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15 novembre 2017 3 15 /11 /novembre /2017 10:13

EMBRACE

Roswell Rudd/Fay Victor/Lafayette Harris/Ken Filiano

Rare Noise Records

www.rarenoiserecords.com

https://www.rarenoiserecords.com/rudd-victor-harris-filiano

 

 

Avec ce premier disque en leader sur le label RareNoise records, le tromboniste compositeur Roswell Rudd (81ans quand même) montre une belle vitalité et s’attaque tout simplement dans cet Embrace justement nommé aux standards. Le musicien qui a marqué l’avant-garde avec Archie Shepp, Cecil Taylor, qui a joué avec Steve Lacy, s’est intéressé aux musiques traditionnelles mongoles ou latines, s’attaque aux fondamentaux et le fait magnifiquement. Réussite singulière par le choix du répertoire « Something to live for », «Goodbye Pork Pie Hat » ou « Pannonica », voilà de vraies retrouvailles  avec des mélodies qui sont livrées sans l’accompagnement de la batterie, ce qui de l’avis du leader permet d’entendre toute l’ampleur harmonique du chanteur. Prise de risque de ce quartet qui sait improviser autour de la voix et du chant du trombone, le piano et la contrebasse assurant un tapis moelleux. La rythmique fait le travail avec une discrétion élégante et l’on admire les interventions du contrebassiste Kenny Filiano à l’archet sur « Too Late Now ».

Roswell Rudd est assurément toujours en pleine possession de son art de tromboniste, adoucissant sa sonorité, se « baladant » fluidement au gré du scat de la chanteuse tout à fait étonnante, Fay Victor que l’on découvre ici même. C’est une musicienne complète qui a son propre orchestre. Etonnant comme elle sculpte les mots de ces standards, allant jusqu’au cri et gémissements, visiblement sans retenue, d’une voix vibrante. Son timbre n’est peut-être pas le plus marquant mais son interprétation est suffisamment originale, provocante même pour convaincre, toute en intensité et nuances. Prenante à coup sûr dans ses aspérités et imprévisibilités même.

On retiendra enfin une version habitée du blues culte « House of the Rising Sun »qui pourtant a eu « son » chanteur en la personne d’ Eric Burden des Animals.

Voilà donc une belle rencontre exigeante et sensible qui creuse un jazz classique de façon extravertie. Particulièrement réjouissant.

Sophie Chambon

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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