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31 octobre 2016 1 31 /10 /octobre /2016 11:02

@jean-louis LemarchandPassé à la postérité de son vivant, recordman des ventes (25 millions pour 70 albums), compositeur prolixe (300 œuvres), Georges Jouvin, alias « la trompette d’or », disparu le 24 octobre dernier à 93 ans,  restera comme  le  roi de la musique populaire des années 50-70, celle qui se jouait dans les bals, s’écoutait  dans les transistors et s’exportait jusqu’en Amérique latine.  Interprète formé à la très classique école des Conservatoires (Rennes, Paris) avec moult premiers prix (harmonie, solfège, trompette) et premiers concerts dans la « grande » musique, Georges Jouvin  a fait quelques incursions dans l’univers du jazz. L’histoire retiendra un enregistrement avec Charlie Parker en novembre 1950. « Bird », alors en tournée en Europe, enregistre au Studio du  Poste Parisien pour une émission de la RTF (l’ancêtre de Radio France) avec le grand orchestre de Maurice Moufflard, lui-même trompettiste.  Dans la section des trompettes, le jeune Jouvin (27 ans) côtoie Roger Guérin,  Pierre Fassin et Yves Aloutte. Il ne reste qu’un morceau de cet enregistrement, Lady Bird, composition de Tadd Dameron.  Les exégètes de Parker (Alain Tercinet, Parker’s Mood, ed.Parenthèses) relèvent que le saxophoniste n’a laissé qu’une autre version de ce titre (enregistrée en 1951 à Framingham). Quant à Georges Jouvin, il va employer dans son grand orchestre de nombreux jazzmen dont le saxophoniste Jean-Claude Fohrenbach  qui, se souvient le producteur Claude Carrière, jouait, debout, d’un orgue électronique de fac ture italienne, le Farfisa. Et vice-président de la Sacem à trois reprises, il ne manquait pas de manifester son amour pour le jazz en assistant à des concerts ou en retrouvant ses amis musiciens, comme lors de la remise de la légion d’honneur (photo ci-contre), en 2010, à René Urtreger.
Jean-Louis Lemarchand
   

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6 octobre 2016 4 06 /10 /octobre /2016 20:55

---- NEIL COWLEY TRIO « Spacebound Apes » , www.neilcowleytrio.com

Tops et flops de septembre : Part 2,  Les flops

Un album concept, enrobé d'un copieux discours d'escorte, sous forme d'une nouvelle illustrée sur le site http://lincolnsdiary.tumblr.com/ . Effet béquille assuré, pour une musique souvent assez dépouillée, mais dont le minimalisme peine à engendrer l'intensité émotionnelle : la joliesse n'induit pas nécessairement l'émoi.

Xavier Prevost

Il l'annonce c'est un album concept. Encore faut il que concept il y ait. Le pianiste veut raconter une histoire mais se trouve mal inspiré , se répète entre le rivage d'une pop martelée et d'un jazz tire larmes. Mais l'émotion prend trop peu et il ne reste pas grand chose au final.

Jean-Marc Gelin

AVICHAI ORNOY « Sneakin' in » , Jazz Family / Socadisc

Tops et flops de septembre : Part 2,  Les flops

On nous annonce un flûtiste virtuose (Orchestre philharmonique d'Israël), rompu aussi au klezmer, qui publie son premier opus jazzistique. Mais le résultat est très convenu, malgré un blues dévoyé sur les traces de Sing Me Softly Of The Blues de Carla Bley. Une découverte qui se transforme en déception.

Xavier Prevost

---- Nils Petter Molvaer , Buyoancy (Okek-Sony)

Tops et flops de septembre : Part 2,  Les flops

Circulez y a rien à voir. Pour ceux qui aiment le jeu épuré du trompettiste norvégien et la zénitude boréale, rien de nouveau. NPM à déjà fait le disque et se répète à l'infini d'un désert nordique.

Jean-Marc Gelin

---- 3 minutes pour comprendre, les 50 concepts, styles et musiciens du jazz. Dave Gelly.

Le Courrier du Livre. 160 pages. (titre original 30 seconds Jazz. The Ivy Press Ltd).


