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12 septembre 2018 3 12 /09 /septembre /2018 22:14

Au Carré des Coignard, dans le bel hôtel particulier du même nom, une exposition retrace l'arrivée du jazz en France, d'une guerre à l'autre.

En trois salles, avec photos, livres, affiches, revues, partitions et disques rares, et en musique, un aperçu de l'émergence de la musique syncopée afro-américaine (ce que l'écrivain suisse Charles-Albert Cingria appelait 'le syncopé anglo-nègre', selon les usages du vocabulaire de l'entre-deux guerres).

Cela commence dès avant la première guerre mondiale avec la popularité du cake walk et du ragtime, se poursuit par le débarquement de l'orchestre militaire de James Reese Europe à Brest fin décembre 1917, puis avec la présence des grands jazzmen américains entre les deux guerre, et l'émergence d'un jazz d'ici .

De Julien Porret et Grégor et ses Grégoriens, jusqu'au Quintette du Hot Club de France.

Entre autres curiosités un fac-similé des bulletins d'adhésion de Charles Delaunay et Boris Vian au Hot Club de France.

Xavier Prévost

L'expo a été conçue par l'Association CEMJAZZ de Chevilly-Larue. Elle se terminera le 23 septembre.

Les 15 & 16 septembre, pour les Journées du Patrimoine, ouverture de 10h à 12h et de 14h à 19h ; il y aura des visites guidées à 15h et 17h.

Au autres dates ouvert du mardi au dimanche de 15h à 19h, entrée libre.

Renseignements : 01 43 24 63 65

 

Carré des Coignard, 150 Grande Rue Charles de Gaulle, 94130 NOGENT-sur-MARNE

C'est à quelques centaines de mètres de la station de RER Nogent-Le Perreux, sur la ligne 'E', direction Villiers-sur-Marne et Tournan.

 

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21 novembre 2017 2 21 /11 /novembre /2017 16:58

Stephan Oliva & Susanne Abbuehl à la remise des prix  

photo@david-desreumaux

 

Grands Prix

Proclamés le 16 novembre à 19h au studio 105 de la Maison de la Radio

Grand prix jazz

Stephan Oliva/Susanne Abbuehl/Øyvind Hegg-Lunde « Princess » (Vision Fugitive/L'Autre distribution)

 

Grand prix blues

Dee Dee Bridgewater « Memphis… Yes, I'm Ready » (OKeh/Sony Music)

 

Prix in honorem jazz

Fred Hersch, pour l'ensemble de sa carrière, à l'occasion de la parution de son disque «Open Book» (Palmetto/Bertus distribution), et de son autobiographie Good Things Happen Slowly : A Life In and Out of Jazz (Crown Archetype Press, 2017)

 

Prix Jazz hommage in mémoriam

Alain Tercinet

À l'occasion de la parution du coffret «Thelonious Monk, Les Liaisons Dangereuses 1960» (musique du film de Roger Vadim, inédite au disque Sam Records-Saga/Pias), auquel il avait participé, un hommage à Alain Tercinet, disparu en juin 2017, pour sa considérable contribution à la connaissance et à la diffusion de cette musique, par ses recherches, ses articles, ses livres, ses anthologies et compilations discographiques, et ses textes pour les pochettes et livrets d'une foule de disques, CD et coffrets.

 

Ont également reçu un Grand Prix dans une autre catégorie des artistes très impliqués dans le jazz et la musique improvisée

 

Grand Prix de la Parole Enregistrée

Didier Petit, Claudia Solal et Philippe Foch

« Les Voyageurs de l'Espace » (Buda Musiques & CNES / Socadisc)

 

Coups de cœur Jazz et Blues

 

proclamés le 20 novembre dans l'émission 'Open Jazz'sur France Musique

https://www.francemusique.fr/emissions/open-jazz/l-actualite-du-jazz-academie-charles-cros-le-palmares-jazz-et-blues-38099

 

 

Coups de cœur jazz

Stephan Oliva/Susanne Abbuehl/Øyvind Hegg-Lunde « Princess » (Vision Fugitive/L'Autre distribution)

