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23 mai 2016 1 23 /05 /mai /2016 06:48
@jeanmarcgelin

@jeanmarcgelin

Au bout de deux jours de compétition, en marge du festival Jazz à Saint Germain des Près, le tremplin Jeunes Talents où 6 groupes se sont affrontés, a vu le jeune trio Joran Cariou remporter sa 15ème édition.

Une musique épurée dans la pure tradition des trios et un groove élégant aux lignes modales powerful. Un pianiste de haute volée, impressionnant dans ses improvisations, un contrebassiste énorme et un batteur au drive fin.

Que du bon !

Joran Cariou (p)

Damien Varaillon ( cb)

Stéphane Adsuar (dms)

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20 mai 2016 5 20 /05 /mai /2016 22:12
@sophie chambon
@sophie chambon


Mercredi 18 Mai 2016, Arles.
Stephan OLIVA (p) et Jean Marc Foltz (cl, bcl)
21 ème édition du 11 au 21 mai 2016
Retour à Arles, chapelle du Méjan sur les bords du Rhône pour un festival que l’on aime, Jazz in Arles au Méjan, à la programmation originale et pertinente de Jean Paul Ricard.
Cette année, le festival présente le tout nouveau programme, sobrement intitulé Gershwin du clarinettiste Jean Marc Foltz et du pianiste Stéphan Oliva, le lendemain de leur premier concert au Sunside, enregistré par TSF. L’album, déjà chroniqué aux DNJ par Xavier Prévost fut enregistré à la Buissonne, mixé en novembre dernier, et il sort sur le label Vision fugitive le 27 mai.
Hommage, tribut à l’élégance,l’énergie et la modernité de Gershwin ? Certes, mais pas au sens habituel du terme, me semble-t-il, tant la vision de ce duo est personnelle et intime. Ils retricotent avec toute leur sensibilité un répertoire aimé depuis longtemps, «voyageant librement d’une improvisation à une page de répertoire ». Gershwin éclaire la nuit de nos souvenirs d’une mélancolie douce et insistante, à la manière des films de Woody Allen, metteur en scène génial et clarinettiste jazz éclairé, à qui est d’ailleurs dédié l’un des thèmes « Fascinating Rhythm /Someone To Watch Over Me », tant il a créé des Bo inoubliables, inspirées du jazz « classique» dont il raffole.
On suit les chemins d’un compagnonnage peu balisé, assistant à la composition d’un patchwork de textures, de matières et de couleurs. Le duo nous fait «entendre» des scènes d’un film imaginaire où George Gershwin pressé par le temps, avide de tout connaître, s’attelle à plusieurs chantiers, composant furieusement les chefs d’œuvre symphoniques, la Rhapsody in Blue, Un Américain à Paris, le Concerto en Fa tout en écrivant pour les « musicals » de Broadway, le cinéma des studios, les films de Fred Astaire qui lui apporteront la gloire.
Ne faut-il pas alors une certaine assurance pour se lancer dans la traversée de l’œuvre d’un compositeur des plus prolifiques ? Les deux amis n’ont pas eu à l’apprivoiser longtemps tant ils s’y sentent chez eux. Foltz et Oliva savent comment ils vont parvenir à leur but : en insistant sur la clarté, l’élégance du phrasé, avec une façon très particulière, non d’étirer le temps, comme il me semblait au début, mais de jouer hors temps. Ils créent des intermezzi rêveurs, emboîtent des thèmes qui se répondent, « relisant » les morceaux comme ce « Gershwin‘s Dream », toujours dans un souci de cohérence ... Le résultat plonge dans le clair obscur d’une musique de rêve éveillé, qui reprend les standards au plus près, tout contre, dans leur substance même : « The man I love », « Somehow » (composition d’Oliva), « A Foggy Date/ Rhapsody in Blue theme »( JM Foltz), de l’opéra Porgy and Bess, « My Man Gone’s Now », « Summertime » jusqu’à l’aria final, « I Love (s) You Porgy » si poignant que les larmes vous viennent aux yeux. L’étonnante complicité qui les lie explique une interaction prodigieuse « télépathique » : ils n’ont jamais à (se) chercher trop longtemps, chacun s’élance à tour de rôle sur une voie, certain de la réponse de l’autre. D’où la finesse et l’évidence lumineuse qui ponctue et conclut chaque composition. Le public, des plus attentifs, embarque pour la première partie de ce concert, dans le vaisseau de la chapelle servi par le Steinway préparé comme il se doit par Alain Massonneau et la prise de son soignée de Bruno Rumen qui sculpte silences et suspens, conduisant doucement vers l’acoustique.
Pour le dernier set, remplaçant au pied levé la pianiste Kris Davis souffrante, notre duo enchaîne sans problème avec le programme de leur CD Visions Fugitives (qui donna le titre au label) en jouant ce thème de Prokofiev, Vitold Lutoslawski, Francis Poulenc ( Sonate pour clarinette et piano), des Variations d’Alban Berg, un thème d’Oliva intrigant, le tango Duke /Stravinsky, très cadencé, presque martial ( mais après tout, il existe bien un «Turkish Mambo » me souffle Stephan Oliva ), une sublime version de Naïma et une autre variation de la berceuse « Summertime » plus chaloupée, qui roule dans les graves du piano, mixée à leur façon avec un thème « Stereoscope ».Tout se déroule harmonieusement jusqu’au rappel même, souvenir de leur projet Soffio di Scelsi (concert de la Minoterie à Marseille en 2005), qui soulignait déjà le rapport étroit entre musique improvisée et contemporain, dédié à Scelsi, « l’homme du son » dont on peut trouver à la librairie Actes sud toute proche, des livres-référence.
Voilà un concert inoubliable où dans une même soirée, se joue une musique intense, travaillée par toutes sortes d’émotions : du jazz, du contemporain, du classique, des compositions où la technique sait pourtant se faire oublier, dans les mouvements les plus virtuoses ou les pièces les plus tendres. Un travail dans les marges, sur le souffle, en franchissant la ligne ténue, de démarcation entre composition et improvisation. On est à l’intérieur du son, du piano et des clarinettes (la clarinette basse plus moelleuse), ouvert à un au-delà dont ces musiciens, gardiens de l’éphémère, ont le secret.