« Ce livre offre une histoire du jazz », annonce en introduction Dave Gelly, collaborateur du respecté magazine britannique Observer depuis 1974. Nous voilà alléchés. Pas pour longtemps. Raccourcis, approximations et simplifications sont légion. On retiendra un beau choix d’illustrations.
Jean-Louis Lemarchand

Tops et flops de septembre : Part 2,  Les flops

« Ce livre offre une histoire du jazz », annonce en introduction Dave Gelly, collaborateur du respecté magazine britannique Observer depuis 1974. Nous voilà alléchés. Pas pour longtemps. Raccourcis, approximations et simplifications sont légion. On retiendra un beau choix d’illustrations.
Jean-Louis Lemarchand

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24 septembre 2016 6 24 /09 /septembre /2016 19:19
Jazz sur Seine, 150 concerts du 7 au 22 Octobre

Jazz sur Seine, 150 concerts du 7 au 22 Octobre
Cinquième édition du festival francilien, Jazz sur Seine propose cette année pas moins de 150 concerts dans les clubs et lieux de musique vivante au cours de la deuxième quinzaine d’octobre (7-22 octobre).
Le choix sera spécialement cornélien pour les amateurs éclairés, tous les styles étant présents, du New Orleans au blues en passant par toutes les tendances du jazz contemporain. Pour les néophytes, c’est l’occasion rêvée de découvrir le jazz, dans une proximité idéale, à des tarifs soignés : un pass à 40 euros pour trois concerts.
Une soirée est à inscrire sur les agendas, le 11 octobre avec 18 showcases (concerts petit format et grande intensité) dans six lieux des Halles en accès libre : en tête d’affiche, Grégory Privat, Samy Thiébault, Pierrick Pedron, Manu Codjia, Céline Bonacina, Magic Malik…
A l’origine de cette initiative, l’association Paris Jazz Club (www.parisjazzclub.net), qui réunit plus de 120 structures de diffusion en Ile de France et fête ses dix ans d’existence, mène une action de diffusion qui prend aussi la forme d’ateliers de sensibilisation dans les établissements scolaires (3 cette année, Clichy-sous-Bois, Les Mureaux, Paris 19ème) et promeut le jazz « made in Paris » aux Etats-Unis avec le festival French Quarter-Jazz in NYC en janvier.
Jean-Louis Lemarchand

Tout le programme sur www.jazzsurseine.fr
Notre sélection très personnelle : André Minvielle (7 et 11 octobre), John Surman (8), Edouard Ferlet (9),Awake (10), Lucy Dixon (12), David Krakauer (13), Marquis Hill (14 et 15), Moutin Factory (15), Steve Potts (16), Gregoire Maret (17-18), Dany Doriz (20), Enrico Pieranunzi (21-22), Ramona Horvath (22).

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12 septembre 2016 1 12 /09 /septembre /2016 21:24
MUSIC' SPIRIT, une exposition photo de Justine Darmon à ne pas manquer

Découverte dans le milieu de la photographie, d'un tout nouveau talent chez cette photographe passionnée d'argentique, Justine Darmon.

Capteuse de lumière et de mouvement, Justine Darmon parvient à créer une dimension quasi onirique grâce à ses clichés en noir et blanc toujours juste et comme essentiels.

Capteuse d'instants magiques.

A découvrir absolument

GALERIE ROUAN

à partir du 12 Octobre

3 rue Perrée (face au Carreau du Temple)

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26 juillet 2016 2 26 /07 /juillet /2016 22:31
@francoise Clergeat
@francoise Clergeat

Disparition d'André Clergeat, défenseur du jazz
Il sera un des grands absents -avec festival de Marciac qui s'ouvre cette semaine et qu'il manquait rarement. André Clergeat, acteur de la jazzosphère depuis la fin des années 40, s'est éteint le 23 juillet en région parisienne a l'âge de 89 ans. Il restera comme un ardent défenseur du jazz sous toutes ses formes. Licencié en anglais, un des fondateurs du Hot club universitaire de Paris en 1948, il sera aussi en 1954 à l'origine de la création de l'Académie du Jazz avec quelques professionnels et amateurs éclairés dont André Francis, aujourd'hui encore membre très actif du bureau de ce collège. Homme de radio, producteur d'émissions à la radio publique (0rtf puis radio France), il fut également un homme de plume prolixe: auteur de nombreux ouvrages dont La Sineclopedie du jazz avec Siné (décédé voici peu) ou Jazz les incontournables avec Philippe Carles, il dirigeait avec le rédacteur en chef historique de Jazz Magazine et Jean-Louis Comolli le dictionnaire du jazz, sorti en 1988 et dont la dernière édition date de 2011( Bouquins/Robert Laffont). Rédacteur de chef de Jazz Hot de 1953 à 1957, il a joué un rôle déterminant dans l'édition phonographique dans les années 50 en tant que directeur artistique de Vogue où il contribua à promouvoir le jazz -sortirent alors les premiers albums en solo de Martial Solal et Thelonious Monk-et accessoirement (il fallait bien assurer les fins de mois de la compagnie) à produire de la variété (on lui doit ainsi une traduction française du tube brésilien O grande amor). Mais son grand amour sera toujours le jazz comme il le manifestait en participant aux cérémonies de l'Academie du Jazz dont le concert marquant les 60 ans d'icelle en février dernier au Châtelet.
Jean-Louis Lemarchand