Cécile McLorin Salvant « Dreams and Daggers » (Mack Avenue/Pias)

Pierrick Pédron « Unknown » (Crescendo/Caroline)

Ambrose Akinmusire « A Rift in Decorum » (Blue Note/Universal)

Andy Emler « Running Backwards » (La Buissonne/Harmonia Mundi-Pias)

Paul Lay « The Party » (Laborie Jazz/Socadisc)

Craig Taborn « Daylight Ghosts » (ECM/Universal)

Robert Negro « Dadada » (Label Bleu/L'Autre distribution)

Mark Guiliana « Jersey » (Motéma/Pias)

David Enhco « Horizons » (Nome Records/L'Autre distribution)

Fred Hersch « Open Book » (Palmetto/Bertus distribution)

Vijay Iyer « Far From Over » (ECM/Universal)

 

Coups de cœur blues

Dee Dee Bridgewater « Memphis… Yes, I'm Ready » (OKeh/Sony Music)

Don Bryant « Don't Give Up On Love » (Fat Possum/Differ-Ant)

Robert Finley « Age Don't Mean A Thing » (Big Legal Mess/biglegalmessrecords.com)

 

Xavier Prévost

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29 avril 2017 6 29 /04 /avril /2017 14:37

Avant de filer au mois de mai vers New York et le 'Vision Free Jazz Festival 2017', dont elle est la seule invitée européenne, Joëlle Léandre a eu la joyeuse surprise de figurer dans la promotion d'hiver de l'Ordre des Arts et des Lettres au titre de Chevalier (Chevalière en l'occurrence). Une manière de rappeler la place, singulière et cependant majeure, qu'elle occupe sur la scène musicale depuis quelques lustres. Pour se rafraîchir la mémoire, dans une discographie qui comporte plus de cent références, deux de ses parutions de la fin 2016

TIGER TRIO : MYRA MELFORD, JOËLLE LÉANDRE, NICOLE MITCHELL «Unleashed»

Myra Melford (piano), Joëlle Léandre (contrebasse), Nicole Mitchell (flûte, flûte alto, piccolo)

Paris, Galerie Zürcher, 25 mars 2016

RogueArt ROG-0074 / www.roguart.com

 

Habituée des rencontres états-uniennes (sur scène, mais aussi au Mills College où elle a fait de nombreux séjours comme enseignante invitée), Joëlle Léandre renoue pour ce disque avec des complices de longue date. Elle a souvent collaboré avec l'une et l'autre, et toutes trois s'étaient retrouvées sur scène à San Francisco en 2015. Comme toujours, une telle rencontre engendre de fécondes improvisations sur un terreau d'anciennes connivences, et la musique circule de l'une à l'autre, fluide ou tempétueuse selon les instants, avec comme souvent dans les improvisations réussies des convergences assez miraculeuses.

 

 

JOËLLE LÉANDRE – THÉO CECCALDI «Elastic»

Joëlle Léandre (contrebasse), Théo Ceccaldi (violon)

Paris, 2 octobre 2015

Cipsela Records CIP 006 / http://www.cipsela-records.com/store.php

 

Ils appartiennent à deux générations différentes, mais ils sont du même monde, celui où la liberté de créer ne connaît pas de bornes, où l'exigence musicale/instrumentale se fond et se confond dans le goût de l'aventure. Théo Ceccaldi est familier de l'univers de Joëlle Léandre, car il participe au tentette 'Can You Hear Me ?', et tous deux ont un sens aigu de l'improvisation, de l'instant magique qui se transforme en une forme, quand l'éphémère devient Art. On part d'un lyrisme légèrement mélancolique, où le chant s'émancipe très librement de la tonalité, où l'expression semble prévaloir, alors même que l'architecture s'élabore, souterraine. Et le sortilège opère de plage en plage, de douceur en fracas. Et l'on se sent glisser dans un ailleurs qui n'autorise rien que l'abandon.

