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26 décembre 2025 5 26 /12 /décembre /2025 18:29
Jacques Ponzio         Thelonius Monk Le Legs Lacy

Jacques Ponzio         Thelonius Monk Le Legs Lacy

 

Editions Lenka lente

www.lenkalente.com/

Thelonious Monk : le legs Lacy de Jacques Ponzio / Editions Lenka lente

 

 

Monk encore…. Monk toujours. Après son Abécédaire The ABC-Thelonius Monk en 2017 réédité en 2023, Monk again en 2019, puis Monk sur Seine en 2024, le psychanalyste, pianiste et leader de l’African Express trio  Jacques Ponzio continue de suivre Monk à la lettre dans ce nouveau  livre des fidèles éditions nantaises Lenka lente Thelonius Monk Le Legs Lacy que l’on découvrira avec plaisir. Il demeure quelque chose de son esprit dans l’oeuvre du saxophoniste Steve Lacy, nouvel acteur auquel s’intéresse l’auteur puisqu’en passeur authentique, il sut entretenir le souvenir du pianiste.

On le sait Monk est une obsession pour l’auteur. Découvert dans les années 60, Ponzio commence une quête quasi existentielle et un travail d'écriture avec Blue Monk co-écrit avec François Postif ( Actes Sud, 1995). Il a privilégié depuis d’autres formes, plus resserrées et pointues, plus ludiques parfois comme avec cet abécédaire bilingue de 140 pages et citations. Inlassablement il cherche et trouve de quoi alimenter sa passion, son amour inconditionnel pour ce musicien. Dans cette traque éperdue de nouvelles occurrences, Jacques Ponzio s’intéresse cette fois au saxophoniste Steve Lacy qui développa très jeune une fascination pour Monk, l’homme et sa musique dont il ne se départit jamais. Quant au pianiste, il éprouva un intérêt grandissant pour son jeune partenaire, non pas tant pour la qualité de ses solos que pour la qualité de ses aigus, enrichissant ainsi la palette sonore et les textures de ses compositions.

Monk Le Legs Lacy est composé de trois parties Steve Lacy dans la lumière de Monk, son article repris du livre-somme de Guillaume Tarche sorti en 2021, toujours chez Lenka Lente Steve Lacy ( unfinished) au titre qui n’est pas sans présenter quelque ressemblance avec le travail de J Ponzio, a work (always) in progress.

Steve Lacy (Unfinished) de Guillaume Tarche + 41 / Editions Lenka lente

Cette première partie met à jour la relation discontinue dans le temps comme dans l’espace des deux hommes, traçant une géographie des concerts et des clubs souvent disparus aujourd’hui tel l’éphémère Jazz Gallery (1959-1962) où le quintet de Monk se produisit avec Lacy pendant quatre mois en 1960. L'auteur recense les enregistrements publiés ou non, dans les formats les plus divers, du solo aux formations plus étoffées.

Steve Lacy, c’est une histoire accélérée de la musique de jazz, le chaînon indispensable entre le jazz des débuts dans le style Dixie et Monk, puis sans transition entre le bop et le free, comme Jimmy Giuffre qui d’un jazz aérien chambré ne pouvait faire autrement que de jouer freeSans quitter le soprano Lacy avait une sonorité lyrique aussi que bien que tranchante. Et une curiosité rare dans la vie. Ses compositions explorent souvent ses recherches formelles. Il était à même de rendre l’évidence lumineuse de la musique de Monk pour lequel il avait plus que du goût. Steve Lacy s’éloigna pourtant un temps de son mentor, mais il revint à son obsession  et sut témoigner de l’importance de sa « dette » envers Monk en contribuant à le faire encore mieux connaître après sa mort. Ainsi il lui a donné la parole entre 1982 et 2003, pas moins de 24 albums proposant des relectures de ses musiques.

Jacques Ponzio révèle ensuite dans Le Mystère Brauner le lien particulier du peintre surréaliste Victor Brauner réfugié en zone libre dès 1940 avec le pianiste encore inconnu (même la presse américaine évoque an elusive pianist). Comment comprendre son intérêt pour Monk au point d'en faire deux  portraits qui, l'histoire n'est pas finie, se retrouveront sur les pochettes de deux albums de ...Steve Lacy Only Monk (1987) et More Monk (1991)? Il n’en fallait pas plus à Jacques Ponzio pour mener l’enquête. Traquant les indices, il finit par en déduire que Brauner n' a pu connaître Thelonius Monk que par l’intermédiaire d’autres artistes amis, Ossip Zadkine, Roberto Matta qui auraient pu l'entendre jouer au Minton’s à New York ou plus vraisemblablement par le poète Claude Tarnaud passionné de jazz.

Pour le dernier chapitre de son Monk Le Legs Lacy, Jacques Ponzio fait appel à un témoin encore vivant, le guitariste Dominique Cravic (fondateur des Primitifs du Futur). Celui ci revient dans Je me souviens de Steve Lacy sur ses rencontres avec ce musicien « poétique et articulé », « distant et chaleureux à la fois » qui savait mettre en pratique le principe monkien « leave them wanting more ». Pratiquant sans relâche son instrument, il faisait aussi preuve d’une obsession du ressassement pour transformer le matériau sonore, explorer encore de nouvelles pistes.

Gageons, après ce nouvel opus vivement conseillé que Jacques Ponzio  prépare déjà une nouvelle aventure monkienne.

NB : Ajoutons l'intérêt de notes très pertinentes à la fin de chaque partie et pour illustrer sa recherche d' annexes discographiques et photographiques créditées autant que possible à leur auteur comme celle très rare de Mili Rosenblatt montrant Lacy et Monk « faisant musique ensemble ».

 

 Sophie Chambon

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commentaires

J
PS Africa Express n'est plus, Covid a eu sa peau
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J
Merci infiniment chère Sophie Chambon. Je suis très heureux que ce livre vous ait plu. Et, oui, il y a des prolongements à suivre. Scoop : l'édition en CHINOIS de mon Abécédaire (et d'autres, bien sûr, si j'en ai le temps…)
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