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21 mai 2016 6 21 /05 /mai /2016 08:28
Jazz à Saint Germain, ça commence aujourd'hui !!!

« Paris est une fête » disait Hemingway , le plus germanopratin des écrivains américains.


S’il vivait encore, il serait certainement l’un des piliers les plus fidèles de ce beau festival de Jazz à Saint Germain des Près que depuis 16 ans Frederic Charbaut et Donatienne Hantin nous concoctent avec amour.
Et du jazz sous toutes ses formes, du jazz à vous réveiller les écoutilles, à vous faire trémousser les gambettes, à vous faire rentrer tôt ou tard (c’est selon) avec le même sourire content, vous allez en avoir durant une 10 aine de jours.

« Paris est une fête » disait Hemingway , le plus germanopratin des écrivains américains.

Côté concerts, excusez du peu : la transe du pianiste suisse Nick Bärtsch ( rare en France), Yaron Herman avec Michel Portal ( and friends….?), Stéphane Belmondo autour de son album Love for Chet, le pianiste Pierre Sibille, Sarah Lanka ou Lucy Dixon ( pour la journée Jazz au féminin), les grandissimes Golden Gate Quartet pour un concert très gospel à l’église St Sulpice, Ray Lema qui, avec un groupe de folie va mettre un feu que China Moses, la fille de Dee Dee Bridgewater va certainement attiser jusqu’à l’embrasement.
Franchement si après ça il vous reste un soir de libre !

Mais attendez partez pas tout de suite, on ne vous a pas tout dit.
Les jeunes comme tous les ans viennent jouer dans le cadre du tremplin au Sunside. Finale le dimanche 22. Gratos en plus ! Et croyez en un membre du jury : ça joue grave !
D’ailleurs nul doute qu’on retrouvera ces musiciens déjà talentueux au Lucernaire pour la jam session.

Cette année on va faire aussi dans la palabre avec de belles séances de bavardages autour de plusieurs thèmes animés par Ray Lema, par la journaliste Fara C ( la place des femmes dans le jazz…. ), Yaron Herman ( qui parle si bien de sa, de LA musique) ou encore Laurent Mignard qui délaissera la Maison du Duke pour venir parler de l’évènement littéraire de cette année, la traduction en français de « Music is My Mistress", l’autobiographie de Duke Ellington.


Jazz à Saint Germain c’est aussi une certaine conception de la place de la musique dans nos vies citoyennes et solidaires. Le jazz s’invitera à l’école St Benoit pour les petits marmots de maternels ( trop de chance) mais aussi comme chaque année pour amener la musique là où elle n’est pas, dans les prisons.

Les groupes de chanteurs amateurs ( attention, y a du très bon et j’en connais même des qui !) chanteront au Centre André Malraux.

Expérience inédite qu’il me tarde de tester : jazz et méditation avec Frédéric Charbaut : programming et Elisabeth Petit-Lizop : therapist specialized in Mindfulness Based Stress Réduction. Un truc à vous ouvrir les chakras.

Et puis, comme Paris est une fête, que soleil soit clément, qu’il pleuve ou qu’il vente nous irons tous guincher au traditionnel Grand bal Swing, samedi 28 au Centre Culturel Irlandais.

Alors, elle est pas belle la saison des festivals ?