Xavier Prévost

 

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20 avril 2017 4 20 /04 /avril /2017 21:30

Django
Film d’Etienne Comar avec Reda Kateb, Cécile de France, scénario d’Etienne Comar et Alexis Salatko.1h55. sortie le 26 avril.
Bande originale par le trio Rosenberg et Warren Ellis (Lacrima Song avec un grand orchestre dirigé par Pierre Bertrand) publiée chez Impulse-Universal.

 

Pour son premier long métrage, Etienne Comar n’a pas hésité. Il s’attaque à une légende, Django Reinhardt. En collaboration avec Alexis Salatko, auteur de Folles de Django (Ed. Robert Laffont), le cinéaste évoque une courte période de la vie du « fils du vent » (expression de Jean Cocteau), l’occupation allemande . Star des nuits parisiennes, adulé par les autorités occupantes, Django va se rebiffer en 1943 quand la Propagandastaffel veut le forcer à effectuer une tournée de concerts en Allemagne. Quittant la capitale en famille, l’auteur de Nuages il met le cap sur la Suisse et séjourne à Thonon-les-Bains où il tentera de passer la frontière avant d’être arrêté par l’armée helvète et refoulé. Fin de l’aventure et retour à Paris et à la scène. Voilà pour l’histoire vraie (cf Django Reinhardt, swing de Paris. Textuel-Cité de la Musique.2012). Etienne Comar livre une version très personnelle et très libre. Il bâtit son récit sur une idée-force, la prise de conscience par Django de sa condition de tsigane. A cette fin, Comar crée un personnage, Louise de Clerk (Cécile de France) qui va séduire Django et le persuader de refuser de jouer à l’artiste de propagande. Les spécialistes de Django resteront dubitatifs face à cette lecture politique de l’histoire. Les amateurs de musique tsigane seront ravis de la partition jouée par les frères Rosenberg qui doublent les acteurs (Stochelo prenant les parties de Django) et de la véracité des interprètes gitans (Beata Palya, dans le rôle de Naguine, la femme de Django, Bimbam Merstein, qui incarne sa mère, Negros, Hono Winterstein, guitariste habituel du groupe de Biréli Lagrène…). Quant à Reda Kateb, dans le rôle-titre, il impressionne par sa capacité à transmettre les sentiments, les doutes, les foucades du génial gitan. Un film de caractère qui vient aussi rappeler le lourd bilan de la politique anti-tsigane menée dès 1938 par Hitler et relayée en France par le régime de Vichy  (environ 20.000 tsiganes français furent déportés dans les camps de la mort en Allemagne et en Pologne).
Jean-Louis Lemarchand

 

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7 février 2017 2 07 /02 /février /2017 15:37

   Lucien, Valsons.... C'est en ces termes d'un humour qu'il affectionne encore aujourd'hui que Martial Solal rendait hommage, en 1963, à Lucien Malson, sur la première plage du disque « Jazz à Gaveau » (en compagnie de Guy Pedersen et Daniel Humair) ; une petite valse sinueuse, vive et complexe, comme le fut toujours la pensée du dédicataire.

   Lucien Malson nous a quittés le 27 janvier 2017, et sa famille a choisi de ne rendre l'information publique qu'après son inhumation, début février. Difficile de tout dire en quelques lignes de cette figure majeure de la réflexion sur le jazz, et de sa diffusion dans notre pays. Je m'en tiendrai donc à mes souvenirs d'auditeur (adolescent j'écoutais Jazz dans la nuit sur Paris Inter) ; et de lecteur, avec les différentes éditions du Que Sais-je sur Les Maîtres du Jazz, Les Cahiers du Jazz de la première époque, de 1959 à 1971, L'Histoire du Jazz et de la musique Afro-Américaine dans sa première édition, en 1976, dans la collection 10/18, et les innombrables articles dans la presse (Jazz Hot, Jazz Magazine, Le Monde) ... Je repense au reproche amical qu'il me faisait d'abuser des points de suspension, qui plus est au nombre de trois, en quoi il voyait une sorte de signe maçonnique (très très éloigné de mes préoccupations je dois le dire !).