Sophie Chambon

@sophie chambon

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20 mai 2016 5 20 /05 /mai /2016 21:54
JAZZ IN ARLES : Instant Sharings, quartette de Bruno Angelini

Tout commence par un matin de grève de la SNCF : afin de rallier depuis sa banlieue la Gare de Lyon, le chroniqueur francilien a dû, pour pallier les suppressions de RER, anticiper l'abandon du domicile ; et comme transports il y eut, presque à l'heure habituelle, ce premier but fut atteint avec une avance considérable. Occasion rêvée de s'offrir le luxe d'un café dans la décor majestueux du restaurant le Train bleu, et d'entamer la lecture du formidable livre d'Agnès Desarthe sur René Urtreger, Le Roi René (éditions Odile Jacob). Et cette lecture va enchanter les presque quatre heures de TGV jusqu'à l'escale arlésienne.

« INSTANT SHARINGS » : Bruno Angelini (piano, composition),

Régis Huby (violon, violon ténor, effets électroniques), Claude Tchamitchian (contrebasse),

Edward Perraud (batterie & percussions)

Arles, Chapelle du Méjan, 19 mai 2016, 20h30

La chapelle du Méjan demeure l'écrin idéal pour la programmation de Jazz in Arles, et singulièrement du groupe de Bruno Angelini : piano toujours exceptionnel, cadre intime, public motivé, attentif et empathique (sympathique aussi). Le programme est majoritairement celui du disque publié au printemps 2015 ( voir la chronique dans Les DNJ ), mais dans un ordre différent. La plupart des compositions sont signées par le pianiste, et s'y ajoutent des compositeurs admirés par le groupe : Wayne Shorter, Steve Swallow et Paul Motian. C'est le premier cité qui ouvre le set (le concert se joue en deux parties), avec Meridianne, un thème que le saxophoniste avait joué voici une vingtaine d'année en duo avec Herbie Hancock ; suivra Some Echoes de Steve Swallow. Vient ensuite une composition de Bruno Angelini qui figurait aussi sur le CD.

JAZZ IN ARLES : Instant Sharings, quartette de Bruno Angelini

Après l'entracte, et une autre compo extraite du disque, voici un tout nouveau thème. On est frappé d'emblée par la cohésion du groupe, l'adhésion de chacun au répertoire, et le considérable degré d'interaction que suggère l'intitulé : instant sharings, au-delà de la notion de partage, c'est dans l'univers numérique la connectivité instantanée, notion qui rejoint bien la haute connivence où se trouve un groupe de jazz. Car c'est bien de jazz qu'il s'agit : l'esprit de musique de chambre qui régnait sur le disque, et qui n'excluait nulle intensité, se trouve ici sublimé par une formidable expressivité, nuances et violences comprises. Dans ce nouveau thème, les quatre musiciens font entendre successivement (et parfois presque simultanément) l'harmonie des sphères et le chaos originel d'où naît le cosmos. On revient ensuite au répertoire déjà enregistré. Chacun trouve sa place dans cet espace démocratiquement partagé : le bassiste, avec son ancrage solide, et ses libres envolées, en pizzicato ou à l'archet, impressionne par son talent d'écoute qui le fait réagir avec nuance aux sollicitations de chacun ; le pianiste, qui mène la danse sur des indications souples et préalables, lesquelles laissent toujours place au génie de l'instantané ; le batteur-percussionniste, sans cesse à l'affût, pertinent, inventif et imprévisible ; le violoniste, qui privilégie ce soir-là le violon ténor, jouant finement des effets électroniques pour installer des tenues en boucles superposées sur lesquelles s'improvisent une véritable partita, qui sera relayée par la contrebasse à l'archet. On est émerveillé par un tel engagement et une telle connivence. Après un thème de Paul Motian, le concert se conclut provisoirement par une belle composition de Bruno Angelini en hommage à sa grand-mère marseillaise. Le public, comblé, rappelle la bande ; ce qui nous vaudra une toute nouvelle composition (promise à un prochain disque, on l'espère), Jardin perdu, merveille de mélodie nostalgique et de raffinement musical. On est conquis par ce beau voyage en terre de complicité musicale.

