Nardis 2009
Ben Sidran (Vc,p, Hammond B3, Fender Rhodes), Alberto Malo (dm), Marcello Giuliani (b, cb) Rodolph Burger (vc), Bob Malach (ts), Michael Leonhart (tp), Amy Helm (Background Vc), Georgie Fame (Vc), Leo Sidran (Horn Arrangements, Additional Guitar, Hammond B3, Piano, Koto)
Si Bob Dylan avait eu le sens du swing, s’il avait eu celui du groove un peu sale, et s’il avait eu quelques notions de jazz, alors peut être l’appellerions nous…. Ben Sidran. Car le moins que l’on puisse dire c’est que le chanteur- pianiste s’est ici emparé de son sujet (à savoir les chansons de Robert Zimmerman) comme si elles avaient été écrites pour lui. Voire comme s’il les avaient écrites lui même. Ben Sidran fait siens ces tubes légendaires auxquels il ne manque pas de donner une nouvelle vie. Celle d’un dandy élégant et toujours à la lisière du pas correct.Le chanteur de Chicago parvient en effet à donner à ces chansons une profondeur et une gravité virile qu’elle n’acquiert pas autrement tant la faiblesse des mélodies de Bob Dylan y est ici criante. Mais avec pas grand chose, Ben Sidran parvient à faire amoureusement durer le plaisir. On l’a bien vu en novembre au Sunside à sa façon de s’emparer d’un texte et de faire tourner sur une ou deux notes une intro en parlé-chanté et la porter à l’incandescence du groove. Avec de sacrés compagnons de route dont notamment un Rodolphe Burger qui marque sa forte empreinte d’une pop nonchalantes, Ben Sidran transforme l’essai. On adore alors sa version de Eveything is Broken, ou encore de Rainy Day Woman, de Knockin' On Heaven's Door lascivement sensuel, ou un final sur un Blowin’ the wind réinventé en couleur sombre et ténébreuse. Les arrangements et la direction artistique de cet album sont absolument irréprochables et l’on apprécie le grain de Bob Malach judicieusement mis en scène. Avec Ben Sidran, ce n’est pas « Dylan Different » c’est Dylan…..better. Jean-Marc Gelin

