Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
11 août 2009 2 11 /08 /août /2009 07:43




Si l'an dernier les conditions climatiques avaient conduit les organisateurs du festival à déprogrammer les frères Belmondo, il n’était en revanche pas question cette année malgré la pluie qui menaçait une nouvelle fois, d’empêcher les deux frères de venir présenter au festival de Marciac le projet qu'ils ont créé depuis plus d'un an autour et avec le légendaire chanteur brésilien Milton Nascimento. Beau projet s'il en est, se  nourrissant des magnifiques compositions du chanteur, arrangées avec soin par Lionel Belmondo. Ce soir là, à Marciac, pour accompagner ce projet les sections de cuivre qui suivent les deux frères depuis Hymne au Soleil étaient elles-mêmes accompagnées par les cordes de l'Orchestre National de Toulouse sous la direction (remarquable d'intelligence) de Jean-Pierre Peyrebelle. Ce dernier apportait à la direction de ces jeunes musiciens un soin infini, faisant preuve d’une grande compréhension de la richesse de la musique du chanteur jadis égérie de Wayne Shorter et de Joni Mitchell. 
Pourtant  la  qualité  des arrangements des frères Belmondo, que l’on avait tant aimé lorsqu’ils accompagnaient Yusef Lateef, semblaient ici mettre un peu le chanteur à l’étroit. Et c’est paradoxalement, lorsque le quintet laissait la place entière  au  chanteur,  lorsque  celui-ci un peu fatigué et hiératique, se retrouvait seul avec cet orchestre à cordes sur Milagre dos Peixes, qu'il trouvait alors d'incroyables espaces (voix entièrement libérée) et faisait pour la première fois  du  concert,  courir  un  frisson d'émotion sur le public gersois. Comme si un déclic s’était produit, c'est sur cette veine-là que l'ensemble pouvait fusionner réellement. Milton Nascimento perdant toute réserve, nous livrait dans le prolongement de sa propre musique une berceuse de Ravel bouleversante qui chavira définitivement le public de Marciac.

 

Le deuxième concert de la soirée accueillait la formation de Laurent Cugny pour un hommage à Gil Evans. On sait que son fameux big band avait déjà eu l'occasion de travailler avec le génial arrangeur dans le cadre de l'ONJ entre 1994 et 1997. A Marciac Laurent Cugny avait réunit un véritable "all star" plus ou moins inédit avec quelques vieux briscards habitués de la maison et quelques nouveaux venus dans la troupe. Une section de cuivres survitaminée offrait l'occasion de quelques chorus de très haute volée dont un Stéphane Guillaume génialement décalé, un Thomas de Pourquery impressionnant ou un de Stéfano Di  Battista moins Parkerien qu’à l’accoutumée et qui enchaînait sur deux titres composés par Laurent Cugny(Maurane dort et L'Âge de Noe) une de ces performances rare dont il a l'habitude. Malheureusement 

alors que le concert décollait réellement dans une veine où Frederic Monino, plus Jaco Pastorius que jamais, tenait une grande partie de la baraque , l'arrivée de David Linx créait une sorte de rupture qui manquait à la fois de cohérence et surtout d'équilibre dans la prise de son. On sortait un peu (hélas) de la logique " Gil Evans" pour un autre concert où, malgré les efforts du chanteur pour s'approprier l'orchestre, ses talents que l'on sait par ailleurs exceptionnels, se perdaient ici dans une masse sonore que l’ingénieur du son peinait à éclaircir. Et c’est finalement pour clore ce concert, les cuivres qui reprenaient l’ascendant sur une formidable compo de Laurent Cugny où Batista, de Pourquery et Pierre-Olivier Govin décidaient définitivement de faire sauter la baraque dans une sorte d'explosion funky  absolument irrésistible.

           






Pour finir en douceur et se remettre de ces émotions, Avishai Cohen donnait le dernier concert d'une soirée qui allait s'achever aux premières heures de l'aube (!). Changement radical de décor pour une musique beaucoup plus intime tirée d’un répertoire en grande partie inspiré de la musique traditionnelle israélienne où l'ex-contrebassiste de Chick Corea donne de la voix sur ses compositions, accompagné de l’excellente chanteuse Karen Malka. Totalement différent de ces expériences en trio, Avishai Cohen montrait là une réelle inspiration, métamorphosé par cette musique de ses propres racines.


