Overblog Tous les blogs Top blogs Musique & Divertissements Tous les blogs Musique & Divertissements
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
13 décembre 2009 7 13 /12 /décembre /2009 19:48

WATT 2009

Carla Bley, Steve Swallow, Ed partika quintet

Il y en a des ( j’en connais) qui sont toujours exaspérés par les Christmas songs que l’on se croit obligé de nous resservir tous les ans à l’heure des guirlandes et de la dinde aux marrons.  À ceux-là on ne peut pas toujours donner tort tant ils sont bien souvent un  terrain de prédilection pour l’affichage sans vergogne du mauvais goût libéré. Mais ceux-là auraient aussi la bonne heure d’aller écouter l’émission qu’Alex Dutilh a consacré à l’occasion du présent album de Carla Bley à ces chants de Nöel parfois magnifiquement transcendés. Car précisément, ce nouvel album échappe à cette mauvaise loi des séries pour rentrer plutôt dans la catégorie des réussites en la matière. La pianiste qui hésitait à faire un album en duo avec Steve Swallow, gênée par cette forme d’intimité, reprit cette idée des chants de noël autour le laquelle elle a souvent tourné au fil de sa carrière ( à titre très accessoire cependant) pour donner en décembre 2006 un concert à Essen avec le formidable quintet de cuivres Ed Partyka Brass Quintet. Et pour l’occasion Carla Bley eut l’idée d’arranger des chants de noël et d’y ajouter quelques compositions tournant autour du thème. Le résultat fut tellement surprenant et l’intimité avec ce quintet tellement fusionnelle qu’ils eurent l’idée de prolonger l’aventure et d’enregistrer ce répertoire en France à La Buissonne en 2008.

On ne pourra pas suspecter celle qui fut jadis une pasionaria montée sur les barricades des chants révolutionnaires avec Charlie Haden de tomber, l’âge aidant dans une sorte de nostalgie de ses racines suédoises. Ni même de succomber aux sirènes d’un marketing mal venu pour des compositeurs en mal d’idées fleurant l’aubaine du truc qui fait vendre à tous les coups. Car c’est ici tout le contraire. Carla Bley apporte au contraire une fort belle lecture à la fois sensible (mais pas trop) et décalée (juste ce qu’il faut) de ces chants de noël auquel elle apporte une sensibilité apaisée voire même un humour complice ( hell’s bells) . Avec l’aide d’un formidable quintet dans lequel le tromboniste Ed Partyka allume quelques guirlandes aux contours d’arabseque des cuivres,  Carla Bley et Steve Swalow se laissent aller avec douceur mais jamais avec mièvrerie dans une déambulation qui va de l’église allemande à une procession de Brass band dans la cité du Croissant un soir de réveillon (It came upon a midnight clear). Évitant tous les pièges de  ces chansons dégoulinantes de bonnes intentions chrétiennes que l’on écoute au pied du sapin, Carla Bley donne une autre vie à ces thèmes traditionnels. Il y a là une grande zenitude dans sa façon de concevoir la musique. Pas de la nostalgie mais juste une très grande tendresse.

Jean-Marc Gelin

 

réécoutez l'émision Open Jazz du 1er decembre

Partager cet article
Repost0

commentaires