Xavier Prévost

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10 mai 2016 2 10 /05 /mai /2016 07:09
JAZZ SOUS LES POMMIERS 35 ème EDITION

Un grand millésime que l’édition 2016 de Jazz Sous les Pommiers à Coutances qui s’est déroulée du 30 avril au 07 mai. On a tendance à le dire chaque année, car la programmation est toujours soignée et inventive chez nos amis jazz-fan normands, mais il se trouve que cette année avait un goût de grand cru exceptionnel à plus d’un titre, avec une météo particulièrement clémente, où un soleil coquin chatouillait notre peau entre deux concerts et le souffle d’un vent modéré qui faisait que la douceur était toujours au rendez-vous à la tombée de la nuit.
Une réussite économique aussi avec un record d’affluence encore battu (38500 entrées), 41 concerts complets et un taux de remplissage de salles qui avoisine les 94 % ! Il s’agit bien sûr de la plus belle fréquentation de l’histoire du festival, mais nous savons que ce record sera au moins égalé (voir battu) l’année prochaine.
Comme toujours à Coutances, il y a des résidences d’artistes et des créations exceptionnelles : un total de sept cette année, dont trois autour la talentueuse résidente trompettiste Airelle Besson qui a réussi à convaincre la chanteuse coréenne Youn Sun Nah (en congé sabbatique depuis plus d’un an) de rompre exceptionnellement son silence pour le seul concert qu’elle effectuera cette année. Chapeau Airelle ! Ainsi qu’aux 25 musiciens de l’orchestre régional de Normandie dirigé par Alexandra Cravero qui se sont pleinement investis autour de cette rencontre magique et si fructifiante !
Prévue l’année dernière, la création du projet « Skydancers » d’Henri Texier, inspiré par les indiens de toutes les Amériques, a heureusement pu voir le jour cette année autour d’un formidable double plateau intitulé : « Texier, père et fils ». Le saxophoniste et clarinettiste Sébastien Texier a ouvert la marche et conquis le public du théâtre de Coutances avec son nouveau projet « Dreamers » en quartette avec orgue, guitare et batterie. Une musique réjouissante et chaleureuse, teintée de blues, de jazz et de soul, autour d’un groupe cohérent et homogène où la guitare de Pierre Durand nous a électrisé en permanence. La standing ovation après l’ultime rappel du sextette d’Henri Texier était amplement méritée au vu de la folle énergie déployée par tous les membres du groupe (Nguyên Lê, Armel Dupas, François Corneloup, Sébastien Texier et Louis Moutin) au service d’un remarquable discours poétique centré sur une musique qui vient à la fois des tripes et de la tête. C’était presqu’une bonne chose que ce concert fût reporté d’un an, car entre-temps, le disque a été enregistrée, le projet a tourné et la musique a pris des formes et des couleurs plus vives, plus contrastées et plus denses.
La création de François Raulin et Didier Levallet « Brotherhood Heritage » fût elle aussi passionnante, car elle rendait hommage à l’un des musiciens importants de l’histoire de Coutances : le pianiste et compositeur Sud-Africain Chris McGregor, chef d’orchestre du « Brotherood of Breath » (la confrérie du souffle !) qui joua en piano solo à la première édition du festival en 1982 et dont le groupe se produisit en clôture du festival 1990 malheureusement sans lui car il venait de décéder quelques heures plus tôt !
Le festival a réussi aussi des soirées thématiques exceptionnelles comme celle autour de blues et de la soul avec un double plateau particulièrement relevé qui réunissait Betty LaVette et l’immense Taj Mahal. Celle sur New-Orleans nous a permis de voir un projet réjouissant d’une Dee Dee Bridgewater en grande forme qui a fait le show en s’amusant à imiter Louis Armstrong, sans oublier de nous émouvoir avec des versions sublimes de Come Sunday et de C’est Ici Que Je T’Aime. Et puis Dee Dee n’oublia pas de rendre un vibrant hommage à Prince en interprétant au rappel un émouvant Purple Rain. Après DeeDee Bridgewater, accompagnée de l’orchestre du trompettiste et arrangeur néo-orléanais Irving Mayfield, place à un autre trompettiste de New Orleans, le talentueux Christian Scott, qui réussit l’exploit de garder un pied dans la tradition, tout en s’aventurant dans la modernité (avec notamment des rythmes électroniques joués en direct par le batteur à l’aide de pads) et la présence à ses côtés du brillant saxophoniste : Logan Richardson.
