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10 octobre 2015 6 10 /10 /octobre /2015 17:02
Piano LUBAT Solo : « Improvisions »

www.cie-lubat.org

www.cristalrecords.com

Enregistré au théâtre amusicien L’Estaminet à Uzeste (printemps 2014 et 2015)

Une pochette qui claque comme un étendard, l’étendard de l’éternelle révolte du musicien Lubat, transformé en piano arbre, par le graphisme fort de Martine Bois que soulignent les couleurs vives de Martin Lartigue. Car il est encore et toujours question d’un jazz « vif », de l’instant, qui se fait là, sous les doigts du pianiste. Six improvisations, préférons dire la chose simplement, sans paroles. Les mots qu’aime tellement manier Bernard Lubat, on les retrouve dans le « discours » des lignes de pochette entrelardées de citations d’artistes célèbres, critiques, philosophes, écrivains, musiciens. Ayant exercé sa pensée, Lubat peut alors jouer, déjouer ici d’un seul instrument, le piano, voulant réinventer la vie, prolongeant la citation de Stravinski « Nous avons le devoir d’inventer la musique ». Sa démarche commune à pas mal de ses amis est peut être celle d’un inventeur permanent, toujours en recherche d’autre chose.

Une musique en mouvement, qui coule fluide, souvent comme un torrent : attaque franche, jeu percussif, cascades de notes, accélérations, atonalité, tendresse aussi. Tout cela en moins de quarante minutes...On se laisse aller à écouter l’ensemble et on apprécie le jeu, l’inspiration, la musicalité de ses petites pièces, divers états d’un piano vivant et désirant. Bernard Lubat cite ses sources dans son texte (et aussi dans son jeu) : « Cécil, Martial, Ahmad, Ligetti, Bério, et puis Arvanitas, Vander, Louiss, Urtreger », d’où une étrange familiarité que l’on ressent dès la première écoute.
Il n’oublie rien et c’est bien. Peut être, en citant Barthes, nous montre t-il sa place : « Etre d’avant-garde c’est savoir ce qui est mort, être d’arrière garde, c’est l’aimer encore »...

Sophie Chambon

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