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8 mai 2010 6 08 /05 /mai /2010 20:00

 

Laura LITTARDI / Alain JEAN-MARIE au 9JAZZ CLUB (Paris)
Concert du 29.04.2010


C'est un beau, un grand duo qui vient de se constituer entre la chanteuse Laura Littardi et le pianiste Alain Jean-Marie au 9Jazz Club (prochaines dates : 13 juin ; 7juillet ; 8 septembre 2010, etc.), l'un des très rares lieux à continuer à promouvoir la formule de la « résidence » comprise comme véritable laboratoire de musique (et d'écoute amoureuse de la musique, dans ses révélations chaque fois imprévues, on n'y insistera jamais assez).


Partons du site, cristal improbable de l'émotion. Entre Ménilmontant et Oberkampf, en plein Est parisien, loin de la dégoulination sur-urbaine des Halles mais avec la même électricité qu'on leur connut jadis, s'est créé et se développe un club de jazz , un vrai : pas branché sur les circuits internationaux ni servilement sur les sorties de disques des labels, mais bien sur une une échelle de goûts qui lui est propre et, surtout, sur une offrande dont les musiciens connaissent la juste valeur : le temps de la maturation des projets, de la complicité devenue télépathie. Sous l'impulsion de Cathie Fichelle, ex-Petit Opportun, ex-7Lézards, ce sont ainsi Nelson Veras et Gilda Boclé, Rick Margitza et Peter Giron, Deborah Tanguy et Laura Littardi et désormais Laura Littardi et Alain Jean-Marie qui viennent exposer chaque quinzaine, chaque mois, l'état renouvelé de leurs études et de leurs échanges. Il faudra bien, un jour ou l'autre, rendre grâce, comme il se doit, à celles et ceux qui continuent de croire et d'ouvrir leurs portes à ce type d'aventure.

 

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Stéphane Carini.



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11 décembre 2009 5 11 /12 /décembre /2009 06:16

EVENEMENT!!


"Au large d'Antifer" - Bruno Régnier, musicien des sens

29 novembre 2009 - Scène Nationale d'Orléans

Sébastien TEXIER (Sax alto et Clarinettes), Rémi DUMOULIN (Sax ténor et Clarinettes), Olivier THEMINES (Clarinettes), Alain VANKENHOVE (Trompette), Matthias MAHLER & Jean-Louis POMMIER (Trombone), Alexis THERAIN (Guitare), Frédéric CHIFFOLEAU (Contrebasse), Matthieu DESBORDES (Batterie), Pablo PICO (Percussions), Bruno REGNIER (Compositions et Direction)

On connait bien Bruno Régnier: musicien, arrangeur, compositeur, chef d'orchestre. On connait bien ses X'tet et CinéX'tet, "moyenne grande" formation à géométrie variable, qui l'un laisse libre cours aux envies de son créateur (la dernière en date sur cd est Suite de danses) l'autre met en en musique les films de Buster Keaton et The Mark of Zorro de Fred Niblo avec Douglas Fairbanks, qui paraîtra ces jours prochains et dont on pourra voir et écouter une représentation live au ciné Balzac à Paris le 13 décembre prochain.