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2 mai 2016 1 02 /05 /mai /2016 21:30
Le jazz selon les Obama (Barack et Michelle)

Les Obama « adorent » le jazz. C’est Michelle qui l’a dit le 30 avril en accueillant un plateau de rêve à la Maison Blanche pour la Journée internationale du jazz : Dee Dee Bridgewater, Aretha Franklin, Herbie Hancock, Terence Blanchard, Chick Corea, Esperanza Spalding, Wayne Shorter, Al Jarreau, Diana Krall, Pat Metheny, Bobby Watson.
"Ce soir nous transformons ce lieu en Blues House", a lancé le président américain en reprenant les propos de Dizzy Gillespie qui candidat à la présidence en 1964 avait déclaré : « Ma première décision en tant que Président sera de nommer la White House, Blues House ».
"Le jazz est peut-être la réflexion la plus honnête de ce que nous sommes comme nation. Parce que après tout, y-a-t-il eu jamais une plus grande improvisation que l’Amérique elle-même ?. » a souligné Barack Obama. Né à Honolulu, le président des Etats-Unis a évoqué son premier concert-donné par Dave Brubeck en 1971, auquel son père l’avait emmené, (« J’avais dix ans. J’étais scotché »).
Sur la même longueur d’ondes, Michelle Obama », née dans les quartiers sud de Chicago a rappelé qu’elle avait « grandi dans une famille de jazz ». "Chaque matin, mon grand-père démarrait la journée avec du jazz. Mon père était fou de jazz-à Noël on écoutait Miles Davis pour ouvrir les cadeaux et Charlie Parker pour célébrer un anniversaire. Et je me suis marié avec un homme qui adore aussi le jazz".
On peut consulter l’intégralité des déclarations de Barack et Michelle Obama sur le site officiel de la Maison Blanche. www.whitehouse.gov; Le concert a été diffusé le 30 avril sur la chaîne ABC.
Jean-Louis Lemarchand

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17 avril 2016 7 17 /04 /avril /2016 15:34
Mingus Big Band en son jardin à Manhattan

La tradition a du bon. Le lundi à New-York, les amateurs de jazz peuvent depuis 1966 retrouver au Village Vanguard, l’orchestre maison, aujourd’hui le Vanguard Jazz Orchestra, qui a succédé en 1990 au Mel Lewis-Thad Jones orchestra (Resonance vient de publier un double cd d’inédits de 1966, All my yesterdays) et célébré son demi-siècle exactement le 8 février dernier. Un peu plus haut dans Manhattan, et un peu plus récent, le Mingus Big Band se produit aussi ce premier jour de la semaine avec une régularité de métronome sur la scène, en sous-sol, au Jazz Standard depuis 2008, après avoir fait, chaque jeudi, les belles soirées du Fez (aujourd’hui fermé) dès 1979, année du décès de Charles Mingus.
Sue Graham Mingus, la veuve du contrebassiste-compositeur, veille sur les prestations des formations portant son nom (Mingus Dynasty, Charles Mingus Orchestra, Mingus Big Band) maintenant la flamme de son bouillonnant époux, dès les premiers jours suivant son décès début 1979. Ce 11 avril, la gardienne du temple, est présente. Elle n’a guère changé depuis que nous l’avions rencontrée à Paris voici plus de dix ans pour la présentation de son livre, témoignage passionné (« Tonight at noon, a love story », Pantheon Books.2002 ; « Pour l’amour de Mingus ». Ed du Layeur.2013). Quand elle discute avec les musiciens de son orchestre et nous présente après le concert le trompettiste russe, Alex Sipiagin, on sent bien que c’est la boss.
Sur la scène, on a retrouvé la fougue de Mingus dans le morceau introductif, un des classiques de son répertoire, Boogie Stop Shuffle. Dirigée par le saxophoniste Alex Foster, le Mingus Big Band propose ce soir-là au concert de 19 h 30 (un deuxième a lieu à 21 h 30) un répertoire d’œuvres signées du bassiste ou composées en son honneur notamment par Joni Mitchell (album intitulé simplement Mingus publié en 1979). La voix est souvent à l’honneur avec le tromboniste Ku-Umba Frank Lacy, pilier du big band, qui a consacré l’an passé un disque en hommage à Mingus (Mingus sings. Sunnyside). C’est le cœur battant de la grande formation dirigée par le saxophoniste Alex Foster. Tandis que le contrebassiste (Ben Wolfe) fait le métier –mais qui pourrait aujourd’hui arriver même à l’épaule de Charles Mingus- se distinguent particulièrement Abraham Burton (saxophone ténor), Alex Sipiagin (trompette) et Jason Marshall (saxophone baryton).
Le personnel de la formation évolue naturellement au fil du temps mais Lacy et Burton figurent dans l’album qui recueillit un Grammy Award en 2011 dans la catégorie des grandes formations, Mingus Big Band Live at Jazz Standard (Jazz Workshop). Et vous pouvez faire confiance à Sue Mingus pour s’assurer que la musique proposée est fidèle à l’esprit de son créatif époux. Le public ne s’y est pas trompé ce lundi 11 avril en réservant un accueil respectueux –nous sommes dans un club-restaurant chic du Midtown-au Mingus Big Band.
Jean-Louis Lemarchand

