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24 novembre 2018 6 24 /11 /novembre /2018 08:21
LIKE A FIRE THAT CONSUMES ALL BEFORE IT    ERALDO BERNOCCHI

LIKE A FIRE THAT CONSUMES ALL BEFORE IT

ERALDO BERNOCCHI

 

Guitares, guitares traitées, electronics

RARE NOISE RECORDS

DISTRIBUTION FRANCE/DIFFER-ANT

www.rarenoiserecords.com

 

https://soundcloud.com/rarenoiserecords/sets/eraldo-bernocchi-like-a-fire-that-consumes-all-before-it/s-g8z59

 

C'est le privilège de suivre un label que de découvrir de temps à autre des "curiosités" comme cette B.O très suggestive, créée pour illustrer un film documentaire, CY DEAR, sur le peintre américain CY TWOMBLY dont figure sur la couverture une reproduction de "Fifty Days at Iliam "( Part V- The Fire that consumes all before it).

Ce grand artiste de l'abstraction lyrique qui a influencé nombre de jeunes peintres dont l'un des plus célèbres, JM Basquiat, est l'objet d'une exposition actuelle à la Fondation Vuitton, où l'on peut ressentir une filiation par l'usage de listes et de mots sur ses toiles... Car Twombly, exilé volontaire en Italie, use d'un vocabulaire tout en graffitis, inscriptions, souvent se référant à la mythologie,irruptions de couleurs mettant en scène une nature incontrôlable, pour structurer une peinture de la mémoire, le flux et reflux du temps, du transitoire.

Une abstraction météorologique, atmosphérique, voire stratosphérique, pourrait-on dire en entendant ces nappes de son tirées de guitares, couche après couche, avec des échos, délais et réverbérations qui entretiennent cet aspect ouaté de sensations perçues comme à travers un rêve. Le compositeur confirme qu'il a "commencé à chanter des harmonies qui entraînaient la pièce de plus en plus profondément dans les eaux de la mémoire, où tout commence à s'estomper et où seules les émotions flottent". D'où les titres des thèmes de cette longue suite "To make things float", "From a distance", "Swirling colours", " Near by distance". Comme des filaments qui s'effilochent d'une mémoire désagrégée.

Cette sensation d'engourdissement progressif peut renvoyer fugitivement aux accents saturés des guitares hallucinées de Neil YOUNG, dans la B.O de DEAD MAN, de Jim JARMUCH, bien que plus violents et fragmentés. C'est que dans la bande son de Bernocchi, nous ne sommes plus vraiment sur terre. On peut penser alors puisque seule l'oreille est sollicitée avec le CD à un autre film expérimental, l'ERASERHEAD de DAVID LYNCH.

Une musique très cinématographique, où l'on entendrait des voix irréelles,intercalées de dreams non moins étranges, reprenant le même trame. Un climat insolite, tout un arrière-pays dans une tonalité sourde plus aquatique  (peu d'évocation de ce feu qui consume tout qui renvoie au titre de la peinture de Cy TWOMBLY, évoquant l'ILIADE, l'enfer de la chute de Troie qui prit 50 jours. C'est en tous cas dans de drôles de voies, des espaces obliques que nous entraînent ces sons, nous devenons ce voyageur immobile, en partance pour un ailleurs indécis, le monde floconneux des perceptions. Hypnose, fantasmagorie, dimension poétique pour cette éternité en musique d'ccompagnement d'un cinéma virtuel qui se projette dans notre tête.

Ce serait une autre histoire si nous pouvions visionner en même temps le documentaire sur le peintre... Let's wait and see!

Sophie Chambon

 

 

 

 

 

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