/image%2F1365231%2F20221014%2Fob_c65cbc_bo-van-dr-werf-j-dumoulin.png)
Bo Van Der Werf (saxophone baryton, électronique), Jozef Dumoulin (piano électrique, claviers, électronique)
Bruxelles, juin 2021
PeeWee! PW 1009 /Socadisc /https://peeweelabel.com/fr/albums/36
Une aventure musicale, assurément. Une rencontre singulière entre deux musiciens qui se sont souvent côtoyés dans une foule de groupes. Et ici le désir, assumé, de faire un saut dans l’inconnu. Ce qu’ils connaissent l’un de l’autre se trouve remis en jeu, dans ce projet presque insensé. En rejouant des musiques de l’un ou de l’autre, transfigurées par le contexte de ce duo bercé d’électronique ; en construisant un mystère qui va se fondre dans un chœur de moines tibétains ; en effleurant quelques mesure d’un trio à cordes ; ou en insérant dans un hommage à Martin Luther King une berceuse ukrainienne, les deux solistes nous entraînent dans l’inouï, et parfois nous ressentons que notre surprise à l’écoute n’a d’égale que la surprise qu’ils ont ressentie en inventant, dans la magie de l’instant, cet objet musical fascinant. Le traitement électronique du sax baryton, par un dispositif dont je n’indique pas la nom commercial (pas plus que je n’indique la marque du piano électrique….), dans son dialogue avec les sons traités des claviers, nous transporte dans un ailleurs qui nous dépayse (et nous enchante). Parfois on tourne (mais de très loin!) autour d’un standard. Dans le livret un beau texte de Nicole Caligaris, sans livrer les clés du mystère, nous ouvre des portes d’écoute et d’émois. Cette musique gardera sa part de d’indicible, et c’est cela qui la rend fascinante. Et pourtant elle peut nous toucher dans l’immédiateté de sa sonorité, de ses constructions labyrinthiques, de ces moments d’équilibres vertigineux qui se résolvent chaque fois dans un nouvel étonnement. Du Grand Art.
Xavier Prévost
.
Des avant-ouïr sur Youtube

