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15 mai 2023 1 15 /05 /mai /2023 10:11

BEN WENDEL : «  All alone »

Edition records 2023


Ben Wendel (ts, ss, bassoon, EFX, percus) + Cecile Mc Lorin Salvant (vc) +José James (vc) + Terence Blanchard (tp) + Steve et Beth Wood (percus) + Bill Frisell (g) + Elena Pinderhugues (fl)

 

Il s'agit ici de bien plus que d'un simple album du saxophoniste américain Ben Wendel. Il s'agit d'une œuvre. Voire d'un chef-d'oeuvre.
Avec son incroyable dimension compositionnelle et orchestrale.

Car pour cet album de confinement, le saxophoniste a imaginé, seul (All alone) avec des saxophones, son basson et ses logiciels, une masse orchestrale lui permettant de juxtaposer jusqu’à 30 pistes de saxophones lui servant de véritable orchestre à lui tout seul sur lequel il a pu inviter, pour chacun des morceaux un véritable all-stars d’invités.

Avec son côté self-made, il en est ressorti avec une oeuvre luxuriante et riche.Et même un peu glaçante par son côté orchestre sans orchestre.

 Mais il n’empêche. Tel un plasticien, Ben Wendel livre au final une œuvre assez monumentale.
L'ensemble est, on le répète écrit pour offrir une sorte d'écrin pour chacun des solistes comme sur ce Speak joy aux airs de conte fantastique sur lequel s'élève l'incroyable la flûtiste californienne Elena Pinderhugues que l'on a l'habitude d'entendre aux côtés de Christian Scott et que l'on entend ici dans un dialogue contrapuntique avec Ben Wendel.

Sur Throughout c'est une toute autre couleur qu'exprime la guitare de Bill Frisell et ses reverbs bleutées qui déploient pour l' « orchestre-Wendel » des tapis harmoniques sur lequel, dans un chassé-croisé s'entrelacent Bill Brisell et le saxophone de l’hôte. Et que dire de In anima avec Tigran Hamasyan aux allures de cantique crépusculaire ! Un des moments fort et puissant (choc au plexus) de l'album qui accède presque à l'art plastique.

A côté de ses compositions, deux standards chanté ou magnifié pourrait-on dire l'un par Cecil Mc Lorin Salvant (I love you Porgy) et l'autre par Jose James (Tenderly). Pourquoi ? Parce qu'il s'agissait d'un acte d'amour pour ses deux chanteurs qu'il voulait avoir sur l'album sans forcément qu'il y ait un lien avec le reste. Juste pour la beauté du geste.

 

On se laisse prendre par cet album majeur comme devant une installation artistique. Comme une sorte d’architecture éphémère qui n’existera vraisemlamement que sur son support.

Avec Ben Wendel, le jazz accède à une autre dimension de l’art.

Et c'est magique !

Jean-Marc Gelin

Écoutez Ben Wendel sur Open Jazz
"Ben Wendel, la cour des grands" sur https://www.radiofrance.fr/francemusique/podcasts/open-jazz/ben-wendel-la-cour-des-grands-5091815 via @radiofrance

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