Jean-Marc Gelin 

 

Partager cet article
Repost0
11 août 2009 2 11 /08 /août /2009 07:23




Hier, pour sa 32ème édition, le célèbre festival gersois qui finissait sa première semaine, ne faillissait pas à sa réputation d'être assurément l'un des plus hauts lieux du Jazz en Europe. Les veinards qui étaient là depuis le début s’étaient déjà régalés avec Sonny Rollins, Charles Lloyd, Jan Garbarek ou encore Jacky Terrasson et Ahmad Jamal tous deux (co)-auteurs d’une soirée paraît-il mémorable.

 

Pour ouvrir cette soirée (en trois concerts) du vendredi, c’est Daniel Humair qui lançait son Baby Boom sur les rails avec ces « jeunes » musiciens que l’on connaît bien sur le circuit et qui affichaient à Marciac une envie de jouer sans contrainte et de s'éclater avec un talent fou ! Comme le disait le batteur dans une interview publiée le lendemain dans la presse locale, foin des saxophonistes américains super starisés et « sous-Coltrane en chef », place à nos héros ! Car ceux de la dimension de Christophe Monniot et de Mathieu Donarier ne sont pas légion, on vous l’assure, tant de ce côté ci que de ce côté-là de l’Atlantique. Et il faudrait chercher bien loin pour trouver un tel collectif avec autant de talent au bout des doigts. On ne saurait donc que féliciter les organisateurs pour l’intuition d’avoir programmé ce formidable Baby boom si peu montré cette année. Pour l’occasion Daniel Humair avait choisi de modifier légèrement le format du disque en associant un invité surprise, l'accordéoniste Vincent Peirani (entendu par ailleurs dans le Pandémonium de François Jeanneau) et qui apportait à cette formation décapante (l’une des pus intéressante de l’hexagone cette année) une autre couleur, à la fois contrastée et fusionnelle. Un vent frais, émoustillant et totalement irrésistible passait alors sur Marciac. La salle leur réservait une standing ovation et l’on restait avec une formidable frustration tant on aurait voulu les garder bien plus longtemps. Assurément l’un des moments forts de cette 32ème édition.

      

 

Le Brass band de Dave Douglas ( Brass Ecstasy) qui prenait la suite pour le 2ème concert de la soirée avait donc fort à faire pour maintenir la salle à la haute température à laquelle elle se trouvait. Dans le cadre d'une formation de mini brass band que le trompettiste a réuni en hommage à celui de Lester Bowie, Dave Douglas alignait sur scène Luis Bonilla au trombone (survitaminé), Vincent Chancey au cor ( tout en nuances post bopiennes), Marcus Rojas au tuba (dans le rôle de la grosse basse inépuisable) et enfin un Nasheet Waits en état de grâce. Dave Douglas était là dans le rôle qu’on lui (re)connaît, habitué de l’exercice des hommages multiples et variés qu’il rend régulièrement aux trompettiste qui ont marqué l’histoire du jazz. Il ya deux ans Dave Douglas rendait hommage à Don Cherry sous le même chapiteau gersois. Cette année d’autres étaient conviés à la mémoire du New Yorkais. Un morceau dédié au formidable trompettiste bop, Fats Navarro se révélait peu convaincant, alors que la composition pour Enrico Rava (une magnifique construction tout en suspens) se révélait bien plus séduisante. C’est finalement à un autre trompettiste que Douglas dédiait cette soirée, son Brass Ectasy rendant ainsi hommage au Brass Fantasy de Lester Bowie. Trompettiste d'exception, Dave Douglas était alors plus à l’aise dans ses envolées lyriques que dans le lead de ses propres troupes qui manquaient alors un peu d’homogénéité et de sens du collectif. Pour finir, Dave Douglas, plutôt sympa avec le public auquel il s’adresse souvent en français, concluait son concert avec un morceau dédié cette fois à George Bush et Dick Chesney qu’il imaginait quittant la maison blanche en hélicoptère dans un moment sublimé que le trompettiste semblait savourer avec autant de délectation que d’humour (Twilight dog)