Mais, on sous-estime son talent de compositeur. Sur la Scène Nationale d'Orléans, Bruno Régnier a mis en musique les peintures d'un jeune artiste: Louis Gagez. (ndr: Autant le dire tout de suite, je n'ai pas souhaité joindre une photo d'une peinture - bien que l'envie ne me manque pas - de Gagez, car cette photo ne ferait pas ressortir le plaisir stupéfiant que j'ai pu ressentir en zieutant au plus près ses oeuvres dans la petite galerie de la Scène Nationale d'Orléans juste avant le concert du X'tet. Il faut les voir en vrai, en face de soi et frissonner.)
On comprend tout de suite où Régnier a puisé l'inspiration pour composer "Au large d'Antifer". Antifer est un phare en haut d'une falaise de Fécamp et le seul tableau de Gagez qui porte un nom. Ce qu'on remarque dans ses peintures: c'est l'inexplicable impression de relief des figures sur une toile lisse. Puis il y a la vie qui se répand sur la toile, le mouvement des éléments des paysages - que ce soit la mer en furie ou un désert chaotique - la ténébreuse atmosphère où l'on ressent - sans véritablement l'identifier - cette beauté rassurante et joyeuse, cet halo coloré, comme une vision illuminée. Gagez a un secret: il travaille l'obscurité de sa toile, la colore d'un jus blanc, puis gratte, ponce, sculpte et découpe sa peinture. Le résultat est emballant.
Cette méthode de travail originale a été un élément déclencheur pour Régnier: il y a trouvé une correspondance avec sa façon de composer. Le même langage de travail.
Exigeant que de mettre en musique des peintures contemporaines! Il faut trouver un fil conducteur, illustrer la musique pour susciter l'envie de les voir chez l'auditeur. Lors du concert, une vidéo nous est projetée. Elle montre les peintures de Gagez sous tous les angles, avec des filtres de couleurs, cachées dans l'obscurité ou sur-éclairées. On découvre la main du jeune maître manipuler les couleurs, tapoter la toile, triturer les pinceaux et sculpter la peinture. Les images amènent le spectateur à dompter les sons pour les associer aux toiles: boisé de clarinettes qui évoque des atmosphères étouffantes, orageuses trompettes et grelons en percussion, étal de peinture sur trombone large, picotement de pinceaux pour clarinette taquine.

Par tous les moyens, Régnier déploie les atmosphères, les transcendent parfois: certaines qe l'on perçoit, d'autres qu'on devine. Surtout, Le compositeur a tout compris de l'oeuvre de l'artiste. D'abord obscure ou opaque - c'est la première impressions des peintures de Gagez - sa musique se fait doucement pop, nous entraîne dans son swing subtil et nous fait entrer au coeur des rouages de la toile... Au fur et à mesure du concert, Régnier met en exergue l'aspect enjoué et lumineux de la peinture de Gagez: ce petit côté mystérieux qui nous attire. Inexplicable. Plus qu'une mise en musique, Régnier s'est mis au service de la peinture avec une proposition musicale apaisée et léchée - se détournant d'une interprétation libre dans la musique - où l'on perçoit odeurs, chaleurs et vents. Régnier met en musique nos sens.

Jérôme Gransac


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8 décembre 2009 2 08 /12 /décembre /2009 06:06

Oddjob - Institut Suédois à Paris - 26 novembre 2009

Peter Forss (b), Per "Ruskträsk" Johansson (sax, bcl), Goran Kajfes (tp), Janne Robertson (dr), Daniel Karlsson (p)

 

Dans le cadre du festival Jazzycolors, festival qui consacre les artistes étrangers des pays représentés par un centre culturel à Paris, l'Institut Suédois accueille Oddjob, ce jeudi 26 novembre 2009. Ce quintet suédois a adopté un line-up classique pour une musique originale et totalement vibrante. Oddjob, ce n'est pas un quintet de jazz avec répartition des soli. Non, Oddjob: c'est une atmosphère où on mélange habilement jazz acoustique et électro; une concoction de rêveries musicales à la Wim Wenders et d'ambiances Lounge qui côtoient les riffs des génériques des séries télévisées écrits par Lalo Schiffrin; des envolées saxophonistes à la Kenny Garrett qui s'échappent de la pesanteur de Miles; des rythmiques jungle au tribal qui flirtent avec la valse. Multi-instrumentistes et metteurs en scène sonore de leur musique, Johansson, Kajfes et Karlsson ponctuent l'esthétique d'Oddjob en modifiant les sonorités de leur instrument, jouent d'un instrument rythmique un peu inattendu et contrastent ainsi avec la force rythmique, mettent en relief les qualités singulières des compositions apparemment simples mais très efficaces par des interventions calculées. Oddjob effectue un excellent travail de texture sonore et associe à leur musique originale le côté théâtral d'un groupe décontracté et détaché. Formidable idée qu'a eu l'Institut Suédois, qui a fait mine de disparaitre en milieu d'année, d'accueillir ce groupe représentatif du jazz moderne suédois dans ces locaux! Il ressort de ce concert un halo de brillance et une envie irrésistible de revivre ce moment de béatitude. C'est peut être çà la « Swedish Touch ».

