DENIS LE BAS : l’envie de jazz et le bonheur en plus !
retrouvez l'interview en podcast ici
Le 13 mai, alors que le festival Jazz sous les pommiers était à mi-chemin de sa 45eme édition, nous sommes allés rencontrer Denis Lebas , le responsable de JSLP.
Denis Lebas c’est simple lorsque vous allez à Coutances au moment du festival, vous ne pouvez pas le louper : il est partout, discute avec tout le monde, avec les musiciens, les bénévoles, les medias, le public ! Toujours dispo ! Partout sa chemise aux mille couleurs se promène de la salle marcel Helie, au théâtre, au Magic Mirrors. Partout !
Denis Lebas a cette énorme envie de jazz et la foi chevillés au corps pour offrir au public une semaine d’une formidable diversité et de création.
Un grand manitou en quelque sorte.
Rencontre avec le boss !
Jazzland
Merci beaucoup DENIS LEBAS pour Jazzland Aligre fm 93.1 à l'occasion de cette nouvelle édition du festival Jazz sous les Pommiers. Denis, vous êtes le patron du festival qui dirige la programmation. Denis, on est à mi-chemin du festival, comment allez-vous ?
Denis Lebas
On est au 6e jour et il y a une espèce d'adrénaline par ce que nous envoient les musiciens et le public. C'est sans doute samedi dernier que cela a été un petit peu plus dur puisqu'on a ajouté une journée (avec le 8 mai qui se trouvait férié), mais non c'est quand même une semaine de bonheur. Donc, on n’ne va pas se plaindre.
Jazzland
Vous avez l'habitude de ce festival qui en est à sa 45èlme édition. Vous êtes jamais blasé ?
DENIS LEBAS
Ah non ! Comme vous d’ailleurs. Les musiciens sont des sources infinies de projets, de plaisir et d'invention. Ça se renouvelle tout le temps et donc ce n'est pas comme si on devait répéter un peu la même chose. On accueille des musiciens différents, soit on les connaît, mais alors c'est un nouveau projet, soit on les découvre. La matière est extrêmement riche. On essaie de balayer tous les jazz, comme j'aime bien le rappeler, et un peu les cousins aussi. La matière est riche et l’inventivité des artistes, incroyable.
Jazzland
On vous voit partout dans le festival, courir à droite ou à gauche. A croire qu’il y a 25 Denis Lebas. Est-ce que vous ressentez encore du stress après toutes ces années d’expérience ?
Denis Lebas
Oui il y a une charge mentale liée d’abord à la réussite des concerts mais aussi de tout ce qu’il y a autour, la gestion d’une énorme équipe, la technique, la sécurité, les partenaires qui viennent sur le festival. Cela fait partie du job et à mon niveau ce n’est pas que de la musique.
Jazzland
Sur ces 6 premeirs jours, vous avez eu des moments qui vous ont marqué.
Denis Lebas
Il y a juste eu un concert qui n’a pas été à la hauteur de ce que j’attendais. Mais en revanche le concert de Joshua Redman a été un incroyable concert ! On savait qu’il faisait partie des bons mais là il a dépassé un stade. Il fait partie du tout petit cercle du haut de l’affiche.
Jazzland
Pour un concert comme celui-ci, la jauge est évidemment complète. Mais pour les autres ?
Denis Lebas
On se rend compte que même pour des choses un peu plus confidentielles, certes on a un peu moins de monde mais on a quand même un bon taux de remplissage. C’est le fruit de 45 ans de programmation. On a la chance d’avoir un public curieux et éduqué pour certains et ouvert pour d’autres. Ils ne connaissent pas forcément mais ils sont là, prêts à découvrir et à ouvrir grand leurs oreilles. C’est vrai que pour un programmateur c’est très satisfaisant d’avoir un public aussi cool que le nôtre.
Jazzland
L’an dernier le festival affichait un taux de remplissage exceptionnel. Qu’en est-il cette année ?
Denis Lebas
Oui l’an dernier on avait atteint les 97%. On ne l’atteindra pas cette année mais le contexte est différent sur le plan mondial, économique, le prix de l’essence et enfin la météo qui n’est pas très clémente. Mais bon, on avait fait une édition exceptionnelle l’an dernier il faut donc relativiser car on va faire encore un très très bon score de fréquentation. Il est un peu tôt pour le dire précisément mais je peux dire que le jazz attire du monde quand cela repose sur des choix de programmation réfléchis, éclectiques et une belle ambiance de festival.
Jazzland
Est-ce qu’il y a eu des nouveautés sur cette édition ?
Denis Lebas
Non pas vraiment de grandes révolutions. Le festival a atteint son format et on ne veut pas tout changer. En revanche quelques expérimentations comme le concert de Robinson Khoury à 360° avec la scène installée au milieu du public salle Marcel Helie. Ou encore des évènements pour marquer notre implication dans la transition écologique comme la journée sans voiture. Mais pas de grands bouleversements.
Jazzland
Focus sur quelle région du monde cette année ?
Denis Lebas
Dans les découvertes on a eu pendant quelques jours un cœur Sud-Africain ( Thanda Choir). On a aussi un groupe de jazz coréen ( Bando)…..
Jazzland
Comment les trouvez-vous ?
Denis Lebas
On va dans quelques festivals, on échange avec les collègues et on a aussi quelques « grandes oreilles » qui nous remontent ce qu’ils entendent. Mais surtout j’essaie de bouger aussi parce qu’il n’y a pas de meilleur arbitre que le live. C’est bien d’écouter les albums mais pour savoir si cela peut marcher dans un festival, il faut aller voir comment cela se passe sur scène. Donc j’essaie d’aller voir un maximum de choses.
Jazzland
Vous travaillez avec les autres festivals ?
Denis Lebas
Oui absolument. Par exemple le projet de Clement Janinet est un projet soutenu par plusieurs festival. De la même lanière on a travaillé en coproduction avec les Bozar de Bruxelles sur le projet d’Helene Duret. On essaie de monter ensemble sur des projets, ce qui rend leur faisabilité plus facile puisque chacun participe. Et puis c’est intelligent de travailler ensemble. Le jazz reste une petite famille et il faut que l’on apprenne à se serrer les coudes. Ça va aider tout le monde.
Jazzland
Denis, Lundi 18 mai : vous dormez toute la journée ?
Denis Lebas
Et bien non ! Pas encore ! Parce qu’il y a encore plein de choses à faire. Des gens qui ont perdu leurs clefs, des problèmes d’intendance etc….Le lundi je laisse les collègues dormir. Ils ont bien donné durant tout le festival.
Jazzland
Vous lancez un peu la saison des festivals. On aura la chance de vous y croisez ou bien est ce que vous passez à autre chose ?
Denis Lebas
Non, au contraire. C’est là que tout se prépare et je vais vous dire : c’est le moment le plus sympa pour moi !
Propos recueillis lors du festival Jazz sous les Pommiers à Coutances le 13 mai 2026 par Jean-Marc Gelin