   Après mon parcours d'amateur, mon cheminement professionnel a souvent croisé celui de Lucien Malson : quand en 1982 René Koering, alors directeur de France Musique, m'a proposé de reprendre la chronique que faisait Lucien le samedi matin dans l'émission de Philippe Caloni, j'ignorais si mon prédécesseur quittait cette séquence de son plein gré (tout en poursuivant son émission hebdomadaire du lundi sur Musique, et Black and Blue le vendredi sur France Culture). J'étais un petit gars de province qui ne connaissait personne dans la jazzosphère parisienne, à l'exception (notable il est vrai), de Martial Solal et Barney Wilen (lequel m'avait recommandé à Philippe Carles qui m'avait ouvert les colonnes de Jazz Magazine). Malgré mon déboulé (involontaire) sur ses plates-bandes, Lucien me fit bon accueil, peut-être parce que ma prose récente dans la presse spécialisée lui avait paru acceptable, et probablement aussi parce qu'une licence de philosophie fut (comme pour lui) la première étape d'un parcours universitaire, demeuré dans mon cas plus que modeste quand le sien fut des plus brillants ; mais cela créait entre nous, me semble-t-il, une espèce de connivence tacite. Lorsqu'en 1994 il relança, aux Presses Universitaires de France, Les Cahiers du Jazz, Lucien m'invita au bureau éditorial. Je pus proposer des sujets, et de nouveaux collaborateurs, et Lucien m'invita à plusieurs reprises à traiter des thèmes sur lesquels nos points de vue étaient extrêmement divergents. Et ce en toute bienveillance.

 

   C'est aussi en 1994 que, lors de la réédition avec mise à jour, au éditions de Seuil, de L'Histoire du Jazz et de la musique Afro-Américaine , Philippe Carles me confia la mission, très diplomatique, d'en faire la recension pour Jazz Magazine. Je me collais donc à la relecture systématique, ligne à ligne, des deux versions, pour cerner les modifications, les repentirs, les ajustements. Et je reçus de Lucien un petit mot amical, mais légèrelent teinté d'ironie, où il notait que, comme de coutume, j'avais travaillé avec beaucoup de soin ... (Une fois de plus, pardon Lucien pour ces ponts de suspension !)

Brochure "Jazz à l'ORTF", 1970. Collection Archives écrites et Musée de Radio France 

 

   Et en 1997, au moment où Lucien quittait de son plein gré France Musique et France Culture pour une retraite plus que méritée, je devenais quant à moi le responsable du Bureau du jazz de Radio France, à la suite d'André Francis qui avait pris cette fonction en 1975 (après en avoir été durant des années l'élément suractif). Je n'oubliais pas alors que cette structure avait été créée au sein de la RTF, en 1961, par Lucien Malson, qui l'avait dirigée jusqu'à la fin de 1974, au moment où l'ORTF allait céder place à Radio France et aux autres sociétés de l'audio-visuel public.

   Bref dans ce microcosme du jazz où j'ai passé la plus grande part de ma vie professionnelle, Lucien Malson fut un jalon majeur, après avoir été un repère dans ma vie d'amateur. Et c'est avec beaucoup d'émotion que j'ai appris sa disparition : l'un de nos derniers contacts téléphoniques remontait à décembre 2011. Je voulais le convier au studio 105 de Radio France à un concert d'hommage à son grand ami André Hodeir. Il ne sortait alors de chez lui que pour faire quelques pas Avenue de Wagram, où il résidait, et il avait décliné, à regret.

   Merci Lucien, merci pour tout : ton esprit vif et caustique, ton exigence intellectuelle et ton humour pince-sans rire. Nous sommes nombreux à nous sentir un peu seuls, depuis que tu as pris congé...