 

Pour écouter: cliquez là  et

The Big Hit:

Jérôme Gransac

 

 






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6 décembre 2009 7 06 /12 /décembre /2009 11:29

   

Photos Gerard Rouy

 

 

Evocations, relectures, adaptations et hommages divers constellaient le programme des 23e Rencontres Internationales D’Jazz de Nevers. Tels ces témoignages d’admiration et de respect rendus à Syd Barrett (ex-Pink Floyd) par l’ « i.overdrive trio » (Philippe Gordiani, Rémi Gaudillat, Bruno Tocanne), à Django Reinhardt (mais pas seulement) par le « Gipsy trio » du phénoménal Biréli Lagrène ou encore à la pop music (Beatles, U2, Tears For Fears, Police…) par David Chevallier en sextet avec Christophe Monniot, Yves Robert, Michel Massot, Denis Charolles et le chanteur David Lynx. Son programme s’intitule « Is That Pop Music ? », comme si la réponse s’imposait d’elle-même : « Non, bien sûr ! », tant la précision d’horloger et l’érudition sophistiquée des arrangements, ainsi que les parties vocales de David Lynx (qui « fait »… du David Lynx !), n’incitent pas toujours à facilement identifier les mélodies d’origine. Le pianiste Jean-Marie Machado s’attaquait quant à lui — non sans humour — à l’univers musical et poétique de Boby Lapointe, à la tête de son octette Danzas augmenté du chanteur André Minvielle. S’il n’est pas le premier à faire « la fête à Boby » — souvenons-nous par exemple du projet « Round about Boby » porté par le pianiste suisse René Bottlang en compagnie du chanteur britannique Phil Minton qui n’entravait que dalle aux calembours et contrepèteries du génial farceur de Pézenas —, Machado s’est livré à un véritable travail d’orfèvre par des arrangements tendres ou décalés des mélodies souvent truculentes du scaphandrier de La Ciotat, de L’hélicon (où le merveilleux tubiste François Thuillier est évidemment le soliste principal)

à La maman des poissons ou Ta Katie t’a quitté, avec la faconde du Béarnais Dédé Minvielle et une pléiade d’instrumentistes impeccables, tels que Jean-Charles Richard dont le soprano épicé ajoute un parfum inégalable à la sauce de Lapointe. D’une manière totalement différente, la clarinettiste Catherine Delaunay a choisi d’adapter en chansons des écrits de Malcolm Lowry dans sa création « Sois patient car le loup » interprétés par le bassiste John Greaves (ex-Henry Cow, ex-National Health, etc.), ici uniquement chanteur, au sein d’un quintette superbe et délicat avec Thierry Lhiver (tb), Isabelle Olivier (harpe) et Guillaume Séguron (b). Un univers sonore et poétique extrêmement tendu, raffiné et sensible, grâce à son instrumentation singulière, en particulier dans l’association des cordes de la harpiste et du contrebassiste. De son coté, Henri Texier s’est attelé dans “Prévert Blues“ à une mise en musique de textes (choisis par lui-même) de Jacques Prévert dits ou chantés par le comédien Frédéric Pierrot




