Plume généreuse, flamboyante du jazz, Francis Marmande nous a quittés le 25 décembre des suites d’un cancer à l’âge de 80 ans.
Bayonnais né le 10 janvier 1945, il a consacré son talent littéraire à ses passions –le jazz, la tauromachie, le flamenco- dans le Monde –de 1973, grâce à un dessin signé (c’est lui qui le soulignait) jusqu’à cet automne, avec notamment les nécrologies de Jack DeJohnette et Gérard Badini publiées fin octobre-mais aussi à Jazz Magazine, où il contribua régulièrement aux côtés de Philippe Carles et Frank Ténot.
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Un extrait significatif de son style (Le Monde du 28 octobre 2025, à propos de Jack DeJohnette : « Allure et visage d’éternel jeune homme, il avait cette souplesse du sprinteur afro-américain dès son entrée en scène ».
On peut retrouver quelques-unes de ses chroniques nécrologiques sous forme de portraits bien vivants dans « La chambre d’amour » (1997, Editions du Scorff. Photographies de Guy Le Querrec).
Contrebassiste occasionnel, Francis Marmande a raconté quelques-unes de ses aventures dans un savoureux ouvrage « La housse partie » (Ed. Fourbis. 1997) qui débute par le vol de son instrument un soir de 1995 à Belleville (où il résidait).
Ses goûts étaient encyclopédiques, de Jelly Roll Morton à Sun Ra, comme en témoigne l’anthologie publiée en 2014 par le label Naïve (Jazz Heroes) où il écrivait en préface : « Tous les musiciens de jazz sont des passeurs, passeurs entre ancien et moderne, entre Afrique et Europe, entre sacré et profane, entre maîtrise et folie, entre spiritualité et combats… le jazz ne répète rien ».
Au-delà de ses passions ci-dessus mentionnées, il faut naturellement relever celle de Georges Bataille auquel il consacra sa thèse de lettres en 1985 et deux ouvrages (‘le Pur bonheur’, ’Georges Bataille Politique’) ; Car, aimait-il à dire, « mon vrai métier c’est l’université » : agrégé de lettres modernes, Francis Marmande enseigna de nombreuses années à l’Université Paris 7 (aujourd’hui Paris Cités) où il avait invité entre autres Sunny Murray, Archie Shepp, Max Roach, Toni Morrison et bien entendu son « pays » de Bayonne, son aîné de dix ans, Michel Portal.
Le jazz ne le quittait jamais. Tel était Francis Marmande, également pilote d’avion et de planeur.
Jean-Louis Lemarchand.
©photo X. (D.R.)

