Justin Hicks Man Of Style
Jammin'colors/ L'Autre Distribution
Music, Lyrics, Synth : Justin Hicks
Vocals: Kenita Miller-Hicks, Jade Hicks
Guitar : Chris Bruce
Piano : Daniel Mintseris
Rhodes : Jake Sherman
Bass, Synth : Meshell Ndegeocello
Concert 5 octobre New Morning Paris et 10 octobre La Meson Marseille
On ne le connaissait pas vraiment, ce Justin Hicks qui nous saisit avec ce premier album intrigant Man of Style .
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Une voix singulièrement attachante qui retient immédiatement l’attention, sans que l’on songe à interrompre la suite de chansons souvent mélancoliques qui composent l’auto-portrait de cet artiste expérimental dans de nombreux domaines (sound design, arts plastiques, théâtre). Auteur-compositeur et multi-instrumentiste, c’est sa voix qui convainc, envoûtante, difficile à définir, comme sur « Wendy » où on hésite entre pop et folk pensant à des mélodies de Macca. Sur d’autres, c’est plus nettement Soul jazz, R&B, impossible de le limiter à un style.
Il reconnaît volontiers que le chant est à l’origine de toutes ses expériences en musique.
Si on a suivi attentivement le parcours de la bassiste Meshell Ndegeocello, Justin Hicks figure depuis 2018 sur ses albums dont les Blue note The Omnichord Realbook, The Gospel of James Baldwin. Elle l’accompagne d’ailleurs à la basse ( Chris Bruce l’autre co-producteur à la guitare) et a suivi de près la réalisation de ce premier album qui sort vraiment de l’ordinaire : puisant dans le roman familial ce que confirment les photos délavées de la pochette délicieusement surannée, couleur vieux rose où figurent les parents du chanteur de leurs fiançailles jusqu’au mariage. Sur la couverture le couple, il joue du piano à son amie étendue sur un canapé.
Sur quelques titres le rejoignent les voix féminines de Kenita Miller Hicks qui n’est autre que sa femme et de sa soeur Jade Hicks (le final « Use Your Head » conseil judicieux que leur prodiguait leur mère). On vous le disait, une histoire de famille, chacune des onze chansons constituant un arrêt sur image, un instantané de vie dans un enchaînement dramaturgique parfaitement conçu. Une confession évidemment émouvante qui n’a rien de sensationnel, un journal intime dont on dévoilerait quelques pages choisies. Comment ne pas être sensible à ce travail artisanal conçu avec coeur, ferveur même dans une économie de moyens si rare aujourd’hui, qui n’en est que plus précieuse ?
Plus que prometteur ce Man of Style !
Sophie Chambon

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