au sein de son Red Route Quartet (Sébastien Texier, Manu Codjia, Christophe Marguet). On redoutait un peu il est vrai cette mise en scène de la musique, cette « mise en jazz » des pages de Prévert, force est de constater que l’opération est une réussite incontestable, en particulier grâce au talent du comédien qui ne surjoue pas (en dépit d’accents et d’attitudes à la Gérard Depardieu). Hormis des reprises de Sanguine et (inévitablement) Les feuilles mortes (alias Autumn Leaves — sic), le chef d’orchestre a choisi les textes les plus subversifs, virtuoses et profonds du poète qui, ne l’oublions pas, écrivait dès 1932 des pièces pour le groupe d’agit-prop Octobre (qui réunissait des comédiens engagés tels que Raymond Bussières, Maurice Baquet ou Mouloudji) et qui milita pour l’émergence d’un « théâtre du peuple » dans les années précédant le Front populaire. Bref. Autre grandiose joueur de textes et chanteur de sons, l’incomparable Beñat Achiary interprète avec une folle ferveur des chants traditionnels et des chansons d’amour, un hymne aux Black Panthers et le Django de John Lewis, des reprises de Nina Simone et de Colette Magny (qui se souvient d’elle ?), un poème de Lorca, etc. Le trio “Apirilean“ qu’il forme avec l’autre Basque Philippe De Ezcurra (acc) et Ramon Lopez (dm, perc) est un trésor de profonde concentration et de duende. Enfin, le merveilleux trio “Tryptic“ (François Couturier, Jean-Paul Céléa, Daniel Humair) a choisi, lui, de revisiter le « texte » de grandes partitions classiques (Beethoven, Mahler, Britten…) avec une sensibilité et un lyrisme exceptionnels, à des années-lumière de toute tentative de « playbachisation » (suivez mon regard) du répertoire classique. Mais le festival nivernais présentait aussi bien évidemment des groupes n’ayant pas de rapport au texte (encore que…). Comme le septet à cordes hollandais “Elastic Jargon“ (violons, altos, violoncelle, contrebasse, guitare électrique) de l’altiste Maurice Horsthuis sur des compositions originales du leader (pétri d’improvisation libre, de musique contemporaine et de tentations schubertiennes), balançant entre rigueur formelle et chausse-trapes audacieuses.




Outre le quintette “Share » de Baptiste Trotignon qui met à l’avant-scène les souffleurs Tom Harrell (tp, bug) et Mark Turner (ts), tous deux en grande forme, on retiendra le trio de Belges à l’instrumentation singulière constitué de Michel Massot (tuba, tb), Tuur Florizoone (acc) et Marine Horbaczewski (cello), pour une musique totalement inclassable (et c’est tant mieux !) aux climats variés et fleuris, mettant notamment en valeur le superbe virtuose du tuba à l’imagination sans limite. Et pour conclure, osons fièrement l’affirmer : Vive les jeunes ! Le power trio Jean Louis (Aymeric Avice-tp, Joachim Florent–b, Francesco Pastacaldi–dm) offre en effet le double mérite d’enjamber sans vergogne les frontières des publics et de nourrir son inspiration dans le free jazz, le néorock hardcore (comme Zu ou Massacre) et certaines manipulations électroniques. La revanche des raisins aigres sur les figues moisies !


Photos : Gérard Rouy

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6 novembre 2009 5 06 /11 /novembre /2009 07:12
 

 

Comme à l’accoutumée, c’est sans promotion aucune que le groupe vocal « Take 6 » fit salle comble lundi 2 novembre ! Mais cette fois-ci il ne se produisait pas au « New Morning » qui l’a déjà accueilli à plusieurs reprises mais dans la salle majestueuse du Théâtre du Châtelet. En première partie le public découvrit un sidérant chanteur-joueur de ukulélé, Matthew Andre, qui se produisit soit en solo soit en duo avec le claviériste Dominique Fillon. Quant au groupe-vedette, il donna un show (pas d’autre mot, dans la grande tradition de l’entertainment américain) hyper-rodé pour les plus initiés mais toujours aussi jubilatoire dans son enchaînement, son explosive diversité esthétique, le spectre époustouflant de ses possibilités vocales et une empathie continue avec le public. Ce qui fait la force de « Take 6 » aujourd’hui, c’est de faire « groover » avec une justesse incroyable (dans la forme et dans l’esprit plus encore) la grande musique noire en quasiment toutes ses composantes, là où bien des jazzmen purs et durs ont laissé perplexe dans une entreprise ou une revendication similaire…Du gospel le plus dépouillé à Mickaël Jackson, de Stevie Wonder (partie de cuivres synthétisées comprises) à Miles Davis (ce virtuosissime « Seven Steps to Heaven » qui fit croire un instant que Al Jarreau trépignait dans les coulisses pour venir l’interpréter !) et aux standards (de « Just In Time » aux « Moulins de Mon Cœur »), le voyage musical est impressionnant mais se double au surplus d’un hommage constant à la grande tradition scénique négro-américaine : « jokes », « minstrel », « vocal contest », chaloupés « doo-wop » du plus bel effet ou « moon walk dance » d’une aisance féline ! Ce qui reste inouï aujourd’hui encore, c’est non pas la perfection dans la reprise vocale d’indémodables succès mais bien le traitement orchestral de la voix, des voix, avec les effets de sections, les brisures rythmiques, les combinaisons sophistiquées, les contrastes de registres ou, à l’inverse, les unissons les plus suaves que cela implique ! Je ne sais pas si ce groupe est porté par la grâce mais je crois comprendre pourquoi il croit en la grâce…