John Coltrane fût à l’honneur également avec un beau projet de Lionel Belmondo autour d’un big band avec Archie Shepp et Stéphane Belmondo en invités solistes. Un projet qui ressuscitait la période Atlantic de Coltrane où l’on a pu entendre une éblouissante version d’Olé (avec Shepp au soprano), un arrangement pertinent sur Like Sonny et un hommage inattendu (Yal) à Yusef Lateef, proche des frères Belmondo et disparu en décembre 2013.
Le plus beau et le plus émouvant concert du Festival fût aussi quelque part un hommage (indirect) à John Coltrane à travers le duo magique formé par le saxophoniste Charles Lloyd et le pianiste Jason Moran. Une spiritualité toute Coltranienne s’échappait des instruments des deux compères et lors d’un Monk’s Mood d’anthologie, l’on ne pouvait pas s’empêcher de penser à la version jouée par Monk et Trane en 1957 pour le label Riverside. Je vous conseille vivement de vous connecter sur Culture Box afin de revivre ce concert particulièrement exceptionnel, où les larmes aux yeux, j’ai pu croiser des confrères dans le même état que moi, et je dois vous avouer que ce fût extrêmement difficile d’enchaîner sur un autre concert après ce moment magistral !
N’oublions pas aussi de mentionner l’esprit globe-trotter du festival qui tous les ans aime tant nous faire voyager sur des musiques issues de pays éloignés. Cette année la Corée du Sud et le Congo (entre autre) étaient particulièrement à l’honneur. Concernant la Corée : la rencontre inédite entre l’octette coréen Baraji et la guitare de Nguyên Lê, le souffle conjoint de la flûte metallique de Joce Mienniel avec celle en roseau d’Aram Lee pour le projet « Wood & Steel », la présence des groupes « Black String » et [su :m] et puis celle de l’ensemble « The N.E.Q » où la musique traditionnelle coréenne côtoie un jazz contemporain dans l’esprit des productions ECM.
Pour le Congo, la présence du Mbongwana Star, qui enflamma le Magic Mirror et la réconciliation des deux Congos, initié par le génial Ray Lema autour du projet « Nzimbu » où Lema (originaire de Kinshasa) mêle sa voix et son piano aux voix enjouées de Ballou Canta et Fredy Masamba (originaires de Brazzaville) avec la complicité du fabuleux guitariste brésilien : Rodrigo Viana.
Signalons aussi une grande thématique autour du piano, avec une pléiade de pianistes talentueux qui à l’image du nombre de touches d’un clavier ont dû toucher au moins 88 fois l’heureux public de Coutances ! Citons le berlinois Michael Wollny en trio, le français Edouard Ferlet autour d’un beau projet sur Bach avec la claveciniste Violaine Cochard dans la cathédrale de Coutances, le vétéran René Urtreger (82 ans), déjà présent à la première édition du festival en 1982, le génial Bojan Z (en duo avec Julien Lorau), l’incroyable Jeff Neve, ainsi que les talentueux Laurent Courthaliac, Thomas Encho, François Chesnel et Laurent Coulondre.
Enfin, n’oublions pas non plus une belle brochette de saxophonistes, qui du soprano au baryton, nous ont durablement enchantés : Chris Potter, Geraldine Laurent, Céline Bonacina, Julien Lourau, David Sanborn, Raphaël Imbert, Emile Parisien, Julien Soro….
Huit jours intenses de bonheur, ivres de soleil et de musiques aussi belles que variées, autour d’une constante et sympathique convivialité. Il n’y a aucun doute, le rendez-vous est pris pour l’année prochaine du 20 au 27 mai 2017, pour la 36 ème édition de Jazz Sous les Pommiers !
Lionel Eskenazi

