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6 janvier 2014 1 06 /01 /janvier /2014 20:32

 

Bill Carrothers

With Peg Carrothers, Matt Turner, Jean Marc Foltz, Nicolas Thys

And  CHOIR

www.visionfugitive.com

www.billcarrothers.com

  carrothers.bill_sundaymorning_w.png

Voilà  une nouvelle idée de Philippe Ghielmetti qui a vu le jour sur son label  Vision fugitive, profitant d’une longue complicité avec le pianiste Bill Carrothers. Reprenant une formation élargie qui nous fait souvenir du superbe Armistice 1918,  sorti  sur le label Sketch, le projet revient cette fois à la source, fouille et entreprend  comme une « psychanalyse musicale », explore les origines. Et pour les Américains, la source est souvent à l’église. Ce n’est pas de jouer du gospel ou du blues qui anime le pianiste du Midwest  (Minneapolis), même si le Mississipi est proche... Il cherche à s’emparer d’un répertoire traditionnel et à’en faire une musique de chambre, en utilisant  comme matérieu, les chants de l’église luthérienne de son enfance.

Pour celui qui s’appuie sur l’histoire de son pays depuis si longtemps, en puise force et  énergie communicative, voilà un exercice de style d’un genre nouveau, une façon d’aborder et d’intégrer les « Hymns et Church songs » à sa vision de l’ « americana » et ainsi de  la compléter aujourd’hui. Un «  story telling » continu qui englobe ce qui l’inspire, la vie de tous les jours, la famille et les grands espaces qui ne manquent pas autour de lui. Une tâche ardue mais enthousiasmante, plus encore que collective,  fraternelle sans tomber dans un communautarisme suspect et souvent dangereux.

Quelle meilleure idée que d’écouter ces chants, un dimanche dans l’entre deux, de Noël et Jour de l’An . Le chœur  fut enregistré à Minneapolis avec  des arrangements soignés, écrits par le pianiste pour l’occasion  comme on peut s’en faire une idée sur « A mighty fortress is our god », ou « Eternal father, strong to save ».  Quant à l’équipe resserrée  autour de lui, elle se  compose des « fidèles », de sa femme Peg, membre de la même chorale , le clarinettiste, l’ami français Jean Marc Foltz, le violoncelliste américain Matt Turner  et le contrebassiste belge Nicolas Thys.

Quelle que soit notre croyance, après les chants laïques de Noël, on peut puiser du réconfort dans cette musique pure, simple et si belle. Pas vraiment légère,  mais  lumineuse, en dépit d’une certaine mélancolie. La voix, par instant légèrement rauque de Peg entonne à la moitié de l’album,  très exactement, sur un rythme jazz « Just a closer walk with thee », et ce swing invité nous ferait presque chavirer de bonheur. Douceur enivrante de ce quintet  chambré à la bonne température. C’est encore Noël mais sur sa pente calme. Se dessaisir de ce souffle vital, le déposer en partage pour le voir renouvelé, avec toujours plus de vie et de musique partagées.  Est-ce se sentir reliés par cet appel à la vie, plus large, qui nous dépasse, nous garde debout, les yeux fixés vers d’autres ?  Le message teinté de spiritualité, sans tomber dans un mysticisme suspect, atteint son  but, quel que soit le degré de croyance. Cette circulation d’être que nous avons en commun,  avec la musique, cette fraternité des voix est- ce là, une forme de transcendance ? Le final boucle cette suite avec un rappel du premier thème emprunté à Bach et que l’on soit ou non athée, « Oh God, Our Help in Ages Past », cela fait sens.

 

Sophie Chambon

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