Stéphane Carini

 

 

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20 octobre 2009 2 20 /10 /octobre /2009 06:52

Il y a des jours comme ça où, malgré la fatigue, le froid et les jambes qui se traînent un peu en début de semaine, on ne regrette pas de s'être un peu forcé pour aller traîner en club du côté de la rue des Lombards.
Il faut dire qu'hier soir, se donnait le dernier des deux concerts du saxophoniste Walter Smith III venu pour l'occasion avec sa clique New-Yorkaise, un groupe de jeunes furieusement doués : Ambrose Akinmusire à la trompette, Gerald Clayton au piano, Harish Raghavan à la contrebasse et Justin Brown, un jeune batteur à découvrir absolument.

On eut droit à un concert de très très haute tenue avec son cortège de solistes héroîïques, un Ambrose Akinmusire poignant dans sa façon de tourner autour des thèmes, un Walter Smith au lyrisme impressionnant et surtout un batteur venu tout droit de l'espace, spectacle à lui tout seul, incarnation même de la batterie aussi sauvage que naturellement inventive. Carrément démoniaque comme le disait Stéphane Portet.



Il ne fallait pas en rester là, car un autre saxophoniste tapi dans l'ombre du Sunside venait en pur visiteur laisser traîner une oreille attentive. Forcément Walter Smith demanda alors à Steve Coleman de les rejoindre sur scène pour interpréter quelques titres ensembles. Et l'on eut droit alors à un Steve Coleman totalement libéré qui avait abandonné son traité de mathématique pour se jetter corps et âme dans la bataille, interprétant aec ses camarades un Stablemates de légende. Le son Coleman !




Baptiste Trotignon et Laurent Coq, dans la salle ne boudaient pas leur plaisir.

Une belle claque pour la semaine......







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19 octobre 2009 1 19 /10 /octobre /2009 08:26
Pur moment de grace hier soir au Théâtre du Châtelet.
La harpiste Isabelle Olivier venait présenter son nouvel et superbe album, " My Foolish Harp" paru en septembre chez ENJA.
Présents sur l'album l'accordéoniste David Venitucci et le batteur Peter Erskine étaient bien là alors que Louis Sclavis et Youn Sun Nah etaient pour l'occasion remplacés au pied levé par le contrebassiste Michel Benita et le chanteur David Linx.
Et ce fut pour une grande partie du concert, un moment de charme absolu. Un moment de partage musical et d'écoute attentive. Les duos, trios puis quartet se succèdèrent avec la même perception de l'intime, de la conversation murmurée, de l'épure et du relâchement. Des duos comme ceux que la harpiste nous offraient avec Venitucci ou avec Erskine se révélaient comme des espaces d'une rare sensibilité où il aurait été difficile pour chacun des musiciens de jouer moins fort. L'espace s'emplit d'une musique au flottement terriblement émouvant.
Isabelle Olivier montrait là toute l'étendue du possible de la harpe dans sa dimension rythmique, harmonique ou mélodique, passant naurellement d'un rôle à l'autre.
Avec l'arrivée du chanteur, impressionant de musicalité et de présence, ce fut un autre concert où le quartet se mettaient plus à sa disposition. Isabelle Olivier disparaissait un peu dans le son. Jusqu'au moment où David Linx se rassit, dans une ecoute plus attentive, prit lui-même dans cette musique où il n'était question que de partage.
Superbe.

