Naïve 2023
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Jim Tomlinson (ts, f, cl, g, perc, ky), Joshua Morrison (d), Graham Harvey, Anthony Pinciotti (d)
Art Hirahara (p), Stacey Kent (vc), Tom Hubbard (b)
Voilà un album qui dit comme le monde est beau quand il est simple. Car c’est un peu cela l’album de Stacey Kent : pourquoi faire compliqué lorsque l’on peut faire simple ? Du moment que l’on sente de la sincérité, pas besoin d’en faire des tonnes.
Voilà quelques temps que l’on attendait la chanteuse qui ne nous avait jamais vraiment convaincu dans ses précédentes productions. Et voilà que justement à l’aube de la soixantaine, Stacey Kent nous revient comme débarrassée de tout superflus, juste avec le bonheur simple de chanter. Et parce qu’elle semble s’être défait de tout artifice, elle nous touche beaucoup et nous émeut. Beaucoup.
A côté de son amour pour le jazz de son pays, la chanteuse affiche aussi celui pour la musique brésilienne (Corcovado) bien servie par son compagnon et saxophoniste Jim Tomlison plus « Stan Getzien » que jamais. Et puis il y a la France qui tient une place toute particulière dans son cœur et à laquelle elle rend un triple hommage (La Valse des Lilas, Sous les ponts de Paris ou encore Ne me quitte pas, qu’on s’attribue à la France par exagération mais bon même si c’est Belge c’est pas grave parce que c’est quand même en Français, et voilà et puis c’est tout).
Si Stacey Kent avait fait du cinéma on l’aurait bien vu dans un rôle à la Audrey Hepburn tant elle tient d’elle sa part de malice un peu enfantine. Et c’est avec cette candeur que la chanteuse ne s’aventure pas sur les terres des singer-writter mais reste dans celui de l’interprétation où elle ne copie rien ni personne mais reste fidèle à elle-même.
Totalement conquis par cet album de la chanteuse américaine qui ne bouleverse pas le genre, et c’est tant mieux. Sous le charme !
Jean-marc Gelin