Forcément avec David Krakauer, nouvelle idole des jeunes, la salle prenait une toute autre allure pour le dernier concert tardif de la soirée. Lui aussi s’exprimait en français ( qu’il manie fort bien au demeurant) et donnait une toute autre version d'un jazz New Yorkais avec son "Klezmer Madness". On pourrait jurer qu'il prenait là, dans le cœur des moins de 20 ans la place d’un John Zorn absent cette année du festival. Comme à son habitude, le clarinettiste qui d'une autre manière perpétue lui aussi une grande tradition jazz Klezmer (celle de Naftule Brandwein), se jetait dans la bataille à 3000 à l'heure dans une débauche d'esbroufe, sorte de charge héroïque qui faisait alors un peu " pétard mouillé" et où l'on se sentait un peu entre la salle d'un mariage juif, un concert dans l'antre Zornienne de Brooklyn et/ou un festival de jazz dans le Gers (par exemple). Une bassiste,  Nicki Parrott, pas dénuée de talent tentait de faire monter une sauce qui n'impressionnait pas vraiment, jusqu'à ce que Krakauer mette dans la balance des arrangements non moins ravageurs mais bien plus intéressants. Ceux notamment qu’il réalise par ailleurs avec So-Called, montrent une facette moins stéréotypée et bien plus riche parce que totalement dépoussiérée de tous les clichés du genre. Avec une force à 100.000 volts, David Krakauer mettait le feu à Marciac en procédant à un mélange bien plus subtil de musique traditionnelle et de funk. Le jeune public de Marciac, déjà tout acquis à sa cause pouvait ainsi se lâcher complètement et danser débout dans les allées du chapiteau. Il a bien compris que ce jazz là est bigrement festif !



Jean-Marc Gelin


 

Partager cet article
Repost0
6 août 2009 4 06 /08 /août /2009 06:00

La première édition du festival de musiques improvisées "RENCONTRES IMPROVISÉES DU PRIEURÉ " de Saint Sulpice s'est tenue les 25 et 26 juillet 2009.
Sous l'égide d'Agathe Lebelle, le prieuré de Saint Sulpice s'est prêté au jeu d'un festival en accueillant les passionnés et curieux désireux d'apprécier, souvent avec passion, une musique
imprégnée par la magie de ce lieu privé. Situé en Indre et Loire près de Châtellerault, c'est un havre de paix et de tranquillité et ces murs nous content leur histoire. Dans le prieuré, le public est assis en face d'un grand vitrail où le bleu de la nuit le fascine. En dessous, la scène acoustique des rencontres raconte une autre toute histoire, sonore celle-ci. D'autant que l'acoustique est naturelle et sans amplification. Avec un environnement simple mais hors du commun, la musique est d'ors et déjà dans un contexte enchanteur et souriant.
Ces rencontres improvisées comptent trois moment forts: deux après midi et la soirée du samedi 25 juillet.
Joëlle Léandre (cb), Géraldine Keller (voc), Daunik Lazro (bs), Didier Lasserre (dr), Benjamin Duboc (cb), Sylvain Guérineau (ts) et Rasul Siddik (tp) sont présents pour mêler leur talent au fil des envies. Puisqu'elles sont improvisées mais pas fortuites, ces rencontres se concrétisent en duo, trio ou quartet au gré d'un sourire entre protagonistes, de quelques impressions partagées autour d'un verre ou d'une caresse du soleil au rendez vous.
J'ai eu la chance d'assister à quelques concert dont je vous faire de quelques impressions. Pour les autres, il m'a semblé intéressant de les citer; histoire de vous mettre l'eau à la bouche.

Lire la suite...

Jérôme Gransac
Partager cet article
Repost0
15 juillet 2009 3 15 /07 /juillet /2009 07:00
Hervé Samb au Baiser Salé (rue des Lombards à Paris) - 10 juillet 2009
Mike Armoogum (b), Taffa Cissé (perc, voc), Freddy Jay (platines), Carlos Gbaguidi (dr), Hervé Samb (elg, ag, voc)

 

