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8 janvier 2011 6 08 /01 /janvier /2011 08:57

Yolk 2011

Daniel Casimir (tb alto), Alban Darche (as, bs), Sebastien Boisseau (cb), Mathieu Donarier (ts,cl, clb), Jean-Louis Pommier (tb ténor )

 

 daniel casimir-copie-1

 

Cette nouvelle production de Yolk repose avant  tout sur un gros travail de composition qui fait parfois sonner la petite formation des  comme un orchestre d'harmonie. Ceci tient en grande partie au fait qu'il n'y a pas, à l'exception de la contrebasse de Boisseau, aucune corde ni batterie. C'est donc dans un format original que l'on retrouve les habitués de l'écurie Yolk avec deux saxs, deux trombones et une contrebasse.

Un peu "inclassifiable" l'album construit comme une suite, navigue entre plusieurs climats. Où l'on y entend une musique de chambre dont les racine sont plus axées sur le classique et la musique contemporaine que sur le jazz proprement dit. Le swing y est d'ailleurs réduit à la portion congrue étant pour le coup purement anecdotique et l'absence de batterie contribue à le desancrer du jazz. Entre unissons, frottement des harmonies, discussions et échanges contrapuntiques et passages de témoins, entre hyper-écriture et libre improvisation, Daniel Casimir fait preuve d'une très grande exigence musicale. Sa musique relève de dédales, de fenêtres ouvertes qui se comprennent souvent au second degré et qui recèlent derrière l'apparence d'une musique sérieuse, à la limite de l'austère, une légère pointe d'humour décalé (il suffit de jeter un œil aux liners en forme de roman-photo hyper kitsh). Mais l'exigence du jeu est là et c'est un vrai travail de musicien conçu pour un public de musicien. Émergent alors des moments et des sons. Où l'on notera l'apport énorme de Sebastien Boisseau pilier indispensable de l'ensemble, ancrant le son dans une forme de profondeur.

Et, bien sûr il y a Daniel Casimir que l'on aime si souvent suivre dans ses autres périples et qui marque les esprits par l'intelligence de son écriture. Dans cette écriture le tromboniste sait donner corps à un ensemble orchestral à partir d'un rien. Il peut s'agir d'un rift, d'un motif entrepris par le baryton de Donarier ou le tenir de Darche ou d'une pulse imprimée par le growl de Pommier, tout est prétexte à donner consistance à la masse orchestrale.

Un regret toutefois : on aurait cependant aimé l'entendre dans un registre plus exposé, plus égocentrique tant on apprécie toujours ses qualités de soliste qui, en l'occurrence se diluent quelque peu dans le collectif.

Jean-marc Gelin 

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