
Paul Lay (piano), Isabel Sörling (voix), Simon Tailleu (contrebasse)
invités : Donald Kontomanou (batterie), Bastien Ballaz (trombone),
Quentin Ghomari (trompette), Benjamin Dousteyssier (saxophone baryton)
Tilly (Yvelines), sans date
Laborie Jazz LJ49 / Socadisc / distribution numérique Idol
Une nouvelle parution de ce trio : après le répertoire des chansons réalistes de l'Alcazar de Marseille («Alcazar Memories», paru en 2017 sous le même label), voici des chansons américaines de la transition du dix-neuvième au vingtième siècle, choisies pour une célébration en 2018 du premier concert jazz de l'orchestre de Jim Reese Europe à Nantes, le 12 février 1918 (En fait le 15th Regiment Band, ensuite appelé les Harlem Hellfighters, avait déjà joué sur le quai du port du Havre, le 1er janvier 1918, quelques jours après l'accostage du navire qui l'avait acheminé depuis l'Amérique).
Mais il ne s'agit pas ici de musique militaire : bien sûr il y a une mélodie américaine de la guerre de sécession, mais aussi l'inoxydable spiritual Deep River (magnifiquement renouvelé par la voix d'Isabel Sörling), un rag de Scott Joplin, Go to Hell (écrit par Morris Bailey Jr et immortalisé par Nina Simone : pas d'époque mais bien dans le contexte....), I'm Always Chasing Rainbows, qui depuis sa version d'origine en 1917 inclut un emprunt mélodique à la Fantaisie impromptue en do# mineur de Chopin). À quoi s'ajoutent des compositions de Paul Lay, pour le trio augmenté des invités, et aussi un Mister Morton en trio avec basse et batterie, et une sorte de lied composé par Paul Lay sur un poème écrit par le Capitaine Charles Hamilton Sorley, soldat britannique qui tomba peu après au combat lors de la troisième bataille d'Artois en 1915. Et pour conclure un gospel suivi d'un blues : bref une célébration de l'Amérique qui fait la part belle à sa composante afro-américaine, et de la première à la dernière note, de la TRÈS GRANDE MUSIQUE.
Xavier Prévost