Jean-Marc Gelin

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26 septembre 2009 6 26 /09 /septembre /2009 06:26
 

Dans la région des Pouilles, au sud de l’Italie, deux manifestations importantes avaient jadis retenu l’attention, l’Europa

Jazz Festival de Noci où fut créé, entre autres, l’Italian Instabile Orchestra, et le festival Talos de Ruvo di Puglia,

le village natal de Pino Minafra. Pour diverses raisons, ces deux événements internationaux ont périclité, et un

troisième est venu prendre le relais, Bari in Jazz, placé sous la direction artistique du saxophoniste Roberto Ottaviano.

 

Photo: Gérard Rouy

 

 

Après avoir accueilli dans le passé des musiciens aussi divers que Karl Berger, Carlos Zingaro, Bobby McFerrin,

Kenny Barron, Kenny Wheeler, John Greaves et une grande partie de jazzmen transalpins, Bari in Jazz a choisi cet

été de placer sa cinquième édition sous le signe du « sacré » et du « profane », avec une distribution quasi

essentiellement italienne, dans différentes églises de la ville (et elles sont nombreuses !) ainsi que dans la cour en

plein air du Castello Svevo.

 

Photo: Gérard Rouy

 

 

Originaire des Pouilles, la chanteuse Gianna Montecalvo n’est guère connue chez nous, si ce n’est par son très bel

album “Steve’s Mirror“ (Soul Note) consacré à diverses compositions de Steve Lacy, en compagnie entre autres de

Roberto Ottaviano et de Gianni Lenoci. Avec sa consoeur chanteuse Rossella Antonacci, elle présentait le quintette

vocal Sussurri, spécialement mis sur pied pour le festival, sur un répertoire de pièces originales se situant entre le

classique, le jazz, le gospel, les musiques du monde et préservant de grands espaces ouverts à l’improvisation, d’où

se détachaient notamment ses grandes qualités vocales et son invention. Rossella Antonacci proposait pour sa part un

quatuor autour des chansons d’Edith Piaf, chantées en français sur des arrangements audacieux, accompagnée

d’un piano, d’un violoncelle et du saxophone de l’Andalou Javier Girotto. Il ne s’agit pas là d’une version « jazz »

de ces classiques (connus ou moins connus) de la chanson française (seul le saxophoniste se permettait parfois des

choruses basés sur la mélodie des thèmes), mais d’une relecture personnelle et souvent émouvante des chansons

de Piaf. Rossella Antonacci a publié en 2007 le CD “La foule“ sur label Dodicilune.

 

Photo: Gérard Rouy

 

 

 

Zappa et Monk, tels sont les sources d’inspiration auxquelles le contrebassiste et compositeur Furio di Castri a choisi

de s’atteler au sein d’un sextette aux couleurs contrastées et vives, avec notamment le guitariste Nguyên Lê, le batteur

Joël Allouche et l’excellent clarinettiste Mauro Negri. Zappa et Monk, deux musiciens totalement visionnaires et

imprévisibles, dont il ne s’agit pas d’offrir ici de simples reprises (hormis le Twenty Small Cigars de l’un et un pot-pourri

des compositions de l’autre) mais au contraire une appropriation ambitieuse du langage des deux maîtres à travers des

pièces originales, dans un jeu savant de références croisées, de citations et de chevauchements instrumentaux au cœur

d’une mosaïque bariolée de timbres.

 

Photo: Gérard Rouy

 

 

Après l’excellent quatuor de saxophones Arundo Donax, après le singulier quintette du saxophoniste soprano sarde

Gavino Murgia qui mêle le jazz à des éléments de musique traditionnelle méditerranéenne suscitant un déploiement

de couleurs en compagnie entre autres du tuba de Michel Godard, de l’accordéon de Luciano Biondini et du

vibraphone de Franck Tortiller —, place au quintette new-yorkais de Tom Harrell.

 

Photo: Gérard Rouy

 

 

Il est évidemment toujours troublant d’observer le trompettiste américain replié sur lui-même, comme absent,

quand ses sidemen s’expriment sur scène, et l’assurance et la maîtrise qu’il prodigue dès qu’il se met à jouer.

Aussi à l’aise sur les tempos les plus rapides et sur les ballades, évoquant ainsi à la fois Clifford Brown et Chet Baker,

il se joue des harmonies et des mesures les plus complexes avec une précision et une sonorité exceptionnelles,

superbement soutenu par le bassiste Ugonna Okegwo et le batteur Johnathan Blake.