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29 mars 2016 2 29 /03 /mars /2016 15:46
GRAND PRIX JAZZ de l'ACADÉMIE CHARLES CROS 2015 et Prix ADAMI : le Roi René adoube  la Princesse Géraldine

Le samedi 26 mars 2016, René Urtreger, pour la première de ses deux soirées au Sunside, avait pour invitée la saxophoniste Géraldine Laurent. À la reprise du deuxième set Claude Carrière, qui représentait la « commission jazz » de l'Académie Charles Cros (Arnaud Merlin, Jean-Michel Proust, Claude Carrière, Philippe Carles, Alex Dutilh, Daniel Yvinec, Reza Ackbaraly…. et votre serviteur), remettait à Géraldine Laurent le Grand prix jazz 2015 et le prix ADAMI pour son disque «At Work» (Gazebo / L'Autre Distribution).

La remise des prix, initialement prévue le 18 novembre 2015 en public, dans le grand studio 104 de Radio France, avait été annulée comme toute les manifestations de la Maison de la Radio suite aux attentats du 13 novembre.

Grâce à l'hospitalité de Stéphane Portet qui dirige le Sunside, et à celle de René Urtreger qui avait invité la saxophoniste à se joindre à son trio régulier (Yves Torchinsky à la contrebasse & Éric Dervieu à la batterie) , la proclamation publique a pu avoir lieu dans l'enthousiasme du public, très nombreux, et conquis par le talent de Géraldine.

Une proclamation avait eu lieu avec les artistes sur les ondes de France Musique le 18 novembre, dans l'émission « Open Jazz » d'Alex Dutilh. Le faire en public quand Géraldine est l'invitée de René Urtreger prend tout son sens : en 2014, René avait reçu le Prix in Honorem Jazz de l'Académie Charles Cros pour l'ensemble de sa carrière, et c'était donc le Roi René qui adoubait la Princesse Géraldine.

Le Roi René, c'est le titre du roman vrai, dont René Urtreger est le héros, que la romancière Agnès Desarthe va publier fin avril chez Odile Jacob.

Xavier Prévost

Le palmarès 2015 de l'Académie Charles Cros

http://www.charlescros.org/palmares/index.php?annee=2015

GRAND PRIX JAZZ de l'ACADÉMIE CHARLES CROS 2015 et Prix ADAMI : le Roi René adoube  la Princesse Géraldine
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6 mars 2016 7 06 /03 /mars /2016 22:33
AMIENS : TENDANCE JAZZ 2016

Pendant la balance, le 3 mars, Henri Texier et ses invités

Pour célébrer les 30 ans de Label Bleu, la relance de son catalogue, et la réouverture du studio Gil Evans après d'importants travaux, la Maison de la Culture d'Amiens a programmé, trois jours durant, des concerts de jazz avec des artistes liés à l'histoire du label. L'événement s'est conclu le 5 mars avec un concert de Rokia Traoré : la chanteuse malienne est en effet une des personnalités marquantes de la collection Indigo, versant du label consacré aux musiques du monde. La veille Henri Texier présentait le sextette de son disque tout récent, « Sky Dancers », et Thomas de Pourquery se produisait en qualité de crooner avec le Red Star Orchestra, avec lequel il vient de publier chez Label Bleu le disque « Broadways ». Et le premier soir la Maison de la Cuture avait donné à Henri Texier, pilier du label (près de 20 références en trois décennies), une sorte de carte blanche. Sous le titre « Henri Texier invite.... », le contrebassiste avait convié des partenaires de longue date (Michel Portal, Bojan Z, Manu Codjia), et aussi deux nouvelles signatures du label : Thomas de Pourquery (cette fois dans son rôle de saxophoniste alto), et Edward Perraud, qui vient de publier sous la même étiquette un CD avec son groupe Das Kapital.

Dans le grand théâtre de la Maison de la Culture, Henri Texier a proposé, avec ce All Stars amical, une sélection des grands moments de son répertoire : Ô Elvin, de son avant dernier disque ; les « tubes » (parmi lesquelsColonel Skopje, Don't Buy Ivory Anymore, Desaparecido ) ; et quelques thèmes moins souvent joués comme Serious Seb ou Barth's Groove. Michel Portal et Bojan Z ont aussi joué en duo un thème d'Eddy Louiss qu'ils avaient naguère enregistré ensemble. Le tout dans une débauche d'intensité, de lyrisme, d'improvisations débridées et de ferveur qui laissa le public, chroniqueur inclus, pantelant et heureux. Ce concert sera diffusé le 27 avril sur France Musique, partenaire de l'événement. Et d'ici là on peut retrouver sur le site les deux émissions « Open jazz »d'Alex Dutilh, et le « Jazz Club » d'Yvan Amar, programmes diffusés en direct de la Maison de la Culture les 3 et 4 mars.

Xavier Prévost

Label Bleu a entrepris pour cet anniversaire la publication de 3 coffrets de 10 vinyles chacun, avec de grandes références du label. Première livraison le 4 mars avec 10 vinyles signés Rokia Traoré, Henri Texier, David Krakauer, George Russell, Daniel Goyone, Stefano Di Battista, Michel Portal, Bojan Z, Enrico Rava & Stefano Bollani. Le coffret suivant (Portal, Ducret, Palatino...) dans quelques semaines. ET à l'automne prochain Boubacar Traoré, Louis Sclavis, Romano-Sclavis-Texier « Carnet de Routes » etc....