Xavier Prévost

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24 novembre 2016 4 24 /11 /novembre /2016 21:24

Le Palmarès 2106 de l'Académie Charles Cros a été proclamés jeudi 24 novembre à 11h au studio 105 de la Maison de la Radio

 

Prix in honorem Jazz

Henri Texier, pour l'ensemble de sa carrière, à l'occasion de la publication de "Sky Dancers"  Label bleu / L'Autre Distribution

 

Grand Prix Jazz

Pierre de Bethmann Medium Ensemble / vol. 2 "Exo"  Alea / Socadisc

 

Grand Prix Blues


Michael Kiwanuka   "Love & Hate"    Polydor / Socadisc

 

Au cours d'une cérémonie qui accueillait les artistes primés, issus de la musique classique et contemporaine, de la chanson, du jazz et des musiques du Monde, Henri Texier a joué en duo avec son fils Sébastien Texier au saxophone alto, et Pierre de Bethmann a joué en solo. Le lauréat du grand prix blues était retenu aux Pays-Bas pour un concert, et n'était pas représenté.

 

Coups de cœur Jazz et Blues

Les Coups de cœur Jazz & Blues ont été proclamés à 18h sur France Musique dans l'émission Open Jazz d'Alex Dutilh

https://www.francemusique.fr/emissions/open-jazz/l-actualite-du-jazz-academie-charles-cros-69eme-palmares-jazz-et-blues-les-prix-et-coups-de-coeur-29919

 

Coups de cœur Jazz

  • Pierre de Bethmann Medium Ensemble / vol. 2 "Exo" Aléa / Socadisc
  •  
  • Avishai Cohen "Into the Silence" ECM / Universal
  •  
  • Das Kapital et Royal Symphonic Wind Orchestra Vooruit "Eisler Explosion" Das Kapital Records / L’Autre Distribution
  •  
  • Flash Pig invite Pierre de Bethmann, Emile Parisien, Manu Codjia Nome / L’Autre Distribution
  •  
  • Tord Gustavsen "What was said" ECM / Universal
  •  
  • Dominique Pifarély Quartet "Tracé Provisoire" ECM / Universal
  •  
  • Ping Machine "Easy Listening" / "Ubik" (2 CD) Neuklang Future / Harmonia Mundi
  •  
  • François Rilhac "It's only a paper moon" Black and Blue / Socadisc
  •  
  • Shabakaand the Ancestors "Wisdom of Elders" Brownswood Recordings / La Baleine
  •  
  • Umlaut Big Band "Euro Swing volume 2" Umlaut Records / http://www.umlaut\-bigband.com
  •  
  • Ben Wendel "What we bring" Motéma / Membran

 

Coups de cœur Blues

  • William Bell "This Is Where I Live" Stax / Universal
  •  
  • Guy King "Truth" Delmark / Socadisc
  •  
  • Michael Kiwanuka "Love and Hate" Polydor / Universal

 

 

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15 octobre 2016 6 15 /10 /octobre /2016 09:26

Les jazzmen saisis par Arthur Elgort

 


Exposition de photos. Colette, 213, rue St Honoré. 75001. 26 septembre-5 novembre 2016-

 

 


Réputé pour ses photos de mode-Linda Evangelista, Kate Moss, Cindy Crawford eurent l’honneur de ses objectifs-le new-yorkais Arthur Elgort (76 ans) aime le jazz. Il combine ses deux passions dans deux clichés pris en 1988 lors d’une croisière du jazz sur le SS Norway (l’ex France) pour Vogue Italia où la top model britannique Jeny Howorth prend la pose aux côtés de Dizzy Gillespie et Dexter Gordon. La quinzaine d’autres photos de jazz exposées (1), datant de 1987 à 2000, parues pour la plupart dans des magazines (Vogue, The New Yorker), sont exclusivement consacrées aux jazzmen, à l’exception d’une jazzwoman, la pianiste Dorothy Donegan dont le regretté André Clergeat vantait le « toucher perlé »( Dictionnaire du Jazz). Le plateau ne manque pas de gueule : Wynton Marsalis, Art Blakey, Roy Hargrove, Illinois Jacquet, Sonny Rollins (gros plan touchant), Lionel Hampton (à 83 ans), George Benson et Jon Hendricks (tout sourire). Une mention spéciale pour des photos de groupe posant en pleine rue à New-York, le Lincoln Center Jazz Orchestra (ci-contre en 1992), et un quartet de belle allure-Milt Hinton, Roy Hargrove, James Carter, John Faddis (2000).  
(1). La rétrospective Arthur Elgort présente globalement une centaine de photos ayant trait principalement à la mode et au ballet.  Toutes les photographies sont disponibles.
Jean-Louis Lemarchand
 