MySpace

Photo: Hervé Samb © JB Millot



Ca y est, c'est parti! Le Baiser Salé lance son festival "Quand l'Afrique nous tient !" qui se déroule du 10 au 19 juillet 2009 avec Sarah Lenka et Jean Jacques Elangué entre autres.
C'est le groupe du guitariste sénégalais Hervé Samb qui ouvre le bal (on note que le batteur habituel Jon Grandcamp est absent). Formé par le guitariste belge Pierre Van Dormael, tristement disparu cette année, qui lui ouvre les portes des harmonies jazz, Hervé Samb arrive à Paris en 1998. Sa carrière est immédiatement lancée dans des groupes aux styles différents: David Murray et ses Gwo Ka Masters (jazz world), l'incroyable musicienne Meshell Ndegeocello (jazz new stream) avec qui il enregistre deux albums, les maliens Amadou et Mariam, Jacques Swarz Bart (jazz) pour l'album Abyss, le World Saxophone quartet, Linda Hopkins (Rythm & Blues), Linton Gravey (Reggae), Check Tidiane Seck ou Toure Kunda (Afrique). Vous l'aurez compris, Samb est un musicien demandé et polyvalent. C'est probablement avec Cross Over que Samb révèle sa profonde identité artistique: il aime à dire que Cross Over est le lien entre les musiques africaines et la musique noire-américaine avec comme fil conducteur le groove ... et le blues. C'est aussi un peu le résultat de ses nombreuses collaborations.
Et cela se vérifie au Baiser Salé, les sonorités et rythmes africains se mélangent au son lourd du blues et du rock (sa première influence est Jimi Hendrix et ça se sent). Samb est aussi un virtuose de la guitare: son jeu, en piqué à l'africaine, fait aussi penser à celui de McLaughlin pour la vitesse, Jeff Beck pour le côté fusion et Allan Holdsworth pour les soli enlevés. Visiblement décontracté dans la vie de tous les jours, Samb est comme électrisé sur scène. Il est particulièrement doué pour transcender les atmosphères par des explosions musicales puissantes, de celles qui vous font vous lever de votre siège. D'ailleurs, avec Cross Over, on ne sait pas vraiment d'où vient ce feu qui nous fait hérisser le poil. D'abord la configuration de ce groupe est originale et risquée. La rythmique est double, comme une structure à deux pans, et fonctionne par paire. La première est classique avec le binôme basse-batterie (Armoogum et Gbaguidi) qui donne un son roots et brut. L'autre est iconoclaste avec le tandem pecussions-platines: le percussionniste Taffa Cissé, discret et très efficace, et le DJ Freddy Jay, au look soigné, sur ses platines donnent une dynamique et une fraicheur neuve. Chacune a son rôle: la rythmique roots installe un très robuste tapis rythmique qui ne manque pas de mordant et la deuxième seconde Samb, personnage central du groupe, avec des samples instrumentaux et vocaux, scratchs, relances et repons rythmiques habilement electro-trafiquées. Le résultat est explosif, équilibré et fait vibrer le public visiblement surpris par ce raz de marée.
Pour ce concert d'ouverture du festival "Quand l'Afrique nous tient!", Samb et son groupe Cross Over nous ont apporté la chaleur qui manque en ce début d'été. En empruntant les chemins de l'afro-beat, du folk africain et américain, de la fusion brûlante agrémentés de quelques ersatz électro bien amenés, Cross Over se fait le chantre d'une musique neuve qui puise dans le patrimoine musical universel. Réjouissant et viril.
Jérôme Gransac

Partager cet article
Repost0
11 juillet 2009 6 11 /07 /juillet /2009 08:54
Petit souvenir du concert de Yaron Herman et de son trio. Pour l'occasion l'excellent et jeune contrebassiste Simon Tailleu tenait la grand mère à la place de Matt Brewer (pris ailleurs pour l'été . En revanche dans une forme éblouisssante, G. Cleaver était bel et la. Yaron Herman avait fort à faire pour conquerir un vaste public qui etait surtout venu là pour entendre Keziah Jones en 2ème partie. C'est pourtant sans démagogie, en jouant sa propre musique que Yaron Herman su ramener au silence ce public dissipé et tombant petit à petit sous le charme du pianiste. Un concert encore une fois magnifique dont on retiendra une sublime version de "blâme it on m'y youth". Supplément d' âme .....
Partager cet article
Repost0
4 juin 2009 4 04 /06 /juin /2009 22:30