Réécouter l'émission « Open Jazz » du 3 mars

http://www.francemusique.fr/emission/open-jazz/2015-2016/les-30-ans-de-label-bleu-amiens-1-2-avec-michel-portal-bojan-z-edward-perraud-et-manu-codjia-03-03

Réécouter l'émission « Open Jazz » du 4 mars

http://www.francemusique.fr/emission/open-jazz/2015-2016/les-30-ans-de-label-bleu-amiens-2-2-avec-henri-texier-thomas-de-pourquery-et-johane-myran-03-04

Réécouter l'émission « Jazz Club » du 4 mars avec Henri Texier et son groupe « Sky Dancers »

http://www.francemusique.fr/emission/jazz-club/2015-2016/henri-texier-sky-dancers-amiens-03-04-2016-22-30

Et retrouver le 27 avril le concert « Henri Texier invite.... » dans l'émission « Les Mercredis du jazz »

http://www.francemusique.fr/emission/les-mercredis-du-jazz

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16 novembre 2015 1 16 /11 /novembre /2015 22:17
D'JAZZ NEVERS FESTIVAL : LES DEUX DERNIÈRES SOIRÉES

©A.Honhim

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On était heureux et insouciants, le vendredi 13 novembre à 20h30 : heureux de réécouter le duo François Couturier / Anja Lechner entendu à « Jazz in Arles » en mai dernier : (cf. Les DNJ : http://www.lesdnj.com/2015/05/jazz-in-arles.html) ; heureux de découvrir sur scène le nouveau quartette d'Enrico Rava (celui du disque « Wild Dance », paru chez ECM fin août) : cette fois l'invité n'était pas le tromboniste Gianluca Petrella, mais le saxophoniste Stefano Di Battista.

Le duo Lechner/Couturier, en donnant pourtant pratiquement le même programme qu'en mai (celui du CD « Moderato Cantabile », ECM, 2014), en offrait une vision différente, dotée d'une nouvelle énergie et d'une nouvelle fraîcheur : perfection du timbre de la violoncelliste, formidable sens de la nuance et de l'expression chez le pianiste. La musique parcourt tous les territoires, du piano romantique jusqu'au jazz en passant par des bouffées de musiques du monde. Lyrisme absolu, recueillement, et sensualité douce d'un univers sans fracas, mais pas sans intensité.

Le quartette/quintette d'Enrico Rava donne lui aussi un programme nourri du dernier disque. Mais là encore on ne rejoue pas la partie : tout se fait au bonheur de l'instant, au sursaut de l'inspiration, sous le doux empire de la connivence. Enrico Rava est au bugle, et le velouté de l'instrument sied à merveille à son lyrisme exacerbé, à son goût du chant. Stefano Di Battista, au saxophone (alto ou soprano selon les instants), est aussi un grand lyrique. Mais son expression est plus vive, quand celle de Rava joue la retenue, le suspens : la combinaison est superbe. Et la rythmique, timide durant les premières minutes, va ensuite donner sa pleine mesure, expressive et hardie.

Le bonheur est parfait, et quand on sort de la salle de la Maison de la Culture, c'est pour apprendre qu'à Paris, pendant ce temps-là, des dizaines de morts ont endeuillé la France pour longtemps : stupeur et sidération.

Le lendemain, samedi 14 novembre, le concert est privé de sa seconde partie, en l'occurrence le groupe de John Scofield & Joe Lovano, bloqué en Autriche par les incertitudes des transports aériens consécutives aux attentats de Paris. La salle est pleine, le public a refusé la terreur, et répondu présent. Le chanteur Hugh Coltman donne un programme consacré à Nat King Cole (comme son disque paru cette année). Dans le groupe qui l'accompagne le pianiste Paul Lay, qui termine un remplacement d'une dizaine de concerts, brille de mille feux, car le vocaliste a su lui laisser l'espace que justifie son considérable talent. Hugh Coltman a dédié le concert à l'un de ses amis qui était la veille au Bataclan, et fait partie des innombrables victimes. Son concert, magnifique, est un témoignage d'espoir, de tolérance, d'adhésion aux valeurs de la vie. Il en parlera chaleureusement au public vers la fin du concert. Il nous donne tout : la suavité de King Cole, le swing, une escapade vers un thème soul funk qui embrase l'assistance.... et des ballades à tomber, avec l'exquise délicatesse du pianiste pour écrin. Hugh Coltman, malgré sa peine, nous a offert une formidable leçon de vie, de fraternité, d'humanité : chapeau l'artiste, et merci !

