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5 juin 2026 5 05 /06 /juin /2026 14:48
Vincent Bourgeyx       Life Letters

 

Vincent Bourgeyx Life Letters

Fresh Sound Records/ Socadisc 

Présentation - Vincent Bourgeyx

Sortie le 5 juin 

Concert de sortie de l'album au Festival de jazz de Malte le 7 juillet

 

Ce Life Letters est le septième album sous son nom de Vincent Bourgeyx sur le label Fresh Sound, composé de douze titres d’une durée sensiblement égale. Dix sont d'une plume lumineuse dans la forme royale du jazz, le trio piano-basse-batterie.

L’attaque est précise, affirmée dès le solo du batteur sur l’ouverture « Stuck in blues » qui annonce la couleur, impulsant une énergie collective qui ne se démentira pas. L’enregistrement impeccable souligne l’esprit d’un jazz de chambre, acoustique, plutôt vif, qui ne laisse guère place au silence. Mais la palette du pianiste sait nous réserver des surprises. On attend la ballade et elle vient vite, énonçée finement dans ces « Life Letters ». On le découvre aussi plus évasif, voire méditatif, dans « You Little Me ».

Il demeure dans le piano de Vincent Bourgeyx quelque chose de classique dans la connaissance des standards et des styles, comme c'était déjà le cas dans son premier opus Introduction qui me le fit connaître. Comme beaucoup de musiciens de sa génération, le musicien bordelais est ensuite parti faire ses classes à la Berklee School puis a appris le métier à New York. Ce qui laisse des traces, des souvenirs et des amitiés certaines. Aussi ne sera-t-on pas surpris qu'il se soit souvent entouré d’une rythmique américaine. Et pour cet album, elle est superlative, le contrebassiste Daryll Hall, subtil et d’une solidité à toute épreuve et le batteur Gregory Hutchinson au soutien plus que rebondissant. L’interaction avec ses deux complices est particulièrement tonique dans ce « Flash Pocket » urbain et funky.

 Vincent Bourgeyx révèle un véritable talent d’accompagnateur aux capacités inventives, au lyrisme sans emphase qu’on aurait tendance à préférer à certaines échappées solitaires. Car plus mélodiste que percussif, le pianiste s’abandonne volontiers à des valeurs refuge, cherchant à développer une relation plus intime avec le public, romantique dans ce "Romance"  à  la contrebasse élégante et fluide, émouvant quand il se laisse emporter par une abondance de notes dans le bien nommé « Hopeless Romantic ».

Equilibré est le montage de l’album, variant les climats, tout en demeurant d’une cohérence sereine. Vincent Bourgeyx s’inscrit résolument dans une certaine lignée de jazz, d’un "beau" piano avec des partenaires qui le ramènent vers un groove plus affirmé. Et on se réjouit de l’entendre dans deux reprises de standards qui terminent l’album en beauté : après un swingant « Let’s Play One » du trompettiste Thad Jones, le pianiste poursuit, galvanisé par une basse étincelante avec une de ses compositions l'envoûtant  « Duke » qui annonce brillamment le thème nostalgique de Billy Strayhorn « A Flower Is A Lovesome Thing ». Voilà une authentique déclaration d’amour à une écriture si parfaite que son mystère, soulignait Bill Frisell, nous laisse toujours interdit.

Le charme discret de cet album intemporel et vibrant s’impose vite et persiste jusque dans les trois derniers morceaux que l’on écouterait volontiers en boucle. On aura(it) grand plaisir à aller écouter ce trio en live évidemment, en club, tant ils traduisent l’essence même d’un jazz insurpassable.

 

Sophie Chambon

 

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