 

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15 octobre 2016 6 15 /10 /octobre /2016 09:20

The Color Line, les artistes africains-américains et la ségrégation

Exposition au Musée du Quai Branly Jacques Chirac (jusqu’au 15 janvier 2017)

On lui devait l’exposition –monumentale-« le siècle du jazz » en 2009. Daniel Soutif revient au Musée du Quai Branly avec « The Color Line, les artistes africains-américains et la ségrégation ». Grand connaisseur de la culture américaine, chroniqueur de jazz, et agrégé de philosophie, Daniel Soutif a mis le même soin à ce travail encyclopédique qui porte sur un siècle et demi. Si l’abolition de l’esclavage date de 1865, les lois établissant la ségrégation dans le Sud des Etats-Unis (lois dites « Jim Crow ») entrent en vigueur en 1877 et ne seront abolies qu’en 1964 par le président Lyndon B.Johnson par le Civil Rights Act. L’engagement des artistes africains-américains –appellation en vigueur depuis la fin des années 80 pour désigner les Noirs américains-pour l’égalité des droits avec les blancs et faire disparaître cette « ligne de couleur » va perdurer jusqu’à nos jours. Sur les cimaises du Musée du Quai Branly, l’amateur de jazz  retrouvera aussi bien une sélection de partitions des chansons célèbres du début du XXème siècle illustrant le répertoire des minstrels, ces blancs qui singeaient les noirs (un prêt du collectionneur émérite Philippe Baudoin) que des pochettes de disques de Free Jazz et en bande-son une interprétation de Louis Armstrong des années 20 et Strange Fruit de Billie Holiday, intégré dans une section-choc sur les lynchages. Mais il aura tout loisir d’élargir son regard. Visiter cette exposition, c’est à la fois se plonger au cœur de la lutte des Noirs américains et découvrir toutes les formes qu’elle prenait, sur les scènes de spectacle, les stades et autres rings aussi bien que par les écrits, les chansons, les peintures, les photographies. Des milliers de documents témoignent de la formidable créativité de ces contestataires de l’ordre blanc. Autant dire qu’une seule visite (1) ne suffit pas à épuiser toutes les ressources de The Color Line. Et encore, Daniel Soutif reconnaît que son exposition « est de ce point de vue un peu comme un iceberg. Il en faudra bien d’autres, tant thématiques que monographiques, pour enfin réellement faire connaître la richesse de la production artistique africaine-américaine ».
Une visite également conseillée aux trois ministres qui invitaient à l’inauguration de l’exposition et avaient brillé ce jour-là par leur absence.
 Jean-Louis Lemarchand
Frémeaux & Associés propose à cette occasion le coffret officiel de l’exposition, une anthologie sous présentée avec plus de 150 titres présentés dans 3 CD portant sur la période 1916-1962, et réalisée par Bruno Blum.
 


    www.quaibranly.fr

 

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1 juillet 2015 3 01 /07 /juillet /2015 06:57
Eddy Louiss, musicien muticolore

Par Jean-Louis Lemarchand

Il avait intitulé l’un de ses groupes les plus ambitieux et pas seulement par son gigantisme-50 interprètes, professionnels et amateurs- Multicolor Feeling. Une définition en forme d’auto-portrait. Décédé à Poitiers le 30 juin à 74 ans, Eddy Louiss était bien un musicien polymorphe, sans œillères, qui se sentait aussi à l’aise dans le be-bop que dans les airs des Caraïbes de sa famille –son père, Pierre Louise, trompettiste, était originaire de Martinique- ou les mélodies africaines.