Xavier Prévost

Ce concert a été diffusé en direct sur Culture Box ; il sera bientôt disponible en replay à cette adresse :

http://culturebox.francetvinfo.fr/festivals/d-jazz-nevers-festival/hugh-coltman-au-d-jazz-nevers-festival-2015-230427

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13 novembre 2015 5 13 /11 /novembre /2015 19:24
D'JAZZ NEVERS FESTIVAL : D'ALBERT CAMUS à SUSANNE ABBUEHL

Susanne Abbuehl à Nevers ©Maxim François

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L'Étranger « Réminiscences », d'après L'Étranger d'Albert Camus

Pierre-Jean Peters (voix, jeu, idée originale), Guillaume Séguron (contrebasse, guitare basse, direction artistique), Adrien Dennefeld (guitare, violoncelle), Jean-Pierre Jullian (batterie, percussions), Pierre Vandewaeter (son, régie générale), Éric Bellevègue (création lumière), Olivier Malrieu (adaptation)

Nevers, Maison de la Culture, 12 novembre 2015, 20h30

Faire dialoguer le texte de Camus (segmenté, en chronologie bouleversée, incarné par un acteur qui endosse tous les personnages) avec une musique qui épouse les contours ou joue le contrepoint : tel est le pari. Gagné, assurément, dans la mesure où ce spectacle, abouti et cohérent, nous remet en mémoire l'extranéité de Meursault, à l'écart du monde, du sentiment convenu, de la sensation univoque, de la valeur avérée et validée par le consensus. Il nous rappelle aussi les figures du conformisme ordinaire, de la frilosité sociale, et de l'acharnement vertueux. La musique puise à de multiples sources, entre jazz contemporain et rock progressif. Et le tout ravive en nous le souvenir d'un émoi de lecture, voire d'un trouble d'identification.

La présence d'un tel spectacle, en première partie d'une soirée de festival de jazz, avant une chanteuse à la voix de nuit profonde, semble des plus naturelles : la musique et le texte cohabitent légitimement dans tous les arts sonores et musicaux. La question qui demeure, pour le spectateur, mais aussi lecteur, que je suis, est celle de l'adaptation comme création. Et j'attends peut-être l'impossible (que n'autoriserait probablement pas les détenteurs des droits de l'œuvre) : un bouleversement, un détournement, une altération profonde, pour l'élaboration d'un autre objet, transgressif, tout uniment musical et littéraire. Je suis sans doute victime de mon caractère exagérément rêveur, qui me fait adhérer à l'horizon d'un autre étranger, celui des Petits poèmes en prose de Baudelaire « J'aime les nuages... les nuages qui passent... là-bas... là-bas... les merveilleux nuages ! »

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Susanne Abbuehl « Gift »

Susanne Abbuehl (voix), Matthieu Michel (bugle), Wolfert Brederode (piano, harmonium indien), Øyvind Hegg-Lunde (batterie, percussions)

Nevers, Maison de la Culture, 12 novembre 2015, 22h45

Après l'éblouissement du soleil d'Algérie qui inonde le roman de Camus, la seconde partie de soirée nous offrait un chant crépusculaire (crépuscule du soir ou du matin ? Baudelaire encore, il faut choisir !) ; ou plutôt un chant nocturne, comme l'annonce d'entrée de jeu Susanne Abbuehl au public. Le répertoire est majoritairement celui de l'album « The Gift », paru en 2013 chez ECM. Le chant est de confidence, la tonalité intimiste, et chaque membre du groupe joue ce jeu à un niveau superlatif : les incroyables nuances du batteur (nouveau venu dans le groupe, il n'était pas sur le dernier disque) qui compose, à chaque mesure, un paysage sonore de touches ténues, d'injonctions pertinentes et souterraines, avec une richesse de timbres extraordinaire, et une gestuelle qui ferait à elle seule entendre l'indicible. Le pianiste lui aussi place chaque note à l'exact moment, à l'intensité la plus appropriée. Quant au bugle, il se fond littéralement dans la voix, ou lui fait un écho magnifique quand leurs chants alternent. Susanne Abbuehl place sa voix comme on parle à l'oreille, et les lents mouvements de son corps souple épousent chaque inflexion de la musique. C'est fascinant, d'une beauté presque irréelle. En plus de l'album le plus récent, elle va aussi chercher une ou deux chansons dans les précédents (« April », « Compass »), dont une magnifique reprise de Carla Bley (A.I.R. - All India Radio), et une version de 'Round about midnight qui se coule ensuite dans un chant d'orient. Elle nous offre aussi la primeur de ce qui viendra pour un futur disque, avec d'autres poèmes, et d'autres auteurs. Moment intense, inoubliable : si l'on ne craignait pas le cliché, on hasarderait : magique !

Xavier Prévost

Susanne Abbuehl donnera un concert "Jazz sur le vif" le samedi 21 novembre 2015 à la Maison de la Radio

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13 novembre 2015 5 13 /11 /novembre /2015 16:33
D'JAZZ NEVERS FESTIVAL : WORKSHOP DE LYON

Workshop de Lyon (Collectif ARFI)

Jean Aussanaire (saxophones alto & soprano), Jean-Paul Autin (saxophones alto & sopranino, clarinette basse), Jean Bolcato (contrebasse), Christian Rollet (batterie & percussions)

