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29 octobre 2018 1 29 /10 /octobre /2018 20:55

Motema 2018

Personnel: Stefon Harris: vibraphone & marimba, James Francies: piano (1-8) & keyboards (1,3,7); Joshua Crumbly: bass (1-8); Terreon Gully: drums (1-8); Casey Benjamin: alto saxophone (1, 2, 4, 5), soprano saxophone (6, 7), vocoder (3, 8); Mike Moreno: guitar (1, 4, 5, 7, 8); Jean Baylor: vocals (3, 8); Regina Carter: violin (8); Joseph Doubleday: marimba (9); Daniel Frankhuizen: cello (8); Pedrito Martinez: percussion (1, 2, 4, 6); Felix Peikli: clarinet, bass clarinet (1, 2, 4-6, 8); Elena Pinderhughes: flute (4, 8).

 

Ce n'est pas un hasard si le vibraphoniste fait ce mois-ci la couverture et 4 pages intérieures du prestigieux magazine Down Beat à  l'occasion de la sortie de son nouvel album Sonic Creed !
Car car album qui vient de sortit est une pure merveille. Une oeuvre collective, prolixe et soulfull à  laquelle il se livre en explorant et surtout en réinventant des territoires qui lui sont chers, associant des couleurs  et des sons surprenants (l'usage bien senti du vocoder  p.ex).
Stefon Harris (tel Lionel Hampton jadis) est inspiré  et mène  son monde aux mailloches, grand orchestrateur et arrangeur d'une musique qui tutoie le sublime. Toujours au plus près de très belles mélodies, il transfigure  la version de Throw it away jadis transcendé par Abbey Lincoln puis par son  maître  Bobby Hutcherson, l'autre légende du vibraphone ( pour la petite histoire  lors de l'enregistrement Stefon Harris avait demandé  à ce que les lumières du studio soient éteinte  pour au final donner cette couleur crépusculaire  dont les musiciens se sont inspirés ). Son hommage aux grands noms du jazz débute d'ailleurs par un grand coup de jeune donné  à Dat Dere  (de Bobby Timmons) en hommage à Art Blakey.
C'est que le vibraphoniste (aussi éducateur  et pièce maîtresse du SF Jazz Collective) est transpercé par le sens de la musique qu'il porte plus haut que lui même.
Celui qui dirige la Manhattan school of  music où il jette des ponts avec Harlem, livre ici une oeuvre  très personnelle. Celui que l'on présente comme le digne successeur de Gary Burton et du regretté  Bobby Hutcherson, met dans sa musique, dans le son, dans le mix, plus que de la musique, de l'amour.
On a souvent dit que les vibraphonistes étaient avant tout des percussionistes. Ici Steffon Harris se fait mélodiste et démontre combien cet instrument est l'un des plus riche qui soit sur le plan harmonique avec ce son tournant que rares sont ceux qui le maîtrise.  Tout y est d'une infinie délicatesse, que ce soient les tapis angéliques de ses mailloche, les voix éthérées  et vaporeuses qui s'élèvent ou parfois le voile des cordes qui soulignent le trait. Son association avec les marimbas  de Joseph Doubleday sur Gone too soon (jadis chanté par Michael Jackson) est un moment admirable de tendresse cotoneuse  pour finir dans les nuages.
Album aussi inspiré qu'inspirant Sonic Creed poursuit de travail d'exploration de ces territoires du jazz avec âme et passion.
Jean-Marc GELIN

A lire : Down Beat nov  2018 ainsi que la chronique consacrée à  d'album de Cécile Mc Lorin Salvant

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