Cet éclectisme, Eddy Louiss l’a aussi manifesté tout au long d’une carrière débutée à l’adolescence en partageant son activité entre le jazz, sa véritable culture, et la chanson qu’il servit treize ans, à son instrument de prédilection, l’orgue, dans la formation de Claude Nougaro (rappelons le nom de quelques-uns des jazzmen employés par le « petit taureau toulousain », Lubat, Romano, Vander, Gaudry, Portal, Galliano….) . C’est d’ailleurs en chantant que le jeune Eddy fit ses grands débuts discographiques dans le groupe vocal Les Double Six en 1959-60 où il prend les solos de saxophone ténor de Bob Cooper (Sweets) et Bill Holman (Fascinating Rhythm).

Formidable d’énergie et de lyrisme, Eddy Louiss avait séduit Stan Getz qui l’engage au début des années 70 avec Bernard Lubat (batterie) et René Thomas (guitare). Ce sont ces mêmes qualités qui incitèrent le producteur Francis Dreyfus deux décennies plus tard à l’enregistrer en duo avec Michel Petrucciani (Conférence de Presse 1 et 2. 1994, 1995), qui s’avère un gros succès commercial. Il n’était pas moins brillant au sein du trio HLP formé en 1966 avec Jean-Luc Ponty (violon) et Daniel Humair (batterie) reconstitué en 2012 au Théâtre du Chatelet pour un des derniers concerts parisiens de l’organiste. Affaibli par une maladie qui l’avait privé de l’usage de ses jambes, Eddy Louiss avait du en effet réduire sérieusement son activité

Restera de ce musicien gargantuesque une discographie pleine de fougue et de lyrisme et le souvenir d’un artiste engagé qui participait ainsi à la Fête de l’Humanité en 1985 à un concert de soutien à Nelson Mandela aux côtés d’autres éminents témoins de la liberté d’expression musicale, Bernard Lubat et Max Roach.

.

Discographie sélective : Les Double Six (1961), So What (1967), Dynasty (1971), Multicolor Feeling Fanfare (1988-89), Conférence de Presse (1994-95), Louissiana (1995), O Toulouse (2004), Taurorque (2010).

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30 juin 2015 2 30 /06 /juin /2015 21:20
Eddy Louiss au paradis de Jimmy Smith

L'organiste de jazz Eddy Louiss, vient de rejoindre le royaume de Jimmy Smith à l'âge de 74 ans.

Le royaume de Jimmy Smith mais aussi de tous les allumés du jazz qui dansent au desus de nos têtes.


Né à Paris le 2 mai 1941, ce musicien touche-à-tout, loin de se limiter à l'orgue, avait débuté sa carrière dans les années 1950 dans l'orchestre de son père, le trompettiste Pierre Louiss (qui avait changé la dernière lettre de son nom de famille qui était à l'origine Louise). Il fit partie des Double Six, légendaire groupe vocal du début des années 1960.
"Je suis arrivé à l'orgue tout à fait par hasard, au moment où sortait Jimmy Smith", qui donna à l'instrument ses lettres de noblesse en jazz, confiait en 2010 Eddy Louiss.


Il diffusa dans les années 1960 les chaudes mélodies de son orgue Hammond aux côtés de jazzmen prestigieux (Stan Getz, Kenny Clarke, Jean-Luc Ponty...), fut le musicien attitré de Claude Nougaro pendant 13 ans (entre 1964 et 1977), enregistra à la Nouvelle-Orléans un disque funk new-orleans avec des musiciens locaux.
Il avait fait le choix, "pas forcément facile", de s'éloigner de Claude Nougaro pour faire entendre sa propre musique, a expliqué son fils.

Eddy Louiss qui travaillait dit-on avec un orgue "augmenté" d'au moins une octave etait considéré par ses pairs comme l'un des plus grands organistes. On a tous en tête ce fameux Multicolor Feeling fanfare qui avait endiablé nos jours à la fin des années 80.

Le musicien, amputé de la jambe gauche il y a une dizaine d'années à la suite de complications artérielles, se tenait un peu en retrait de la scène depuis quelques années.

On l'a vu il n'y a pas si longtemps revenir sur le devant de la scène et éblouir pour un concert étourdissant le public du Parc Floral en 2011.

Eddy Louiss avait encore des projets musicaux, notamment avec le musicien Michel Portal.

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