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15 septembre 2026 2 15 /09 /septembre /2026 18:52
 Christophe Marguet     ISLAND

ISLAND

Mélodie en sous sol / L’autre Distribution

Christophe Marguet – Batteur, compositeur

 

Régis HUBY, violon ténor électro-acoustique Manu CODJIA, guitare électrique ?Hélène LABARRIERE, contrebasse ,Christophe MARGUET, batterie et compositions

 

 

De quelle île s’agit-il dans le second album du nouveau quartet de Christophe Marguet  Echoes of Time ? Existe-t-elle seulement, ailleurs que dans son imagination ?

L’histoire, édifiante, mérite d’être racontée. Brendon Grimshaw, un Anglais un peu fou, a acheté une île des Seychelles, Moyenne, en 1962  où tout en s’isolant de la société, il a essayé de maintenir un éco-sytème qui fonctionne toujours. A l’instar de la nouvelle de Giono, L’homme qui plantait des arbres, il a reboisé, introduit de nouvelles espèces d’oiseaux, redonné vie autour de lui. Son île devenu parc naturel abrite aujourd’hui les deux tiers de la faune des Seychelles.

Un projet de vie, un acte de résistance qui ne pouvait qu’inspirer Christophe Marguet, tant il s’intègre dans la démarche de “résistance poétique” (et politique) du batteur depuis son premier album en leader en 1996. Ce que l’on conçoit d’autant mieux après le désastre climatique d'un été infernal qui n’a pas encore dit son dernier mot. 

Sensible à la circulation naturelle entre les musiciens, à cette fluidité quasi-instinctive du quartet qui s’abandonne, sous emprise, emporté par les vibrations sonores des instruments, on atteint vite le rivage de ce paradis ultramarin. Une  étrange familiarité  saisit dès l’introduction « Island » qui plante le décor. Avec un tel équipage on s’abandonne en confiance, heureux de retrouver les terres musicales sur lesquelles ils s’aventurent, avec les références fortes sur lesquelles ils ont construit ce nouvel édifice : pulsation irrésistible et libre du jazz, urgence du rock teinté des nuances du progressif. Dans certains titres dont le très vibrant « Liberté » court un motif mélodique, hommage conscient (ou non) à Henri Texier, l'un de nos derniers grands mélodistes, avec lequel le batteur a beaucoup joué.

La musique soutenue par une rythmique toujours élégante peut vite s’emballer comme dans l’ardent « Daily Work ».  Au royaume des cordes pincées, frottées qui se croisent, se prennent et se déprennent,  Hélène Labarrière fait entendre son chant, Régis Huby et Manu Codjia mènent la danse et l’on ne saurait dire des deux « solistes » qui a le rôle dominant. La musique généreuse, expansionniste est d’autant plus remarquable que personne ne songe à prendre le pouvoir. L’hypnotique et frémissant « Nuit Céleste » contraste avec le « Sable blanc » où la guitare de Codjia s’électrise furieusement et stratosphérise d'aise. Le mélodique et mélancolique « Chemin de lune » au violon ténor-choisi à dessein, augmenté d’effets, tout comme « les Dauphins » à la guitare redevenue délicate et subtile, introduisent des plages plus apaisées, moins fiévreuses. Un effet de la sensibilité du compositeur, distribuant les échanges, jetant des ponts entre ses partenaires, toujours en phase avec eux. Mais ce calme n’est qu’apparent avec des musiciens soudés qu’on connaît combattifs et habités jusqu’au final qui ne veut pas finir, «Wild Life ».

Un album bienvenu en ces temps de rentrée.

Sophie Chambon


 

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