Traduction française de Yoann Gentric.
Editions Actes Sud, 376 pages.
Paru le 26 mars.
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Fondée il y a 20 ans par deux entrepreneurs suédois (Daniel Elk et Martin Lorentzon), Spotify s’est imposée comme la première plateforme de streaming musical. Selon les derniers chiffres connus, 290 millions d’abonnés dans le monde ou environ 1/3 du marché du streaming ou 20 % du marché de la musique enregistrée.
Quels sont ses méthodes de travail, les clés de sa "réussite", quels "avantages" en tirent les artistes ? Journaliste américaine, Liz Pelly nous livre une enquête de plusieurs années qui décortique le système de fonctionnement du géant du streaming et ses implications dans la vie des artistes et la diffusion de la musique.
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Pour Spotify, l’objectif initial était d’utiliser la musique comme « une source de trafic pour ses produits publicitaires », affirme Liz Pelly. Les résultats se sont fait attendre, Spotify n’étant devenu bénéficiaire qu’en 2024. Pour les auditeurs, la stratégie de markéting conduite par le géant suédois se traduit, souligne l’autrice, par « une uniformisation totale de la musique » secrétée par la multiplication des playlists et le recours aux algorithmes. Quant aux créateurs-compositeurs, interprètes leurs revenus -calculés de manière opaque- se révèlent médiocres sinon ridicules pour une grande majorité d’entre eux. Enfin l’essor de l’intelligence artificielle a accéléré ce mouvement de standardisation de la musique diffusée et de paupérisation des artistes. Chaque jour des dizaines de milliers de titres générés par l’IA sont mis en ligne par ces « artistes-fantômes ».
Conclusion sans concession de Liz Pelly : « La façon dont le streaming a réagencé la musique est déprimante, mais ce n’est que la manifestation d’une industrie qui dessert les artistes et le public depuis des générations ».
L’alerte lancée par Liz Pelly a-t-elle été entendue ? Depuis la publication de son livre aux Etats-Unis en 2025, Spotify, précise Actes Sud dans son communiqué de presse, a décidé de faire retirer de ses playlists soixante millions de titres produits par l’IA.
Jean-Louis Lemarchand.