Myspace d'Elin Larsson

Apparue pour la première fois au festival nomade Swedish Jazz Celebration à Göteborg au mois de mars dernier - elle aussi au Trädgår'n - Elin Larsson aura littéralement scotché tout le monde. Public, journalistes, producteurs et organisateurs de festivals en Europe étaient plutôt admiratifs et enjoués (mis à part Siegfrid Loch du label ACT qui n'a pas eu l'air très concerné, ce qui est un peu dommage).
Cette jeune femme musicienne est proprement en train de surfer en haut de la vague - pardon la déferlante - qu'elle et son groupe ont créée. Car Elin Larsson Group est avant tout un groupe où chacun tient sa place et fait partie intégrante d'une aventure un peu comme un groupe de rock. D'ailleurs la saxophoniste le revendique clairement: si elle compose tous les titres, c'est le groupe qui joue. En concert, tout le monde est mis en avant et chaque individu met en avant la musique du groupe. 

Avant de créer son groupe, elle aura joué dans deux groupes qui, semblent ils, ont plutôt bien tournés: We Are Quartet et Free Peaces. Aujourd'hui, c'est une musicienne très à l'aise avec son instrument: elle le domine et l'empoigne de haut en bas,elle le chérit et moleste, elle le fait chanter comme bon lui semble. Elle fait corps avec son sax; tellement que c'en est troublant. Et sa musique est à son image: sympa, franche, directe, souriante; une musique qui vous touche directement au plus profond de vous. Transcendante.
Sur scène, Elin Larsson Group est renversant de jeunesse, de fougue, de tendresse, de jouerie dense et la saxophoniste est dotée d'une maturité étonnante! La moyenne d'âge du groupe ne doit pas dépasser 22 ans, à la louche, et les musiciens semblent un peu surpris de l'effet qu'ils font sur scène tout en se montrant très confiants en leur musique et en leur leadeuse. Cette Elin Larsson, qui définit sa musique comme un “Hybrid of jazz, rock, pop, free improvisation and folk music”, mène son groupe de jeunes hommes avec sérénité et grande manière.

Pour entrer dans son monde, voici un extrait qui s'intitule "Mornington". Elin Larsson Group n'a pas encore enregistré de cd et ce titre provient d'une démo. Ca envoie. Vous êtes prévenu(e).

Jérôme Gransac

Elin Larsson Group - Mornington

 

Elin Larsson (ts), Kristian Persson (tb), Henrik Hallberg (elg), Niklas Wennström (cb), Johan Käck (dr)

Partager cet article
Repost0
3 juin 2009 3 03 /06 /juin /2009 22:35


Anne Pacéo Triphase
Le site du Comptoir


Ce vendredi 9 mai 2009, le Comptoir invite le trio d'Anne Pacéo Triphase a dont le premier cd a attiré l'attention de tous et confirmé le talent de la jeune batteuse de 24 ans.
Anne Pacéo est cette jeune batteuse de 24 ans dont tout le monde parle. Avec un jeu vibrant et limpide, en constante évolution, dotée d'une dynamique solide, d'un jeu fait de contrastes, elle fait sonner sa batterie comme un "instrument comme les autres" à force de finesses. Que ce soit au sein de ses propres formations ou au côté de vieux routards comme Henri Texier, elle est inventive et s'adapte parfaitement à la musique.
Triphase est à considéré dans son entièreté et il serait une erreur de négliger les deux comparses qui jouent AVEC Anne Pacéo: Leonardo Montana au piano et Joan Eche-Puig à la contrebasse. C'est bête à dire mais ce trio est une force musicale tout à fait osmotique.
Tout d'abord, les trois musiciens participent à l'écriture. Des petites pièces soignées où la mélodie taquine l'émotion à fleur de peau à la longue suite d'atmosphères miniatures, le trio a un répertoire équilibré. Il mêle douceurs, constrastes poétiques et rêveries méditatives. Pas trop écrit, il laisse place à la spontanéité dans des impros enlevées, le plus souvent menées par le pianiste, en évitant les b(r)ouillonnement d'idées.
Avant tout, la musique est sonore et répartie de manière homogène au sein du trio; chaque note est posée en fonction de la pesanteur souhaitée dans des espaces sonores variés et évocateurs. Les sonorités cotonneuses ou scintillantes ("Regret" par Eche-Puig) côtoient des douceurs sucrées asiatiques, des densités ibériques ( Minas de Montana) ou pop et des sobriétés tribales (lorsque le pianiste vocalise les harmonies par exemple).
Ce trio piano/contrebasse/batterie se retrouve aussi dans une complicité rythmique forte le long du concert où l'émulation saine les amène à toucher un style original pour un trio. Le contrebassiste est l'axe central de la communication rythmique, il facilite le passage des messages entre la batteuse et le pianiste. Anne Pacéo imprime l'ampleur de la pièce et Léo Montana est en quelque sorte la plaque tournante qui distille la tension et l'émotion des pièces. En réponse à la ferveur rythmique, il plaque ses accords en accélérant sa main droite au delà de la rythmique comme pour prolonger la densité de ses notes. Ce pianiste, aux touchés empruntés aux plus grands, fait la différence par la retenue de son jeu et par ses qualités d'improvisateur mélodique assurément liées à ses qualités indéniables de compositeur.

