Stéphane Kerecki (contrebasse), avec Enzo Carniel (piano), Federico Casagrande(guitare), Fabrice Moreau (batterie), Thomas Savy (clarinette basse). Invités : Arielle Besson (trompette) et Emile Parisien (saxophone soprano).
Enregistrement Studio Woodoo Child, décembre 2024.
Self Two Music/Hello Outhere Distribution.
À paraitre le 14 novembre.
Concert prévu le 15 janvier 2026 au BAL BLOMET (75015).
/image%2F1365231%2F20251113%2Fob_ae2b3d_1-steker.jpg)
Un rappel historique s’impose. En 1969, le contrebassiste Charlie Haden (1937-2014) enregistre son premier disque en tant que leader : Liberation Music Orchestra. Suivront avec ce groupe vite devenu mythique, des albums (en 1982, 1985, 1990, 1999, 2005) réalisés avec des effectifs différents mais toujours dans le même esprit : proposer des chants militants inspirés des grands combats pour la liberté sur la planète (la guerre civile espagnole, le Vietnam, le Chili, Cuba, le mouvement des droits civiques aux Etats-Unis).
/image%2F1365231%2F20251113%2Fob_732c9d_2-chaden.jpg)
Haden, relèvent Philippe Carles et Jean-Louis Comolli (Free Jazz-Black Power. Editions Champ Libre) « est par là l’un des seuls musiciens blancs de free jazz soucieux de donner une signification politique directe à sa musique, subversion et réécriture critique des codes musicaux jazzistiques et occidentaux ». Dans cette démarche, Charlie Haden bénéficiait des arrangements de Carla Bley faisant coexister improvisation et écriture, mouvements d’ensemble et solos avec un regard vers les fanfares populaires.
Un bon demi-siècle après, Stéphane Kerecki juge opportun de célébrer l’œuvre de son confrère contrebassiste. La petite formation constituée à son initiative nous offre une ode à la liberté d’une grande beauté, incitant à la résistance vis-à-vis de tous les extrémismes. Porté par un contrebassiste au sommet de son art, le groupe passe en revue quelques-uns de ces thèmes engagés signés Charlie Haden (‘Song for Che’, ‘Spiritual’, ‘La Pasionaria’, ‘Sandino’, ‘Silence’) ou encore Ornette Coleman (‘War Orphans’, composition écrite lors de la guerre du Vietnam). On y retrouve également l’hymne des militants étatsuniens pour les droits civiques (‘We shall Overcome’) donné en introduction (en version courte) et en conclusion (près de six minutes). Une heure de musique engagée, libre, méditative qui fait de « Liberation Songs » un des albums majeurs de cette année 2025.
Jean-Louis Lemarchand.