Gérard Rouy

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11 août 2009 2 11 /08 /août /2009 23:21

Rencontre au sommet dimanche dernier à Marciac avec cinq guitaristes époustouflants devant un public nombreux et enthousiaste. La soirée commença avec des joutes musicales entre quatre guitaristes au style totalement différent, accompagnés d’une puissante rythmique (et notamment un Wolfgang Haffner très en verve à la batterie), se retrouvant comme par magie sur les standards de Wes Montgomery. Sur Alone together, leur joie manifeste de jouer ensemble explose, l’atmosphère sous le chapiteau de Marciac est brûlante. Dans le rôle de monsieur Loyal hilare : Chuck Loeb, guitariste « à la Pat Metheny », au style d’impro moderne mais très ancré dans la tradition du blues, à la limite de la pop et du jazz. Originaire de l’état de New York, Chuck Loeb a une carrière qui s’étale sur plus de quatre décennies. Il commence la guitare à 11 ans, se forme auprès de Dennis Sandole et Jim Hall, joue dans différentes formations parmi lesquelles le groupe de Stan Getz en 1979, Steps Ahead avec Michael Brecker en 1995 ou plus récemment Metro, un groupe de crossover entre hard bop et smooth jazz. Dans le rôle du latin lover : Mark Whitfield, guitariste « à la George Benson », au jeu tout en finesse, très délié, très élégant, un peu R&B…du vrai travail d’orfèvre. Dans le rôle du survivant : Pat Martino,  artiste à la carrière foisonnante, né à Philadelphie en 1944, il commence à jouer professionnellement en 1961. Il joue avec de nombreux artistes parmi lesquels Sonny Stitt, Chick Corea, Joe Pesci. Il commence sa carrière de leader en 1967. En 1976, à la suite d’une rupture d’anévrisme, il perd complètement la mémoire et réapprend à jouer de la guitare en réécoutant ses propres enregistrements historiques. Pat Martino est un pur guitariste be bop, dont le jeu très inventif et très riche harmoniquement rappelle celui de Wes Montgomery. Enfin dans le rôle du « less is more » (sublime Polka dots and moonbeams ): Russell Malone, surtout connu dans son rôle d’accompagnateur de Diana Krall.

 

 

Et puis vint Jim Hall…démarche vacillante, petit sourire discret, tout sauf un « guitar heroe » et pourtant… Le jeune homme de bientôt 80 ans, a été des cinq guitaristes de la soirée le plus déroutant, le plus créatif en un mot le plus moderne. Aucun effet avec sa guitare, aucune esbroufe. Son jeu est elliptique. Le plus classiques standards ressortent sublimés, transcendés. En duo avec Dave Holland (quel son à la contrebasse, ouahhhhh !), il est concentré, ses yeux pétillent de fiévreuse malice et l’on ne peut qu’applaudir à tout rompre à cette évidente complicité. Il est avec ses musiciens, en osmose, en écoute totale, il tourne presque le dos au public et pourtant il nous communique une extraordinaire énergie. « Lewis [Nash, batteur] et moi sommes aux anges d’avoir un nouveau Président. » quelques mots qui introduisent son puissant Obama’s message. Sur in a sentimental mood, en duo avec Kenny Barron, Jim Hall nous transmet une immense nostalgie. Sur Careful, Holland, Barron, Nash, Cowley sont réunis autour de Hall, dont le son devient un peu country. Sur ce morceau l’impro à deux contrebasses (Kenny Barron and Scott Cowley au top de l’inspiration) prend des accents funkie, moment jubilatoire qui arrache même un sourire au sérieux Dave Holland…Le public finit debout devant Jim Hall, le grand petit homme. Un moment de pur bonheur !

 

 

Régine Coqueran

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11 août 2009 2 11 /08 /août /2009 07:56

Marciac c'est aussi l'ambiance détendue des concerts gratuits


ici le superbe close meeting de Eric Barret


Impromptu de piano devant une église à Marciac. Poétique.....





Quelques belles interviews comme celle de notre confrère de Libération,
Bruno Pfeiffer avec Jim Hall quelques heures avant son concert



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