Triphase nous a offert un très beau concert ce soir là. La fraicheur de sa musique a rayonné de la première à la dernière note: la sincérité de ces trois musiciens et le désir de jouer ensemble se lisaient sur leur visages: ouriants et sereins. Il est même rare d'entendre et de voir, donc, les membres d'un trio partager la musique avec la même retenue et la même brillance: signe probable d'une belle maturité musicale déjà atteinte.

Jérôme Gransac



PS: Le Comptoir est une salle de spectacles dans la halle Roublot de Fontenay sous Bois dans le Val de Marne.
Animé par des bénévoles depuis 2003 dont Sophie Gastine-Ficher de l'association "Musiques au comptoir", ce très beau lieu aura accueilli nombreuses scènes de jazz, de musique classique, de théâtre, de musiques du monde. Le Comptoir fermera ses portes fin juin pour la réhabilitation de la Halle Roublot pour une durée de 18 mois. Notez que le quintet d'Archie Shepp terminera la saison le 21 juin, jour de la Fête de la Musique.
Partager cet article
Repost0
15 avril 2009 3 15 /04 /avril /2009 23:41
La Fabrica'son et sa programmation : http://www.jazzseb.com/PAGES/LaFabricason.htm 22 mars 2009 - Fabrica'son - Eric Prost quartet http://douzeprod.free.fr/ La Fabrica'son et sa programmation : http://www.jazzseb.com/PAGES/LaFabricason.htm Eric Prost - ts Bruno Ruder - p Jérôme Regard - cb Stéphane Foucher - dr



