Editions Noir sur Blanc. Collection Notabilia.
Disponible depuis le 20 août.
/image%2F1365231%2F20260922%2Fob_f5a10e_01-jerjoh.jpg)
Le Japon voue un culte suprême à John Coltrane qui effectua dans l’archipel une seule et unique (dans tous les sens du terme) tournée en juillet 1966, « flamboyante et harassante » de dix sept concerts. Coltrane, qui entre dans sa dernière année sur terre, « semble jouer sa vie dans cet empire où le soleil a choisi de se lever », relevait un coltranologue réputé, François -René Simon.
Cette passion pour le saxophoniste ténor se manifeste toujours un demi-siècle après spécialement dans ces cafés-jazz (ou jazzkissa), où les fans se retrouvent pour écouter les vinyles de la « note bleue ».
Grand connaisseur de l’archipel (Tokyo, le guide idéal ; Japon : le guide idéal. Tous deux aux Éditions des Arènes), Jérôme SCHMIDT nous emmène à sa suite découvrir ces lieux où « l’on vient pour échapper à l’aliénation du quotidien, goûter à l’épiphanie d’une musique qui est devenue omniprésente dans tout le pays depuis les années 1950 ».
Son parcours nous conduit ainsi à Coltrane, une maison en bois reconnaissable au portrait du ténor exposé sur les trois étages de la façade, situé au milieu des rizières à Tosu au sud du Japon (préfecture de Saga sur l’île de Kyushu).
Ici, chaque jour à 17 h, c’est l’heure du recueillement quand tourne Meditations, titre de 17 minutes enregistré lors du concert de Trane le 22 juillet 1966 à Tokyo. Respectueux de ces lieux au charme désuet, Jérôme Schmidt nous fait partager la ferveur des patrons (et patronnes) de ces cafés (plus de 500 encore en activités) qui font vivre la flamme du jazz à Tokyo, Nagasaki, Osaka et autres villes plus ou moins reculées. Des endroits intimes qui portent les noms de jazzmen, de labels, de disques, de compositions et bien entendu de Coltrane évoqué sous différentes formes (Lush Life, Crescent, Naima, A Trane…).
Un voyage aux allures de pèlerinage d’une grande sensibilité. Une ode à Coltrane qui avait répondu en 1966 à un journaliste nippon lui demandant où il voyait dans les dix ans : « J’aimerais devenir un saint ».
Jean-Louis Lemarchand.