Nevers, Auditorium Jean-Jaurès, 12 novembre 2015, 18h30

Pour le chroniqueur, bonheur de retrouver le Workshop, que je n'avais pas eu l'occasion d'écouter en direct depuis quelques années. Le nouveau programme s'intitule « Lettres à des amis lointains ». Il raconte des rencontres et des souvenirs, et parle d'amis encore présents, ou disparus. Chaque musicien a choisi une évocation, pour laquelle il a composé, ou seulement exhumé une musique naguère partagée. La première pensée émane de Jean Aussanaire, et va vers le regretté Maurice Merle, cofondateur du groupe. Puis Jean Bolcato évoque Colette Magny, avec laquelle le groupe a partagé la scène : pour ce faire il propose une mélodie arabo-andalouse que la chanteuse aimait beaucoup. Jean-Paul Autin adresse ensuite une carte postale sonore à des amis de rencontre, dans un cadre de collectage, qui lui ont fait découvrir des trésors de musique traditionnelle. Vient le tour de Christian Rollet, qui part d'une ambiance sonore de l'Arsenal de Brest, où les musiciens de l'Arfi s'étaient produits.

De paysage sonore en réminiscence chaleureuse, c'est tout une humanité qui défile à nos oreilles ravies : l'humain, l'être humain, est depuis toujours au centre de l'utopie des Arfieux. Comme le dit souvent un des mes amis très chers, batteur et chanteur, c'est « de la musique de musicien, entièrement faite à la main ». Et le miracle demeure : passer des contours familiers d'une mélodie populaire à une esthétique hardie, ou une envolée très free, et très libératrice, tel est toujours et encore le mot d'ordre (et parfois de désordre) du Workshop. Chacun trouve sa place de soliste mais l'enjeu est constamment collectif. Qu'ils évoquent un ami berger de Buis-les Baronnies, ou un court-circuit improbable entre les musiques de Myriam Makeba et Ornette Coleman ; un professeur de musique du Niger ou le saxophoniste Steve Lacy ; ou encore tel ami peintre, ou trois femmes remarquables opérant dans trois univers différents : l'humanité profonde est au centre de chaque moment musical, manière de rappeler, s'il était nécessaire, que pour les membres de l'Arfi, et singulièrement pour le Workshop de Lyon, l'esthétique est aussi (d'abord ?) une éthique.

Xavier Prévost

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13 novembre 2015 5 13 /11 /novembre /2015 15:36
D' JAZZ NEVERS FESTIVAL : PLEIN SOLEIL !

DAUNIK LAZRO / JEAN-LUC CAPPOZZO / DIDIER LASSERRE

Daunik Lazro (saxophones ténor & baryton), Jean-Luc Cappozzo (trompette, bugle, flûte harmonique serbe), Didier Lasserre (batterie)

Nevers, PAC des Ouches, 12 novembre 2015, 12h15

Cela fait plus de 25 ans que je fréquente assidûment le festival de Nevers, et c'est habituellement le lieu des premiers frimas, des premières gelées blanches et des premiers pare-brise à dégivrer. Cette année, débarquant après 4 heures de route, in extremis et à midi, pour le concert de 12h15, je vois pour la première fois en cette saison le majestueux Palais Ducal en plein soleil ; et au fond de la place, l'adorable théâtre à l'Italienne, où j'ai tant de grands souvenirs et qui, fermé de longtemps, attend impatiemment une improbable rénovation.

Je file en contrebas au PAC des Ouches, pour un concert d'improvisation par trois maîtres de genre. Daunik Lazro choisit de commencer dans le velouté du sax ténor, tandis que Jean-Luc Cappozzo, à la trompette puis au bugle, habille l'espace de timbres mystérieux. La batterie de Didier Lasserre s'aventure vers des terres où les rythmes et les sons tendent à se fondre, et même à se confondre, dans un geste collectif. Puis, dans une deuxième séquence le baryton et la trompette composent dans l'instant un contrepoint hétérodoxe. La batterie s'aventure, comme en suspens, avant de déclencher sa furia. Vient la flûte harmonique, étrangeté sonore en soi, à laquelle le baryton répond, en harmoniques itou, tandis que la batterie fait crisser ses cymbales. Pour chacun le son est déjà une phrase, et presque une forme, si tant est que la question de la forme, même rétrospective, soit le premier souci de l'improvisation libre. Nous sommes en présence de ces musiques qui jaillissent de l'instant, mais dont on sait bien qu'elles ne surgissent pas du néant : ces musiciens sont des faiseurs de miracles, sur le fil de l'incertitude qui devient pourtant évidence. Vient ensuite une troisième séquence où le ténor va cheminer de la douceur au cri, en dialogue avec les deux autres instruments, jusqu'au paroxysme final ; fin provisoire, puisqu'en rappel une sorte d'hymne sacré, dont les premières notes rappellent My Funny Valentine, va nous conduire vers le souvenir d'un extrême recueillement, celui d'Alabama, de John Coltrane. Toute parole, alors, devient superflue....

Xavier Prévost

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