Pour fêter les neuf années d'existence du collectif de Malakoff, la Fabrica'son a invité Eric Prost et son quartet - noyau dur du collectif jazz de Macon "le Crescent" qui a lui 14 ans en 2009. Ces deux collectifs organisent des concerts dans leur lieu respectif - et des festivals comme le Festiva'son de la Fabrica'son - et se côtoient par l'intermédiaire des programmations. En plus de l'habituelle très bonne ambiance du lieu, les spectateurs ont eu droit à une part du gâteau d'anniversaire de la Fabrica'son, servi à la pause par le contrebassiste Jean-Claude Oleksiak. Ce dimanche après-midi, la Fabrica'son accueille le quartet d'Eric Prost. En plus d'être un fervent animateur du Crescent de Macon, Eric Prost (dites "pro") est l'un des saxophonistes du Collectif Mu qui avait enregistré dans les années 90 chez Seventh Records, le label de Christian Vander. C'est aussi le leader du groupe LOOPS - composé de François Gallix à la contrebasse et Stéphane Foucher à la batterie - dont on se rappelle avec frissons le fameux cd "Get High" avec en guest-star Steve Grossman. Enfin, Prost a été le saxophoniste du quartet de Christian Vander où il excellait avec le groupe dans des interprétations viriles et suantes des compositions de Coltrane, égérie à l'infini de Vander. Eric Prost est un saxophoniste respectueux de la tradition, proche de saxophonistes comme Coltrane, Rollins et Henderson. Pour autant, il n'y trempe pas sans créativité. Au contraire, il est parvenu à développer un son bien à lui avec une petite lumière personnelle et perçante. Un son sucré, incisif, rudement terrestre, puissant mais retenu; le tout soutenu par un phrasé liquide qui ne semble pas connaître de limites. Les compositions du quartet sont majoritairement celles de Prost, délibérément des tranches de vie: un peu bop, hard-bop et modales mais résolument modernes dans la structure, dans la complexité harmonique. Que ce soit "Satellite" de Coltrane ou la "Freedom Suite" de Rollins, les pièces sont ré-inventées et (dé)(re)-structurées de manière à les rendre siennes. Björk est aussi à l'honneur, toujours influente sur beaucoup d'artistes. Si Foucher est le batteur véloce et souple dans son jeu et celui qui dérouille la motricité, Jérôme Regard déblaie l'autoroute nécessaire à Prost et à un extraordinaire pianiste de 25 ans : Bruno Ruder. Pianiste-claviériste actuel de Magma, Ruder allie sans couture, de manière très organique à l'oreille, la main gauche et la puissance de Mc Coy Tyner, l'intelligence de jeu et la main droite d'Andrew Hill et les dialogues mains droites / mains gauches chers à Paul Bley. Lors de ce concert, ce jeune pianiste était une pièce d'orfèvre dans la mécanique du quartet. C'est un musicien à suivre et découvrir absolument tellement son jeu est détonnant et rafraîchissant. L'étendue de la dynamique et la gamme de couleurs que l'on peut entendre dans ce quartet inspiré, le jeu clair et sans verbiage des musiciens et la solidité du quartet servent une musique vivante et entraînante qui peut amener l'auditeur loin, très loin. Anniversaire dignement fêté.
Partager cet article
Repost0
10 avril 2009 5 10 /04 /avril /2009 16:48
C'était hier soir dans une salle malheureusement un peu clairsemée. Thierry Peala et son new Edge trio avec Bruno Angelini et Francesco Bearzatti aux saxs. 
Moment de pur enchantemet où le chanteur totalement libéré survolait son sujet dans une parfaite osmose du trio et offrait une lecture tout à fait nouvelle du New Edge.
Mention particulière pour le saxophoniste dont toutes les interventions ne cessent de frapper par leur superbe musicalité. la phrase juste et toujours inattendue.

Les absents ont eu tort......

Partager cet article
Repost0
14 mars 2009 6 14 /03 /mars /2009 21:45

 www.myspace.com/pierredurandjazz

 

Pierre Durand au Bar Belge à Maisons Alfort (94) - 5 mars 2009

 

Le guitariste Pierre Durand était en concert au bar belge le 5 mars. En solo. Pas tout à fait seul car il partageait la scène avec trois guitares dont une dobro. Et quelques boites d'effets dont certaines lui permettent d'enregistrer des phrases jouées. Ainsi, il cumule et soustrait des séquences de développements successifs garantissant à son audience un véritable orchestre en concert.

Pierre Durand est le guitariste du X'tet de Bruno Régnier, du quintette de David Patrois, du SPOUMJ de François Jeanneau. Il a collaboré au Rocking Chair de Rifflet et Besson, musicien de l'ONJ... C'est un musicien dont on se demande pourquoi on ne le connaît pas plus tellement il est talentueux.

La tâche est difficile, pour un musicien en solo, de tenir une scène sans s'essouffler et sans creux dans la prestation. Pour chaque pièce, il trouve le talent et l'énergie créatrice nécessaire pour libérer de son for intérieur des développements mélodieux, des ambiances nostalgiques et nous faire ressentir des émotions à fleur de peau. Un véritable challenge.

Pour l'avoir entendu deux fois en concert, il y a une caractéristique que l'on retrouve chez ce guitariste: c'est l'engagement de l'instrumentiste dans l'improvisation, dans la volonté farouche de sonner et donner vie à une atmosphère.

Ce guitariste est "musique". Au delà des aspects guitaristes: sa respiration est musicale, son jeu est inspirée et vibrant, il nous sidère par son aisance dans les propos. Beaucoup d'influences jazz sont décelables dans son jeu: Scofield entre autres, Metheny probablement. Mais surtout, on découvre une esthétique neuve, qui est la sienne et qui rappelle les musiques des films de Wim Wenders.

Certaines pièces évoquent la transe, son jeu, d'intensités variables au lyrisme manifeste et personnel, flirte avec une profondeur hypnotique.

A tout moment, sa musique nous évoque quelque chose et nous touche... si on tend un peu l'oreille.

 

 

Jérôme GRANSAC

 

Partager cet article
Repost0