Gigantonium 2023
Hélène Duret (clb,vc), Maëlle Desbrosses (vl, vc), Pierre tereygeol (g) + Emile Parisien(ss)
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Suzanne c’est un trio mais c’est tout d’abord un son. Et quel son ! Et si en plus il s’agit d’un trio augmenté avec l’apparition du saxophoniste Emile Parisien sur plusieurs titres, alors là on touche à une sorte de splendeur d’intensité.
La musique de Suzanne, écrite en grande partie (mais pas que) par le (génial) guitariste Pierre Tereygeol est loin d’être simple. Bien au contraire. Les structures sont complexes. Mais de ces structures qui refusent toute linéarité du discours s’échappe une narration poétique, intime, qui parle au cœur et aux sens. C’est un peu comme entrer dans un paysage dont on ne connaît rien et de se laisser émerveiller ou surprendre par tout ces chemins détournés.
On pourrait qualifier leur musique de musique de chambre mais ce serait trop simple. Il est vrai pourtant qu’ils jouent une musique de proximité. Comme s’ils chuchotaient une sorte de secret à des amis proches ( nous en l’occurrence).
Hélène (Duret), Pierre Tereygeol (g) et Maëlle Desbrosses (vl), parcourent les scènes de France et d’ailleurs depuis quelques années et cela s’entend tant leur entente tourne musicalement au symbiotique et tant le son des trois fusionne. Dans une sorte d’écoute mutuelle, ces trois là se croisent, enchevêtrent leur son, se retrouvent à l’unisson dans un mouvement perpétuel et tournant.
Et puis, il y a Emile Parisien, que bien sûr on ne présente plus et qui dans cette instrumentarium original allume un feu tellurique, comme l’éruption d’un volcan incandescent avec un lyrisme exceptionnel.
Pas de doutes on est sous le charme et totalement conquis par cet album de ce jeune groupe que jazz Migration avait déjà repéré comme un talent prometteur.
Avec eux, les frontières entre le classique, jazz et musique contemporain n’existent plus. Ou plutôt elles communiquent par les innombrables portes qui s’ouvrent sur des espaces fascinnts.
Choc et coup de cœur réunis.
Jean-Marc Gelin