Jazz Standard. 116 E 27 th Street, NY, Ny.11 avril. Mingus Big Band : Greg Gisbert,Tatum Greenblatt Alex Sipiagin (trompette), Alex Foster, Abraham Burton, Alex Terrier, Brandon Wright, Jason Marshall ( saxophone), Frank Lacy, Coleman Hughes, Dave Taylor (trombone), Donald Edwards (batterie), Ben Wolfe (basse), Theo Hill (piano).

@Fran Kaufman

@Fran Kaufman

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14 mars 2016 1 14 /03 /mars /2016 20:56
Patrice Caratini souffle 50 bougies sur scène

Carte Blanche à Patrice Caratini le 21 mars à 20 h au Théâtre du Châtelet (75001)

Quatre générations sur scène ! Patrice Caratini ne cache pas sa joie à la veille de fêter un demi-siècle de vie artistique au service du jazz. Aux côtés du contrebassiste, chef d’orchestre, compositeur, arrangeur, les spectateurs du Châtelet retrouveront Martial Solal et Marcel Azzola (tous deux nés en 1927) et des jeunes à peine trentenaires qui forment son dernier sextet.

En moins de trois heures, Patrice Caratini proposera une certaine synthèse de son parcours : en première partie son big band, le Caratini Jazz Ensemble, formation d’une extraordinaire stabilité depuis vingt ans (« une histoire de famille »), et après l’entracte, différents formats révélateurs de son éclectisme avec notamment du côté des voix, Hildegarde Wanzlawe (interprète de Cole Porter, Jean Nohain, Tom Jobim, vous voyez l’ouverture du registre) et Maxime Le Forestier, pour lequel Caratini avait composé en 1976.

Il ne s’agira évidemment que d’une petite sélection de la vingtaine de programmes que Patrice Caratini a mitonnés ces deux dernières décennies et donnés au cours de 500 concerts. Chef d’une grande formation, cela signifie non seulement écrire mais aussi faire vivre le groupe au sens économique du terme : « il faut aller au charbon », résume en souriant le contrebassiste. Et de récapituler son emploi du temps: un quart pour l’écriture, un autre quart pour l’interprétation (répétitions et concerts) et une bonne moitié pour la recherche de partenariats. Après ce feu d’artifice du Châtelet, Mr P.C prévoit de mettre en veilleuse son activité de patron de PME jazzistique pour se consacrer à sa vie d’artiste : « c’est un retour à ma vie de saltimbanque ». Mais en laissant toujours la porte ouverte à de grandes fêtes sur scène : « 80 % de ce que j’ai écrit peut être monté du jour au lendemain ». Avis aux programmateurs de festivals et autres scènes nationales !

Jean-Louis Lemarchand

Patrice Caratini souffle 50 bougies sur scène
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9 février 2016 2 09 /02 /février /2016 20:22

Le pianiste Paul Lay a obtenu - par une large majorité (devant Cécile Mac Lorin Salvant et Andy Emler)- le prix Django Reinhardt décerné par l’Académie du Jazz au musicien français de l’année. Le trophée lui a été remis le 8 février au cours d’un grand concert organisé au Théâtre du Châtelet par la vénérable (et exigeante) institution qui célébrait ses 60 ans.

Prix Django Reinhardt en 2008 (récompense alors partagée avec Méderic Collignon), la saxophoniste alto Géraldine Laurent a reçu des mains du président de l’Académie François Lacharme le prix du disque français 2015 pour At Work (Gazebo-l’autre distribution).

Paul Lay, qui a offert un solo lumineux au large public (1600 spectateurs) du Châtelet, peut être entendu sur deux récents disques qui ont eu l’honneur de la critique des DNJ, At Work et Life on Mars (Moods-L’autre distribution) d’Eric Le Lann. Il avait déjà conquis les amateurs les plus éclairés avec Mikado, album publié en 2014 sous son nom pour le label Laborie.

