Overblog Tous les blogs Top blogs Musique & Divertissements Tous les blogs Musique & Divertissements
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
25 mars 2026 3 25 /03 /mars /2026 11:19
JOHN TAYLOR      THE BAUER SESSION

JOHN TAYLOR THE BAUER SESSION

 

Cam jazz www.Camjazz.com

L’Autre Distribution

 

Deer On The Moon from "The Bauer Session" - John Taylor


 

Quand il enregistre ce solo en septembre 2014 à Ludwigsburg le pianiste John Taylor n’a pas même un an à vivre. Il aura un malaise cardiaque sur scène lors d’un concert du quartet Nouvelle Vague de Stéphane Kerecki aux Saveurs Jazz Festival de Segré. Le pianiste était devenu un partenaire de jeu privilégié du contrebassiste dans leurs échanges vifs, immédiatement complices et intenses, la basse puissante et résolue, souvent chantante, s’accordait à merveille à un piano coloriste.

Avec The Bauer Session ce Mancunien (natif de Manchester ) revient à la tradition du solo, exercice difficile où il sut se portraiturer le long des plages. Je me souviens entre autre de son  Insight de 2003 sur le label Sketch et des deux titres « Ambleside » et « Evans Above »).

Huit petites pièces en 37 minutes, nous voilà revenu au format idéal où on s’abandonne, de ballades rêveuses en modernes dissonances, de cadences fluides en dérives mélodiques dans une alchimie secrète du verbe pianistique. Sophie le premier titre très evansien de son complice de toujours le trompettiste Kenny Wheeler donnera suite à des variations stylées étourdissantes alors qu’ Impro 6/8 contraste, plus heurtée, saccadée. Par ses harmoniques et ses couleurs, ce piano superbe déploie ses irisations ("Phrygian", "Three") en laissant ouvertes les marges de l’exploration. D’une sensibilité et d’une intensité immédiatement perceptibles, le pianiste  dévoile son art du piano dans un style très personnel, exaltant la circulation d’une poésie qui lui est propre. Dans « Fifteen », « Deer On The Moon » domine dans l’espace de jeu une vivacité bien tempérée. S’ impose une ligne claire, une fluidité plus nostalgique que mélancolique, parcourue par une énergie rythmique souterraine. Dans de très précises notes de pochette, le journaliste écossais Brian Morton invite dans le cas de J.T ( c’est ainsi que tous l’appelaient) à regarder attentivement ses pieds jouant sur les pédales, la façon de retenir la note (sustain), d’amortir un ton. Avec les seules ressources de son « métier », ce dialogue fervent avec lui même a une beauté qui ne trompe pas. Cet album est providentiel.

Sophie Chambon


 

Remercions le label CAM Jazz qui suivit la dernière décennie de la vie de John Taylor et ressort des albums en hommage au pianiste : il est d’autant plus précieux ce Close to Mars , toujours enregistré aux studios Bauer de Ludwigsburg en octobre 2006, par un trio familier que l’on n’entendra plus hélas. Le contrebassiste Palle Danielsson et le batteur Martin France, fidèles complices du pianiste nous ont quittés en 2024. Ainsi va le temps, ainsi va la vie. On écoutera donc avec regret ce trio plutôt équilatéral qui partageait avec le « leader » une même vision de la musique.

Xavier Prévost en avait rendu compte dès la réédition en mars 2025 rappelant quelques jalons du beau parcours d’un John Taylor trop méconnu,  en Angleterre même. Le non moins fidèle Brian Morton, rédacteur de ces notes de pochette drôles et toujours originales, rappelle un peu ironiquement qu’en googlant John Taylor (nom des plus répandus dans le royaume) sort en tête le bassiste homonyme du groupe New Wave Duran Duran. Nul n’est prophète...

JOHN TAYLOR – PALLE DANIELSSON – MARTIN FRANCE «Close To Mars» - les dernières nouvelles du jazz

Ce que souligne l’Ecossais une fois encore c’est la versatilité (une qualité pour les Anglo-Saxons) du pianiste que l’on retrouve dans sa musique : des rythmes inattendus, décalés qui ne contreviennent en rien à la qualité première de swing, une qualité percussive qui n’a rien à envier à l’autre Taylor (Cecil) celui-là américain, une approche harmonique qui reflète autant le goût d’un piano classique qu’une certaine prédilection pour les musiques folk du Nord .

Partager cet article
Repost0

commentaires