc Gelin

 

 

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14 juillet 2014 1 14 /07 /juillet /2014 10:41

 

 

Aujourd'hui sous le palmier, hier sous l'eucalyptus, demain sous le bougainvilliers, Simone transforme chaque échantillon de la végétation méditerranéenne de la place d'armes en autant d'arbres à palabre. Chaque midi, elle interpelle, improvise, illumine. Elle slamme, scatte, multiplie les chorus poétiques. A partir des mots que lui confient les passants, elle raconte les histoires les plus insolites, "Cacatoès", "Ouistiti", "Anticonstitutionnellement" : aujourd'hui la barre est haute. Simone tire le fil des mots comme une funambule. Un moment elle hésite, on pense qu'elle ne pourra pas rebondir. Très vite, elle reprend le cours de son inspiration comme si elle était un puits sans fond de phrases. Son verbe est aussi mouvement. Elle se rapproche de son interlocuteur, lui murmure les mots au plus près, comme pour lui inoculer le don des langues. Simone Lagrand se définit comme " paroleuse". Le néologisme lui va comme un gant. Ni Griot au féminin, ni slammeuse, ni crieuse, juste une femme de paroles. Depuis une première rencontre à la Martinique avec Franck Cassenti, elle revient chaque année au festival pour y jouer des rôles différents. Ce qu'elle propose cette année est inédit : il s'agit de créer une zone d'improvisation langagière devant le bureau du festival en impliquant des passants qui tous malheureusement ne s'arrêtent pas. Ceux qui le font découvrent une personnalité hors normes, exubérante, généreuse, soucieuse de provoquer le contact avec chacun. Installée depuis quelque temps à Paris, Simone écrit, beaucoup, une poésie par jour, une pièce de théâtre, des spectacles de sampling de mots. Elle s'est inscrite récemment à une formation universitaire d'écriture créative pour étancher sa soif d'apprendre. La fin de l'après-midi venant, lorsque les ombres s'allongent sur la place d'armes, Simone fait une autre proposition : "La criée". Elle lit, ou plutôt interprète, les mots et les poésies rédigées à son intention par les festivaliers et les habitants et confiées à un petit panier placé devant la mairie. Tous n'ont pas son talent d'écriture, loin s'en faut. Messages de tendresse, dédicaces, poésie naïve, jeux de mots improbables : tout y passe dans un joyeux désordre. Simone s'efforce de faire vivre cette exercice de démocratie participative langagière avec enthousiasme. A ce moment-là on se dit qu'elle fait oeuvre de salut public. La paroleuse accomplit un geste quasi-politique : redonner confiance dans les mots.

Loïc Blondiaux

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