La soirée de gala de l’Académie du Jazz aura permis de découvrir un octette (1)constitué uniquement de Prix Django Reinhardt- de René Urtreger (lauréat en 1961) à Airelle Besson, primée en 2014) qui a régalé le public avec un répertoire de standards des années 50-60 dont Django et un Milestones pris sur un tempo d’enfer.

En seconde partie, toute dédiée à Duke Ellington par le Duke Orchestra de Laurent Mignard, mention spéciale à John Surman (lauréat du prix du musicien européen de l’Académie 2015) pour son interprétation de Passion Flower et succès pour la gouailleuse version scattée de Take the A Train par Sanseverino. Prix Django Reinhardt 1966, Jean-Luc Ponty a confirmé avec deux titres qu’il fallait toujours compter sur lui parmi les légendes du violon.

Jean-Louis Lemarchand

  1. :René Urtreger, piano, Henri Texier, basse, Simon Goubert, batterie, Géraldine Laurent et Pierrick Pedron, saxophone alto, Stéphane Guillaume, saxophones ténor et soprano, Eric Le Lann et Airelle Besson, trompette.
@jean-louis Lemarchand
@jean-louis Lemarchand

PALMARÈS 2015

Prix Django Reinhardt (musicien français de l’année) :

PAUL LAY

Finalistes : Cécile McLorin Salvant, Andy Emler

Grand Prix de l’Académie du Jazz (meilleur disque de l’année) :

FRED HERSCH « SOLO » (Palmetto)

Finalistes : Stanley Cowell « Juneteenth » (Vision Fugitive/Harmonia Mundi), John Scofield « Past Present » (Impulse !/Universal), Ryan Truesdell/Gil Evans Project « Lines of Color » (ArtistShare)

Prix du Disque Français (meilleur disque enregistré par un musicien français) :

GÉRALDINE LAURENT « AT WORK » (Gazebo/L’Autre Distribution)

Finalistes : Eric Le Lann « Life on Mars » (Moods Recordings/L’Autre Distribution), André Villéger/Philippe Milanta « For Duke and Paul » (Camille Productions/Socadisc)

Prix du Musicien Européen (récompensé pour son œuvre ou son actualité récente) :

JOHN SURMAN

Finalistes : Samuel Blaser, Evan Parker

Prix de la Meilleure Réédition ou du Meilleur Inédit :

ERROLL GARNER « THE COMPLETE CONCERT BY THE SEA » (Columbia Legacy/Sony Music)

Finalistes : Daniel Richard pour son travail sur le coffret de Joe Castro « Lush Life » (Sunnyside/Naïve), Fred Thomas pour l’ensemble de ses rééditions sur son label Sam Records.

Prix du Jazz Classique :

ANDRÉ VILLÉGER/PHILIPPE MILANTA « FOR DUKE AND PAUL » (Camille Productions/Socadisc)

Finalistes : François Biensan Octet « Jazzin’Brassens » (Autoproduction), Michel Pastre Quintet « Memories of You » (Autoproduction)

Prix du Jazz Vocal :

CÉCILE McLORIN SALVANT « FOR ONE TO LOVE » (Mack Avenue/Harmonia Mundi)

Finalistes : Linx - Fresu - Wissels / Heartland « The Whistleblowers » (Bonsaï/Tŭk Music/Harmonia Mundi), Virginie Teychené « Encore » (Jazz Village/Harmonia Mundi)

Prix Soul :

TAD ROBINSON « DAY INTO NIGHT » (Severn/www.severnrecords.com)

Finalistes : Bettye LaVette « Worthy » (Cherry Red/www.cherryred.com), Mighty Sam McClain & Knut Reiersrud « Tears of the World » (ACT/Harmonia Mundi)

Prix Blues :

HARRISON KENNEDY « THIS IS FROM HERE » (Dixiefrog/Harmonia Mundi)

Finalistes : Shemekia Copeland « Outskirts of Love » (Alligator/Socadisc), Jackie Payne « I Saw the Blues » (Blue Dot/www.bluedotblues.com)

Prix du Livre de Jazz :

JULIA BLACKBURN « LADY IN SATIN » (Rivage Rouge/Payot)

Finalistes : Aldo Romano « Ne joue pas fort, joue loin » (Éditions des Équateurs), Richard Havers « Verve, le son de l’Amérique » (Éditions Textuel)

@jean-louis Lemarchand

@jean-louis Lemarchand

Paul Lay et Géraldine Laurent couronnés par l’Académie du Jazz
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