Henri Texier (contrebasse), Vincent Lê Quang (saxophones ténor et soprano), Sébastien Texier (saxophone alto et clarinettes), Manu Codjia (guitare) et Gautier Garrigue (batterie). Studio Gil Evans, Amiens, octobre 2019. Label Bleu/L’autre distribution, 2020.

Quelle chance de retrouver Henri Texier ! Nous ajoutons un item à sa liste de remerciements figurant en présentation de son dernier album. Le contrebassiste-compositeur reconnaît entre autres « la chance, après toutes années de n’avoir que peu de regrets ».
A 75 ans -depuis quelques jours- Henri Texier reste fidèle à une certaine conception de la musique et du jazz, faite d’engagement, de musicalité, d’humanité. Il est aisément reconnaissable dès ses premières phrases, la rondeur du son de sa contrebasse et l’esprit de groupe qui lui ont valu d’être qualifié parfois de « Mingus français ». Ici encore, il manifeste ce que son complice, le photographe Guy Le Querrec, auteur de la photo de couverture (un cheval solitaire saisi sur la lande de l’île bretonne de Batz) considère comme « une robuste délicatesse ».
Le périple musical proposé par Henri Texier donne à entendre de la fougue (Cinecitta, thème d’ouverture signé de son fils, Sébastien) et de l’émotion (beaucoup) notamment dans un hommage à Simone Veil et Robert Badinter, « Simone et Robert », ou ce « Standing Horse », (qui pourrait paraître un autoportrait), deux compositions personnelles. Une œuvre distillée sur une petite cinquantaine de minutes qui résume l’art consommé d’Henri Texier, cette capacité à émouvoir et à plaire sans flatter. Du bel ouvrage.
Jean-Louis Lemarchand.
En concert le 21 mars au Café de la Danse : 5 Passage Louis-Philippe, 75011 Paris (01 47 00 57 59). http://www.cafedeladanse.com/

